Économie

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Économie

Message par Kaioh le Mar 6 Nov - 18:22

:sl:Économie :sl:



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Des idées économiques

Message par Kaioh le Jeu 14 Jan - 11:39

Des idées économiques



Les réflexions sur les questions économiques ne forment pas un savoir autonome, en effet elles apparaissent ponctuellement au sein d'œuvres à caractères philosophique, politique ou moral. Des écrits d'Aristote et de la scolastique médiévale se dégage un discours normatif qui traduit une inquiétude face au développement des activités marchandes qui risquent de mettre à mal la cohésion sociale.

Économie et chrématistique chez Aristote

La place de l'économie dans la pensée Aristotélicienne

Dans La Politique, Aristote affirme que l'Homme est par nature un animal politique, c'est-à-dire que c'est un être social destiné à vivre en communauté. L'homme doit s'insérer à la fis dans une petite communauté : la famille, la communauté par excellence; et dans une grande : la Cité.

Le citoyen est fils de père et mère athéniens, il est le seul à jouir de tous les Droits politiques et judiciaires. Il se réserve les activités militaires, mais il est avant tout un propriétaire foncier. Il dirige sa maison, sa famille qui comprend les esclaves (serviteurs, laboureurs, artisans...), ainsi que les biens de toutes sortes (bétail, terres, bâtiments...).

L'activité agricole vise à l'auto-consommation et ne revêt pas un caractère professionnel. Le citoyen participe à l'administration de la justice et aux différentes fonctions politiques. Il doit développer les vertus actives (activités physiques (sport...), guerres...) et intellectuelles, sans travailler.

Pour Aristote, l'économie correspond à l'administration domestiques, en effet le mot provient de "oikos" qui signifie la maison et "nomos" la loi. Il s'agit de l'art du maître de la maison dans l'usage de la propriété. L'économie appartient à la politique tout comme la famille à la Cité. Aristote affirme que l'art du maître de maison permet d'assurer les approvisionnements nécessaires de la famille et peut aussi rendre service au chef de la communauté politique pour assurer les approvisionnements de la Cité.

Il ne veut pas séparer les intérêts de la famille de ceux de la Cité et il effleure le problème du partage entre l'économie privée et publique. En fait, la question centrale est celle du rapport entre l'économie et l'art d'acquérir des richesses en général, qu'il appelle chrématistique. Il distingue deux chrématistiques, l'une est incluse dans l'économie et est naturelle, l'autre est en-dehors et n'est pas naturelle.

L'art naturel d'acquérir les richesses ("chrématistique naturelle" ou "nécessaire")

Il s'agit d'une branche essentielle de l'économie, nécessaire pour l'obtention des approvisionnements de la famille en vue de la consommation immédiate ou pour la mise en réserve. Cet art naturel permet d'acquérir la vie heureuse, la vie bonne. Il distingue l'art naturel au sens propre et l'art naturel par l'échange nécessaire.

Il s'agit ici de la prise de possession directe des richesses ou indirecte via la production des esclaves. La première renvoie à la guerre, la pêche, la chasse et la rapine. La guerre est une source essentielle pour l'approvisionnement en esclaves et l'utilisation du travail des esclaves dans les activités d'agriculture, d'apiculture et d'élevage permet à la famille d'obtenir des produits de la terre.

Pour chaque famille, l'auto-suffisance économique est difficile à maintenir, l'échange devient nécessaire avec la multiplication des familles. Aristote admet donc le caractère naturel du petit négoce, commerce. Cet échange peut prendre deux formes : soit le troc, soit l'échange monétaire et dans ce dernier cas, la monnaie ne sert qu'à réaliser l'échange, sans recherche du profit.

Cette chrématisitique commerciale est en-dehors de la sphère économique, elle est donc contre-nature. Il s'agit du commerce en général qui permet l'enrichissement illimité. Aristote condamne l'échange monétaire sous une forme développée qui a pour but le maximum de profits et donc l'accumulation de monnaie. Pour lui, la monnaie est détournée de son rôle normal et devient richesse elle-même. Le lien entre le besoin social et la monnaie est brisé.

Les activités commerciales devraient être réservées aux "métèques", des Hommes libres sans droit d'exercer des activités politique ou judiciaire. Il suggère d'instaurer une séparation entre l'agora libre pure de tout trafic et réservée aux citoyens et l'agora des marchandises, aujourd'hui le marché, qui serait ouverte aux artisans, marchands vendant des produits du pays ou venant de la mer.

