Livre des Vertus

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La Vita d'Aristote - Troisième partie - Chapitre I

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 12:48

La Vita d'Aristote - Troisième partie : Récit de Collagène de Mégare - Chapitre I



Des évènements extraordinaires, moi, Collagène de Mégare, aide de camp dans l'armée d'Alexandre, je puis affirmer que j'en fus témoin si souvent durant trente ans de campagnes militaires que bien peu de choses m'étonnent, c'est bien pourquoi la bleusaille me surnomme le Diogène des phalanges.
Mais quand notre jeune Prince décida de partir en quête des ruines de la citée mythique d'Oanylone sur les seuls conseils de ce vieux fou de philosophe, simplement parce que ce dernier l'avait vu en songe, j'étouffais un cri d'effroi, caché derrière une colonne avec Callisthène, neveu du sage qui lui même se prit, d'étonnement les orteils dans les franges d'un tapis persan murmurant
"J'aurai ta peau Darius!"... Tout était dit.
C'est ainsi que nous partîmes, quarante mille soldats à la poursuite d'un songe, un matin de printemps, tendus comme un arc vers l'Orient.

L'Hellespont franchi, Alexandre, nourri des récits d'Homère, dont Aristote lui avait farci l'esprit, partit sur le champ se recueillir dans les ruines de Troie.
Le Soleil couchant allumait ses ors sur les vestiges moussus de gigantesques remparts et une étrange quiétude pénétrait les lieux.
Tandis que le Prince cherchait dans l'ombre des stèles saillantes d'Ilion la Grande une trace du héros qui berça son enfance, littéralement sur les talons d'Achille, le philosophe accompagné de son neveu et moi-même fûmes attirés par une mélopée étouffée brisant le silence.
Dans un cercle de pierres, quelques humains se tenaient dressés comme des roches levées, pétrifiés par la pythie dont le chant défiait la raison. À notre approche, le prêtre interprète sembla s'éveiller d'un songe puis nous accueillit en ces termes :
"Étrangers, depuis des jours, l'oracle nous annonce votre venue, formulez la question qui vous tourmente et Dieu, par la bouche d'Oenoné daignera nous éclairer."
Puis il tendit à l'oracle de l'eau et des feuilles de laurier à mâcher.
Les participants portaient tous au cou la même amulette faite de trois métaux :
Ce fût un Aristote troublé qui alors prît la parole :
"Quel est le but ultime de ma quête?"

Oenoné, dans le crépuscule reprit son chant fou et hyper aigu :
"Entre en transe entre anses denses, danse en transcendance."
"Que dit-elle?", s'enquit Callisthène. "Rien, elle s'échauffe."
Mais peu à peu l'énigmatique logorrhée devint intelligible :
"Trois, deux, un, retrouvez l'origine.
Troane, est atteint, troisième demeure des fils.
Sont près de Daisane les enfants du premier
Enfin, là ou gît le premier né Oane,
Sois l'élu qui sera le héraut du Très-Haut."
L'inter-prêtre hocha la tête longuement, observa Aristote avec un effarement empreint de déférence puis il traduit :

"Ton périple commence ici, en Troane, la troisième cité des fils d'Oane. Plus loin vers l'Orient cherche Daisane. Là se trouve la seconde clé du voyage dont le dessein, plus à l'Est encore, est Oanylone cité du premier humain au regard de Dieu, alors tu deviendras le messager divin."
La nuit fût passée à se perdre en conjectures sur l'énigmatique message et l'identité de cet Oane qui avait imprégné jusqu'à la construction de la plupart des langages du monde connu.
Les étranges adeptes rencontrés aux ruines ne nous quittaient plus et s'abandonnaient en prières autour de notre campement.
Ces révélations nous remuaient encore le lendemain, lorsque, réglant quelques affaires courantes nous affrontions Arsitès, le général perse.
L'issue de cette guerre de représailles bascula à notre avantage quand Aristote suggéra au Prince d'attendre pour l'assaut final que le Soleil fût dans notre dos. Les Perses, éblouis par le Soleil qui se trouvait désormais en face d'eux, distinguant mal leurs adversaires, perdirent l'avantage de la position. Dès lors, les Macédoniens, forçant la ligne, triomphaient.






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La Vita d'Aristote - Troisième partie - Chapitre II

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 12:53

La Vita d'Aristote - Troisième partie : Récit de Collagène de Mégare - Chapitre II : La grande bibliothèque d'Angora



Nous avions reprit la route vers Gordion et - derrière les armées sur quatre colonnes soulevant la poussière - derrière l'étendard de l'ouragos, cheminaient désormais des pèlerins ralliés à la quête d'Aristote qu'ils nommaient "l'Esprit".
Au cri de rassemblement
"Dieu est avec nous" leur file s'allongeait de jour en jour, grossie du clan des Wilusa et de la tribu des Lukkas, de Lycie.

Dans le berceau du Roi Midas, le grand Alexandre, adepte des dénouements à l'épée força la prédiction et le jour suivant, nous atteignions Angora soumise sans combat sous la condition, que l'armée ne pénètre pas la citadelle.
Passée l'enceinte des murailles, percées de quatre portes monumentales, la haute ville se dressait couronnée du palais royal et au pied de la nécropole la raison de notre venue en ces lieux : la grande bibliothèque car, attachée aux sandales d'Aristote, Oenoné nous avait divulgué l'existence d'un fragment de manuscrit qui se trouvait ici, révélant le périple du peuple originel.
Derrière les colonnes de bronze de la galerie, l'ambiance enfumée et en proie à l'agitation la plus vive ne laissait pas de surprendre.
Dans la salle de lecture des arts divinatoires nous fûmes témoins des pratiques les plus insolites :
Un devin penché sur une coupelle déchiffrait son destin au fil des volutes d'un marc de café gêné par son voisin, nécromancien qui consultait notre futur à travers une configuration d'os violemment jetés sur un lutrin, tandis qu'un aruspice parcourait un avenir incertain dans les entrailles du poulet, gisant sur le pupitre. Penchés au dessus de la dépouille du volatile, Callisthène et moi scrutions un aveu viscéral, quand Aristote d'une clef experte nous arracha à cette douteuse contemplation.
Au cœur de la pièce la plus sombre du Muséion, parmi les archives poussiéreuses : bestiaires fabuleux, tablettes d'argiles, grimoires, gros volumes, opuscules... se trouvait la fameuse cédule.
Le philosophe, fébrile s'en empara et il nous lut :

"Le peuple du premier-né, dans son exil s'est déplacé d'Est en Ouest, aligné sur la course du Soleil. Lorsqu'il parvint sur un plateau fertile, défendu par les contreforts d'une chaîne de montagne, une vingtaine de ruisseaux l'arrosaient ainsi qu'une rivière.
Il est écrit transmettez à vos fils : fatigués d'errer depuis des lustres ils établirent leur camp en ce lieu, mais alors le ciel s'obscurcit soudain, puis un éclair déchira les ténèbres en deux et la Voix leur dit :
"Humain de peu de foi, choisis entre trois fléaux des eaux, du feu et des sauterelles celui par lequel, toujours tu seras éprouvé par Dieu."
Alors le peuple montrant le flot tumultueux qu'il nomma Daisan décida d'être secoué par ce malheur pour que jamais l'Homme n'oublie de craindre le Très-Haut.
Interroge ton père et il t'instruira, demande à tes ancêtres et ils te raconteront.
Et pour qui écrirait-il, celui qui écrit? Alors transmettons quelque peu de notre punition par nos écrits, à l'intention de ceux qui viennent après nous... Peut-être eux-mêmes craindront-ils et seront-ils ébranlés?"
Ainsi, comme les chroniques le mentionnaient, Daisan était le nom de cet affluent de l'Euphrate autour duquel le peuple avait fondé la ville d'Urhai.





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La Vita d'Aristote - Troisième partie - Chapitre III

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 12:56

La Vita d'Aristote - Troisième partie : Récit de Collagène de Mégare - Chapitre III : La tribu d'Habram



En chemin vers Urhaï, les cohortes de soldats et d'adeptes mêlées mues par la grande quête et semblables au panache incandescent d'un astre en perdition allumaient l'horizon.
Dès lors le philosophe, résigné et soumis au dessein du Très-Haut, avait revêtu les oripeaux sublimes du prophète et en acceptait les charges.
Quant à son neveu et votre serviteur, nous étions devenus sa garde rapprochée.

En contrebas des pentes arides du Taurus, avertis de l'arrivée d'Aristote, le peuple d'Urhaï, dans des barques fleuries était venu le cueillir, il termina son périple voguant sur les flots émeraude du Daisan.
Les chaotiques soubresauts de la rivière berçaient tant Callisthène qu'il ne vit jamais les rives colorées et les signes de bienvenue des habitants aux abords de la cité, mais seulement le fond humide de la coque sculptée par ses ongles.
Glissant au pied de la forteresse je fus surpris de voir les larges bassins dans lesquels officiaient des prêtres pour le moins pervers qui enfonçaient la tête de leurs frères dans l'eau et, le croirez-vous? Les suppliciés s'engloutissaient, comblés d'aise.
Le plus étrange fût de voir Aristote, humblement, se porter volontaire pour endurer la même torture, d'abord je crus qu'il voulait se rafraîchir, car la chaleur et l'humidité étaient intenses, mais il avait vraiment perdu la tête.
Le prêtre ému jusqu'aux larmes s'adressa à son dieu comme si c'était la première fois :

"Dieu Tout-Puissant accepte Ton Enfant qui fait le choix d'abandonner la fatalité d'une vie animale, et consent qu'il renaisse librement engendré d'En-Haut."

La chronologie de ce qui se passa ensuite reste confuse, mais sachez que les énormes poissons du bassin entourèrent les deux hommes, plongeant, tournant, sautant dans le plus grand chaos, alors tous les habitants tombèrent à genoux, car il s'agissait des carpes sacrées.

Plus tard, on nous enseigna que, nées du miracle qui avait fait jaillir la fontaine vive Callirhoé du bassin et sauvé leur ancêtre Habram lorsque Nemorod l'avait précipité dans un brasier ardent du haut de la citadelle, les carpes, depuis la nuit des temps frayaient dans cette eau miraculeuse et préservée.
Et puis soudain, les poissons rompant leur danse désordonnée formèrent un cercle parfait, aussi parfait que la course des astres autour du cœur de la Création.
Les descendants d'Habram et l'armée macédonienne tombèrent dans les bras les uns des autres à la vue de ce prodige, les soldats pleuraient.

"Edessa.", "Frères, nous sommes liés."
Quand les effusions s'estompèrent, le grand prêtre dit : "Nous allons partager avec vous notre secret, car c'est ce par quoi les frères se reconnaissent. Marchons vers Harran où réside le grand sage de la tribu."

Dans le grand temple d'Harran, le vieux sage à la barbe drue semblait attendre ses hôtes. Tous les yeux étincelaient dans leur creux d'orbite quand il lança sa révélation :
"Voici des temps immémoriaux, lorsque le peuple du Très-Haut s'enfuit de la cité originelle, Dieu qui eût pitié de nos aïeux dans leur exode offrît la pierre d'Oane à la tribu d'Ânani Mhour, mais l'écriture de la tablette était désormais devenue étrangère à tous les yeux.
À ceux qui décidèrent de suivre le Soleil dans sa course, et afin qu'ils n'oublient pas leur pacte avec lui, Dieu leur fît don du bouclier d'alliance. Du disque façonné de trois métaux, l'airain l'argent et l'or, la légende raconte que seul, le messager divin que la raison guide vers Dieu pourra découvrir la prophétie inscrite au centre du disque, car l'or y est si pur que tout humain devient aveugle dans la tentative de découvrir le texte."

Le prophète s'épongea discrètement le front murmurant :
"On dit qu'Homère était aveugle, le dira-t-on aussi d'Aristote?"

Après de nombreux jours passés en prières et festivités, il fût temps de reprendre la quête. Des liens étroits avaient été noués entre les Uraïtes et les soldats. D'ailleurs, nombre de conscrits jurèrent de revenir goûter ici au repos du guerrier.

Les damnés de l'astre lunaire purent alors distinguer de leur position géostationnaire le large cortège ininterrompu des humains, en marche vers la prophétie.






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La Vita d'Aristote - Quatrième partie - Chapitre I

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 12:59

La Vita d'Aristote - Quatrième partie : Le siège d'Aornos - Chapitre I



Moi, Epistène, face à cette statue de marbre immortalisant, d'une main d'Alexandre nichée en celle d'Aristote, l'amitié liant les deux hommes présent du disciple à son précepteur, qui, le découvrant, ne pu réprimer une larme venue maculer l'objet, je me souviens...

Je me souviens de ce temps où je fus attaché au service du très grand Alexandre le troisième, et veux témoigner, au crépuscule de ma vie, des évènements fabuleux dont je fus tantôt le témoin, alors que l'armée macédonienne atteignait Nicae et les rives du Cophen, au-delà des monts Paraponisades. Nul d'entre nous ne connaissait les contrées reculées et mystérieuses que nous abordions. Alexandre et moi aimions à converser des mémoires de Ctésias, ou des écrits d'Hérodote, qui constituaient tout ce qu'on pouvait en savoir.

