Livre des Vertus

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La Vita de Christos - Épilogue

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 15:59

La Vita de Christos - Première partie : La biographie - Épilogue



Voilà mes amis, mes enfants, mes frères. Je vous ai livré mes souvenirs sur la vie de cet homme si étonnant. Si je ne vous ai tout raconté, c'est qu'en commençant la rédaction de ces mémoires, j'avais peur que la mort ne me permette pas de les conduire à leur terme. Aujourd'hui, je suis rassuré, et peut-être que, si le Très-Haut me prête vie, je pourrai encore par la suite vous apprendre des choses sur Christos, et sur ce que sont devenus ses apôtres.

Retenez surtout son message... Vivez comme il a vécu, car c'est un exemple à suivre. Lui-même me l'a d'ailleurs dit plusieurs fois :

"Que tous les hommes et les femmes suivent le chemin que j'ai tracé, et Dieu récompensera les justes lorsqu'Il rendra Son jugement."

J'en aurais tant, des histoires à raconter, sur Christos, sur ses paroles, ses adages, ses allégories. Je les transcrirai un jour, si j'en trouve le temps et la force... Mais hélas, la vie passe comme une étoile filante, et le temps nous mène à la vieillesse si vite que nous ne nous en apercevons pas.

Ainsi, j'ai occupé mon existence à transmettre la bonne nouvelle à toutes les cités, toutes les Républiques, tous les empires. J'ai voyagé, j'ai étudié, j'ai rencontré, j'ai prié et j'ai essayé, autant que possible, de remplir mes journées d'Amour et d'amitié, de vertu et de pardon. Cela fut la clé de mon bonheur.

Ai-je mérité mon Paradis? Je ne le sais, car seul le Très-Haut peut décider de cela. Quoi qu'il en soit, ma vie terrestre fut belle et merveilleuse et je remercie chaque jour l'Éternel de m'avoir donné une âme.

Que mes écrits soient pour vous un testament, mes amis! C'est ce que vous hériterez de moi et que je vous donne en guise d'adieu. Prenez-en soin et partagez-le avec les autres, divulguez-le, répandez-le partout où vous pourrez.

Ah! J'ai du mal à terminer et à vous laisser là, car je ne peux me résoudre à m'arracher à cette douce ambiance mystique qui m'étreint à chaque fois que je me remémore ma jeunesse... Mais à présent mes yeux sont fatigués, la lueur vacillante de ma bougie ne suffit plus à éclairer mon parchemin... Ma plume tombe de mes doigts douloureux...

Et la nuit envahit ma cellule, me laissant seul, pensif, baigné de la douce clarté de la Lune.


Samoht, an 87 après Christos





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À partir de la Bibliothèque romaine.


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La Vita de Christos - Deuxième partie

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 16:02

La Vita de Christos - Deuxième partie : Les 21 logions de Christos



Ici sont consignés les sentences de Christos le sage, enseignées par Samoht et transmises jusqu'à nous de générations en générations.

Premier logion : "Il n'est de noblesse que d'âme, et c'est dans votre cœur qu'il vous faut être noble. Mais sachez que même ainsi, vous serez vulnérable, car la noblesse est souvent blessée par la bassesse."

Deuxième logion : "Les disciples disaient à Christos : "Maître, ces marginaux ne nous apportent rien, et Aristote nous met en garde contre ceux qui fuient la Cité!"
Christos leur répondait : "Disciples! Vivez pour les autres au lieu d'attendre des autres qu'ils vivent pour vous. C'est à la Cité d'accueillir les marginaux, et non aux marginaux d'aider la Cité.""

Troisième logion : "Les disciples demandaient à Christos : "Maître, après que le Très-Haut ait choisi Aristote pour nous enseigner, pourquoi faut-il qu'à présent il te choisisse pour faire de même? Le message d'Aristote n'était-il pas complet?"
Alors Christos répondait : "Mes amis, l'âme est composée de deux parties : la compréhension et le savoir. Aristote est venu vous apporter la compréhension, moi je suis venu vous apporter le savoir. Entre Aristote et moi se tient toute la différence qui existe entre convaincre et persuader.""

Quatrième logion : "Parfois, devant les démonstrations métaphysiques que les disciples lisaient d'Aristote, il arrivait qu'ils soient découragés. Ils demandaient alors : "Maître, a-t'on raison d'être rationnel?" Et Christos répondait : "La foi apporte la vérité. Mais pour la comprendre, il nous faut user de la raison.""

Cinquième logion : "Et Christos disait : "La raison et le mysticisme permettent tous deux de comprendre Dieu, chacun d'eux se retrouvant dans chacun de nous. À vous de trouver votre chemin vers le Très-Haut en vous inspirant de la raison d'Aristote et de mon mysticisme.""

Sixième logion : "Mais Christos nous mettait en garde : "La raison, sans l'assentiment du cœur, est comme un coquillage vide. L'essentiel est ailleurs, et Dieu dépasse les querelles de partis.""

Septième logion : "Christos disait : "L'Amour que l'on porte à nos parents ne ressemble ni à celui que l'on voue à notre conjoint, ni à l'amitié que l'on offre à nos amis. Cet Amour se trouve sans doute entre les deux, fait de l'un et de l'autre. C'est ainsi qu'il faut aimer Dieu.""

Huitième logion : "Parfois, les disciples se goinfraient des mets que leurs hôtes leur servaient. Puis ils s'alanguissaient sur les lits confortables qu'on leur proposait. Enfin, le lendemain, ils rendaient service à ces mêmes hôtes en travaillant pour eux. Mais Christos se questionnait : "Nous mangeons pour vivre, nous dormons pour vivre, nous travaillons pour vivre... Mais pour quoi vivons-nous?""

Neuvième logion : "Parfois Christos nous conseillait : "Si pour vous la vie n'a pas de sens, alors aimez la vie plus que le sens de la vie. N'attendez pas de mourir pour comprendre que vous passez votre vie à côté de la vie. Rappelez-vous : nous ne sommes pas nés seulement pour mourir, nous sommes nés pour vivre.""

Dixième logion : "Et concernant l'attitude à avoir concernant la vie de tous les jours, Christos martelait : "N'attendez plus rien de la vie. Non comme des blasés, mais comme ceux qui savent qu'à chaque instant, tout leur est infiniment donné.""

Onzième logion : "Et lorsqu'on demandait à Christos comment l'on pouvait trouver le bonheur, le prophète répondait : "Le bonheur réside dans les choses simple, et non dans les raisonnements compliqués qui rendent les gens malheureux. Car comment être heureux lorsqu'on s'interroge sur des mystères que Dieu a fait si complexe que nous ne les comprendrons qu'une fois arrivés dans le Soleil.""

Douzième logion : "La lumière du Soleil dissipera alors nos craintes, nos doutes, nos angoisses, nos interrogations, nos haines et nos chagrins. Sa chaleur nous ôtera de l'inconfort et du froid."

Treizième logion : "Sur l'Amour, Christos disait parfois : "L'Amour est enfant de bohème, qui n'a jamais, jamais connu de loi." Un jour, un de ses disciples, amoureux d'une belle paysanne, se vit rejeté par celle-ci... Alors Christos dit : "L'Amour est enfant du Salut, qui n'a jamais, jamais connu de loi.""

Quatorzième logion : "À des mécréants venus le contredire, Christos répondit : "Croyez en Dieu, car hors de Dieu et de la religion, point de vérité n'existe, il n'est point de valeurs, il n'est point de sens; rien n'existe hors de Dieu. En revanche, son existence est gratuite, donc, croyez en lui et arrêtez de me les casser menu.""

Quinzième logion : "À des hommes qui se battaient, Christos a dit : "Mais vous allez vous aimer les uns les autres, au nom de Dieu!""

Seizième logion : "Lorsqu'il parlait de la vie, Christos s'exaltait : "Densité des densités, tout n'est que densité" ou "Un homme vaut plus que tout ce qu'il a fait, que ce soit bon ou mauvais", ou encore "La vie ne vaut rien, rien, mais moi quand je tiens dans mes mains éblouies les deux petites mains de mon ami, alors je dis rien, rien ne vaut la vie!""

Dix-septième logion : Illisible

Dix-huitième logion : "À ceux auxquels le Très-Haut semblait inaccessible, même après les démonstrations d'Aristote, Christos disait : "Pour approcher Dieu et la compréhension de l'univers, l'art est pour vous un plus sûr moyen que la raison et que la philosophie. Figurez-vous un corps en putréfaction, les intestins pourrissants, les yeux gobés par la charogne, les chairs partant en lambeaux... Et dites-vous que ce corps à été capable d'aimer, de penser, de ressentir, de faire l'Amour, de pleurer... Mais aussi de composer de la musique, de peindre des fresques, d'écrire des poèmes... Autant d'œuvres dont l'on peut encore profiter aujourd'hui.""

Dix-neuvième logion : "Christos disait : "Si vous vous demandez : "Qui suis-je?", "D'où viens-je?", "Où vais-je?". Alors vous pouvez vous répondre à vous même : "Je suis moi, je viens de chez moi, et j'y retourne."""

Vingtième logion : "Et souvent, debout tel une allumette, Christos nous confiait : "Au cœur du refoulé gît parfois notre cohérence.""

Vingt-et-unième logion : "Méfiez-vous des croyances dévoyées, mes amis... Car les hérétiques sont comme les fourmis, ils reviennent toujours."





Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine, traduit par Saint Trufaldini.


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Préambule

Message par Kaioh le Dim 3 Aoû - 17:48

Préambule



Qu'est ce que le Livre des Vertus?

Le Livre des Vertus est la compilation de tous les textes sacrés de l'Église Aristotélicienne, rédigés par les pères de l'Église Aristotélicienne et traduits et recopiés par les nombreux théologiens et copistes de l'Église actuelle. Le livre se compose en deux tomes.
Le premier aborde les premiers temps de l'humanité, de la création du monde à l'avènement des prophètes.
Le second ouvrage nous raconte la vie des deux prophètes Aristotéliciens ayant tous deux eus la révélation de Dieu : le premier, Aristote, grand sage devant l'éternel, ses enseignements ont façonné le monde et la pensée des Hommes. Le second, Christos, miroir de la divinité, illustre par sa vie, il est le modèle absolu de tout Aristotélicien.


Qu'apporte le Livre des Vertus?

Le Livre des Vertus apporte les messages et les informations essentiels à l'humanité traitant de l'origine du monde, de sa physique et des débuts de la vie. L'histoire des premiers hommes y est contée, d'Oanylone la maudite à la venue d'Aristote. Vous y rencontrerez la tentatrice Créature Sans Nom, mais aussi les sept princes démons peuplant les sept Enfers, ou encore les sept Archanges du Paradis. Aristote et Christos seront les guides de chaque homme et femme, Aristote par son savoir, son enseignement et sa sagesse, Christos par sa vie et sa foi. Eux deux vous feront découvrir les idées majeures qui gouvernent la pensée des Aristotéliciens.
Le Livre des Vertus est un guide pour chacun, un guide spirituel, moral et politique. Les messages essentiels adressés par le Très-Haut y sont transcris, la voie de la vertu y est gravée.


Qu'est ce que l'Église Aristotélicienne?

L'Église Aristotélicienne, fondée par Christos et ses disciples, regroupe en son sein toute la communauté des Aristotéliciens. Des guides, les clercs, enseignent aux Hommes et effectuent les rituels nécessaires à leur Salut. Certains Aristotéliciens se retirent loin des excès du monde dans un monastère, pour vivre reclus dans la fraternité et la vertu. Le siège principal de l'Église Aristotélicienne se trouve à Rome, véritable lieu de convergence de tous les religieux des Royaumes. Le Pape et la Curie, sont les garants du Livre des Vertus et du bon fonctionnement de l'Église à travers les Royaumes. L'Église est ouverte à tous, même aux va-nu-pieds, la voie de l'Église empruntée par les érudits permettra de vous engager corps et âme au service de la Sainte Église Aristotélicienne Romaine.

À présent, plongez dans la sagesse et la foi Aristotélicienne.






Ce document a été réalisé par Fufanu et Kaioh.


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La Vita d'Aristote - Quatrième partie - Chapitre V

Message par Kaioh le Jeu 12 Mai - 18:31

La Vita d'Aristote : Le siège d'Aornos - Quatrième partie - Chapitre V



Après cette terrible nuit où les troupes furent en partie décimées, Aristote parlementa avec Alexandre et le convainquit de défier le Grand Manitou en un combat singulier pour le gain de la cité. Le Macédonien ne fut pas très enthousiasmé par cette proposition, mais nous avions été trop touchés pour porter un nouvel assaut. Alexandre dut se résoudre et c'est ainsi qu'Aristote et moi-même chevauchâmes jusqu'aux portes de la cité, armés de linges blancs dans l'espoir de ne pas servir de cibles faciles aux flèches des archers positionnés en hauteur. J'avoue d'ailleurs avoir bien cru courir à ma perte à ce moment là. Aristote cria à l'attention des gardes : "Qu'on nous laisse entrer, je suis Aristote et je viens parlementer avec le Grand Manitou du Serpent Cosmique!"

Les portes de la cité s'ouvrirent pour nous laisser passer, et nous déambulâmes à travers les rues et les zones pour arriver jusqu'au pied du temple où l'on nous conduisit au Manitou. Lorsque nous nous tînmes face à lui, j'entrevis la colère dans ses yeux, mêlée à une once d'orgueil et de plaisir, d'avoir décimé une bonne partie des troupes d'Alexandre tout en repoussant l'assaut macédonien. Le Manitou sembla attendre quelque chose d'Aristote, il était indéniable que le Grec usa de sa sagesse pour saisir cette opportunité, ainsi, il invectiva le maigrichon d'une voix fort peu aimable :
"Grand Manitou, voilà ce que nous proposons : vous voulez que j'écrive sur Aornos pour que la cité ne tombe pas dans l'oubli et moi, je veux la rayer du monde terrestre. Je vous défie en un combat oratoire en place publique devant votre peuple pour sceller le sort d'Aornos, si vous gagnez, j'écrirais sur la cité, et si vous perdez, vous et vos hommes quitterez celle-ci pour toujours!" Le moustachu fut interloqué et répondit avec un sourire en coin assez malsain : "Ça marche, si je gagne vous écrirez et partirez sans demander votre reste. Nous jouterons demain, en attendant, profitez d'une nuit de sommeil dans l'enceinte du temple". Ainsi nous passâmes la nuit au temple.

Le lendemain nous nous dirigeâmes en place publique, sur le chemin, Aristote tint ces mots :
"Voici venu l'heure de la vérité contre la persuasion, du raisonnement contre la rhétorique". La place était comble à notre arrivée et nous fûmes bousculés par une foule vindicative. Le philosophe tomba a terre, je m'empressais de l'aider à se relever lorsque le Grand Manitou arriva habillé d'un large sourire. Il s'exclama : "N'as-tu pas ton Dieu pour t'éviter de tomber de manière si ridicule?", Aristote le salua et me fit signe de laisser place. Un garde saisit Aristote et lui intima de répondre avant de le jeter à terre avec violence. Je tentais alors de rejoindre mon maître, mais les gardes me bloquèrent le passage, il se leva calmement, bien décidé a ne pas céder à la violence, mais il était aisé de le sentir frustré. Le Grand Manitou tint enfin ces mots : "Pourquoi ne pas vous défendre au lieu de vous laisser souffrir? Vous avez demandé un combat oratoire, alors parlez! Dans le cas contraire je vous considèrerai comme défait et vous devrez tenir parole en écrivant sur la cité". Aristote regarda l'homme et lui lança : "Un discours est-il vrai parce que l'on humilie son interlocuteur? Quelle gloire y-a-t-il à se gausser de voir son ennemi au sol? Est-ce là une manière d'éviter de débattre? Votre peuple tient là un bien piètre guide!" Le grand manitou, le visage rouge de colère rétorqua : "Pour mon peuple je suis le sujet et le verbe, ils n'ont pas besoin de complément", ce à quoi Aristote, armé d'un air satisfait de plaisir, répondit : "En effet, si le peuple est une phrase, son dirigeant en est le sujet et le verbe, mais encore faut-il que le tout soit bien conjugué pour que cela ait un sens, et ce tout, je le nomme Dieu!"

Je me tenais non loin de la scène, Aristote faisait face au Grand Manitou et tous deux, entourés de gardes, s'affrontaient devant une foule aussi vicieuse qu'avide de sang. Je vis alors la plèbe adhérer aux paroles du philosophe, bien plus charismatique que son adversaire du jour qui, sous sa grotesque moustache et sa teinte rougie de frustration, se ridiculisait de plus en plus. Ses yeux s'emplirent de haine et Aristote le remarqua. Il glissa une allusion :
"Quel guide perd sa tempérance ainsi?" Dans sa clairvoyance, il n'avait pu rater le changement dans l'opinion du peuple, amassé autour du spectacle, si bien qu'il en joua de plus belle : "Peuple d'Aornos, regardez-le bien votre Manitou, avec ses grands airs et ses riches atours, images de sa corruption! Regardez de quel mépris il fait preuve à votre égard!" Le Grand Manitou sentit alors que le vent tournait, et dans un accès de rage, décida d'en finir avec ce duel, il saisit alors la dague d'un garde et se jeta sur Aristote en criant de toute sa voix : "Puisqu'il en est ainsi, voyons ce que ta verve fera de ça!" Usant de la force et du poids de son adversaire, le Grec saisit son bras et le fit tournoyer dans les airs, se défendant ainsi du coup mortel. Le Manitou chuta lourdement dans un éclat de poussière et la foule applaudit comme un seul homme. C'est avec assurance dans sa voix qu'Aristote proféra : "Voyez avec quel vice le vaincu tente de rattraper la sauce!" Il s'adressa alors au tigre de papier qui s'étendait devant lui : "Vous êtes le jouet de votre acédie qui, dans votre étroit cerveau, est le reflet de votre maladie! Aornos restera la conséquence de votre éternelle incompétence!". Enfin, il écarta les bras, et, regardant autour de lui, prit la foule à partie :[/i] "Aornos, réveille-toi et ne laisse plus cet infâme coquin se jouer de toi!"[i] Le freluquet dictateur se releva avec difficulté, il jeta un regard empli de vice avant d'ordonner la mise à mort d'Aristote à ses gardes. C'est là que la masse de badauds, attroupée autour de l'évènement, prit fait et cause pour Aristote. Avant même que les gardes eurent pu dégainer leurs armes, ils furent jetés à terre, je dus m'écarter rapidement pour éviter de finir piétiné.