Aristote distingue trois branches de la chrématistique :
    -le commerce extérieur, qui est constitué de la forme principale de la chrématistique, toutefois Aristote accepte trois formes de commerce extérieur qu'il considère nécessaire à l'approvisionnement d'Athènes :
      -l'armement naval;
      -le transport des marchandises d'un port à l'autre;
      -la vente de marchandises nécessaires à l'entrepôt;
    -le prêt à intérêt, qui est condamné, puisqu'il maximise le profit;
    -le louage du travail qui concerne le salariat.
Économie et chrématistique dans la pensée scolastique

La scolastique désigne l'enseignement dispensé encore de nos jours dans les écoles monastiques, universités et dans toutes les écoles placées sous la juridiction de l'Église. Les méthodes d'enseignements sont formelles et reposent sur la connaissance livresque : le Livre des Vertus et Aristote.

Les intellectuels d'Église sont les seuls à avoir laisser des traces de la réflexion économique qui ne sont pas séparées de celles politique. Saint Thomas d'Aquin est le plus connu du XIXème siècle.

Dans la pensée scolastique médiévale, le travail est une activité honorable qui se trouve réhabilitée. Sous l'inspiration d'Aristote , les auteurs distinguent deux catégories de travail :
    -les artes possessivae qui fournissent les richesses naturelles applicables aux besoins de la vie humaine, provenant de l'agriculture, de l'industrie et de l'administration;
    -les artes pecuniativae, ceux-ci fournissent des richesses artificielles dans lesquelles on trouve le commerce, l'activité de change et l'activité la plus condamnable : l'usure.
Thomas d'Aquin écrit La somme théologique, où l'économie désigne toujours l'administration domestique, soit l'art d'acquérir les biens nécessaires à la vie de la famille aristotélicienne. Le but de l'économie, c'est de vivre bien et de contribuer au bien commun (appelé aussi la félicité publique). L'acquisition de richesses ne peut être une fin en soi. Il indique que cet art sert au chef de famille, mais aussi à celui de la cité.

L'économie ne constitue pas une discipline autonome, elle appartient au champ de l'éthique et de la justice. Le commerce est suspect, mais admis. Quant au profit, s'il est modéré, il n'est pas nécessairement contraire à la vertu si l'intention du commerçant est moralement bonne (secourir les indigents, favoriser le bien commun, subvenir aux besoins de sa famille...). dans la scolastique, le profit peut être assimilé à une sorte de salaire qui récompense la peine, l'effort fourni.

Oresme et la bonne monnaie

Il est originaire de Normandie, évêque de Lisieux entre 1377 et 1382. Il s'agit d'un philosophe, écrivain et érudit, il a exercé une influence considérable sur le futur Charles V puisqu'il a été son précepteur puis conseiller. Il a traduit Aristote à la demande du Roi. Il écrit son Traité des monnaies en 1355.

Il développa et rassembla ses thèses monétaires en lien avec l'une des leçons d'Aristote : l'utilisation de la monnaie présente des risques majeurs dans la mesure que son accumulation sans limite tend à provoquer des désordres dans la cité, à détruire le lien social.

Il recommande au Roi d'en finir avec la manipulation de la valeur des monnaies. Pour lui, la monnaie n'est pas la chose du prince, mais elle appartient à la communauté et à chacune des personnes qui la compose, autrement dit la monnaie est un bien public. La conséquence de cette conception est que le cours et le prix des monnaies dans un Royaume doit être une loi, un règlement ferme.

Dans son ouvrage, il affirme :
    -la quantité de monnaie en circulation doit être régulée en lien avec les métaux précieux possédés par le Royaume. La communauté doit faire certifier à ses frais l'authenticité des monnaies au moyen d'une empreinte par son représentant légitime, donc le Prince;
    -le Prince n'a pas la propriété de la monnaie et ne peut procéder à des manipulations monétaires;
    -une proportion correcte entre la richesse du Prince et celle de la communauté doit être respectée;
    -"si la tête est trop grosse, le résidu du corps est si faible qu'il ne peut la soutenir." Il faut lire en cette citation, que si le Prince est trop égoïste et ce forcément aux dépens du peuple, celui-ci ne le soutiendra plus et se soulèvera.
Le gain lié à la mutation de la monnaie est pire que l'usure :
    -les manipulations monétaires ne sont pas souhaitées par ceux qui les subissent;
    -elles peuvent entraîner :
      -la fuite du métal précieux hors du Royaume;
      -des entraves au commerce, car les marchands cessent de venir où circule une mauvaise monnaie.
Cependant des exceptions, comme la pénurie de métal ou en cas de guerre ou de défense de l'État.