Les conditions de notre périple étaient désespérément mauvaises. Les soldats étaient éreintés par la chaleur et l'atmosphère insalubre. L'humidité s'immisçait partout, la crasse formait des plaques jaunâtres sur les visages contrits des combattants, et la moindre écorchure s'infectait aussitôt. L'eau potable venait à manquer, tout comme la nourriture qui pourrissait en quelques jours. Certains furent pris de fièvres mortifères qui faisaient couler leurs humeurs à grands flots par tous les orifices, et les laissaient pour mort. L'infortuné contingent devait progresser sur des chemins indignes de ce nom, rendus à l'état de bourbiers par les pluies diluviennes qui s'abattaient, comme une fatalité, à la fin de chaque jour.

Et enfin, par un beau matin, nous atteignîmes la cité d'Aornos, refuge du peuple Assacène, que notre bon Roi tenait pour ennemi. Quatre immenses tours d'argent formaient les angles d'un complexe de fortifications, qui protégeaient une ville singulière dans sa disposition. La cité était bâtie sur une colline. À son sommet, on pouvait distinguer ce qui devait être un temple, surmonté d'une sorte de minaret flamboyant d'or et de pierres précieuses, qui surplombait, accrochés à flanc de relief, la ville proprement dite.

Alexandre fit une inspection minutieuse de ses troupes, puis tint un discours fort captivant sur l'abnégation à la cause publique, pour remonter leur moral. Il fit ensuite réunir ses généraux pour débattre de la stratégie à tenir. L'état-major fut d'accord pour qu'un siège fut organisé, et Alexandre fit cette remarque pleine de bon sens :
"On va tout de même leur balancer quelques boulets pour leur faire savoir qu'on est là. Qu'on fasse installer les catapultes!" Et ainsi il fut fait selon la volonté du souverain.

La première salve fit réagir de façon bien particulière nos ennemis. Nous vîmes venir dans notre direction une troupe de trois cavaliers, qui constituait une délégation assacène. L'un d'eux se dirigea droit vers Aristote, précepteur de toujours d'Alexandre, homme d'une incroyable sagesse, et dont depuis ces événements je crois en la sainteté. Il jeta un regard fixe à notre philosophe, puis tint cet étonnant discours :
"Nous t'attendions, viens. Le Grand Manitou du Serpent Cosmique a prophétisé ta venue". Puis, il s'adressa à Alexandre en des termes tout aussi consternants : "Souverain de Macédoine, tu pourras détruire Aornos très bientôt, mais avant nous devons accomplir le grand dessein, et montrer à Aristote notre cité et ses rouages. Dès qu'il sera de retour tu pourras donner l'assaut". Alexandre fit part de sa méfiance, redoutant un piège, mais Aristote lui causa en ces termes : "Si je ne satisfais pas ma curiosité, je ne pourrais mourir en paix".

Alexandre : "Mais si tu y vas, tu mourras plus vite."

Aristote : "Si je n'y vais pas, je mourrais plus tard, mais bien pire que mourir, je mourrais insatisfait. Dans les deux cas je suis mort."

Alexandre : "À toi de voir."

Voilà qui n'était pas sans soulever la mienne, de curiosité, et je demandais discrètement à mon Roi si je pouvais suivre le philosophe dans sa visite, ce qu'il accepta. Les Assacène en firent autant.





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La Vita d'Aristote - Quatrième partie - Chapitre II

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 13:02

La Vita d'Aristote - Quatrième partie : Le siège d'Aornos - Chapitre II



La cité d'Aornos était une singulière mécanique sociale. Notre hôte assacène nous commentait la visite, pendant que nous progressions vers le sommet de la colline. Et à mesure que nous avancions, je voyais le visage d'Aristote se transformer, comme si tout lui était soudainement familier. À chaque intervention de notre guide, le philosophe répondait d'un air entendu, avec circonspection.

Alors que nous traversions un sombre dédale de ruelles où chaque recoin, chaque ombre était la scène d'une rapine, d'une agression, d'un acte de violence, où les ribaudes se pressaient dans des contorsions obscènes et des positions lascives pour aguicher les passants, l'Assacène dit qu'il s'agissait là de la zone D, celle où l'on plaçait tous les rebus de la cité, et ceux qui ne respectaient pas ses règles. Je me hasardais à la question suivante :
"Mais pourquoi ne pas les bannir?" Notre guide me répondit que le Manitou ne le souhaitait pas, parce que selon les propres termes de ce qui devait être leur souverain : "Nous dépeuplerions notre cité." Aussi faut-il préciser que les Assacènes enlevaient aux mères de la zone D leurs nouveaux-nés, pour les placer dans des élevages. Aristote fit ce commentaire : "Je ne vois ici que vice et misère sordide".

Alors que nous progressions au travers d'une extraordinaire étendue de cultures diverses, maïs, blé, orge, disposées en multiples paliers, d'élevages grouillants de cochons et de vaches, et où l'on pouvait distinguer quelques paysans squelettiques, harassés d'un travail d'esclave et souffrant de famine, l'Assacène dit qu'il s'agissait là de la zone C, celle où vivait la caste des cultivateurs. Je me hasardais à la question suivante : "Mais pourquoi sont-ils faméliques, vos cultivateurs?" Notre guide me répondit que la caste supérieure vivait dans l'opulence, et que la production était insuffisante pour assurer la subsistance de la classe laborieuse. Mais aussi faut-il préciser que le Manitou refusait aux agriculteurs le droit de s'installer extra-muros, où ils auraient pu bénéficier de plus grands espaces pour un meilleur rendement, parce que, toujours selon ses termes, "les cultivateurs doivent être très étroitement contrôlés pour éviter les actes déviants". Aristote fit ce commentaire : "C'est absurde".

Alors que nous dûmes cheminer au travers d'un quartier cossu abritant des bâtisses grandioses, dédiées aux héros militaires victorieux, et accueillant une intense activité qu'il fallait qualifier de futile, où les uns allaient et les autres venaient, sans but aucun, l'Assacène dit qu'il s'agissait là de la zone B, demeure de la caste des citoyens soldats. Je remarquais qu'un grand nombre d'autochtones portaient de petits miroirs de cuivre pendus à leurs cous, et s'arrêtaient souvent de longues minutes pour entrer en contemplation devant leur propre reflet. Je me hasardais à la question suivante : "Mais que font tous ces gens qui semblent tirer tel plaisir à regarder leur image?" Notre guide me répondit que les soldats n'avaient point guerroyé depuis des années, et qu'à force de n'avoir autre chose à faire qu'admirer les choses de la nature, ils en viennent à s'admirer eux-mêmes, et à vivre dans une scandaleuse débauche de stupre et de luxe. Mais aussi faut-il préciser que le Manitou interdisait aux soldats de s'entraîner en temps de paix, ou même de porter les armes, parce que, encore selon ses termes : "Il ne faut pas risquer que l'armée puisse un jour se retourner contre nous". Aristote fit ce commentaire : "C'est grotesque".

Alors que nous traversions ce qui semblait être une sorte de cloître dédié aux affaires les plus importantes de la cité, où promenaient de ventripotents magistrats, arborant des panoplies complètes d'éclatantes pièces de joaillerie, et donnant leurs consignes à des compagnies de négociants, de banquiers, de porteurs, affluant de toute part, l'Assacène dit qu'il s'agissait là du cénacle, ou zone A, où se réunissaient les philosophes-Rois qui constituaient le gouvernement de la cité. Je me hasardais à la question suivante : "Mais votre gouvernement n'est-il qu'une question d'écus, pour que tout ici soit en rapport avec le marché?" Notre guide me répondit que toutes les questions de politique avaient été abandonnées, et qu'on ne s'intéressait plus qu'à l'économie. Mais aussi faut-il préciser que le Manitou avait affirmé que le but de la cité devait être d'amasser des richesses, pour, selon ses propres termes : "Se prévenir des lendemains qui déchantent". Et Aristote fit ce commentaire : "C'est affligeant".

Et enfin nous parvînmes au sommet de la colline, faisant face au temple du Manitou.





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La Vita d'Aristote - Quatrième partie - Chapitre III

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 13:06

La Vita d'Aristote - Quatrième partie : Le siège d'Aornos - Chapitre III



Le temple du Manitou du Serpent Cosmique était un édifice imposant, dont l'architecture ne tolérait aucune fioriture. Le décorum était d'une simplicité extrême, et se limitait à quelques bas reliefs représentant des épisodes de la vie du Serpent Cosmique, divinité assacène. Seul le dôme du temple tranchait avec l'austérité de l'ensemble, chargé qu'il était de pierres précieuses, et tapissé de feuilles d'or. Nous pénétrâmes dans la bâtisse, emboîtant le pas de notre guide, qui nous conduisit à une sorte de guichet, tenu par ce qui semblait être des moines. Ceux-ci nous interrogèrent sur nos identités, nos adresses, nos situations familiales, nos revenus, nos filiations, et plusieurs heures plus tard, nous fûmes enfin autorisés à rencontrer le Manitou.

Le Manitou du Serpent Cosmique était un personnage singulier. Nous nous attendions à rencontrer un souverain, splendide dans sa majesté, mais c'est un homme dépourvu de charisme qui nous faisait face. Le Manitou était petit, maigre, d'un âge plutôt avancé, et portait une ridicule petite moustache. Il nous accueillit froidement en ces termes :
"Les étrangers ne sont d'habitude pas bienvenus ici, mais pour vous, nous faisons une exception, puisque vous êtes acteurs de la prophétie". Je brûlais de lui poser la question, mais c'est Aristote qui le fit avant moi : "Mais de quelle prophétie parlez-vous donc?" Le Grand Manitou lui répondit qu'il avait vu en rêve qu'Aornos serait détruite par des armées venues d'Occident, mais qu'un philosophe du nom d'Aristote devait d'abord visiter la cité pour en perpétuer la mémoire dans ses écrits. Aristote affirma que jamais il n'userait de son précieux temps pour écrire deux lignes sur Aornos, "plutôt crever, ou mieux, qu'Aornos sombre dans un total oubli". Le Manitou fut atterré par les paroles du philosophe : "Ah, non, non, non! Ça non, nous ne pouvons pas être oubliés, enfin! Nous sommes l'idéal politique". Aristote pouffa : "Pouah! Vous plaisantez? Un idéal, une vaste blague oui : je ne vois ici que péché.

Je ne vois que luxure des hordes d'égarés vautrés dans les abus obscènes des choses de la chair, qui conduisent à l'irrémédiable contamination de l'âme, devenant alors comme un noir paysage peuplé de phantasmes où les corps se mêlent dans des positions indicibles. Ces damnés vont et viennent dans un sinistre ballet, en quête de nouvelles expériences sordides, pour calmer leur appétit féroce qui ne fait qu'aller grandissant. Plus rien n'a d'importance, sinon la satisfaction de leurs bas penchants, et bientôt, les obsessions deviennent si fortes qu'ils sombrent lentement dans une folie noire.

Je ne vois que colère, que des pauvres bougres qui s'abandonnent à leurs penchants primitifs pour lever la voix ou le gourdin contre leurs frères, que des sinistres maraudeurs qui jouissent de la violence de leurs actes malfaisants. Ceux-là, bientôt poussés par leurs pulsions bestiales, ou leurs tendances à la perversité, se repaissent de chair humaine et boivent le sang de leurs victimes, avant de semer la mort, puis de s'oublier à jamais dans une orgie de viscères et d'humeurs répandues.

Je ne vois qu'avarice de ceux qui prétendent commander mais qui ne font qu'exploiter, méprisant les intérêts les plus fondamentaux de leurs sujets, de ceux qui se complaisent dans leur petit confort, méconnaissant des besoins vitaux de leurs frères laborieux, et qui refusent une miche de pain aux bouches affamées. Ceux-là, en vérité, font preuve d'un tel égoïsme, que toute leur substance converge vers un même point central de leur organisme, et qu'ils deviennent ainsi tout rabougris, bossus et tordus par l'œuvre du temps.

Je ne vois que gourmandise et extraordinaire opulence des citoyens, qui sont gras d'abuser des choses de la table, rosés de boire trop de vin, et nonchalants de leurs excès de sommeil. Ceux-là verront bientôt leurs langues couvertes de pustules immondes et gonfleront comme des baudruches, pour ensuite éclater tels des fruits mûrs dispersant ainsi leurs pauvres chairs aux quatre vents.

Je ne vois qu'orgueil et fatuité des citoyens, qui se réjouissent de la contemplation de leur propre image, et qui se persuadent de vivre dans la perfection physique, morale et politique. Ceux-là deviendront les plus laids, les plus difformes d'entre tous à mesure qu'ils vieilliront; ils finiront fous de désespoir d'être rendus à l'état de monstruosités rampantes, larves visqueuses qui n'ont plus rien d'humain.