Ainsi prit fin le siège d'Aornos, par une victoire d'Aristote sur un tyran sans consistance et dans la colère d'un peuple trop longtemps exploité. Le Grand Manitou fut, avec les quelques gardes qui lui étaient encore fidèle, éradiqué par une masse en furie. Aristote quand à lui, fut érigé en héros, et, tel le triomphateur du mal, il fut porté par la foule jusqu'aux portes de la cité. Alexandre assista bouche-bée à ce spectacle, et dut, une fois encore, reconnaître le talent inestimable de son ami, porté par sa Foi en Dieu. Ainsi, le Macédonien ordonna au reste de ses troupes d'investir Aornos. Aristote assura au peuple, converti à la parole du Très Haut, qu'il s'agissait là d'un mal pour un bien.





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À partir de la Bibliothèque romaine, traduit par Angelo de Montemayor et Bender.B.Rodriguez.

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La Vita d'Aristote - Quatrième partie - Chapitre VI

Message par Kaioh le Jeu 12 Mai - 18:47

La Vita d'Aristote : Le siège d'Aornos - Quatrième partie - Chapitre VI



Au soir de cette victoire par le verbe, Alexandre, accompagné d'Aristote et moi-même, pûmes constater l'effervescence qui régnait dans la cité d'Aornos. Les paroles du prophète avaient été si fortes que tous les habitants étaient venus voir cet homme que, déjà, tous considéraient comme nouveau guide. Avec le recul, je me souviens encore parfaitement de ce sentiment de liberté et de joie qui étreignit alors Aornos, les puissants corrompus encore présents avaient été chassés par la plèbe et les autres s'étaient tous rassemblés au pied du temple du Grand Manitou, où Aristote, ainsi qu'Alexandre et ses généraux avaient établi leur quartier général. Un représentant fut envoyé pour rencontrer le Grec et palabrer du sort de la cité.

L'homme qui se présenta devant nous était jeune, il se prénommait Jeremiah, il était vêtu de simple habits et avait été choisit parce qu'il avait toujours compris qu'Aornos tombait en désuétude. Jeremiah était philosophe et respirait la vertu. Il s'approcha humblement d'Aristote et le salua avec déférence avant de lui tenir ces mots :
"Aristote, votre victoire nous a ouvert les yeux, la cité est désormais lavée de toute souillure avec la disparition du Grand Manitou. Nous nous en remettons à votre sagesse pour nous guider dans notre futur". Aristote resta silencieux un long moment, Alexandre n'intervint pas, laissant au philosophe le gain de cette victoire au combien importante pour ce dernier. Le Grec usa de toute sa splendeur pour répondre à celui qui lui faisait face : "Aornos a été le siège de tous les vices et de tous les péchés, la cité fut guidée par la corruption et l'acédie, désormais, tout cela est terminé. Jadis, j'ai fait un rêve, celui d'une Cité idéale que je croyais avoir trouvé en arrivant à Aornos, quelle ne fut pas ma terreur d'y voir ce que j'y ai vu. Il nous faut maintenant construire cette nouvelle vie ensemble, c'est pourquoi je vais écrire les préceptes qui feront d'Aornos, la Cité de mes songes".

Au cours des jours qui suivirent, Aristote demanda à ce qu'on ne le dérangea sous aucun prétexte et s'enferma dans une pièce avec quelques vivres et un peu d'eau. Je profitais de ce répit pour arpenter les ruelles étroite d'Aornos et écoutais ce qui s'y disait. Le peuple s'était retrouvé dans l'amitié, les classes avaient été abolies et tous partageaient un unique dessein : vivre ensemble en parfaite harmonie. J'étais certain que cela ne durerait pas et que cet état était surtout dû aux derniers évènements. Jeremiah avait expliqué au peuple ce qu'Aristote lui avait dit, et tous n'attendaient qu'une chose, mettre en pratique ces préceptes dont parlait le prophète. Alexandre, quand à lui, jouissait des bénéfices d'une victoire inespérée et profitait d'un peu de repos, mettant ses généraux aux commandes pour maintenir l'ordre en cas de besoin. En quelques mots, je peux vous dire aujourd'hui, à quel point ces moments trottaient dans mon esprit comme un tournant de l'histoire d'Aornos.

Exactement sept jours après la victoire d'Aristote, ce dernier, qui n'avait pas donné signe de vie durant tout ce laps de temps, sortit enfin de sa retraite. Il demanda à Alexandre de faire venir Jeremiah et exposa les fruits de son travail avec un air apaisé et une certitude dans le regard :
"Aornos sera une Cité idéale et parfaite, où tous vivront en harmonie. L'équilibre y sera si solide que nul ne pourra le rompre, et chacun y sera accueilli comme un frère. Cette Cité sera organisée selon le principe de trois cercles concentriques, ou trois classes de citoyens"[i]. Et Aristote exposa ainsi chaque étape de l'organisation de la nouvelle Aornos. Il expliqua que la Cité devait garder le même nom, pour prouver à tous que le cœur de l'Homme peut changer et de l'ombre, revenir à la lumière. Jeremiah et Alexandre burent ces paroles emplies de sagesse et nous comprîmes tous qu'il n'y avait d'autre alternative que d'appliquer ces si justes préceptes.

Nous restâmes six mois à Aornos, aidant Jeremiah à mettre en œuvre ce qu'Aristote avait écrit, travaillant sans relâche à recréer cette Cité dont le prophète avait rêvé et argumentant auprès de tous le pourquoi de chaque décision. Il m'est aisé aujourd'hui de comprendre en quoi ce labeur fut immense, car au moment où j'écris ces lignes, Aornos brille encore de la flamme qu'Aristote a fait naître en elle. Alexandre avait donné son aval à chaque chose, chaque point avait été accepté, il lui semblait d'ailleurs qu'il le devait à son ami. Au détour d'une conversation, voyant quel intérêt je portais aux sages paroles du prophète, Alexandre m'expliqua qu'il n'aurait pu contrarier son ami dans son projet de Cité idéale. En effet, il m'avait indiqué que jamais il ne l'avait vu tant déterminé à détruire le vice avant son retour de la Cité.

Durant ces six mois, Aristote enseigna à Jeremiah et quelques autres habitants de la Cité les subtilités de la foi, il leur fit entrevoir la beauté de l'Amour du Très-Haut et ancra solidement dans leur cœur la ferveur et l'amitié. Ils constituèrent la classe d'or, celle des philosophes-Rois, le troisième cercle d'Aornos, tous pratiquèrent la vertu avec une grande humilité. Chacun devint prêtre et ensemble, ils orientèrent Aornos vers la lumière. Ce sont eux, avec l'aide d'Aristote, qui constituèrent les deux autres cercles : la classe d'argent, composée de citoyens soldats, et la classe d'airain, composée des producteurs. Ainsi, Aornos connu une ère de splendeur, mêlée de foi et d'amitié où chacun trouvait naturellement sa place. Une fois cette œuvre faramineuse achevée et prospérant, nous nous décidâmes à reprendre le long périple que nous avions entamé. Aristote, qui avait rêvé de cette idéale Cité, expliqua qu'il devait encore continuer son œuvre à travers les Royaumes et Alexandre se remit en route avec ses armées. Nous laissâmes ainsi Aornos aux mains de Jeremiah et des philosophes-Rois pour ne jamais plus y retourner. Notre chemin nous conduisit jusqu'aux portes d'Athènes que nous avions quitté il y a si longtemps, l'âme remplie de souvenirs riches et impérissables.





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La Vita d'Aristote - Sixième partie

Message par Kaioh le Jeu 12 Mai - 19:14

La Vita d'Aristote - Sixième partie : Les nouveaux logions d'Aristote



Premier logion : "Ainsi donc, la sagesse est une disposition à agir via une médiété relative, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait un Homme prudent. Mais c'est une médiété entre deux excès et c'est encore une médiété en ce que certains de ceux-ci sont au-dessous et d'autres au-dessus du "ce qu'il faut" dans le domaine des affections aussi bien que des actions, tandis que le sagesse, elle, découvre et choisit toujours la position moyenne."

Second logion : "L'intellect est quelque chose de divin par comparaison avec l'Homme, la vie selon la raison est également divine comparée à la vie humaine irréfléchie. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l'Homme, parce qu'il est Homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et mortel, aux choses mortelles, mais l'Homme doit, dans la mesure du possible s'immortaliser par la quête solaire, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui."

Troisième logion : "C'est en nous abstenant des excès que nous devenons tempérants, et en l'étant devenus que nous somme le plus capables de nous en abstenir; de même pour le courage : c'est en nous habituant à mépriser la peur et à résister que nous devenons courageux, et en l'étant devenus que nous serons le plus capable de résister à la peur."

Quatrième logion : "Un Homme ivre de vin tombe en avant parce qu'il sent la tête lourde, mais un Homme ivre de bière tombe en arrière parce qu'il est proprement assommé. Le vin rend aussi les gens très affectueux. La preuve, c'est que l'Homme ivre est porté à embrasser, même sur la bouche, ceux qu'il n'embrasserait pas s'il était à jeun."

Cinquième logion : "Le Logos a agencé l'univers à partir des quatre éléments puis l'a doté d'une âme pour mouvoir le tout. Il a donc disposé ces éléments les uns à l'égard des autres, de telle sorte que ce que le feu est à l'air, l'air le fût à l'eau, et que ce que l'air est à l'eau, l'eau le fût à la terre. Par après, le Logos les a englobé en un divin éther unificateur."