Ce document a été réalisé par Kaioh.
Il est issu du cours de Muriell Gilardone.


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De l'intérêt d'un marché fort?

Message par Kaioh le Jeu 19 Aoû - 17:35

De l'intérêt d'un marché fort?



Certaines personnes pensent qu'il est pertinent de vendre à bas prix afin d'aider les autres. Ce long message à pour but de vous prouver qu'il n'en est rien, et que cela provoque juste un appauvrissement général de toute la population. Mais il vous montrera aussi qu'il existe bien d'autres moyens d'aider efficacement son prochain.
Ce message est très long mais je pense que toute personne s'intéressant un peu à l'économie ou ayant une idée sur le sujet se doit de le lire. Pour simplifier sa lecture, il va être en plusieurs parties.

Généralités

Tout d'abord quelques généralités. Il faut comprendre qu'il faut faire un choix, soit l'on fait des économies, soit l'on augmente ses caractéristiques. Faire les deux en même temps est quasiment impossible. Pour être riche et puissant il faut donc du temps.
Pour les personnes qui désirent systématiquement vendre leur production dans la demi-journée je me permets de rappeler le temps de passage moyen d'un niveau à l'autre à partir du moment de son apparition, si l'on respecte les consignes bien sur.
Pour le niveau 1 : 1 à 2 semaines
Pour le niveau 2 : 3 à 4 mois
Pour le niveau 3 : 1 an à 1 an et demi
Il faut donc penser à long terme, ne penser qu'à court terme ne peut que rallonger ces durées. Ne pas vendre immédiatement sa production n'est donc pas bien grave.
Je précise également que certaines personne ont mis beaucoup plus de temps, mais ce sont des personnes qui n'ont pas suivi les recommandations faites. Que ce soit volontaire ou pas le résultat reste le même : une progression plus lente.

Prix bas ou élevés?

Maintenant que vaut-il mieux avoir pour s'enrichir rapidement? Un marché avec des prix élevés ou un marché avec des prix bas?
En fait, une ville est incapable d'écouler l'intégralité de sa production sans l'aide de la mairie, la production étant supérieure aux besoins de la population. La mairie achète donc beaucoup de produits sur le marché, essentiellement du blé et du maïs, mais pas uniquement. Au total, environ 10% de la production globale est ainsi achetée. Dans l'ensemble la population vend donc plus de produits qu'elle n'en achète. Et c'est justement cela qui nous permet de nous enrichir, car si l'on achète plus que l'on ne vend on s'appauvrit. C'est une évidence, mais certains ont tendance à l'oublier.
Ensuite tout est affaire de pourcentage. Il est plus intéressant de vendre pour 100 écus et d'acheter pour 90 que de vendre pour 50 écus et d'acheter pour 45. Le pourcentage n'a pas changé, mais le gain final est doublé, un marché fort est donc l'assurance d'un enrichissement plus important.
Comme l'on vend plus que l'on achète il faut donc se placer du côté du vendeur et non de l'acheteur pour permettre à chacun de s'enrichir plus rapidement.
Bien sur ceci n'est valable que si le marché est équilibré au niveau des prix, les grilles indicatives sont justement là pour ça.

Exemple sur le prix du pain

Maintenant voici quelques chiffres. Nous allons prendre un exemple concret avec le pain. Pourquoi le pain? Car c'est un produit de base, accessible à tous, et que toute personne désireuse de faire des économies consomme. De plus la production de sa matière première (le blé) n'est pas soumise à des aléas comme les carcasses, cela rend les calculs plus simples.
Voyons ce qu'il se passerait si l'on désirait faire baisser son prix de 15 deniers (0,15 écus).
Pour obtenir ce résultat nous pouvons agir sur 4 éléments différents :
    -le prix du blé;
    -le prix du bois;
    -le salaire du boulanger;
    -le salaire du meunier.
Étudions les cas un par un.

Le prix du blé

Plus de 50% de la production est faite par les niveaux 1, ce serait un peu donner d'une main pour prendre de l'autre, il n'y a donc pas grand intérêt, puisque ça revient à vouloir faire gagner de l'argent à tout le monde sur le dos des personnes les moins riches. Au final il n'y aura donc que les riches qui en profiteront vraiment. Il vaut donc mieux s'axer sur les autres points.