Je ne vois qu'envie des uns pour les choses des autres, ceux d'en-bas voulant posséder autant que ceux d'en-haut, tels se pourléchant de ce qu'ils pourraient encore tirer de leur prochain, et la chrématistique se faisant l'instrument de ce système pernicieux. Ceux-là aiment trop posséder et posséder autrui, et à se croire trop libres de désirer, ils en deviennent esclaves de leurs désirs, soumis aux moindres aléas de la fortune : leur vie devient un enfer, une quête effrénée et impossible d'un nombre toujours plus grand de choses terrestres.

Et enfin, je ne vois qu'acédie, le pire de tous les vices, s'il en est un, car voilà des citoyens qui au nom d'une obscure prophétie se laissent aller à la contemplation absurde de ce qu'il croient être leur destinée, à savoir disparaître sous les coups du glaive d'Alexandre, des citoyens qui au lieu d'agir, regardent béatement et passivement, des citoyens qui ignorent que l'action est le produit de l'héroïsme, le plus noble véhicule des vertus. Ceux-là, en vérité, ne méritent plus le nom de citoyens, et donc ne méritent plus le nom d'Homme, ils sont des légumes!»

Et Aristote se tût. Le Manitou fit des yeux ronds, quant à moi je ne savais que dire après une telle tirade. Le temps fut suspendu, puis le souverain eut soudain une réaction violente. Aristote et moi fûmes expulsés d'Aornos, après avoir été copieusement insultés par le petit Roi, qui entrait dans une colère hystérique.





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La Vita d'Aristote - Quatrième partie - Chapitre IV

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 13:09

La Vita d'Aristote : Le siège d'Aornos - Quatrième partie - Chapitre IV



Exclus d'Aornos, Aristote et moi-même rejoignîmes Alexandre, qui attendait avec son armée à quelques centaines de coudées des remparts de la cité. Le Roi ne manqua pas de nous interroger sur les défenses de l'ennemi, chose à laquelle, je dois l'avouer, je n'avais pas prêté la moindre attention. Ce n'était manifestement pas le cas d'Aristote, qui fit en détail une description du dispositif militaire assacène. Il ajouta qu'Aornos n'était qu'une cité corrompue, qui méconnaissait les principes de base devant fonder toute communauté, et qui n'était pas digne du nom de République. Il en concluait qu'il fallait la détruire, et fonder à sa place une cité vertueuse, et qu'il fallait, selon ses propres termes, "extirper l'erreur des esprits faibles, pour y substituer la conviction en la vertu".

J'eus soudainement un de ces éclairs qui vous font espérer une petite gloire intellectuelle, et je crus pouvoir prendre le philosophe en défaut. Je relevais en effet qu'il avait tantôt affirmé au Manitou que la violence était chose vicieuse, car relevait de la colère, et que pourtant il encourageait Alexandre dans son entreprise expansionniste. Aristote me répondit plutôt sèchement : "Notre communauté est glorieuse, parce que vertueuse. Ce constat n'a rien de subjectif, c'est une réalité parfaitement tangible, et qui fonde notre droit à établir, sur toute la surface du monde connu, notre République, pour le bonheur des peuples. Nos principes sont la vérité parce que sont tirés de l'ordre naturel des choses. Nous sommes la République universelle de l'esprit". Je décidais de mesurer, à l'avenir, mes paroles, pour éviter d'être ainsi tourné en bourrique par le philosophe.

Alexandre ne voulait pas d'un siège d'usure, car en l'état de nos provisions, les assaillants auraient cédés avant les assiégés. Nos positions étaient en outre bien mauvaises, puisque nous étions exposés aux traits de l'archerie ennemie, le Manitou étant, depuis notre entrevue avec lui, résolu à combattre. Pour nous mettre à l'abri, il nous fallut reculer, et retourner dans la fange et les miasmes des mangroves dont nous venions. Les hommes n'auraient pas tenu trois jours dans ces conditions, sous les nuées d'insectes et de serpents, dans l'atmosphère malsaine du marécage. L'état-major opta donc pour une attaque le soir même contre les premiers remparts du dispositif défensif. Ce fut une catastrophe. Des centaines de soldats périrent dans un assaut vain. Les archers et piquiers ennemis étaient redoutables, et nos hommes n'avaient pas même le temps de dresser les échelles : ils tombaient comme des mouches. Le bélier eut un sort tout aussi peu enviable : près de la moitié de l'équipage fut tuée avant même que l'engin ne vint heurter la porte. Les survivants étaient si peu nombreux qu'ils ne parvenaient plus à manœuvrer le bélier, qui fut bientôt comme une baleine échouée sur le pont-levis, les soldats l'ayant abandonné dans leur déroute.

Alexandre, loué qu'il était dans sa mansuétude à l'endroit de ses hommes, fit cesser promptement le massacre, et sonna la retraite. Les pertes furent ainsi limitées, quoique conséquentes. L'état-major fut de nouveau réuni, et conspué par le Roi de Macédoine. Le souverain semblait fort contrit de la tournure que prenaient les événements, et avoua qu'il ne s'attendait pas à telle résistance. C'est alors qu'un général intervint, et rappela à Alexandre comment fut gagnée la guerre de Troie, et par quel subterfuge Ulysse parvint à introduire des guerriers grecs dans la cité. Aristote le fit taire aussitôt :
"Ces légendes sont des crétineries polythéistes, et les Troyens ne peuvent avoir existé, car aucun peuple ne peut être assez stupide pour tomber dans un piège aussi grossier. Il se serait bien trouvé un Troyen pour prévenir ses concitoyens de leur stupidité, et qu'un cheval de bois de facture douteuse, qui sonne creux, et qui du reste était un objet de très mauvais goût, pouvait en outre être une ruse puérile". Le général s'insurgea qu'on méprise ainsi les croyances séculaires, et Aristote lui répondit sans se démonter qu'une croyance peut être séculaire, ça ne la rend pas nécessairement vraie. Alexandre fit cesser la conversation qui tournait au vinaigre, hurlant que ces polémiques ne l'aidaient pas.

Aristote fit alors une proposition étonnante :
"Je vais défier le Grand Manitou en combat singulier et de ce combat dépendra le sort de la cité".





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La Vita d'Aristote - Cinquième partie

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 13:14

La Vita d'Aristote - Cinquième partie : Les derniers jours du prophète



Moi, Posidonia, petite-fille du prophète de Dieu, Aristote, fille de Nicomaque, voudrais vous raconter les derniers jours de la vie de mon grand-père.

Après la mort d'Alexandre de Macédoine, Aristote avait été forcé de fuir précipitamment Athènes.

En effet, Alexandre l'avait toujours protégé, mais avec la disparition de ce dernier, ses opposants n'avaient pas hésité à traiter mon grand-père de fou dangereux en raison de l'enseignement qu'il dispensait autour de lui sur l'existence d'un Dieu unique.

Les tenants de la religion officielle ne le supportaient plus et dès la nouvelle d'Alexandre mort, ils lâchèrent tout leur fiel et commencèrent à monter la population contre mon grand-père.

Sa maison fut incendiée, et mon père, Nicomaque, eut les yeux crevés.

Aristote décida alors de quitter Athènes pour rejoindre Chalcis.

Une fois installé, je les rejoignis, mais les derniers évènements avaient beaucoup assombri mon grand-père et il perdit très vite ses forces.

C'est alors que nous apprîmes la naissance du fils de Séleucos, le compagnon d'Alexandre qui avait toujours été le plus réceptif aux enseignements de mon grand-père. Sa femme Apama venait de mettre au monde un enfant qui avait été prénommé Antiochos du prénom du père de Séleucos.

Mon grand-père eut alors les yeux qui se mirent à briller et comme éclairé par Dieu il m'annonça qu'il devait absolument voir cet enfant.

Je fis alors envoyer un messager à Séleucos le conviant avec son fils à venir rendre visite à Aristote.

Séleucos accepta avec joie et arriva un mois plus tard accompagné de sa femme et de son fils.

Pendant cette période, Aristote s'entretint souvent avec mon père pour le préparer à sa future mission : devenir le précepteur du jeune Antiochos.

Mais sa santé fléchit brutalement à nouveau et mon grand-père était alité quand je rentrais dans sa chambre pour le prévenir de l'arrivée de Séleucos, à cet instant son visage s'éclaira et il retrouva tout à coup ses forces.

Il me demanda de l'aider à s'habiller, puis rejoignit Séleucos qui fut très heureux de revoir son vieux maître de l'époque où lui et Alexandre avaient été ses élèves...

Aristote l'embrassa et lui dit :

"Séleucos, je suis si heureux de te revoir et j'ai de grandes choses à te dire mais d'abord montre moi ton fils."

Séleucos se tourna vers Apama qui approcha Antiochos de mon grand-père.

Aristote le regardait avec intensité et dit :

"Jeune Antiochos, ton destin sera inspiré par Dieu. Par toi, des milliers d'Hommes de peuples différents se convertiront à la parole du vrai Dieu. Et parmi ces peuples s'en trouvera un dans lequel naîtra celui qui finira ce que j'ai commencé."

Puis se tournant vers Séleucos il ajouta :
"Élève ton fils dans la Foi en Dieu, apprends-lui les enseignements que je t'ai dispensé, prépare-le pour la mission que Dieu lui a confié. Pour t'aider, je te donne mon fils, Nicomaque, qui sera le précepteur de ton fils."

Séleucos restait sans voix devant la prophétie que le grand Aristote venait de révéler, ainsi son fils avait été choisi par Dieu pour une si grande mission.

Aristote lui remit un pli scellé portant la mention "Pour Antiochos" et lui précisa qu'il devrait remettre cette lettre à son fils quand celui-ci aurait 15 ans.

Séleucos le remercia et l'embrassa chaleureusement.

Mon grand-père dit alors :
"Adieu" à son fils, il l'avait préparé un mois durant à cette séparation qu'il savait définitive.
Il les regarda s'éloigner, puis, pris d'une grande fatigue, s'assoupit.

Un peu plus tard dans la soirée, l'esclave Perfidias venu d'Athènes avec une amphore de vin dont l'étrange contenu fleurait la ciguë quittait le foyer avec la satisfaction du travail bien fait et du devoir accompli. Après sept jours d'inconscience, Aristote se réveilla alors que j'étais en pleurs à ces côtés, il ouvrit la bouche et dans un souffle me dit ces quelques paroles :

"Mon chemin sur Terre est fini, il y a encore tant à faire, mais la part que Dieu m'avait alloué est terminée. Antiochos fera germer la graine qui éclora avec Christos..."

Il avait dit ce dernier nom de façon à peine audible, et son esprit l'avait quitté... Je ne connaissais pas de Christos et ne sais donc pas de qui il voulait parler...

Je suis aujourd'hui âgée, et m'en vais bientôt retrouver mon grand-père.
Comme Aristote l'avait dit, j'ai vu Antiochos, préparé par mon père, devenir Roi d'un grand empire, je l'ai vu transformer en religion d'État les enseignements de mon grand-père, j'ai vu des milliers d'Hommes de peuples si différents se convertirent. J'ai vu la parole de Dieu se diffuser dans notre monde. Mais de Christos je n'en ai pas connu...






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La Vita de Christos - Première partie - Prologue

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 13:21

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Prologue



Par Samoht, an 87

Voilà, mes frères, l'héritage que je vous transmets, sous la forme des ces rouleaux de parchemin.

Moi, Samoht, vieil homme qui sera bientôt, je l'espère, rappelé par le Très-Haut pour Le rejoindre dans Son Royaume, j'ai consigné ici tous mes souvenirs sur celui qui se nommait Jeshua, mais que l'on appelait Christos, et qui marqua le monde de son empreinte indélébile.

Vous le connaissez, mes chers enfants, ce grand homme mince et beau, rayonnant d'une félicité divine, qui parcourait les déserts, son bâton en main. Il enseignait le message d'Aristote aux Hommes pour les sauver de leurs péchés. Il se faisait le messie tant attendu, le guide tant espéré.

Vous le connaissez, vous qui avez déjà entendu de nombreux témoignages à son sujet, témoignages parfois divergents, souvent mystérieux, mais tous s'accordant sur le destin exceptionnel de cet homme habité par Dieu.

Aujourd'hui mes forces me quittent mes amis, et je sens que je ne passerai pas l'hiver. Aussi, j'ai décidé de vous raconter son histoire telle que moi je l'ai vécue, il y a bien longtemps. J'ai travaillé d'arrache-pied, même la nuit, à la lueur de ma bougie... j'ai fouillé dans mes souvenirs pour en faire ressortir le vrai et le juste, et me débarrasser de ce que le temps n'a pas manqué de déformer, d'amplifier et d'embellir.

Et pourtant, même en prenant ces précautions, sa vie m'apparaît comme un mirage, comme un rêve fulgurant, comme un mystère d'une beauté exaltante et mélancolique. Hélas, aujourd'hui, quand je m'arc-boute sur ma canne, quand je me hisse sur mes frêles jambes pour admirer la beauté de la Création, je ne peux m'empêcher d'étouffer un sanglot; la lumière du Soleil de ce jour paraît encore empreinte du corps et de l'âme de Christos.