Sixième logion : "La logique remarque que tous les Hommes sont naturellement désireux de savoir. Or savoir est le résultat de la démonstration rationnelle, car la démonstration est le syllogisme qui produit le savoir. Pour satisfaire ce désir naturel dans l'Homme, la démonstration logique devient nécessaire; car l'effet, comme tel, ne peut pas exister sans la cause."

Septième logion : "Si mon prédicat majeur est que : Tous les Hommes sont mortels; si mon prédicat mineur postule que : Tous les Grecs sont des Hommes; la conclusion de mon syllogisme logique est que : Tous les Grecs sont mortels. Mais en vérité, la subtile finalité de ces assertions syllogistiques est de mettre en exergue l'immortalité du moteur suprême du monde."

Huitième logion : "L'analyse politique nous enseigne que toutes les fois que les uns ont d'immenses richesses, et que les autres n'ont rien, il en résulte ou la pire des démocraties ou une oligarchie effrénée, ou une tyrannie insupportable, produit nécessaire des deux excès opposés."

Neuvième logion : "L'élocution poétique doit avoir deux qualités : être claire et être au-dessus du langage vulgaire. Elle sera claire, si les mots sont pris dans leur sens propre; mais alors elle n'aura rien qui la relève. Elle sera relevée, et au-dessus du langage vulgaire, si l'on y emploie des mots extraordinaires, je veux dire, des mots étrangers, des métaphores, des mots allongés, en somme, tout ce qui n'est point du langage ordinaire. Mais, si le discours n'est composé que de ces mots, ce sera une énigme ou un barbarisme continu. Ce sera une énigme, si tout est métaphore; un barbarisme, si tout est étranger."

Dixième logion : "L'Homme est un vivant possédant la parole et un animal politique. L'humanité est donnée à l'Homme en puissance, il doit ensuite la faire passer à l'acte et cela passe par une participation à la vie politique de la Cité. La parole prend alors une dimension fondamentale, elle permet à la Cité d'exister. Ainsi pour vivre hors de la Cité : il faut être soit une bête, soit Dieu."

Onzième logion : "Seul le croyant philosophe vit les yeux fixés sur la nature des choses et sur le Divin, comme un bon pilote qui, ayant amarré les principes de sa vie aux réalités éternelles et stables, mouille en paix et vit en tête à tête avec soi-même. Elle est donc contemplative, même si enracinée dans la vie de la Cité, cette science qu'est la sagesse, et pourtant elle nous offre la possibilité de tout faire en nous réglant sur elle."

Douzième logion : "L'Homme politique doit connaître le juste en soi pour déterminer ce qu'est le juste et le bon. Le juste en soi est suspendu aux essences premières existant par elles-mêmes selon leur nature éternelle. Le juste ne doit donc pas être réduit aux droits positifs, multiples et variables, car sa portée est universelle sinon on n'a pas le critère adéquat de la justice éternelle. Quel plus terrible fléau que l'injustice qui a les armes à la main?"

Treizième logion : "La qualité de l'expression verbale est d'être claire sans être banale. C'est pourquoi j'affirme : puisse Dieu me révéler un jour le secret de l'univers, alors devant Lui, je jure de me faire moine."

Quatorzième logion : "C'est de par leur caractère que les Hommes sont ce qu'ils sont, mais c'est de par leurs actions qu'ils sont heureux, ou le contraire. Et comme je suis peu doué pour faire dans le pathos, le Très-Haut, après moi vous donnera Christos."

Quinzième logion : "De l'étude des réalités naturelles, je distingue quatre causes. Prenons pour exemple une statue. La cause matérielle : c'est la matière qui compose un objet, ici le marbre. C'est cette cause qui rend possible les contingences et les irrégularités des objets. En effet, la matière "résiste" à la mise en forme. À la forme s'opposent les contraintes de la matière, c'est de là que se produit le hasard, les "accidents". La cause formelle : c'est la forme que donne le sculpteur à la matière. La cause finale : c'est le but, l'usage que l'on veut faire de la chose, c'est sa finalité. Rien n'arrive sans but. La cause efficiente : c'est l'activité du sculpteur, le fait de sculpter. Car chaque développement a besoin d'un moteur qui puisse le mettre en marche. Une même chose peut avoir une pluralité de causes mais non au même sens."

Seizième logion : "Tout art et toute recherche, de même que toute action et toute délibération réfléchie, tendent, semble-t-il, vers quelque bien. Aussi a-t-on eu parfaitement raison de définir le bien : cette perfection vertueuse et la lumière solaire à quoi on tend en toutes circonstances."

Dix-septième logion : "Celui qui sera envoyé par le Logos Suprême pour parachever mon œuvre guidera l'humanité afin de trouver la voie de la divine médiété au sein du flou de la future guerre des idées. Lui et ses successeurs bâtiront à la fois une Cité idéale et structure universelle qui rayonnera au-delà de la mer Tyrrhénienne et brillera même sur l'humanité entière."

Dix-huitième logion : "Le bonheur est une forme de contemplation, que le sage doit s'efforcer d'atteindre."

Dix-neuvième logion : "La beauté sensible est une image de la beauté éternelle que l'âme a toujours déjà contemplée et les choses sont des copies des idées. La beauté résulte de certaines proportions et de certaines mesures et rythmes harmonieux."

Vingtième logion : "La métaphysique est la science de ce qui est, en tant qu'il est : de l'étant en tant qu'étant. Elle est la science des causes premières et aussi la science de ce qui est, en tant qu'il est : de l'étant en tant qu'étant."

Vingt-et-unième logion : "L'essence des choses est dans les choses-mêmes, et leur donne forme. L'Être Divin est tout-puissant et l'essence des choses est dans les choses-mêmes, et leur donne forme."

Vingt-deuxième logion : "Le Logos, signifie dans ma métaphysique, le Verbe Suprême, le principe créateur et rationnel, la raison du monde, comme contenant en soi les idées éternelles, archétypes de toutes choses."





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L'héritage d'Oane - Le miroir d'Oane

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 14:34

L'héritage d'Oane - Le miroir d'Oane



Préambule

Mon cher miroir d'Oane, miroir de moi-même, choisi parmi les Hommes par Dieu, le Mystérieux, pour les guider vers les verts pâturages de la vie, tu es la seule personne à laquelle je puis m'adresser du fond de ma solitude.
Avant que Dieu ne me pose La question, j'étais seul et incompris; je le suis encore aujourd'hui, malgré le respect dont on m'entoure.
Dieu s'est retiré du monde, laissant les Hommes vivre et prospérer à leur guise et moi-même face à mon destin, celui qu'Il a choisi pour moi, celui dont, quelque part, Il m'a fait prisonnier.
Et c'est dans cet état de détresse quasi-absolu qu'Il me laissa, uniquement guidé par l'Amour, et que je dus bâtir de toute pièce une Église.
Mon beau miroir, que la clémence des années me permette de poser par écrit mes réflexions, mes doutes et ma vision du monde voulu par Dieu.


I) Fragments oaniens

Dieu, le Néant et la Créature Sans Nom

J'ai longtemps réfléchi au Néant qui existait avant tout, qui existait avec Dieu et qui existait en Dieu; j'en suis arrivé à la conclusion que cela ne pouvait être que la part obscure de Dieu, un peu comme la terre, sale, grasse et collante qu'il a créée, lieu où tout fermente, pourrit et où grouille aussi ces vers de terre qui se tordent d'une façon qui, à elle-seule, reflète leur noirceur.
Et c'est pourtant de ce lieu sordide que sortent les plus beaux fruits du monde et que du noir Néant naquirent les beaux fruits des vertus divines.
Comme si le Néant lui-même, était un chaos à la fois putride et fécond, exactement comme la terre que nous foulons aux pieds.
Bien et mal, noir et blanc; c'est un peu comme si du noir naissait le blanc, et sans doute du blanc, le noir, en une sorte de mouvement perpétuel infernal qui reproduirait le chaos primitif.
Ainsi, de Dieu lui-même naquit une sorte de rejet maléfique, la Créature Sans Nom que l'on ne peut nommer précisément parce qu'elle s'appellerait pareillement Dieu.
Dieu est le Créateur du bien; Il l'est aussi du mal.
De même que le Néant est la part obscure de Dieu au Ciel, de même la Créature Sans Nom l'est sur terre.
Et moi, Oane, seul parmi les Hommes, je suis au centre de ce duo infernal où Dieu affronte Dieu.


Les trois sphères

Le monde est constitué de trois sphères, celle du bien, celle du mal et celle de l'incertain.
La sphère du bien est le Soleil qui nous réchauffe et permet aux plantes de pousser, celle du mal est la Lune, d'une couleur jaune maladive, pâle reflet du Soleil dont la surface apparait crevassée comme si mille volcans y crachaient du feu en permanence et celle de l'incertain est la Terre.
La Terre, elle-même, est divisée en ces trois entités : il y a le Ciel où siège le bien, le sol de terre et de fange où siège le mal, et l'entre-deux, le monde des Hommes et de l'incertain.
Sur cette sphère de l'incertain vit l'Homme, création de Dieu et miroir de celui-ci.
Aussi, avons-nous tous en nous, comme Dieu notre Père l'a en Lui, une part de mal et de noirceur et celle-ci préexistait à la révélation.
Elle préexistait parce que la Créature Sans Nom est née et était devenue malsaine bien avant que Dieu ne l'a transforme en chose invisible capable de tenter les Hommes impunément.
Elle était un homme parmi les Hommes, et partagée comme Dieu, le monde et la terre, en trois sphères, le bien, le mal et la conscience, glaise de l'incertain.
Chez certains Hommes, le bien l'emporte, chez d'autres le mal triomphe et enfin, il y a ceux qui naviguent dans un entre-deux perpétuel.