Le prix du bois

Pour obtenir une baisse de 15 deniers sur le prix du pain, il faudrait une baisse de 90 deniers sur le prix du bois. Actuellement un bûcheron expérimenté gagne en moyenne 21 écus (cinq stères de bois à 4,20 écus), cela ramènerait son salaire à 16,50 écus (cinq stères de bois à 3,30). Soit une perte de 4,50 écus par jour, 135 écus par mois, et un salaire à peine plus haut que celui d'un mineur, alors que cela nécessite 20 de force et de préférence 40 d'intelligence pour être efficace. Ceci ne me semble pas acceptable.
(Rappel, le bois est revendu 4.80 par la mairie car ce prix tient compte de la fabrication et de l'affûtage des haches, ceci étant à la charge de la mairie et non pas du bûcheron. La mairie ne gagne pas d'argent sur cela).

Le salaire des boulangers

En une journée le boulanger produit trente-six miches de pains. Baisser son prix de 15 deniers provoque donc une perte journalière 5,40 écus, 162 écus sur un mois. Avec une telle baisse de salaire les boulangers ne travailleront plus beaucoup dans leur échoppe, préférant postuler à des offres d'emplois visibles à la mairie. Il y aura donc moins d'offre intéressante pour les niveaux 1 puisqu'elles seront prises d'assaut par des personnes à fort charisme qui ne travaillent plus dans leurs échoppes, et un risque de pénurie de pain.

Le salaire des meuniers

Les meuniers devraient vendre leur farine 45 deniers moins chers, soit une perte journalière de 4.50 écus, 135 écus par mois. Elle est un peu plus faible que pour les boulangers, mais reste conséquente et l'on obtient donc des effets identiques.

Synthèse

À ceci il faut ajouter les effets de bords. Les artisans sont les plus gros consommateurs de nourriture comme la viande, le lait et les légumes. Diminuer leur salaire fera qu'ils en consommeront moins, cela provoquera donc un ralentissement économique. On vendra moins, on sera donc moins riche et l'on évoluera moins vite.

Nous venons de voir que les pertes seraient plutôt importantes, occasionnant de gros sacrifices pour certaines catégories de la population, mais qu'y gagnerait un mangeur de pain? Il gagnerait 0,15 écus par jour, soit 4,50 écus par mois. Au bout de quatre mois il aura gagné à peine plus que l'équivalent d'une dure journée de labeur à la mine, les artisans et les bûcherons auront perdu eux plus de 500 écus, soit l'équivalent d'une cinquantaine de légume par exemple, presque la production d'un champ de légume sur la même période. C'est donc l'équivalent de la production de plusieurs champs qui ne trouveront plus acquéreur, donc un enrichissement moins rapide.

Bien sur un artisan en particulier ne travaille pas tous les jours dans son échoppe, mais il faut voir la profession dans son ensemble.

Certains pourraient penser qu'il serait pertinent de partager les pertes entre les meuniers, boulangers et bûcherons. Mais l'on voit bien que de toute façon le gain est ridicule, mais les pertes restent conséquentes, les partager n'enlevant pas le fait que la perte est bien là. Lorsque l'on s'engage sur cette voie sans réflexion on ne comprend généralement pas pourquoi l'on ne gagne pas plus d'argent qu'avant, et l'on a tendance à vouloir continuer à faire baisser les prix pour obtenir l'effet escompté, aggravant en fait le problème. C'est un cercle vicieux dans lequel il est dangereux de s'aventurer.

Vendre à bas prix, une bonne idée?

Maintenant plaçons-nous dans un autre cas de figure. Prenons une personne fort riche et qui n'a pas besoin d'argent et qui décide de produire quand même pour vendre sa production à très bas prix. On peut penser que l'on aide quelqu'un en vendant à très bas prix. Certes, la personne qui a profité de l'aubaine gagne quelques écus, mais c'est à nouveau se placer du mauvais coté, puisqu'il a été montré qu'il fallait se placer du coté du vendeur et non de l'acheteur pour s'enrichir.
Voici un exemple concret. Un maraîcher vend un légume à 7 écus au lieu de 11. La personne qui l'achète gagne donc 4 écus. Mais vu la différence de prix ils seront certainement nombreux à le vouloir. Celui qui l'obtiendra aura donc certainement un haut charisme, donc probablement pas la plus démunie. La somme n'est pas négligeable, mais que pourra-t-il acheter avec les 4 écus ainsi gagnés? Mis à par un sac de maïs il n'y a pas grand chose. Mais à coté de cela un maraîcher va se retrouver avec un légume à 11 écus qui n'a pas été vendu, une personne avec un faible charisme certainement, une personne qui aurait certainement bien eu besoin des 11 écus de cette vente. On a donc d'un coté une personne aisée qui a gagné 4 écus, et de l'autre une personne de moindre expérience qui en a perdu 11. Pas terrible comme aide. Et avec les 11 écus en question, qu'aurait-il pu acheter? Une bouteille de lait par exemple, ce qui est déjà mieux qu'un sac de maïs. C'est donc un éleveur bovin qui se retrouve lui aussi avec un invendu. Et, comble de l'ironie, cet éleveur c'est peut être la personne qui a acheté le légume à 7 écus, lui occasionnant une perte indirecte de 11 écus.
Ainsi l'on voit bien l'effet boule de neige que l'on obtient avec cette action que l'on voulait altruiste au départ.