La nature aussi témoigne de la toute puissance et de la bonté du Très-Haut. Quant à la vie, elle est en elle-même une preuve de cette transcendance si troublante.

Mes larmes de joie sont destinées à Dieu, en guise de remerciement pour nous avoir créés et pour le don énorme qu'Il nous fit en nous envoyant le messie pour nous sauver. Puissiez-vous aussi, mes frères, pleurer de bonheur en lisant ces lignes... Peut-être alors n'aurais-je pas failli à la mission que me donna Christos il y a de cela plusieurs décennies.

Ainsi, trois siècles après qu'Aristote ait révélé la parole divine, ceux qui avaient foi en l'Éternel étaient encore confrontés à la toute puissance de divers cultes païens qui sacrifiaient à leurs multiples faux dieux et dont certains s'étaient appropriés les enseignements d'Aristote pour mieux les détourner. Mais la vraie foi n'était pas absente des âmes des hommes et des femmes de l'époque, elle se confrontait chaque jour aux convictions erronées de ces pécheurs. Tous les vrais croyants attendaient que la prophétie d'Aristote se concrétise et que le messie arrive pour confirmer le message de l'Éternel...






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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre I

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 13:26

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre I
L'enfant naquit à Bethléem, en Judée.




Lorsque j'ai connu Christos, celui-ci aimait à nous parler des heures durant, d'une voix passionnée autant que passionnante. Nous buvions ses paroles avec ferveur et en nourrissions nos âmes. Ce fut lors d'une de ces discussions que Christos nous raconta son enfance. Ainsi, je vous la rapporte, mes enfants, car cette partie de sa vie fut aussi belle que ce que j'ai vécu à ses côtés.

Maria vivait avec Giosep qu'elle allait épouser. Tous deux étaient d'humbles vagabonds, mais ils vivaient dans la vertu, en remerciant le Très-Haut des bienfaits terrestres dont ils jouissaient. En outre, ils éprouvaient l'un pour l'autre un Amour sincère et pur de toute luxure, leur vie était heureuse. Mais un jour, Maria vit en songe un cavalier venant de loin aller à sa rencontre. Arrivé devant sa maison, il mit pied à terre. C'était un homme d'allure majestueuse; il s'avança, et dit :

"Maria, n'aie crainte, car l'Éternel t'aime et t'a choisie. Aussi, un enfant va naître de toi, que tu nommeras Jeshua. Il sera un guide, un messie habité par Dieu. Il portera la parole de Dieu partout où il lui sera donné d'aller et sauvera le peuple de ses péchés en lui enseignant la sagesse d'Aristote."

Le cavalier repartit ensuite vers sa contrée lointaine comme il était venu. Maria se réveilla à ce moment là et vit Giosep devant elle la regarder avec des yeux amoureux.

Et il advint ce que le songe avait annoncé, Marie conçut un enfant, et les deux parents firent en tout selon la prophétie d'Aristote, le nommant Jeshua.

L'enfant naquit à Bethléem, en Judée. Du fait du surpeuplement qui existait alors dans cette ville, le couple ne trouva pour se loger qu'une bicoque délabrée, car il n'y avait plus de place ailleurs pour les accueillir. Mais lorsque l'enfant naquit, celui-ci semblait, à tous ceux qui le virent, être touché par la grâce divine, car il rayonnait de douceur et de calme. Si bien que les gens du petit village se cotisèrent pour que cet enfant béni de Dieu ait tout ce qui lui était nécessaire. Les uns amenèrent du linge, d'autres contribuèrent à la rénovation de la bicoque et d'autres encore amenèrent des vêtements neufs et de la nourriture aux deux heureux parents.

Maria était transfigurée par le bonheur. Sa joie la rendait lumineuse et elle remerciait chaque jour le Très-Haut de la naissance de cet enfant.

C'est dans ce calme paisible que Jeshua commença sa vie, loin de toute violence et de toute perversion... Jusqu'à ce que...






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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre II

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:22

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre II
La fuite vers Chypre.




Mais Maria était trop heureuse d'être mère de celui qui allait devenir le messie pour tenir sa langue. Un jour, alors qu'elle allait chercher de l'eau à la fontaine, elle croisa une courtisane du Roi de Judée qu'on appelait Elitobias.

Elitobias, une érudite servant la voie de l'État avec zèle, vivait dans un luxe insultant, se nourrissant de viande, de poisson, de lait... Elle avait l'habitude de se moquer de la pauvreté de Maria.
"Moi, disait-elle, je sers le grand Roi de cette contrée, notre aimé Mistral IV."

Alors, Maria fit une erreur, ne pouvant plus supporter les sarcasmes de Elitobias, elle lui répondit :
"Et moi, je suis la mère du messie, de Jeshua qui portera le message d'Aristote et qui détrônera tous vos faux Rois, vos faux prophètes. Mistral IV est un Roi temporaire, mon fils le dépassera en charisme et son nom restera gravé dans les mémoires vachement plus longtemps que ton Roi."

Alors, Elitobias, qui croyait aux songes et aux signes du destin, fut troublée. Elle rentra précipitamment dans le palais de Mistral IV pour prévenir son maître.

Mistral IV était un homme de marbre, une statue polie par la patine du temps. C'était un ténébreux, un veuf, un inconsolé au regard triste et lointain. Un Prince qui avait combattu les Mèdes grâce à un astucieux système de poulies et de charrettes. Mais sa gloire était alors bien pâle, et il était devenu un Roi silencieux et détaché des misères de son peuple. Jaloux de son pouvoir, il prétendait diriger ses sujets mais laissait en fait à sa femme intrigante le soin de gouverner le Royaume. Lui ne sortait jamais des ors de son palais que pour réprimer un complot ou anéantir une fronde.

Lorsqu'il entendit Elitobias, pour laquelle il avait une inclination coupable, raconter ce qu'elle avait entendu, il fut surpris. Alors, il lui demanda :
"Qui est ce péquenot qui se fait appeler Jeshua et qui sauvera son peuple? Où pourrai-je le trouver? Dans quelle halle? Dans quelle gargote?"

Elitobias poursuivit alors son discours dénonciateur, en espérant mériter ainsi les grâces de ce Roi d'une beauté glacée.

"D'après ce que m'a dit Maria, Jeshua est le messie, le guide, le miroir de la divinité. Il est annoncé par Aristote et, selon sa prophétie, il apportera aux Hommes la bonne parole et confirmera les préceptes Aristotéliciens. Son influence sera grande et ses disciples nombreux, qui se reconnaîtront en lui et en Aristote pour les millénaires à venir. Vous pourrez le trouver à Bethléem."

À ces mots, Mistral sentit remonter en lui ses anciennes superstitions, ainsi que le souvenir de la foi qu'il avait su réprimer et noyer dans son cœur. Il avait peur de perdre son trône et prenait la menace au sérieux. Il appela ses gardes, et leur dit :

"Gardes, un homme vient de naître, qui pourrait conjurer contre moi. Il faut à tout prix empêcher cet homme de percer. Il se trouve à Bethléem. Trouvez-le, et assassinez-le! Usez même d'astucieux systèmes de poulies et de charrettes si nécessaire!"

Alors, la garde du Roi s'exécuta, et partit vers Bethléem.

Mais cette nuit là, Maria eut de nouveau un songe. Elle revit le cavalier qui lui avait annoncé la naissance de Jeshua. Il réapparut en effet à Maria et lui dit :

"Levez-vous! Prenez Jeshua avec vous, et allez sur les chemins. Dirigez-vous au Nord, vers l'Île de Chypre, et restez y jusqu'à ce que l'on vous prévienne. Car Mistral veut faire périr le petit enfant."

Alors, les parents se levèrent, prirent dans leur bicoque les miches de pain et épis de maïs qui leur restaient et partirent sur les routes, en direction du Nord, en passant par Tarotshé. Ils sortirent des frontières du pays et restèrent en Chypre aussi longtemps que la menace grondait.

Mistral IV, apprenant par ses gardes que les parents avaient fui le pays, devint furieux, et dit :
"Gardes, ce Giosep et cette Maria sont des provocateurs! Ils m'ont roulé et se sont rendus coupables de trahison en refusant un édit royal! Qu'on les éradique immédiatement! Quant à ce fils de... de... il ne doit pas percer. Allez et trouvez tous les enfants de moins de deux ans, et éradiquez-les! À la fronde, s'il le faut."

Alors, les fameuses armées de Mistral, celles qu'il était capable de lever en masse en quelques heures seulement, se mirent en marche et sillonnèrent tout le pays. Ils arpentèrent chaque halle, chaque gargote, laissant des messages sur lesquels ils demandaient à la population de présenter aux autorités tous les enfants de moins de deux ans, pour les recenser, soi-disant.

Et les gens du peuple, innocemment, présentèrent leurs enfants ou leurs filleuls aux autorités sans se rendre compte du drame qui se jouait.
Et l'on entendit des pleurs, des cris, et l'on vit du sang, de la sueur et des larmes. Ces gardes, qui étaient affreux, sales et méchants égorgeaient ces jeunes âmes innocentes devant les yeux de leurs parents.

Et le ténébreux, du haut de son trône, regardait le massacre silencieusement, mélancolique et froid. Après cette crise, le Roi retomba dans son silence, léthargique. Si bien qu'il oublia, les années passant, de s'alimenter et perdit des forces. Il devint faible, puis squelettique, et mourut enfin.

À Chypre, les parents apprirent la mort de Mistral IV et pensèrent que la vie de Jeshua n'était plus menacée. Alors, Giosep et Maria décidèrent de rentrer en Judée, cependant, ils choisirent de ne plus appeler leur fils Jeshua, mais Christos, pour ne pas attirer l'attention sur lui. Ils prirent dans leur bicoque les miches de pain et épis de maïs qui leur restaient et partirent sur les routes, en direction du Sud, en passant par Tarotshé. Il arrivèrent enfin dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplisse la prophétie d'Aristote.






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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre III

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:24

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre III
Son enfance à Nazareth.




Christos passa donc son enfance dans le village de Nazareth où il fut élevé par son père Giosep, charpentier, et sa mère Maria.

Comme Christos était un enfant exemplaire et plein d'Amour, il était aimé de tout le voisinage. Aussi, une femme, bienveillante parmi les bienveillants, offrit au couple un petit potager. Ainsi, alors que Giosep allait couper du bois dans la forêt avoisinante, Maria cultivait les légumes. Cette saine nourriture semblait faire merveille sur Christos, qui, tout au long de son enfance, fit preuve d'un charisme extraordinaire pour un si jeune enfant. Ses paroles étaient d'or et, lorsqu'il parlait, tous l'écoutaient avec attention, sans oser l'interrompre.

Et Maria, qui poursuivait ses récoltes de légumes, put bientôt acheter un petit pré où quelques moutons purent brouter paisiblement.

Christos aimait s'occuper de ces placides animaux. Quand on lui demandait pourquoi, arguant du pénible labeur que cela nécessitait, Christos répondait :

"Dieu a donné aux humains le travail pour qu'à chaque jour ils méritent le titre d'enfants de Dieu. Il a permis que nous soyons supérieurs aux animaux et seuls bénéficiaires du don du langage, car nous sommes les seuls capables d'aimer sans attendre en retour. J'aime ces moutons et ces brebis, non pas en espérant qu'ils me le rendent, mais parce qu'ils sont comme nous issus du Très-Haut."

Christos aidait souvent son père à transporter les stères de bois du marché jusqu'à chez lui, et là, il regardait Giosep travailler le bois et lui donner forme.

Un jour, Christos dit :

"Ce bois que tu rabotes et que tu coupes pour en faire des charpentes, il est à l'image du monde. Car le monde sera tel que nous le bâtirons, aussi, il est important d'y travailler avec Amour et attention. Les Hommes sont des charpentes, et je ferai de ces charpentes le faîte de mon Église."

Maria préparait un repas en mélangeant du pain rassis à du maïs et du lait, le tout bouilli dans une jarre.

Christos dit :

"Ce plat que tu prépares, ces aliments que tu mêles et que tu mélanges sont à l'image des peuples. Car ceux-ci doivent se mêler pour s'entendre et dégager ce parfum de bonheur."

En retour, Giosep et Maria enseignèrent à leur enfant les principes de la vertu. Christos faisait preuve dans ce domaine d'une réceptivité extraordinaire. Il ne faisait pas qu'appliquer ces préceptes : il les vivait pleinement. Il respirait la vertu et tous les habitants du village étaient inspirés par son exemple.

En outre, Christos affectionnait à se promener dans la campagne et les déserts, passer du temps au milieu de la nature, en admirant la beauté de la Création. Il foulait les hautes herbes, et usait ses sandales dans la poussière des dunes. Il s'engageait dans les sentiers, grimpait sur les montagnes et contemplait le monde dont il admirait l'harmonie et l'agencement des éléments. Peut-être pensait-il alors aux causes premières de toutes ces beautés?