L'incertain du bien et du mal

Mais, en vérité, en dehors de la Créature et de ses serviteurs attitrés, rares sont les personnes qui savent si leurs actions sont bonnes ou mauvaises.
J'ai connu un homme persuadé que le bien était ce qui faisait son bonheur et que seul l'argent pouvait l'accroitre.
Aussi passa-t-il le plus clair de son temps à s'enrichir, à vendre sa femme comme esclave sexuelle à d'autres hommes pour en tirer encore plus d'argent et plus il était riche et plus il semblait heureux.
Et puis, je le vis gagné par l'oisiveté et s'enivrer d'ennui, car le vin était devenu sa seule source de distraction.
Je le vis devenir un homme plein de fureur et de colère, et dans ses soirées d'ivrognerie, chercher finalement à sacrifier son fils unique à Dieu.
Alors, au dernier moment, alors que le couteau du père sacrificateur allait s'abattre sur la victime et qu'un infanticide allait se commettre, je ne sais quoi, mais quelque chose retint son geste, comme si soudain, l'éclat du bien et du mal venait de l'aveugler comme un métal brillant et réveiller sa conscience.
Le bien, le mal, où est la frontière?
Cet homme avait voulu faire le bien et ses actes engendrèrent le mal.
Il avait voulu faire le mal et le bien en était sorti.
Souvent, je penses qu'en voulant faire le bien, on arrive parfois, involontairement à faire le mal.


La morale

C'est en tout cas cet épisode qui me fit prendre conscience, à moi, Oane, que des règles de vie devaient être fixées.
J'inventais la morale.
Tous les sentiments sont jouissifs en eux-mêmes : l'Amour, la perversion, la haine. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils se transforment généralement en actes. Seulement certains, comme le mal, à la fois séduisent, mais également détruisent celui qui les ressent.
Je listais tout ce qui me semblait pouvoir détruire ceux qui ressentent le mal et j'édictais des lois qui formèrent la base de la morale : ne pas voler, ne pas tuer, respecter son père et sa mère, ne pas témoigner faussement contre son voisin, ne pas convoiter son bien, agir avec tempérance, respecter la liberté d'autrui.
Ainsi, j'incitais chacun à avoir les mêmes règles que son voisin et à avoir les moyens de distinguer plus clairement où était la frontière entre le bien et le mal.
De la morale et des sept commandements qui en résultèrent, découlèrent les premières lois qui régirent la communauté.
J'étais devenu à la fois chef religieux et chef politique de ma communauté; de telles responsabilités me terrifiaient et me terrifient toujours littéralement; c'est un poids énorme que Dieu m'a légué en se retirant du monde.


Dieu est Mystère

C'était d'autant plus effrayant que nous ne pourrons jamais nous expliquer Dieu tel qu'Il est : tout cela dépasse les capacités de notre intelligence. Notre seule raison nous fait connaître que Dieu existe et qu'll possède toutes les perfections. Elle ne peut pas aller plus loin par elle-même.
Car notre intelligence est "finie", c'est-à-dire limitée; tandis que Dieu est "Infini".
À cause de notre imperfection, nous ne pouvons pas comprendre un Être aussi absolu et parfait que Dieu, car nous le voyons essentiellement à travers elle.
Il est souverainement au-dessus de tout ce que nous pouvons en dire ou prescrire en son nom.
Nous ne pouvons que nous prosterner devant Lui et nous présenter humblement comme des mortels qui le cherchent, avec nos espoirs et nos doutes en sachant qu'Il sera à nos côtés, peu importent nos erreurs, nos incompréhensions et nos imprécisions à son sujet parce que nous sommes Ses Enfants liés à Lui par les liens de la paternité et de l'Amour.


Le mal peut-il triompher?

Jamais je n'ai vu le mal l'emporter sur le bien.
Le Néant maléfique est en Dieu, mais Dieu le sait, car Il sait tout, y compris de Lui-même. Il connait sa part de noirceur, et Il la combat par ses actions, par le bien qu'Il cherche à faire, et parce qu'Il nous a créés.
Dieu a créé les Hommes pour Lui.
Nous sommes les garants que jamais Il ne laissera le mal l'emporter en Lui sur le bien si nous savons préserver l'Amour que nous lui portons.
L'Amour n'est pas seulement notre raison de vivre, c'est aussi celle de Dieu.
Sans Amour, Dieu, le Bon, le Juste n'est rien, et la noirceur de la mélancolie Le gagne et sa part mauvaise pourrait un jour, si nous L'abandonnons, détruire le monde.
Mais Dieu nous a créés aussi pour qu'on L'aide à repousser le mal en luttant contre son émanation sur Terre : la Créature.
De même que notre Amour l'aide à lutter au Ciel, de même notre combat sur Terre contre celle-ci soutient Dieu qui nous a confié l'immense tâche de le seconder dans la lutte contre la part obscure de Lui-même et de l'univers.


II) Les béatitudes

Chaque dimanche, désormais, je réunissais tous les gens de ma communauté; c'était l'assemblée du peuple, celle où se prenaient toutes les décisions. Nous y réglions aussi bien les problèmes domestiques, les conflits de voisinage, que la gestion de la communauté et, en échange, comme dirigeant de la communauté, je leur expliquais les principes moraux qui devaient régir nos actions afin de faire triompher le bien et d'aider Dieu dans son combat.
C'est ainsi que je leur livrais une série de sentences.


"Bénis soient de Dieu les pauvres en esprit,
Car le Paradis solaire est à eux.
Bénis soient les caractères pacifiques,
Car ils recevront la Vie Éternelle en héritage.
Bénis soient ceux qui sont dans la peine,
Car ils seront consolés.
Bénis soient les affamés et ceux qui ont soif de justice,
Car ils seront nourris et on leur rendra justice.
Bénis soient les miséricordieux,
Car ils obtiendront miséricorde.
Bénis soient les cœurs innocents,
Car ils contempleront Dieu dans toute sa splendeur.
Bénis soient ceux qui œuvrent pour la paix,
Car ils seront appelés Fils de Dieu.
Bénis soient les persécutés parce qu'ils cherchent la Vérité,
Car le Paradis solaire est à eux.
Bénis êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on vous calomnie de toutes manières à cause de Dieu.
Soyez tous dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux."





Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine, il fut originellement rédigé par Oane.

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L'héritage d'Oane - Noam, père de l'oanisme

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 14:50

L'héritage d'Oane - Noam, père de l'oanisme



1) Comment l'héritage d'Oane ne fut par perdu par tous?

Après la destruction d'Oanylone, les survivants se séparèrent en multiples groupes qui n'eurent bientôt plus rien à voir entre eux.
Presque tous abandonnèrent aussi la religion de leurs pères considérant que la faillite d'Oanylone avait entraîné celle de la religion enseignée par Oane et ils se mirent à honorer plusieurs dieux, inventant le paganisme.

En fait, la vérité oblige à dire que seul Noam, un petit-neveu d'Oane ainsi que les gens de sa parentèle et de sa domesticité, étaient restés fidèles à sa pensée, et Noam fut d'ailleurs celui qui devait sauver des flammes le miroir d'Oane dont nous ne possédons, malheureusement, plus que des fragments aujourd'hui.
C'est à partir de ce tout petit bourgeon primitif que la foi en un Dieu unique fut maintenue et que se perpétua le rameau le plus ancien de notre Église qui devait être plus tard une des sources de l'Aristotélisme.


2) Noam réfléchit au désastre d'Oanylone et invente les 3 fois 8

Noam fut l'un des premiers à se pencher sur les causes de la chute d'Oanylone et il devait rédiger à ce sujet un ouvrage aujourd'hui perdu qui servit de base à Sypous quand il mit par écrit le Livre des Vertus.
Cependant, contrairement à Sypous, Noam était persuadé que l'acédie ne s'était développée que parce qu'on n'avait pas cru devoir réduire le temps de travail des Hommes pour le mettre en adéquation avec le gain de temps opéré par les machines inventées par l'esprit humain.
La plupart des maîtres de métier, d'ailleurs, ne savaient que répéter à leurs compagnons et apprentis qu'il fallait travailler plus pour gagner toujours plus.
Le seul résultat auquel on aboutit fut un grand épuisement moral de ceux-ci, une augmentation des nombres de suicide, et finalement, une volonté de ne plus obéir du tout, ni à d'autres Hommes, ni à Dieu.
Noam avait entendu dire d'ailleurs, que ces humains récalcitrants, s'étaient mis à vénérer une grande prêtresse du nom de Sheila qui leur enseignait que le meilleur moment de la journée, c'était l'heure de la sortie du boulot et qui avait rédigé un poème où elle remettait en cause la morale de son époque :

"Tu m'avais dit pour me mettre en confiance, que le travail conserve la santé, j'ai travaillé chaque jour sans défaillance, je suis fatiguée, alignée.
Oane, t'es plus dans l'coup Oane! tu devrais, ma parole, retourner bien vite à l'école, réviser ton jugement, crois-moi, ce serait plus prudent !"