Plus c'est cher, mieux c'est?
On pourrait donc croire que plus les prix sont élevés mieux c'est. Ce n'est quand même pas le cas. En fait il faut garder un marché équilibré, ce qui n'est pas forcement très facile, car il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, et chaque ville a des obligations vis à vis du Comté. Les obligations en question sont gérées par le maire, mais si les prix sont trop élevés, il n'est plus en mesure de les remplir.
Alors comment agir au mieux pour soi-même et pour l'intérêt général? Ce n'est pas compliqué, il n'y a que quelques points à respecter :
    -respectez les grilles de prix de la mairie pour vendre. Ne pas systématiquement choisir le prix le moins chers ou le plus cher, il faut suivre le marché;
    -sauf si l'on a même plus de quoi se nourrir, ne pas forcement vouloir vendre à tout prix dans la journée;
    -les artisans doivent également respecter les salaires conseillés;
    -ne pas stocker plusieurs semaines de production pour tout vendre d'un coup, rien de tel pour pénaliser vos collègues;
    -lors d'un achat, acheter les produits qui sont dans les prix conseillés. On peut penser faire une bonne affaire en achetant un produit pas cher, mais en fait on lèse un producteur qui respecte les consignes pour le bien de tous. Et demain ce producteur lésé se sera peut être vous-même.
Comment aider?

Tout ceci est bien beau mais tout le monde n'est pas forcement intéressé par un enrichissement rapide. Il est des personnes qui souhaitent sincèrement aider les autres financièrement parlant en ce moquant de s'enrichir soit même. Alors comment doit-on se comporter si l'on est dans ce cas là?
Il existe plusieurs moyen, tout dépend de l'aide que vous voulez apporter. En voici quelques-uns uns, mais il doit en exister d'autre :
    -passer des offres d'emplois un peu au-dessus du minimum légal. Par exemple, offre à 16 ou 17 écus pour ramasser des légumes, 22 à 24 pour faire semer un champ de maïs par une personne expérimentée (19 de caractéristiques);
    -si vous êtes producteur de blé ou maïsiculteur vendez votre production à bas prix à la mairie;
    -ne vendez pas l'intégralité de votre production, sauf s'il y a pénurie. Stockez le reste;
    -n'achetez pas systématiquement les produits les moins chers, vous ferez des heureux;
    -essayez de voir s'il est possible de travailler pour la mairie à bas prix;
    -si vous pouvez vous le permettre, devenez noble, c'est une des rares façons d'augmenter le nombre d'écus disponible dans une ville. Mais bien sur tout le monde ne peut pas puisque cela coûte des euros et non pas des écus.
Les moyens ne manquent pas donc, le tout étant de garder à l'esprit que pour aider, il ne faut pas rentrer en concurrence avec les autres en terme de prix de vente. Certain de ces moyens consistent à faire gagner des sous à la mairie, cela peut vous sembler aller à l'encontre de ce que vous souhaitez faire. Mais il faut savoir qu'avec cet argent gagné le maire peut entreprendre des actions pour le bien de tous. L'exemple le plus évident c'est le pain à 6.40 disponible à la taverne municipale (merci de le laisser aux plus démunis, à l'origine il était la pour eux) et l'aide aux éleveurs de moutons. Mais cela peut aussi permettre d'acheter des produits dont la mairie n'a aucune utilité, mais qui sont en trop grand nombre sur le marché. Plus la mairie peut acheter de produits sur le marché, plus l'enrichissement de la population est grand, à condition que le maire ne le fasse pas n'importe comment bien sur.