C'est ainsi qu'il passa son enfance, et qu'il grandit, au milieu de gens qu'il aimait.






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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre IV

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:25

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre IV
Voyage en Judée, premiers prêches.




Ayant atteint l'âge d'homme, Christos décida de quitter ses parents pour parcourir le monde et aider son prochain. Il partait avec des idées mûres sur les préceptes d'Aristote et le message de Dieu.

Ayant fait ses adieux à ses parents, il s'aventura dans le pays de Judée. Il marcha sur des chemins escarpés, grimpa des montagnes, descendit dans des plaines, traversa des cours d'eau.

Durant ses pérégrinations, il rencontra de nombreuses personnes, souvent vêtues de haillons, qui cherchaient dans l'errance et la méditation un moyen de parvenir à une plus ample vérité. Christos échangea avec nombre de ces gens, s'enrichissant de leurs expériences et de leur humanité.

Mais il vit aussi des farfelus et des extravagants, des fous et des reclus... Bref, nombre de ces vagabonds refusant par misanthropie la société et la vie dans la Cité.

Alors, il essayait d'approcher ces pauvres humains; il leur parlait et leur expliquait la philosophie d'Aristote et les enseignements du Très-Haut.


"Aristote, disait-il, nous a appris que l'Homme sage doit participer à la vie de la Cité. Vous mes amis, regardez-vous, êtes-vous heureux? Perdus que vous l'êtes au milieu de nulle part? Mes amis, sachez que l'Homme est par nature fait pour vivre au sein de ses semblables."

Ayant dit ceci, Christos nuança tout de même ses paroles :
"Mais n'oubliez pas, que chaque Homme a aussi une individualité, chaque Homme a son propre rapport avec Dieu et avec la nature. Aussi, pour ne pas oublier cela, et pour trouver en soi les ressources nécessaires à la réflexion, il plaît à Dieu que vous puissiez vous retirer de temps en temps, au-delà de la ville, afin de vous retrouver en vous-même, dans la prière et le calme, la quiétude et la concentration de votre esprit.

Les retraites sont alors un moyen pour vous de prendre du recul par rapport à la Cité, et ce pour mieux la contempler, et mieux l'apprécier."

Sa force de persuasion était telle que tous ceux qui croisèrent sa route furent convaincus. Et après avoir parlé avec Christos, ils retournaient en ville en suscitant chez les citadins la surprise et la joie.

En effet, les temps étaient durs, et chacun attendait la venue d'un messie. Or, ces jours-là, beaucoup rentrèrent chez eux en disant :

"Christos, notre sauveur, est arrivé, comme il est dit dans la prophétie d'Aristote."

Mais Christos ressentait lui-même le besoin de se retirer pour se recueillir. Aussi, il s'isola du monde en pénétrant dans le désert. Sa retraite spirituelle dura quarante jours.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre V

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:26

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre V
Retraite dans le désert et rencontre avec la Créature Sans Nom.




Jeshua marchait dans les dunes depuis plusieurs jours déjà, buvant l'eau de son outre et mangeant les sauterelles venues du sable, lorsque fatigué, l'envie lui prit de s'étendre de tout son long et de ne plus bouger. Il lui semblait qu'une force mystérieuse lui disait :
"Arrête-toi, Christos, fils de Giosep, car tu es fatigué. Si tu voulais, tu pourrais rebrousser chemin et rentrer chez toi sans t'épuiser."

C'était la Créature Sans Nom, celle qui vivait dans l'ombre depuis les millénaires. Elle ne voulait pas qu'à travers Christos, la parole d'Amour de Dieu se répande. Aussi avait-elle décidé de le corrompre, afin de le détourner de sa juste mission. Si les racines de l'arbre noircissaient, alors celui-ci ne porterait jamais de fruits.

Christos répondit, sans se mettre en colère :
"Va-t'en, toi qui veux me perdre dans la paresse, je continuerai, car le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt!"

Et la tentation de se reposer se dissipa en cet instant.

Alors, comme Jeshua jeûnait depuis des jours, il avait de plus en plus faim. Il sentait son ventre lui faire mal, et monter en lui l'envie d'ouvrir les dernières provisions qui lui restaient dans son sac en peau de mouton. La Créature Sans Nom, douée d'un charisme exceptionnel lui disait :

"Ouvre ton sac, Christos, fils de Giosep, car tu as faim. Mange donc cette viande et ce pain qui t'attendent... tu pourras toujours te réserver les sauterelles pour plus tard."

Christos répondit, sans se mettre en colère : "Va-t'en, toi, qui veux me perdre dans la gourmandise. Je n'ouvrirai pas mon sac, car le monde appartient à ceux qui savent endurer la faim."

Alors, comme Christos se trouvait au beau milieu du désert, il était fatigué, il avait faim et son corps lui faisait mal. Soudain, en fixant l'horizon devant lui, il eut l'impression de voir une oasis. C'était un petit lac entouré de buissons verts. L'oasis était encore loin, mais des cris d'allégresse semblaient s'en échapper. Christos reconnut bientôt des silhouettes féminines, nues, se baignant dans cette pièce d'eau. La voix mielleuse de la Créature Sans Nom lui dit :
"Qu'attends-tu, Christos, fils de Giosep, pour les rejoindre? Ne les entends-tu pas? Ces belles femmes qui t'appellent? Elles sont toutes à toi! Et belles, en plus, mazette!"

Christos répondit, sans se mettre en colère : "Va-t'en, toi, esprit du vice, qui veux me perdre dans la luxure. Je ne détournerai point ma route, car aussi vrai que je te le dis, cette oasis et ces femmes vont disparaître de ma vue."

Et en effet, bientôt, l'image de l'oasis se dissipa, laissant à Christos la vision d'un désert étendu jusqu'à l'horizon et irradié par le Soleil.

Alors, comme Jeshua continuait à marcher, sans regarder derrière, il vit soudain devant lui l'image d'une grande ville. Cette cité était magnifique, les tours et les murailles ne cachaient pas sa richesse et les maisons, ornées d'or et de pierreries, semblaient briller de mille feux. Un dôme dépassait, qui devait être celui du palais du maire. La douce voix de la Créature Sans Nom dit à Christos :

"Vois cette belle ville, et contemple sa richesse! Si tu voulais, tu pourrais en devenir le maire, avec les talents que tu possèdes. Car en vérité, tu as été capable de jeûner durant toutes ces journées, ainsi que de résister à la fatigue et aux femmes; ta force de caractère pourrait t'emmener très haut!"

Alors Christos lui répondit, sans se mettre en colère : "Va-t'en, esprit malin, qui veux me perdre dans l'orgueil, l'envie et l'avarice. Je résisterai aussi à ces péchés-là, car il est petit, celui qui cède à ses pulsions."

Alors la Créature Sans Nom dit : "Dieu nous a faits Ses Enfants, car nous sommes les plus fortes de Ses créatures. Parmi nous, je suis Sa préférée, car je suis le plus fort de nous tous. J'ai compris que le fort devait dominer le faible, comme vous les Hommes, dominez les vaches, les cochons et les moutons. Dieu nous a donné Sa Création pour nous apporter les mille plaisirs du corps et de l'esprit que nous méritons. Y a-t-il un meilleur moyen de Lui rendre hommage autrement qu'en sachant apprécier les plaisirs de Sa Création?"

Mais Christos lui rétorqua : "Va-t'en, tentatrice! Ta présence parmi la Création est une injure faite à Dieu. Sache que tu n'es pas Sa préférée. Il t'a relégué dans l'ombre, car tu t'es détournée de Sa lumière. Il ne t'a laissé la parole qu'afin d'éprouver la foi des humains." Et il ajouta : "Dieu nous a fait de nous Ses Enfants, car nous sommes les seuls à savoir aimer sans rien attendre en retour. Il ne t'a pas donné ce titre, vile créature, car tu n'as pas de cœur, car ton âme est noire comme le jais. Certes, le monde, créé par Dieu, est source de mille plaisirs. Certes, c'est lui rendre hommage que de savoir les apprécier à leur juste valeur. Mais ces plaisirs doivent être dégustés et non dévorés. Seule la vertu, telle que nous l'a enseignée le prophète Aristote nous permet d'apprécier les plaisirs du monde sans tomber dans le vice et le péché." Il conclut enfin : "Car le péché est la négation de la perfection divine. L'abandon total aux mille plaisirs s'accompagne du détournement de l'Amour de Dieu, alors que le goût simple et mesuré de la Création divine ne peut se faire que dans l'Amour de Son Créateur. Alors va-t'en!"

Aussitôt, la Créature Sans Nom, qui rampait à ses côtés, disparut, le laissant aux portes du désert. Il avait traversé ce pays de tentations durant quarante jours.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre VI

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:28

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre VI
Les premiers disciples.




En ces temps-là, la société était en crise. Plusieurs cultes païens existaient. Aussi, certains Hommes, avaient oublié les préceptes d'Aristote et adoraient de fausses idoles. D'autres, regroupés en une Église puissante, se réclamaient de la pensée d'Aristote, mais avaient détourné son message ou le comprenaient mal. Heureusement, il existait encore des gens qui vivaient assez justement dans la vertu telle qu'elle fut enseignée par notre premier prophète.

Il faut savoir, mes enfants, que ni l'Église puissante dont je vous ai parlé, ni l'adoration des idoles, ne répondaient plus à la soif de divin de la multitude. Ainsi, les habitants du pays de Judée vivaient dans un état de péché permanent et détournaient de plus en plus leurs regards de la transcendance et du Très-Haut.

Il existait bien quelques personnes qui essayaient de rassembler les Hommes de bonne volonté, mais la plupart se vautraient dans le stupre et la fornication. Cette vie de plaisir venait s'ajouter à la préférence des gens pour l'individualisme plutôt que pour la communion et la communication.
Beaucoup d'âmes égarées voulaient se tourner vers leur guide spirituel, le grand prêtre du pays, le chef de tous les prêtres, mais celui-ci leur opposait un silence total.

C'était un homme avare de mots, qui répondait à chaque question, laconique :

"N'ayez pas peur, ouvrez vos bras à Aristote."

Christos, après son épreuve dans le désert, était redescendu dans la civilisation, et prêchait la bonne nouvelle et le message d'Aristote sur les places des villages. Il disait :
"Repentez-vous! Confessez-vous de vos pêchés, car le Très-Haut n'aime pas voir le vice envahir la Cité des Hommes."

Plusieurs personnes écoutaient son discours. Deux d'entre eux, un artisan et son apprenti, furent frappés par la justesse de ses mots. Il s'agissait de Titus... et de votre serviteur, Samoht.

Nous nous approchâmes de Christos, accompagnés bientôt par notre ami Paulos, un paysan. J'étais le plus jeune, j'étais encore un enfant... mais c'est moi qui ai pris la parole :

"Maître, tes paroles sont si justes, enseigne-nous le message d'Aristote!"

Alors, Christos, touché par mon innocence juvénile, nous répondit :
"Alors suivez-moi. Vos métiers, vos biens, vos outils pourront attendre que vous terminiez votre mission. Car pour l'heure, je vais vous faire bâtir, en l'Église, le plus bel instrument de paix. Sachez-le, je vous enseignerai la sagesse d'Aristote et le message de Dieu, mais vous devrez apprendre l'altruisme et l'abnégation."

Nous nous mîmes tous en route en direction de la grande basilique. Celle dans laquelle résidait le chef de tous les prêtres. L'homme dormait d'un sommeil profond devant une assemblée ébahie qui guettait le moindre mouvement de paupière ou de narine, attendant la cérémonie de son petit lever.

Christos, accompagné de ses trois compagnons, entra dans la salle et déclara :

"Toi, homme de peu de foi, qu'attends-tu pour t'occuper des aspirations des croyants? Que ne réponds-tu pas à leurs angoisses?"

Christos se tourna vers nous, et dit :
"Sachez-le : cet homme représente le vice infiltré en plein cœur du temple de Dieu. Il est à votre image, mes amis, qui dans vos cœurs de créatures de Dieu, connaissez aussi tous le péché.
Voyez-vous, celui qui ne bouge pas le petit doigt, celui-là ne mérite pas d'être Roi.
Et toi, Roi des croyants, que fais-tu? Ne vois-tu pas ton Église qui s'effondre? N'entends-tu pas les cris des âmes, qui, hors de ton palais, s'époumonent à t'appeler à l'aide?"

Réveillé par la voix de Christos, le grand prêtre, avare de mots, mais qui ne les mâchait pas, se leva, et dit :
"Mais pour qui il se prend ce mec? Non, mais si t'es pas content tu te casses, mon grand! Faudrait voir à ne pas commencer à trop me casser mes saintes burnes!"

À ces mots, Christos se retourna vers ses disciples, et leur dit :
"En vérité, je vous le dis; il vaut mieux entendre ça que d'être sourd! Cet homme tombe dans les excès dénoncés par Aristote, il reste silencieux la plupart du temps, et quand il se réveille, c'est pour trop parler; il ne connaît pas la vertu de tempérance, ni le principe du Juste Milieu."