Aussi Noam décida-t-il de partager la journée en trois partie égales : huit heures de sommeil, huit heures de travail et huit heures de loisirs.
Et, afin que de diversifier les loisirs des Hommes, il inventa un nouveau jeu pour les distraire, le Yannick Noam, l'ancêtre de notre jeu de paume.


3) Établissement d'un rite noamien

Si la messe fut inventée suite au dernier repas de Christos, certains éléments n'en sont pas nés, pour autant, tous à l'époque de ce dernier.
En effet, nous possédons encore, à Constantinople, un fragment de messe noamienne qui se compose ainsi :
Le prêtre commençait son sermon par une invocation à Dieu, afin d'attirer sa protection sur les fidèles, puis il lisait et commentait un passage d'un texte sacré dont nous ignorons l'origine, faute qu'il ne nous soit parvenu et qui fut, peut-être, une des sources de travail de l'excellent Sypous, puis la cérémonie se terminait par la bénédiction de la foule par le prêtre, au nom de la toute puissance divine, enfin il leur souhaitait une bonne semaine.
Aujourd'hui encore, ce rite est toujours accompli parfois dans certaines églises de Constantinople, sous le nom de "petit rite" pour les messes ordinaires, mais nous ne saurions être certains qu'il en soit ainsi chez les clercs d'Occident.


4) Le songe de Noam

Un jour qu'il était endormi, Noam fit un étrange rêve; il vit un arbre, ou plutôt son regard suivit un tronc d'arbre interminable qui semblait monter tout droit vers le Ciel, quand, soudain, rompant cette ligne immuable, des dizaines de milliers de branches emmêlées et inextricables apparurent, brouillant considérablement sa vue.
Il prit peur, se crut perdu au milieu de l'Enfer lunaire et se réveilla en sueur; du moins le crut-il, car, en fait, il rêvait toujours... Un ange lui était maintenant apparu et, pour l'apaiser, il lui expliquait son rêve :

"Ce que tu as vu, Noam, c'est le destin de ton Église... le tronc, c'est elle, et ce que tu as pris pour des branches, ce sont, en fait, les racines de cet arbre, qui s'enfoncent dans la terre et qui se conjoignent en un tout unique pour donner ce magnifique arbre. Ton Église sera pareille, Noam, forte et brillante, parce que des milliers de racines viendront la nourrir; toi tu en es une, mais, partout, dans le monde, même chez les païens, des gens réfléchissent, pensent, et apporteront, grâce à deux prophètes que Dieu enverra aux Hommes pour les guider vers Lui, leur pierre à l'édifice, car ces deux prophètes sauront conserver ce qui, de toutes ces sciences païennes, est utile à tous, de sorte que ton Église, Noam, saura faire naître l'unité de la diversité - E pluribus, unum ("Et de plusieurs, un")."

On ne sait comment se termina la vie de Noam, ni qui, après lui, prit la relève, mais une chose est certaine, c'est que grâce à Noam et aux penseurs dont il avait eu la vision, Aristote d'abord, Christos ensuite, et notre Église encore aujourd'hui, grâce aux apports nombreux qu'elle continue à recevoir, ont permis à l'Église Aristotélicienne de naître et de continuer à vivre jusqu'à aujourd'hui, prouvant la supériorité de Dieu sur toutes les autres religions qui ont toutes fini par s'éteindre, faute de croyants.






Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine. Traduit par le théologien Jerem, à partir de la traduction grecque d'un texte syriaque, traduction trouvée lors du pillage de Constantinople en 1204 par les Croisés, et traduit en latin par Lorenzo Valla, un proche du défunt Pape Nicolas V dont le Frère Jerem a découvert l'existence, enfoui dans un rayon de la bibliothèque vaticane.

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Les Archanges - Gabriel

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 15:44

Les Archanges - Gabriel
Archange de la Tempérance, opposé à Léviathan, Prince-démon de la colère




Naissance de Gabriel

Gabriel naquit par un jour comme les autres, par un jour qui ne différait en rien des autres. Rien ne laissait présager la place qu'il allait tenir dans les temps à venir, rien. Car Gabriel naissait comme les autres. Seules sa vertu et la pureté de son cœur allaient lui permettre de rejoindre le Très-Haut.
Les parents de Gabriel étaient pieux, mais comme nombre d'habitants d'Oanylone, le message de Dieu qu'ils avaient reçu et qu'ils lui enseignèrent était perverti. Ils lui inculquèrent que Dieu avait créé la Terre, qu'Il était la base et le moteur de toute chose, mais également qu'Il infligeait punition sans raison, et ne régnait qu'en souverain tyrannique...

Bien que les quinze premières années de Gabriel se passèrent sans que rien arrive qui puisse le distinguer des autres enfants de son âge, il s'intéressa à la recherche de la Vérité sur Dieu, et comprit que celui-ci était un Dieu d'Amour et non de haine...


La vie de Gabriel

Le père de Gabriel, qui se prénommait Vorian, était marin et travaillait pour un riche armateur d'Oanylone nommé Léto. Celui-ci était un brave homme, juste avec ses pécheurs, mais il avait épousé Hécate, une femme méchante et cruelle. Ils avaient eu un fils, nommé Léviathan, qui était né quelques mois avant Gabriel. Léviathan avait hérité de tous les vices de sa mère, mais d'aucune des vertus de son père. Il était colérique, fourbe et un expert du mensonge. Il était cependant excellent navigateur et son père l'avait dès ses quinze ans nommé capitaine d'un de ses navires de pêche.
C'était justement sur ce navire que Gabriel fut affecté lorsque pour ses quinze ans il commença lui aussi à travailler comme pêcheur.
Léviathan arriva hurlant comme à son habitude, crachant sur les pêcheurs pas assez rapides à son goût, les frappant et déclenchant en eux colère et ressentiment. Souvent les pêcheurs sombraient dans une colère noire et tentaient de se rebeller et de frapper Léviathan, mais celui-ci heureux de leur haine pour lui, évitait toujours les coups et s'acharnait alors à les frapper le sourire aux lèvres.
Gabriel assistait à tout cela, il voyait cet homme monstrueux qui était à peine plus âgé que lui se délecter de la haine que tous lui portaient.
Cela faisait alors deux semaines qu'il était sur le bateau de Léviathan, sans que l'on ne puisse rien lui reprocher, car il faisait bien son travail, quand Léviathan lui tomba dessus. Il lui reprocha d'avoir mal fait son travail, lui hurlant dessus pour voir sa réaction, mais Gabriel resta calme et sans colère ni haine. Les injures et cris de Léviathan glissaient sur lui comme la pluie sur une surface lisse. Rien de ce qu'il disait ne pénétrait en lui pour éveiller la colère. Déçu de la réaction de Gabriel, il le frappa un bon coup et repartit voir ailleurs.
Quelque temps plus tard, on apprit que Léto avait été tué par son fils, lors d'un des accès de colère de ce dernier. Il lui avait fracassé le crâne avec son sextant. Bien sûr, officiellement, cela n'avait été qu'un accident...
Devenu le patron, Léviathan devint incontrôlable, il déchaînait sa colère sur tous et engendrait ainsi la colère parmi tous ceux qui travaillaient pour lui.
Seul, Gabriel restait inébranlable devant les injures et les brimades de Léviathan. Ce dernier en restait incrédule, il ne comprenait pas que malgré tout le déferlement de haine dont il abreuvait Gabriel, celui-ci reste calme, obéissant et travailleur...

C'est à cette époque que Gabriel rencontra un vieux mendiant aveugle qui lui dit ceci :

"Comprends peuple que c'est toi qui te distingues et non ta naissance,
Comprends peuple que Dieu te jugera en fonction de tes actes et non de ta naissance.
Il te place sur le chemin, et ce sont tes pairs les Hommes qui, sciemment ou pas, le rendront sinueux ou droit, t'en éloigneront ou t'en rapprocheront mais c'est à toi et seulement à toi de décider là et vers où tu marches, car au final c'est pour toi que tu marches.
Certes, tu dois marcher pour tes frères, tes sœurs et pour Dieu, mais c'est ton Salut qui est en jeu.
En aimant Dieu, en aimant tes frères et tes sœurs les humains, tu ne peux qu'y gagner, si ce n'est sur Terre, ce sera ailleurs, dans l'astre du jour.
C'est à toi-même et à tes frères que Dieu te confronte, car ce sont là tes plus grands ennemis bien que beaucoup cherchent à être bons."

Ces dernières paroles emplirent son cœur et son âme et par la suite, la vie de Gabriel fut une sorte d'acceptation de tout le malheur du monde. Il avait déjà appris à subir le mal sans résister, maintenant, il savait qu'il devait surtout le comprendre, car pour lutter contre lui, quoi de mieux que de semer la paix et l'Amour à l'intérieur même de ce mal?

Il n'avait jusqu'alors jamais laissé parler sa colère ou sa haine, mais il savait maintenant qu'il lui faudrait dire non au mal lorsque celui-ci grandirait trop et sèmerait la discorde dans les âmes.
Il avait déjà une telle capacité à se contenir qu'il donnait de lui l'image d'un homme pour qui la vie n'avait plus de secret.
Il avait désormais une telle confiance en Dieu qu'il se laisserait porter par la providence et l'Amour divin.