Ce document a été réalisé par Kaioh.
Ce courrier a été écrit par Dragonf1re, alors maire, en Février 1456 à destination des habitants de la ville d'Antwerpen.

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L'Économie pour les Nuls

Message par Kaioh le Dim 8 Sep - 6:03

L'Économie pour les Nuls



Je vais essayer d'être le plus simple possible, même si c'est difficile étant donné le nombre de choses à prendre en compte. Je vais donc aborder quelques thèmes particuliers, afin de s'approprier petit à petit ce qu'est l'économie pour finalement arriver au commerce. Pour cela, je vais prendre à chaque fois un exemple simple à comprendre, l'économie dans son ensemble est plus compliquée, mais cet exemple simple permet de comprendre le mécanisme et donc d'avoir l'intuition, ce qui permet de comprendre finalement comment ça fonctionne. Un exemple simple ne peut pas tout expliquer, il n'existe pas de Vérité absolue à travers un exemple simplifiée, car il y a toujours des exceptions à la règle, cependant je vais me concentrer sur les exemples les plus parlants sans rentrer dans les points un peu moins clairs.

Bref, commençons par ce qu'est l'Économie.

La loi de l'offre et de la demande

Dans les RRs, l'économie fonctionne aussi selon cette loi. La loi de l'offre et de la demande signifie en gros :
Ce qui est rare est cher, ce qui est en surabondance n'est pas cher.

Elle est représentée ainsi :

Sur l'axe des abscisses (quantité), plus on va vers la droite, plus la quantité est importante. De même, pour le prix, plus on est haut, plus le prix est important.
L'intuition est que, plus le prix est élevé plus les gens sont incités à produire/offrir (il est préférable que je produise du blé si celui se vend à 14 écus, plutôt qu'à 10). À l'inverse, plus le prix est faible, plus la demande est importante (si la viande est peu chère, je vais en manger plus souvent).

Bref, il n'existe pas de prix surfaits ou sousfaits, il n'existe que des prix correspondants à une situation. Je ne vais pas vendre mes légumes à 5 écus, si je peux les vendre à 10. Pour ma part, je parle de prix relatif, car c'est relatif à une situation.

Dans nos bons Royaumes, afin d'illustrer ce mécanisme, on peut prendre l'exemple du maïs et du pain. Ces deux biens sont substituables, soit je peux manger 2 maïs au lieu d'1 pain, soit 1 pain au lieu de 2 maïs pour avoir le même effet.
Imaginons la situation initiale où le pain coûte 6 écus, le maïs 3. Peu importe que je mange du pain ou du maïs, cela revient au même.
Si par contre, la consommation de maïs est supérieure à la production, on est en situation de sous-production et alors le prix va augmenter (les stocks vont diminuer et donc permettre de vendre plus cher). Si alors le maïs se vend 3 écus 10. Il est préférable de manger du pain que du maïs, dans ce cas le prix a augmenté, mais la demande a baissé. De l'autre côté, le prix du maïs étant plus intéressant, sa culture est plus profitable pour les paysans qui sont davantage incités à en produire.
Si par contre, il y avait trop de maïs produit, alors son prix baisserait à 2,95 écus par exemple, en ce cas les gens préféreraient manger du maïs que du pain. Prix inférieur, la demande augmente, les cultivateurs sont moins incités à produire.

C'est la base de tout.

L'utilité du commerce

À quoi sert le commerce dans tout ça ? Nos Royaumes sont parsemés de villages, chaque village a un marché. Le marché de Nevers n'est donc pas seul, notre marché est un marché parmi tant d'autres. Ce qui se passe sur notre marché est donc à mettre en regard de ce qui se passe sur les marchés alentours.

Imaginons deux marchés, un où le pain est à 6 écus, l'autre à 7. Que se passe-t-il ?
Il va y avoir des exportations du pain à 6 écus vers l'autre marché, étant donné qu'il y a de l'argent à se faire. Au final et théoriquement, un équilibre se trouvera alors peut-être vers 6 écus 40 sur les deux marchés. Pourquoi cet équilibre ? Car d'un côté sur le marché à 6 écus, la demande va augmenter (la consommation reste identique, mais les exportations vont augmenter), ce qui va tirer le prix vers le haut. De l'autre, sur le marché à 7 écus, l'offre va augmenter (production identique, mais importations augmentent), ce qui va tirer les prix vers le bas.
C'est la loi de l'offre et de la demande qui s'applique toujours, voyez ces deux villages non pas comme deux marchés, mais comme un seul. Production et consommation trouvent un équilibre.