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre VII

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:30

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre VII
Les douze qui défendirent Christos.




Ah, je me souviendrai toujours de ce jour mes amis. Après être sortis de la basilique, nous nous sommes retrouvés face à un groupe de badauds qui s'invectivaient vertement. Nous avons essayé de retenir Christos, mais celui-ci ne nous écouta pas et s'approcha de ce groupe de querelleurs.

Il comprit bien vite la cause du conflit; face à lui, un mouton se trouvait perdu, terrorisé par les cris qui venaient de toutes parts. À sa gauche se trouvaient des adeptes des cultes païens, leur prêtre en tête, tenant à la main un long couteau. À sa droite, se tenaient quelques-unes de ces personnes déçues par le paganisme, et suivant les préceptes d'Aristote d'une manière moins détournée que les premiers, ils s'étaient massés pour dénoncer le sacrifice barbare qui se préparait en l'honneur des faux dieux. Chaque camp hurlait avec véhémence contre l'autre.

Alors, Christos appela à lui, calmement, l'animal terrorisé, qui avança docilement vers lui. Christos le caressa, puis lui dit de s'en aller. Le mouton partit alors. Mais le prêtre païen était furieux de rage contre Christos et s'avança vers lui, le couteau levé. C'est alors que nous nous interposâmes, Titus, Paulos et moi, bientôt rejoints par neuf autres de ces déçus du paganisme qui s'étaient assemblés à droite. Mais Christos s'avança et fit face au prêtre. Celui-ci croisa alors le regard de l'être béni de Dieu, s'en détourna, et partit sans mot dire, la foule des infidèles le suivant d'un air penaud.

Alors, nous autres, les douze qui avions voulu défendre Christos, hébétés par ce qui venait de ce passer, nous nous tournâmes vers ce mystérieux homme.

L'un de nous, quelqu'un que je ne connaissais pas encore, mais qui se nommait Thanos, lui dit :

"Mais qui es-tu donc, toi dont le calme et la douceur ont raison de l'infamie païenne?"

Alors, Christos lui répondit : "Mon nom est Christos, fils de Giosep et de Maria. Les gens qui me connaissent disent de moi que je suis le messie, car j'aime Dieu et j'aime mes semblables."

Alors, nous nous écriâmes : "En vérité, aucun de nous ne doute de ce fait. Grâces soient rendues au Très-Haut de t'avoir envoyé à nous, afin que Sa Parole illumine nos vies et que la prophétie d'Aristote se concrétise."

Et Christos répondit enfin : "En vérité, il est bien triste que tant d'Enfants de Dieu se détournent de Son Amour. Il leur faut des guides afin que les erreurs passées soient effacées. Voulez-vous me suivre et vous faire apôtres de la parole de Dieu?"

Les neuf qui ne connaissaient pas Christos se regardèrent, qui semblaient partagés entre la joie et l'angoisse. Ils demandèrent à celui qui se disait le messie ce qu'il fallait faire pour le rejoindre.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre VIII

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:32

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre VIII
Les douze apôtres.




Ah, mes enfants, ce que nous dit alors Christos nous illumina! Ses mots sont restés gravés dans ma mémoire.

"Mes amis, nous dit-il, ne vous méprenez pas! Ceux qui ne vivent pas dans l'amitié que nous a enseignée Aristote, ceux-là brûleront dans les mille flammes de la géhenne.
Ceux qui cèdent trop vite aux tentations des péchés, ceux qui ne connaissent pas la vertu, ceux-là finiront dans la souffrance et la solitude de l’Enfer.
Ceux qui cèdent à la voix mielleuse du pêché, qui sont séduits par son discours, ceux-là iront l'accompagner dans les ténèbres.
Ceux qui, enfin, se passent de l'Amour de Dieu et des Hommes, qui se réfugient dans leur seul égoïsme, ceux là termineront dans l'abîme infernal.

Aussi, prenez garde, mes frères, soyez attentifs et vigilants! Car nul ne le connaît, le jour où les prophéties se réaliseront. Nul ne le connaît, le jour de la Fin des Temps."

Nous écoutions attentivement ce qu'il disait, ayant l'intuition que ce jour était décisif pour notre vie future. Et les neuf qui s'étaient interposés restaient bouche bées devant tant de justesse, devant un tel homme.

Christos reprit :

"Vous voulez me rejoindre? Dans ce cas ayez beaucoup d'Amour dans votre cœur et suivez-moi, partagez un peu de votre temps et de vos biens le temps que vous pourrez. Par contre, si vous choisissez de vous dédier à guider les autres sur la voie de l'Église, il faut alors que vous soyez prêts à lui donner priorité. Alors prenez de la distance par rapport à vos biens, à votre travail, à vos outils, dites au revoir à votre famille... Préférez la simplicité et l'instruction aux riches ornements et aux beaux atours. Car notre tâche nécessitera de sacrifier le bien personnel au bien collectif, mais en échange vous serez sacrés parmi les Enfants de Dieu."

Et il dit encore :
"Si votre famille ne vous comprend pas, priez pour elle, car elle n'est pas sensible au message de Dieu.
Si celui qui vous embauche vous en veut, ne lui en voulez pas, et priez pour lui, car il n'est pas sensible au message de Dieu.
Si vos amis vous retiennent, alors entraînez-les avec vous, afin qu'ils découvrent aussi le message de Dieu.

La route sera longue et tortueuse, le chemin rugueux, l'horizon lointain, la pente forte, mais le Soleil qui brille guidera nos pas. Nous connaîtrons des difficultés, des disputes, des colères, des passions, des hésitations, mais l'Amour et l'amitié nous uniront et Dieu nous portera.

Si vous voulez vivre seuls, raisonner seuls, manger seuls, marcher seuls, alors rien ne vous en empêche, passez votre chemin et réfugiez-vous dans l'Amour de vous-mêmes.

Mais si quelqu'un vous frappe, et que vous tombez, alors personne ne vous relèvera.

Si vous voulez vivre en groupe, dans l'Amour de votre prochain et de la multitude, si vous voulez partager votre pain avec vos amis, marcher avec vos frères, alors venez à moi et suivez-moi.

Dans ce cas, si vous tombez sur le chemin, un frère s'arrêtera, et vous relèvera."

Et nous, ses amis, écoutions et approuvions Christos. Nous étions désormais douze pour le suivre. Les six femmes se nommaient Calandra, Adonia, Hélène, Kyrène, Ophelia et Uriana. Les six hommes se nommaient Daju, Thanos, Paulos, Nikolos, Titus et Samoht, votre serviteur.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre IX

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:33

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre IX
Christos répand la bonne nouvelle.




Et c'est de cette manière, que, marchant de village en village, Christos répandait ainsi la bonne nouvelle aux foules qui s'assemblaient. À chaque fois, les gens étaient frappés de la justesse de ses paroles et de la puissance de ses mots. Si bien que la renommée de Christos se répandit en Galilée jusque dans les recoins les plus éloignés, et que les foules venaient de plus en plus nombreuses sur les places où Christos parlait.

Il disait souvent :
"Aimez Dieu comme Il vous aime et vivez en toute amitié avec les autres, comme vous l'a enseigné Aristote." ou "Croyez en l'Amour que Dieu vous porte, et aimez Dieu à votre tour."

Et il répétait : "Que votre solidarité ne connaisse pas de frontières! Souvenez-vous, mes amis, qu'Aristote vivait dans un pays d'une culture peu tolérante pour les autres peuples. Aujourd'hui, vous devez savoir que toutes les nations ont droit au respect et leur peuple à la liberté et à notre amitié."

Enfin, il concluait : "De même, la solidarité et l'amitié ne sauraient être restreintes par une frontière des sexes. Car les hommes comme les femmes sont les Enfants de Dieu et en cela, ils sont égaux."

Sur les chemins, il croisait des malades et des infirmes, et nous vîmes alors des choses extraordinaires : il suffisait que Christos touche un lépreux ou un aveugle pour que son handicap disparaisse. Les malades, à son approche, se sentaient revivre, et pleins d'un nouvel espoir. Les muets se remettaient à parler, les sourds à entendre, les aveugles à voir, les paralysés à marcher, et tous, ensuite, bénissaient Christos et le Très-Haut, les louant et les remerciant de toute leur âme.

Un jour, notre petite troupe de pèlerins recueillit même un homme très mal en point, qui venait de se faire agresser sur une route. L'homme n'avait plus grande force, et ne pouvait plus marcher. Il n'avait pas bu depuis longtemps. Alors Christos se tourna vers l'homme assoiffé, et lui dit :

"Lumière, lumière, tu es la lumière au sein de la lumière. Ta foi te fait lumière et t'a sauvé!"

Nous n'avions pas d'eau pour abreuver le pauvre homme, mais Christos nous dit : "Ce n'est pas grave, il n'aura qu'à boire dans mes mains."

Et, de fait, Christos s'agenouilla, joignit ses mains pour en faire une coupe, qu'il tendit au malheureux. Alors, l'incroyable arriva, les mains de Christos se remplirent d'eau et l'homme put boire à satiété.

Lui ayant ensuite donné à manger, nous le chargeâmes enfin sur nos épaules et le conduisîmes jusqu'au village où il habitait.

Et ceci n'est qu'un exemple des nombreuses choses prodigieuses que fit Christos lorsque nous l'accompagnions sur les chemins. Ces choses, il les faisait toujours de la manière la plus naturelle et la plus simple qui puisse être, alors que nous étions subjugués par le pouvoir que Dieu mettait en lui.
Et nous continuions notre chemin, avides d'Amour et de vérité, suivant notre messie tandis qu'il nous racontait de nombreuses paraboles qui me resteront gravées dans la mémoire et que je voudrais aussi vous transmettre, mes amis, lorsque l'occasion m'en sera donnée...

Nous nous approchions de Jérusalem, la grande ville grouillante d'une population cosmopolite et riche d'identités.






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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre X

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:37

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre X
Arrivée à Jérusalem.




Nous atteignîmes cette grande et belle cité par un jour magnifique. Je vois encore ce Soleil bienfaiteur dans ma tête, cette douce lumière que mes yeux ne sont plus guère capables de m'apporter aujourd'hui, mon esprit en a gardé une trace profonde.

Nous passâmes par la grande porte pour nous aventurer au cœur de la cité, jusqu'à déboucher sur une grande place fourmillante d'activité. En effet, c'était là que les marchandises s'échangeaient, de multiples échoppes vendaient des fruits, des légumes, des stères de bois... ou même des ornements vestimentaires comme des chausses, des braies, des chapeaux.

Un bruit assourdissant régnait en cette place. Et pourtant, quand Christos monta sur la fontaine centrale, et qu'il s’adressa à la population, tout le monde se tut et l'on n'entendit bientôt plus que sa voix claire et douce qui se détachait dans le silence.


"Hommes et femmes de Jérusalem, disait-il, venez à moi entendre la parole de Dieu. Il ne veut que partager avec vous Son Amour. Aimez-Le et vous Le comblerez de joie, et cette joie sera aussi dans vos cœurs. Détournez-vous de Son Amour et Il sera peiné, et cette peine sera votre plus grande souffrance."

Alors, la foule s'amassa autour de Christos et nombreux furent ceux qui lui demandèrent :

"Mais qui es-tu donc, étranger, pour connaître si bien l'Amour de Dieu?"
Christos leur répondit : "Je suis Christos, de Nazareth, le messie, guide et miroir de la divinité, habité par Dieu. Aristote le prophète avait annoncé ma venue, afin que je vous montre la voie à suivre pour vivre dans l'Amour du Très-Haut."

Mais certains doutèrent encore de ses paroles et dirent : "Comment savoir si tu dis vrai, si tes paroles ne sont pas que du miel destiné à nous boucher les oreilles pour que nous nous détournions de Son véritable message?"

Christos leur répondit : "Voyez comme vous-mêmes, comme vous vous êtes tus lorsque j'ai commencé à parler et comme vous êtes tous venus à moi! Écoutez vos cœurs crier la foi qui se nourrit de mes paroles. Regardez donc autour de vous! Dans la foule autour de moi amassée, nombre d'infirmes se sont levés pour venir m'écouter, nombre de malades m'ont approché, sans même se rendre compte qu'ils sont enfin guéris, nombre de vieillards fatigués ont retrouvé une nouvelle jeunesse en m'écoutant. Car Dieu nous aime, et ceux qui m'écoutent et me croient sont bénis de Lui."

Alors tout le monde fut stupéfait, et la nouvelle se répandit dans toute la ville que Christos, annoncé par Aristote, était enfin arrivé. Dès lors, tous ceux qui avaient en eux une trace quelconque d'humanité et de divinité, tous ceux qui avaient depuis longtemps détourné la tête des cultes païens, tous ceux-là laissèrent leurs métiers et cherchèrent à rejoindre le messie sur la place pour l'entendre parler.