Un soir, Dieu lui parla dans son sommeil et lui dit :

"Homme, je souffle chaque jour ma parole dans le creux de ton oreille
Et la profondeur de ton cœur
Mais toi, pécheur et profiteur,
Tu changes les écritures,
Et pervertis mes dires en me faisant parler à travers toi.
Nombreux sont ceux à qui J'ai transmis Ma parole,
Mais tous ont souhaité la détourner,
Ne serait-ce que pour attirer sur eux la gloire,
Ne serait-ce que pour justifier une de leurs propres paroles.
Mais viendra le jour où je confierai à un ma parole de sagesse
Et à un autre mes commandements.
Car Je t'aime, Homme,
Et tant que tu voudras entendre ce que J'ai à révéler,
Je parlerai,
Et lorsque sciemment tu te fermeras totalement à mes dires,
Je t'enverrai brûler dans les flammes de l'Enfer au plus profond de la Lune.
Car seule la souffrance pourra te faire voir que chaque jour J'œuvre pour ton bien.
En te faisant souffrir Je te ferai comprendre que sans Moi rien n'est et rien ne peut être.
Si Je t'obligeais à me suivre tu ne comprendrais pas en quoi il est bon de me suivre.
Tu mets du temps à comprendre, Homme, et pourtant Je t'aime.
Ne cherche pas, le bonheur est là, dans la simplicité de ton cœur.
Va Gabriel, transmets Mon message à ceux que tu jugeras dignes d'être sauvés.
Car Gabriel, Je te le dis, d'ici peu cette ère de décadence prendra fin.
Et seuls les justes seront sauvés."

Alors Gabriel parcourut Oanylone à la recherche des justes, il leur donna une telle soif de Dieu que beaucoup, dans les vocations qui leur étaient propres commencèrent à œuvrer pour la gloire de Dieu. Il leur expliquait aussi la nécessité de savoir ce à quoi nous sommes appelés. Il disait ces paroles :

"Mes amis, mes frères,
Dieu réserve à chacun d'entre vous une voie particulière.
Il ne cesse de vous la crier au plus profond de votre cœur.
Sachez vous ouvrir à son appel et répondre "Oui!"
En disant "Seigneur, Tu sais ce qui est bon pour moi. Là où Tu me mènes je ne saurai me meurtrir, car c'est la voie qui est mienne. Là où Tu me mènes, je ne saurai qu'être heureux malgré les épreuves".
Alors, Ouvrez vos cœurs."

Beaucoup furent touchés par ses dires, mais cela ne suffit pas à maintenir la foule des Hommes entêtés sur la voie de Dieu.
En effet, les paroles d'Amour qui émanaient de Gabriel parlaient de s'éloigner du péché pour toujours plus se diriger vers la pleine vertu, que seul Dieu possède, afin de toujours plus se diriger vers Dieu.
Mais, il était tellement plus simple de rester dans sa vie, il était tellement plus simple de perdurer dans le pêché... Pourquoi changer quand on est bien dans une situation?

C'est alors que Léviathan, qui était toujours très intrigué face à la tempérance de Gabriel le fit venir. Quand il arriva, il vit son père attaché à un pilier de bois. Léviathan lui dit que son père avait perdu toute une cargaison de poisson, que c'était un mauvais élément et qu'il méritait une correction. Léviathan commença à frapper Vorian, Gabriel le supplia d'arrêter, mais plus Gabriel suppliait, plus Léviathan frappait fort... Léviathan frappa si fort, qu'il transperça dans une explosion de sang le ventre de Vorian qui mourut sur le coup, accompagné des pleurs de son fils...
Léviathan s'attendait à ce que Gabriel réagisse et, ivre de colère, tente de venger son père, mais Gabriel n'en fit rien, il tourna le dos et quitta la pièce, mais juste avant de partir il dit ceci à Léviathan :
"Ta haine et ta colère ne m'atteignent pas, tu penses être le plus fort, mais ta fin est proche, Dieu te punira pour tes péchés et tu seras condamné à une éternité de souffrance". Avant que Léviathan ait eu le temps de répondre, Gabriel était parti...

La chute d'Oanylone

Gabriel errait sur le port d'Oanylone en proie à une grande tristesse après le déchainement de violence auquel il venait d'assister. Il s'approchait du navire "Qué-Bec" , nom donné à ce bateau car sa proue représentait un albatros le bec grand ouvert : son armateur ayant dit "Mais quel bec il a ce navire!" avec le fort accent des bas quartiers. L'armateur était un ami de Gabriel, il l'avait ramené dans le droit chemin quelques temps plus tôt.

Il s'apprêtait à aller le voir lorsque des éclairs apparurent dans le ciel.
Gabriel comprit tout de suite que l'heure de la chute d'Oanylone était venue.
Il décida immédiatement d'aller prévenir tous ceux qu'il avait rencontrés et qui l'avaient suivi dans la voie de la vertu pour les sauver.
Il commença par prévenir son ami Alcisde, l'armateur du "Qué-Bec" pour qu'il prépare le navire à embarquer tous ceux qu'il ramènerait, afin de les sauver.
Il parcourut alors les rues d'Oanylone prévenant tous ceux qu'il connaissait de se rendre au port et d'embarquer sur le "Qué-Bec", il leur disait surtout de ne rien emmener qui pourrait alourdir le navire.
Alors qu'il revenait vers le port accompagné de quatre orphelins, il vit Léviathan les yeux fous de rage et de colère projeter une énorme poutre sur le navire qui en tombant dans sa voile le fit prisonnier de la ville. Tandis qu'un rire tonitruant de dément sortait de la gorge de Léviathan, Gabriel, n'écoutant que sa foi, fonça sur le pont pour aider à libérer le "Qué-Bec". La poutre était trop haute, et Gabriel qui était très fort, proposa de faire une échelle de son corps. Il prit une planche qu'il tint à deux mains et dit à un des marins :
"Monte sur mon corps, tu peux m'utiliser comme une échelle". Celui-ci put ainsi grimper jusqu'à la poutre et libérer le navire. Tous crièrent alors "Vive Gabriel qui fit une échelle de son corps, vive le «Qué-Bec» libre!»
Ainsi libéré, tous montèrent à bord du navire.
Un homme demanda alors à Gabriel
"Qu'attend Dieu de nous?"
Ce à quoi Gabriel répondit :

"Oane nous a pourtant gravé les paroles du Créateur sur le premier mur de notre cité, il y est écrit ce que Dieu a dit à nos ancêtres :
"Que votre fidélité soit celle des enfants envers leurs parents ou je serai aussi sévère que les parents envers leurs enfants. Car, lorsque chacun de vous mourra, Je le jugerai, en fonction de la vie qu'il a menée. Le Soleil inondera chaque jour le monde de sa lumière, par preuve d'Amour pour Ma Création. Ceux, parmi les tiens, que j'y enverrai, vivrons une éternité de bonheur. Mais entre chaque jour, la Lune prendra la relève. Et ceux qui, parmi les tiens, y seront jetés n'y connaîtront plus que la tourmente."

Mais moi je vous dis aussi ceci :
Ce jour est un jour tout neuf.
Il n'a jamais existé et il n'existera jamais plus.
Prenez donc ce jour et faites-en une échelle
Pour accéder à des plus hauts sommets.
Ne permettez pas que la tombée du jour
Vous trouve semblable à ce que vous étiez à l'aube.
Car demain sera peut être le jour où vous serez jugé."

Le navire s'éloigna tandis que Gabriel retourna dans la ville en proie au chaos absolu. Et, durant six jours, il fit tout ce qu'il put pour sauver ceux qui pouvaient encore l'être...
Vint alors le septième jour qui fut un cataclysme effroyable.
Gabriel était sur le port quand il vit Léviathan, fou de rage, tenter de fuir la ville sur son navire appelé le "Kraken", mais les éléments étaient déchainés et un terrible tourbillon se forma autour du Kraken et l'engloutit. C'est alors qu'un gigantesque tremblement de terre détruisit Oanylone qui fut submergé par les flots.
Des témoins virent alors un arc-en-ciel illuminer les cieux obscurs et certains reconnurent alors Gabriel tandis qu'il était emporté vers le Soleil.


Prière à Saint Gabriel

Saint Gabriel Archange,
Ange de la Tempérance,
Ouvre nos oreilles
Aux doux avertissements
Et aux appels pressants du Très-Haut.
Tiens-toi toujours devant nous,
Nous t'en conjurons,
Afin que nous comprenions bien
La Parole de Dieu,
Afin que nous Le suivions
Et Lui obéissions
Et que nous accomplissions
Ce qu'Il veut de nous.
Aide-nous à rester éveillés
Afin que, lorsqu'Il viendra,
Le Seigneur ne nous trouve pas endormis.
Amen.





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À partir de la Bibliothèque romaine.