Le commerce n'est pas une tare, il permet juste de lisser les prix. Ce lissage a pour conséquence de vider les marchés en surproduction pour alimenter les marchés en pénurie.
Toujours, il ne faut pas considérer surproduction ou pénurie au sens propre, c'est avant tout affaire de prix. On est en "surproduction" quand le prix est inférieur à celui pratiqué dans un autre village, on est en pénurie quand le prix est supérieur à celui des autres marchés.

Samaritanisme ou escroquerie ?

Il est souvent considéré que celui qui pratique des faibles prix est un Saint dévoué à son village et que celui-ci améliore la "qualité de vie" (je ne sais si c'est le bon terme, mais vous voyez ce que je veux dire) de celui-ci. À l'inverse, celui qui pratique des prix élevés n'est qu'un égoïste, escroc qui ne pense qu'à sa propre personne et n'a que faire du bien du village.
C'est en partie vrai, le samaritain est quelqu'un de gentil en offrant des petits prix, et celui qui propose des prix élevés pense avant tout à sa propre richesse. Par contre ce qui est faux, c'est que pratiquer des prix bas n'est pas bon pour le village, et pratiquer des prix élevés l'est par contre.

Prenons le cas de 10 légumes. Le prix à l'extérieur (tout ce qui est hors Nevers) des légumes est fixé à 10 écus. Explorons alors deux possibilités, les légumes vendus à 8 écus et ceux vendus 10 écus (prix extérieur) sur notre marché.

Légumes à 8 écus :
Les villageois maraîchers vendent 10 légumes en tout à 8 écus chaque : 10 légumes * 8 écus = 80 écus en tout injecté dans l'économie locale. C'est le revenu initial du village.
Qui peut alors acheter ces légumes ? Les Nivernais, la Mairie, un MA extérieur (comprendre qu'il n'est ni Nivernais, ni mandaté par la Mairie). Imaginons que les villageois en achètent 5, la Mairie 4 et le MA 1. Pour ce qui est des villageois, il n'y a pas de perte, ils ont acheté et ils consomment, c'est tout (5 * 8 = 40). La Mairie pourra revendre ces légumes au prix extérieur, soit en tout : 4 légumes * 10 écus = 40 écus (8 écus de bénéfices). Le MA n'en fera pas profiter Nevers, car il exporte purement et simplement, il détient 10 écus (dont 2 de bénéfices).

Quelles sont les richesses finales ? Nevers a gardé 40 écus par les villageois et la Mairie en détient 40 également (dont 8 écus de bénéfices), 80 écus au final. 10 se sont enfuis (avec le MA) sans en revoir l'argent un jour.

Légumes à 10 écus :
Le village a un revenu de base de : 10 légumes * 10 écus = 100 écus.
Qui peut alors acheter ces légumes ? Les villageois locaux, voire la Mairie si elle le souhaite. Il n'y a cependant pas de MA ici, car il n'y aurait aucun bénéfice à réaliser (on commerce quand on a une marge possible). Donc imaginons que les villageois achètent l'ensemble des légumes, alors le village a gardé l'ensemble de ses richesses, 100 écus. Si la Mairie veut obtenir son bénéfice de 8 écus, alors il lui suffit de taxer les villageois 8 écus, celle-ci ne pouvant obtenir d'argent de par le commerce.
Dans ce cas : Villageois ont 92 écus et la Mairie 8.

Bref, il est préférable de pratiquer des prix élevés, le village y gagne globalement, même si in fine il paye des impôts (ou plus d'impôts). Les seuls bénéficiaires de prix bas sont ceux qui ne produisent rien, car si on considère le salaire de la mine de 15 écus, il est préférable d'acheter son pain 6 écus que 8. Ceux qui produisent s'en fichent, car le revenu des champs a normalement augmenté en conséquence afin de compenser l'augmentation.

Revenus commerciaux ou impôts ?

Je me permets d'étoffer un peu ce que j'ai écris. Toujours avec le cas des légumes, mais en comparant un village qui se base uniquement sur les revenus commerciaux et un autre qui se finance uniquement par l'impôt de par l'impossibilité de faire des revenus commerciaux. Les fuites par les MAs ne sont pas prises en compte (cela ne ferait qu'empirer la situation 1...), on imagine un marché complètement fermé, contrôlé (ce qui favoriser la situation 1).