Si bien qu'au bout d'une demi heure, les rues se trouvaient encombrées de passants, on n'arrivait plus à circuler au cœur de la ville tandis que les bordures étaient désertées. Un passant pouvait mettre une heure pour parcourir un chemin qu'il mettait cinq minutes à arpenter en pleine nuit, ou dans les heures peu fréquentées. Et les gardes avaient le plus grand mal à gérer le problème.

Mais ce n'était pas tout mes enfants... Ah, si vous aviez vu cela! Si vous aviez vu ces tavernes se vider, cette pagaille s'installer! Votre jeunesse rebelle vous aurait fait aimer cet homme qui défiait l'ordre établi! Imaginez-vous, mes chers amis, toutes les activités abandonnées? La cité paralysée, l'économie bloquée?






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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XI

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:40

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre XI
Création de l'Église avec Titus et les autres apôtres.




Et tout ce monde se pressait autour de Christos. Et, celui-ci, continuait à parler le plus tranquillement qu'il est possible de l'être.

"Voyez-vous, cette ville de Jérusalem étouffe par son manque d'humanité.
Vous avez perdu les valeurs de partage et d'amitié. Mais vous avez surtout perdu la plus importante d'entre toutes : la fraternité!
Cette ville étouffe par manque d'Amour et de charité! Voyez la soupe populaire; qui parmi vous la fait vivre et donne son pain aux vagabonds?"

Et les gens baissèrent les yeux, honteux qu'ils étaient de ce manque de générosité. L'une d'entre eux, qui se nommait Natchiatchia, leva vers le messie son visage pur, et lui dit :
"Maître, que devons-nous faire pour vivre dans l'Amour de Dieu?"

Alors, Christos lui répondit avec un sourire :
"Les fidèles de Dieu, ceux qui ont appris l’enseignement d'Aristote et qui veulent suivre le chemin que je vous trace, doivent former une communauté de vie. Cette communauté trouvera son sens, et permettra à chacun de vivre dans la vertu, si elle est unie dans l'amitié réciproque que chacun de ses membres se doit d'éprouver envers ses semblables. Pour vous guider, je serai le père de cette communauté, j'en érigerai les principes, et mes successeurs feront de même après moi."

Christos se tourna alors vers Titus, qui se tenait là...
"Titus, approche, mon ami. Titus, tu es fort et vigoureux. Tu peux m'aider à porter cette communauté; tu seras mon second. Va Titus, tu es un titan, et c'est avec l'aide de ta force que je bâtirai une Église titanesque!"

Et il se tourna vers les autres apôtres, qui faisaient la moue :
"Et vous, regardez-vous, voilà que vous oubliez la vertu et devenez jaloux! Pour faire partie de ma communauté, fidèle à Dieu, il faudra tendre à être pur de tout péché. Or, je vois bien qu'aucun d'entre vous ne peut prétendre à un tel niveau de vertu. Tournez-vous alors vers Dieu, mes frères, car lui est miséricordieux et vous donne l'occasion de vous laver de vos fautes et de suivre le chemin que je trace pour vous.
N'ayez donc pas de peine, car vous serez mes successeurs, vous diffuserez la bonne nouvelle à toutes les nations en aidant Titus à créer mon Église. Ainsi, je fais de vous les guides des fidèles de Dieu. Soyez des modèles pour ceux qui vous écoutent, car un mauvais guide trace une mauvaise route à ceux qui le suivent. Je vous nomme episkopoi (évêques). Vous aurez à charge le Salut de vos ouailles."

Enfin, Christos jugea que la foule en avait assez entendu pour le jour présent et il la renvoya.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XII

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:41

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre XII
Le centurion, la confession et le baptême.




Quand cette foule se dissipa, la place se vida, laissant place aux gardes du procurateur romain qui gouvernait cette ville. C'est alors, mes amis, que j'eus l'une des peurs les plus profondes de ma vie. Les soldats, rouges, en habit de sang, faisaient irruption sur la place par les multiples ruelles.

Certains surgirent sur les murailles et d'autres sortirent de différents bâtiments, bloquant toutes les issues et toutes les portes. Un tribun descendit alors les marches du palais du gouverneur, accompagné d'un robuste centurion.

Arrivé au milieu de la place, le tribun arrêta sa marche, et se pencha du côté de son centurion. Ce dernier prit alors la parole et nous dit de sa grosse voix brutale :

"Toi, Christos, qui te dis le messie et le guide! Je t'accuse de nuire à la cité. Tu es un fomenteur de révoltes, un dangereux révolutionnaire, un homme de troubles. Aussi je te demande de me suivre!"

Nous autres, ses apôtres, étions paralysés par la peur. Nous n'entendions que le sifflement de la brise qui faisait s'agiter les capes des Romains. Et nous guettions, inquiets, la réaction de Christos. Daju était terrorisé, lui qui avait été vexé de ne pas avoir été choisi par Christos pour construire son Église.

Christos dit alors au centurion :

"En vérité, je te le dis, homme de peu de foi, je ne te suivrai pas, mais c'est toi qui vas me suivre!"

Alors, le tribun ordonna au centurion de se saisir de Jeshua, et l'officier, à la mine féroce s'approcha de nous d'un pas lent. Je respirais au rythme de la cadence de ses pas, essayant de calmer mon cœur qui s'affolait. Lorsqu'il se trouva face à Christos, le centurion le regarda dans les yeux, intensément et assez longuement. Lorsque soudain, il ôta son casque et s'agenouilla en embrassant la robe de notre messie.

"Maître, supplia-t-il, à la plus grande surprise du tribun, je voudrais vous suivre et faire partie de cette communauté de fidèles. Comment dois-je faire? Je sais que je suis pécheur et que j'ai servi un mauvais maître, mais je t'en prie dis-moi comment me faire pardonner!"

Alors Christos le releva et sous le regard médusé des Romains, il prononça ces mots :
"Pécheur, je te le dis, tu viens de faire la première chose que les fidèles devront faire; se montrer humble et confesser leurs pêchés. Ainsi, si ton repentir est sincère, Dieu te pardonnera."

Christos se tourna vers ses apôtres, et continua :
"Et vous, que les fautes commises par vos ouailles leurs soient pardonnées si elles viennent les confesser à vos oreilles, et qu'elles sont prêtes à en faire pénitence."

Alors, Christos s'approcha de la fontaine, et dit encore au centurion :
"Par la grâce de l'Éternel, je vais te laver de tes péchés, te ceignant d'eau, source de vie."

Et Christos plongea ses mains jointes sous le jet de la fontaine. Il aspergea la figure du centurion de cette eau en chuchotant ces paroles :
"Seigneur, daigne laver cet homme de ses péchés, et lui donner ainsi une nouvelle naissance parmi les croyants! Au nom du Très-Haut. Amen."

Puis, Christos nous appela à lui, nous, ses apôtres et, les uns après les autres, il nous ceignit de l'eau de la fontaine, nous faisant naître à nouveau. Il nous dit : "Mes apôtres, tant hommes que femmes, par la grâce de Dieu, vous voici lavés de vos péchés. À vous de Lui montrer que vous saurez vous montrer digne de cet honneur qu'Il vous fait, car le sacrement du baptême pourra être retiré à quiconque en trahit l'essence."

Ce fut une journée intense que je n'ai jamais oubliée tant elle est gravée dans ma mémoire. Notre émotion était à son comble quand nous nous aperçûmes en plus que les soldats avaient déserté la place.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XIII

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:45

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre XIII
Natchiatchia, et le mariage.




Et oui! Cet homme là semblait capable de prodiges. Sa foi était si forte qu'il semblait être en communion avec le Très-Haut. Lorsque nous cherchions à mieux le comprendre, et que nous l'interrogions, il nous répondait toujours, inlassablement :
"Mes amis, Dieu habite toute chose car Il en est le Créateur, qu'il s'agisse d'humains, de brins d'herbe, de papillons, de nuages, de la brise du vent..."

Mais Christos, lui, contrairement à nous, semblait presque atteindre la perfection divine; il ressentait l'existence divine avec tant de foi qu'aucun prodige ne semblait lui être impossible.

Ainsi, après le départ mystérieux des soldats romains, qui, aujourd'hui, je m'en rends compte mes amis, devaient être tout simplement partis chercher du renfort, Christos nous guida vers une grande maison cossue et bourgeoise qui faisait taverne et gîte pour la nuit. Il avait décidé que nous nous établirions là pour loger jusqu'au lendemain.

Or, la fille de nos hôtes vint avec une cruche pour nous servir du pain et du vin, et Christos reconnut celle qui se nommait Natchiatchia, et qui lui avait adressé la parole précédemment, lorsqu'elle était dans la foule.

Natchiatchia versa le vin de sa cruche dans la corne de Christos, et lui demanda :

"Maître, je suis en proie à un profond tourment de l'âme. Je voudrais te suivre dans tes enseignements, mais j'aime un homme qui habite ici et qui se nomme Yhonny, je l'aime d'un Amour pur comme le diamant... Que dit Aristote sur cette question? Que dois-je faire?"

Christos lui répondit : "Lorsque deux êtres s'aiment d'un Amour pur et qu'ils souhaitent perpétuer notre espèce par la procréation, Dieu leur permet, par le sacrement du mariage, de vivre leur Amour. Cet Amour si pur, vécu dans la vertu, glorifie Dieu, parce qu'Il est Amour et que l'Amour que les humains partagent est le plus bel hommage qui puisse lui être fait. Mais, comme le baptême, le mariage est un engagement à vie, aussi, Natchiatchia, choisis judicieusement, car une fois que tu auras épousé Yhonny, vous ne pourrez plus vous y soustraire."

Comme cette dernière parole frappa d'étonnement l'assemblée, car l'époque était à l'inconstance... Natchiatchia reprit :
"Mais, Maître, serons-nous assez forts pour respecter ce choix et vivre sans pécher?"

Alors, Christos répondit :
"Sachez que l'humain doute par nature, que l'Amour qu'il éprouve pour Dieu et pour son prochain peut connaître autant d'aléas que la vie comporte d'épisodes. Mais la vie vertueuse est un idéal vers lequel l'Homme doit tendre. Et, dans son chemin, il peut s'aider de la prière. La prière peut en effet être le moyen pour tous de renforcer cet Amour lorsque cela est nécessaire. N'oubliez pas non plus la puissance de la miséricorde, qui est accordée grâce à la repentance."

Christos se tourna ensuite vers nous, ses apôtres, qu'il avait nommés ses évêques. À nous, il nous dit :
"Et vous, mes amis, comme vous devrez vous consacrer totalement à Dieu, comme je le fais moi-même, l'Amour humain dans ce qu'il a de personnel vous sera à jamais interdit. Vous vous devrez d'aimer l'Humain, et non un humain. En ceci, le mariage n'est pas pour vous, ni même l'acte de chair."

Et comme certains apôtres se trouvaient déçus de cette règle, ils commencèrent à grogner en murmurant entre eux de vilaines paroles. Christos les regarda, et les avertit :
"Ces restrictions seront le prix de votre engagement. Apprenez à les aimer, car elles vous permettront de mener à bien votre sainte mission."

Mais Daju, dont la chair était très faible, regardait Natchiatchia avec un regard concupiscent. De plus, il était d'un tempérament jaloux et n'appréciait ni l'amitié que Christos portait maintenant au centurion, ni la bienveillance particulière dont il me gratifiait du fait de mon âge innocent. C'est pourquoi il se leva, courroucé, et s'écria :
"Et pourquoi devrais-je respecter cela? Pourquoi devrais-je obéir à un engagement qui ne me concerne pas? Tu nous donnes le rôle d'évêque, mais garde jalousement pour toi le commandement de l'Église..."

Alors, Christos lui répondit calmement :
"Aussi vrai que je te le dis; je garde le commandement car je suis le plus à même de vous guider. Sur tout le chemin que nous avons parcouru, j'ai été un père, un papa qui a veillé sur vous. Mais cela se paye de fatigue et de labeur. Mon rôle est difficile et usant... je m'épuise car je porte sur moi le poids de la souffrance des Hommes.
Mais toi, Daju, je vois la colère envahir ton visage, sache que la tâche que je vous ai confiée à vous autres est toute aussi noble, et sera aussi difficile. D'ailleurs, pour vous seconder dans votre tâche, vous pourrez nommer d'autres guides, d'autres bergers qui auront la charge de chaque cité. Et vous serez ceux qui décideront quel successeur me trouver."

Mais Daju était furieux, il devait avoir été corrompu par la Créature Sans Nom, car il ne pouvait en entendre d'avantage et il quitta la pièce sur ces entrefaites. Christos le regarda sans rien dire et son regard se posa alors sur le centurion, qui était avec nous, et dont le glaive à son côté, tintait d'un cliquetis métallique. Christos se tourna vers lui et précisa :
"Et toi, Gracius, si tu veux aussi devenir un de ces bergers qui guidera le troupeau, tu devras laisser choir ton glaive, car les armes sont sources de violence alors que tu auras mission d'enseigner l'amitié et l'Amour de Dieu."
Et il nous répéta, à tous :
"Alors, mes apôtres, mes clercs, à vous de suivre le chemin que j'ai tracé pour vous, à vous de baptiser ceux qui veulent entrer au sein de la communauté des fidèles de Dieu, à vous d'ordonner prêtres ceux qui souhaitent se consacrer tout entier à l'Amour de Dieu, à vous d'entendre en confession ceux qui souhaitent être lavés de leurs péchés, à vous de punir ceux qui ne sauront pas se montrer dignes de l'Amour de Dieu et de prêcher au moins chaque dimanche, afin que la volonté du Très-Haut s'accomplisse."

Après cet épisode, Christos nous parla longtemps de son Église, de la manière dont il la voulait, avec une tête et des ramifications, tel un corps vivant. Et le tout reposant sur une base solide; le peuple des croyants. J'ai pris note, par ailleurs, de toutes ses recommandations, mes amis : ce sont celles que Titus et d'autres disciples ont largement diffusé après les avoir mises en œuvre.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XIV

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:52

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre XIV
Le dernier repas et la trahison de Daju.




Le repas se passa très joyeusement, tous les convives étaient heureux de fêter les débuts de la nouvelle Église d'Aristote. Mais je remarquais alors que les yeux de Christos renfermaient une étrange expression, mêlée de tristesse et de mélancolie. Il était plus silencieux qu'à l'accoutumée, et pourtant, beaucoup de ses apôtres ne s'en rendaient pas compte, occupés qu'ils étaient à deviser de paix et d'Amour.

Je vous l'ai dit, quant à moi, l'attitude de Christos ne m'avait pas échappée... Voulant en savoir davantage, je m'approchais donc de lui et lui demandais :

"Maître, pourquoi fais-tu cette tête là? Tu boudes?"
Il me chuchota alors :
"Samoht, mon plus jeune ami, fidèle parmi les fidèles, ne vois-tu pas que Daju est parti? Sans doute pour comploter contre moi! Le pauvre doit être corrompu, mais il accomplit son destin pour que la prophétie s'accomplisse!"
"Mais enfin, laisse donc cette andouille pleurer dans son coin, lui répondis-je, si les Romains voulaient te prendre, ils l'auraient fait! Au lieu de cela ils sont partis!"

Et Christos, qui sentait sa fin approcher, me regarda avec une expression si émue, si bouleversée, qu'elle me provoque encore des trémolos dans la gorge à l'heure ou j'écris ces lignes.

"Samoht, me dit-il, quand je serai mort, parcours le monde et répands la bonne nouvelle comme je vous l'ai demandé. Et quand tu seras un homme âgé, alors écris mon histoire pour que celle-ci soit connue et entendue. Retiens bien cela, je ne te le dirais pas deux fois... Tiens... J'entends déjà les gardes monter."

Et en effet, le sol tremblait sous le poids des sandales des légionnaires. Les discussions cessèrent alors, laissant place à un silence inquiet. Un décurion et ses gardes entrèrent dans la pièce. À côté de l'officier se tenait Daju; et ce dernier montra Christos du doigt en disant :
"C'est lui! C'est lui! Le grand barbu, là, tout grand! Même qu'on dirait une allumette! Il vient encore de comploter contre l'ordre établi."

Alors, les gardes se ruèrent sur Christos en bousculant tous les apôtres qui voulaient s'interposer. Un soldat m'envoya rouler par terre, car je me tenais aux vêtements de mon messie. Enfin, ils l'emportèrent violemment pour le traîner en dehors de la pièce. Comme je m'étais relevé et que je m'agrippais à la cape d'un soldat, souhaitant le faire chanceler, l'officier ordonna aussi qu'on se saisisse de moi. Aussi, nous fûmes tous les deux menés dans le palais du procurateur Pierre Ponce.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XV

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:53

La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XV
La condamnation à la crucifixion.




Vous comprenez mes chers enfants, pourquoi je peux vous raconter ce qui s'est passé alors. J'étais en effet aux premières places, derrière Christos, et mes yeux, mes oreilles, tous mes sens étaient en éveil comme dans les moments de grande détresse.

Arrivés dans le bureau du procurateur, celui-ci nous regarda et nous interrogea :

"Qui de vous deux est-il celui qui se fait appeler Christos?"
Nous répondîmes tous les deux d'une même voix :
"C'est moi, Romain!"

Oui, mes chers enfants, j'aimais tellement Christos que je souhaitais subir son châtiment à sa place et c'est pourquoi j'ai essayé d'attirer sur moi les soupçons... Mais ma candeur était grande : Pierre Ponce n'était pas dupe, il avait en face de lui un grand et bel homme et un jeune rebelle. C'est donc naturellement qu'il s'adressa au premier en ces termes :
"Ainsi, tu es celui qui se fait appeler le messie, le guide, le miroir de la divinité? Et tu troubles l'ordre de la cité?"
"Tu l'as dit, bouffi!" répondit Christos.
"Écoute, reprit Pierre Ponce, depuis que tu es à Jérusalem, la cité se porte mal, le pain est rassis, les légumes passés, le poisson puant et la viande nauséabonde. Tout cela parce que maintenant, les gens ne veulent plus rien faire d'autre que de t'écouter. De plus, tu fragilises le pouvoir de Rome et le culte païen en débitant des âneries plus grosses que toi sur l'Amour et toutes ces conneries auxquelles personne ne croit! Tiens, je viens de recevoir une plainte du grand chef des prêtres païens; il paraît que tu t'es payé sa fiole, c'est du joli!"

La figure de Christos se fendit d'un grand sourire, avant qu'il ne réponde :
"Oui, je le sais. Votre empire vit tel une roue à aube. Chaque mécanisme a la place qui lui convient de part sa naissance, et accomplit régulièrement la tâche pour laquelle il a été créé. Et vous profitez de cela en asservissant les peuples, et les forçant à travailler pour des salaires indécents. Or, voilà que moi, qui apporte la vérité, je gène, c'est classique... Je connais un gars qui dit ça très bien, d'ailleurs : "le premier qui dit la vérité, il se fera assassiner!""

Pierre Ponce dit alors : "Comment, n'approuves-tu pas l'esclavage? Même quand il est exercé sur d'autres peuplades que la tienne?"

"Non, affirma Christos, la solidarité doit maintenant dépasser le simple cadre de la Cité! Nous sommes tous humains et en cela des créatures de Dieu. C'est pour cette raison que faire travailler un vagabond à la mine pour moins de dix-sept écus est une honte, même s'il vient d'une autre cité. Et le faire suer pour moins de dix-huit écus, en le faisant tuer veau, vache, cochon, couvée, est un scandale!"

Pierre Ponce était agacé... Il lui déclara alors :
"Christos tu seras banni. Maintenant dégage. Affaire suivante : Kramer contre Kramer. Ah, et n'oubliez pas de libérer Bar-Tabac, c'est jour d'amnistie aujourd'hui."

Alors, Christos s'étonna de la sentence, et prononça ces paroles :
"Procurateur! Tu peux me bannir, mais dans quelque cité que je serai, j'agirai toujours ainsi, et deviendrai un même danger pour la plénitude des empires et des Républiques qui constituent le monde."

Ponce fut excédé et lui répondit : "Puisque tu te dis si sage, et que j'ai des aigreurs d'estomac, tu seras crucifié, comme les agitateurs, et en prime supplicié pour m'avoir fait perdre mon temps et troublé ma digestion. Fallait pas me chercher!".

Puis, Ponce remarqua ma présence, et il eut pitié de moi et de mon jeune âge, me voyant en larmes. Il se tourna vers un des ses gardes et lui dit :
"Quant à lui, foutez-le moi dehors, allez hop!"

Mais Christos m'attrapa par la manche et eut le temps de me dire à l'oreille :
"Mon corps va subir mille supplices, mais c'est pour que votre âme n'ait pas à les subir. Lorsque vous prierez le Très-Haut, consacrez le pain et le vin de l'amitié, symboles de ma chair et de mon sang, afin de ne jamais oublier mon sacrifice pour vous. Rendez également hommage à ceux qui, par leur vertu, seront un exemple à vos yeux de l'Amour qui est dû à Dieu. En vérité, il n'est pas de plus bel hommage à Dieu que d'aimer sans rien attendre en retour."

Les derniers mots furent criés, car l'on emportait Christos dans les geôles tandis que des gardes m'empoignaient pour me jeter dehors.





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La Vita de Christos - Première partie - Chapitre XVI

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:56

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Chapitre XVI
Sa mort et son élévation au Paradis.




C'était un moment atroce! Quand je suis tombé sur la rue et que les gardes m'ont poussé à coup de sandales, j'étais si bouleversé par ce qui venait de se dérouler sous mon regard d'enfant que je n'ai pas senti la dureté du pavé ou celle des semelles. Les confidences de Christos prenaient tout leur sens, et je saisissais enfin toute l'immensité de l'histoire de cet homme.

Je me relevais en pleurant et je parcourrais les chemins, ne sachant plus où aller... Les badauds m'observaient curieusement, certains apitoyés, d'autres amusés. Quand soudain, j'entendis la sonorité d'une trompette romaine... Instinctivement, je me suis guidé au bruit et mes pas me menèrent sur une grande place.

La cohorte de légionnaire était assemblée autour de Christos, Ponce et le grand prêtre païen en tête, à cheval. Tous montaient, d'un train lent, vers la colline des condamnés... Ils étaient suivis par une foule de plus en plus grande, dont la clameur emplissait les ruelles et montaient vers le ciel.
Rien ne pouvait arrêter le convoi, pas même les cris de Natchiatchia et des apôtres...

Avec Christos, on emmenait aussi deux autres condamnés pour spéculation, qui se nommaient Black et Decker. Ceux-là devaient être écartelés.

La montée fut pénible, épuisante, surtout par ce jour chaud et lourd. Le Soleil irradiait la nature et la ville en la recouvrant d'une chape de malaise et de tension. Mais cela n'empêchait pas la foule de monter et de pleurer la mort prochaine de celui qu'elle commençait à aimer.

Pierre Ponce et le grand prêtre païen, eux qui ne se fatiguaient pas, car ils étaient à cheval, atteignirent bientôt le sommet de la colline. Voyant la foule s'amasser, ils décidèrent que la peine pour avoir troublé l'ordre de la cité et pour avoir prêché contre la croyance des prêtres impies se devait d'être exemplaire.

Christos fut fouetté pendant plus d'une heure par les gardes, mais jamais aucun cri n'échappa de sa bouche. Il endurait les pires souffrances avec un air calme et serein.

Alors, les bourreaux raillèrent sa foi et insultèrent Dieu, espérant déchaîner sa colère. Mais jamais il ne répondit, même quand ils le ceinturèrent de cordes qu'ils tendirent avec des poulies selon les vœux du grand prêtre.
Christos restait de marbre devant la cruauté des Hommes, seul dans sa souffrance et sa peine, mais soutenu par la foi en Dieu. Son visage ne fut jamais aussi beau qu'à ce moment-là. Son angoisse était passée et il ne restait sur ses traits que les expressions d'un profond Amour et d'une grande paix intérieure.

Les Romains et les païens décidèrent donc de passer aux choses sérieuses. Ils ordonnèrent alors que la crucifixion ait lieu.

On cloua Christos sur une grande croix de bois que l'on hissa ensuite sur la colline. Et Christos se retrouva là-haut, dominant les autres humains... Tel un agneau, il avait été sacrifié sur l'autel de l'ordre établi parce qu'il remettait en cause la société de l'époque et ses fausses valeurs.

Christos mourut après des heures d'agonie... Agonie pendant laquelle il priait le Très-Haut et regardait les Hommes écrasés au sol. C'est le soir seulement, alors que l'air fraîchissait et que le ciel s'assombrissait, qu'il rendit l'âme dans un soupir.

Alors, du ciel, un grand rayon de lumière transperça les nuages sombres et menaçants et vint auréoler le corps de Christos. Sans que ne disparaisse ce halo de clarté, les cieux se mirent à gronder, et soudain des éclairs terrifiants vinrent frapper la terre comme pour la punir d'avoir laissé perpétrer ce crime atroce... Dans un effroyable déchaînement de violence des éléments, une pluie battante se mit à son tour à tomber, chassant les Romains de la colline des condamnés et imbibant le sol, comme pour le laver du sang de Christos; ce sang que l'on vit bientôt ruisseler de la butte, mêlé à celui des deux autres condamnés, à leur sueur et à leurs larmes.

Mais après un moment, la nature s'apaisa, la pluie cessa, les éclairs s'arrêtèrent, les grondements du tonnerre se turent et les nuages s'écartèrent, vaincus par le rayon de lumière, grandissant, dont le flot inondait maintenant la colline.

C'est alors que nous vîmes apparaître, dans ce halo bienfaiteur, une nuée d'anges célestes. Tous descendaient du ciel avec grâce, volant au-dessus de l'éminence. Ils prirent le corps du messie, guide et miroir de la divinité, et le hissèrent jusqu'aux cieux, l'emmenant rejoindre le trône de Dieu.






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