Prenons le cas de 10 légumes. Le prix à l'extérieur (tout ce qui est hors Nevers) des légumes est fixé à 10 écus. Explorons alors deux possibilités, les légumes vendus à 8 écus et ceux vendus 10 écus (prix extérieur) sur notre marché.
Dans le cas des légumes à 8 écus, il s'agit d'un marché intégralement contrôlé par les autorités, le commerce est impossible excepté pour les autorités (ceci afin d'éviter les fuites). Ces autorités cherchent à maximiser ainsi les revenus commerciaux afin de réduire les impôts.
Dans le cas des légumes à 10 écus, le marché est totalement libre, point de revenus commerciaux (prix du marché égal au prix extérieur), tout est financé alors par l'impôt.

Légumes à 8 écus :
Les villageois maraîchers vendent 10 légumes en tout à 8 écus chaque : 10 légumes * 8 écus = 80 écus en tout injecté dans l'économie locale. C'est le revenu initial du village.
Qui peut alors acheter ces légumes ? Les Nivernais ou la Mairie. Imaginons que les villageois en achètent 5, la Mairie 5. Pour ce qui est des villageois, il n'y a pas de perte, ils ont acheté et ils consomment, c'est tout (5 * 8 = 40). La Mairie pourra revendre ces légumes au prix extérieur, soit en tout : 5 légumes * 10 écus = 50 écus (10 écus de bénéfices).

Quelles sont les richesses finales ? La Mairie a fait un bénéfice de 10 écus, les villageois ont gagné en tout 80 écus. 90 écus ont donc finalement été créés.

Maintenant, voyons si on finance ces 10 écus de bénéfices par l'impôt uniquement, en laissant pratiquer le prix d'équilibre.
Légumes à 10 écus :
Le village a un revenu de base de : 10 légumes * 10 écus = 100 écus.
Qui peut alors acheter ces légumes ? Les villageois, voire la Mairie si elle le souhaite. Il n'y a cependant pas de MA ici, car il n'y aurait aucun bénéfice à réaliser (on commerce quand on a une marge possible). Donc imaginons que les villageois achètent l'ensemble des légumes, alors le village a gardé l'ensemble de ses richesses, 100 écus. Si la Mairie veut obtenir son bénéfice de 10 écus, alors il lui suffit de taxer les villageois 10 écus, celle-ci ne pouvant obtenir d'argent de par le commerce (marge nulle).
Dans ce cas : les villageois ont 90 écus et la Mairie 10.

Trouvons des alternatives

Généralisons d'abord sur les quantités. Imaginons que la Mairie rachète la quasi-totalité de la production (il est impossible que la Mairie achète toute une production donnée (le Maire n'est pas toujours là, les villageois en ont besoin aussi, il existe les filières parallèles qui ne passent pas par le "marché"...)), c'est-à-dire <10 (la production est de 10 légumes). On a donc :
La Mairie a fait un bénéfice de <(10 * 2) = <20 écus, les villageois ont gagné en tout 80 écus. 80 + <20 = <100 écus ont donc finalement été créés.
< signifie inférieur à, ce n'est pas égal, on s'en rapproche seulement.
Dans le deuxième cas, il s'agit de récupérer <20 écus pour la Mairie, la richesse du village est toujours de 100 en tout. Les villageois ont donc 100 - <20 = >80 écus, la Mairie a <20 écus.
En résumé, la Mairie a toujours la même quantité d'argent dans ses caisses, mais les villageois de la première situation sont plus pauvres que dans la seconde (>80 est mieux que 80). Les quantités achetées par la Mairie n'inversent donc pas le résultat final.

Imaginons maintenant que ce n'est pas 8 et 10 écus, mais 5 et 10 (on augmente la marge commerciale de la situation 1). On joue donc sur le prix. Le prix d'équilibre/extérieur est toujours à 10.
Dans le premier cas, la richesse des villageois est désormais de 10 * 5 écus = 50 écus. La Mairie achète 5 légumes, sa marge commerciale est de 5 * 5 = 25 écus.
Dans le second cas, la richesse des villageois est toujours de 100 écus. La Mairie taxe 25 écus, les villageois n'ont donc plus que 75 écus après impôt.
En résumé, plus la différence entre le prix du village et le prix d'équilibre est forte, plus les villageois s'appauvrissent...

La situation 1 (quelque soit le prix pratiqué, les quantités en jeu) offre toujours une richesse globale inférieure à la situation 2.





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Il a été initialement écrit à destination du conseil municipal de Nevers par Tisoon.

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