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Les Archanges - Galadrielle

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 16:26

Les Archanges - Galadrielle
Archange de la Conservation, opposée à Azazel, Prince-démon de la gourmandise




L'enfance noire

Galadrielle naquit dans les temps troubles où la ville d'Oanylone était livrée aux péchés. Sa famille faisait partie de ceux qui se revendiquaient comme les forts. Ils contrôlaient le commerce des vaches, s'assurant ainsi de leur supériorité sur les autres. Barricadés dans une grande bâtisse à flanc de colline surplombant Oanylone. Galadrielle grandit dans ce contexte de conflits permanents, restant enfermée inlassablement dans sa chambre et sa maison. Galadrielle était une enfant simple qui ne demandait jamais rien, se contentant de ce qu'on lui offrait. De Dieu elle ne connut rien durant son enfance. On lui compta seulement l'histoire de la cité en faisant passer Oane pour un homme de pouvoir. Elle fut vite rejetée par ses frères et sœurs qui la trouvaient trop faible. Elle fut donc mise à l'écart se retrouvant bien vite seule, elle vivait dans le grenier de sa maison, dans le noir, attendant seulement les deux repas qu'on lui apportait midi et soir. Cependant il arriva un jour qui changea tout pour elle. Alors que la servante venait lui apporter son plat du midi comme de coutume la lumière qui passa par la trappe révéla à Galadrielle une pile de livres qu'elle n'avait jamais vu. La chance lui souriant elle trouva au côté des livres des bougies et un petit objet permettant de créer une faible flamme. Elle apprit ainsi à lire, seule dans son grenier et découvrit bien d'autres livres, car son grenier en était plein. Un jour qu'elle finissait de lire un ouvrage traitant de plantes médicinales et qu'elle en cherchait un nouveau à étudier elle trouva un vieil ensemble de parchemins, très usés, avec de nombreuses pages en moins. Il s'appelait "Le guide". Ce livre racontait l'histoire d'Oane et de la création de la cité et c'est ainsi que Galadrielle découvrit l'existence de Dieu. À partir de ce jour, elle Le pria chaque jour priant un peu plus le dimanche pour communier encore davantage avec Lui comme le faisait les citoyens avant en se réunissant sur la tombe du guide.

La libération

Un jour un grand fracas la réveilla. La maison était une nouvelle fois attaquée. Le vice étant poussé à son paroxysme la ville n'était plus qu'un charnier où tout le monde s'entretuait, forniquait et c'était à présent à la famille de Galadrielle de payer le prix de la déchéance des Hommes qui avaient oubliés Dieu et Son Amour. Toute la famille et la maisonnée furent massacrés, les femmes violées avant d'être égorgées ou étripées. Galadrielle, cachée au fond de son grenier pria durant tout le temps où l'attaque, suivie du pillage, dura. Après plusieurs jours où elle ne mangea pas, terrée dans son grenier elle sortit enfin. La maison était saccagée, il ne restait plus rien, tout avait été prit ou alors détruit. Elle s'échappa dans les montagnes où elle survécut un temps avant de retourner dans la ville. Elle y trouva des personnes qui, comme elle, croyaient encore en Dieu et Son Amour. Avec eux elle aida comme elle pouvait, mangeant et buvant toujours peu, ne gardant pour elle qu'une vieille robe simple pour se vêtir. Durant ce temps elle servit le pauvre et le faible faisant preuve de la plus grande générosité possible, son humilité était reconnue de tous ceux qui étaient avec elle.

L'illumination

C'est alors que Dieu s'adressa aux habitants d'Oanylone leur annonçant la destruction prochaine de la ville. C'est alors que les sept seigneurs du vice, comme les appelait Galadrielle, apparurent et prirent le contrôle d'une partie de la ville pour leur rébellion contre Dieu. Galadrielle était dans le camp opposé, dans ceux qui croyaient encore au Tout-Puissant, à Son Amour et reconnaissait les péchés des Hommes ainsi que les assumant avec humilité. Durant les six jours Galadrielle pria avec Raphaëlle, Michel, Sylphaël, Gabriel, Georges et Miguaël ainsi qu'avec la poignée d'hommes et de femmes les ayant suivis. Durant ces six jours Dieu s'adressa à elle par deux fois. La première alors qu'une femme était mourante faute de nourriture. Il lui dit alors :
"Galadrielle, des sept humains qui incarnent les vertus suprêmes tu es celle qui possède le moins et n'éprouve jamais le besoin, aide cette femme pour me prouver que tu incarnes bien la conservation et tu seras récompensée."

Durant les deux jours qui suivirent Galadrielle ne mangea qu'un quignon de pain, laissant le reste de sa ration à la femme qui fut sauvée. Le troisième jour Dieu parla une nouvelle fois à Galadrielle et lui dit comme la première fois :

"Galadrielle, des sept humains qui incarnent les vertus suprêmes tu es celle qui possède le moins et n'éprouve jamais le besoin, offre à tes compagnons tout ce que tu possèdes pour me prouver que tu incarnes bien la conservation et tu seras récompensée."

Galadrielle donna alors tout ce qu'elle possédait même sa robe, qu'elle garda néanmoins à la demande d'une femme comme prêt. Et mangeant grâce à l'amitié de ses compagnons qui chacun leur tour lui donnèrent un peu de quoi se nourrir chaque jour. Le septième jour arriva, la sol se déchira, les flammes sortirent de la terre et toute la ville fut engloutie. Galadrielle, ses six compagnons et leurs disciplines s'étaient réfugiés sur une colline où ils assistèrent au cataclysme. C'est alors que la lumière tomba sur eux. Galadrielle, Raphaëlle, Michel, Sylphaël, Gabriel, Georges et Miguaël eurent l'honneur d'être appelés Archanges pour l'humilité ainsi que la vertu qu'ils avaient tous incarnés, leurs disciples devinrent des anges, car ils avaient prouvés eux aussi leur désir de repentance.


L'Archange

Devenue Archange grâce à son humilité et la conservation qu'elle incarnait Galadrielle devint l'un des sept seconds de Dieu qui avaient pour mission d'aider les humains à chaque fois que cela serait possible ainsi que de combattre la Créature Sans Nom. Galadrielle accomplit alors avec zèle la mission que Dieu lui avait confié. Durant les premiers temps, jusqu'à la naissance d'Aristote elle ne fit que regarder avec peine les humains se livrer au paganisme. Mais la naissance du prophète changea de nombreuses choses, elle inspira alors de nombreuses personnes à suivre le chemin de la conservation. À chaque prière qui lui était adressée elle descendait sur Terre octroyait son pardon. Elle ne cessa jamais son combat contre les gourmands.
Un jour arriva où elle fut appelé sur Terre par un jeune garçon qui lui demandait son aide. L'enfant, seul à pleurer et priant sur son lit dans une grande chambre fastueuse vit alors arriver une femme, avec de longs cheveux blonds, habillée d'une légère et simple robe de lin blanc immaculé révélant ses formes, deux ailes dans le dos irradiant une lumière pure. Elle s'adressa ainsi au garçon :

"Je suis Galadrielle, Archange de la Conservation, tu m'as appelée à l'aide et je réponds à ton appel, dis-moi en quoi je puis t'aider."

Le garçon, émerveillé par la beauté et la pureté de Galadrielle lui répondit :

"Mon père, le Roi de ces terres, me force à manger et boire comme un guerrier, car il dit que je suis trop chétif. Mais je n'aime pas manger toutes ces choses et boire tous ces vins comme lui et sa cour le font."

Galadrielle hocha alors la tête et alors qu'elle s'élevait dans les airs pour s'en aller dans un battement d'ailes elle lui répondit :

"Tu seras exaucé mon garçon."

Et elle disparut alors dans le ciel entre deux nuages. Le lendemain les entrepôts du Roi furent retrouvés vides, celui-ci, incapable de se passer de toute la nourriture qu'il ingurgitait chaque jour, mourut. Le jeune garçon devint Roi et plus jamais quelqu'un ne fut gras dans ce Royaume.

Il vint un jour où Dieu demanda personnellement à Galadrielle d'accomplir une mission pour Lui. Il la convoqua, elle se présenta à Lui en toute humilité et Il lui dit :

"Galadrielle, tu vas accomplir pour moi une quête. Tu vas aller dans les terres oubliées, là où se trouvent les ruines de Oanylone, je veux que tu me ramènes la couronne de la Créature Sans Nom."

Galadrielle partit alors pour un long voyage. L'emplacement des terres oubliées n'étaient connues d'aucun Homme et seul un ange pouvait y accéder en volant. Ce n'étant que des lieues et des lieues de terres arides et noires, sans aucune vie ou goutte d'eau. Galadrielle trouva à l'emplacement des ruines d'Oanylone une immense crevasse. Durant des jours elle chercha autour la couronne de la Créature Sans Nom sans succès. Désespéré elle songea à abandonner et rentrer honteuse au Paradis pour avouer son échec à Dieu. C'est alors qu'un râle sortit de l'immense crevasse. Galadrielle comprit alors qu'elle devait aller chercher la couronne dans le gouffre. Elle plongea dedans, illuminant sa route grâce à la lumière divine qu'elle irradiait. Au fond du gouffre, sur un piédestal entouré de lave elle trouva la couronne. Énorme, toute en or et sertie de nombreuses pierres précieuses elle témoignait de l'orgueil de la Créature Sans Nom. Galadrielle prit alors la couronne et sortit du gouffre, mais là fut attaquée. La Créature Sans Nom en personne lui sauta dessus, l'enveloppant de sa noirceur. Elles combattirent durant plusieurs jours n'arrivant pas à faire triompher ni la lumière, ni l'ombre. C'est alors que Michel, Archange de la Justice arriva pour aider Galadrielle. Il transperça la Créature Sans Nom avec sa lance la repoussant et la faisant fuir. Il ramena alors Galadrielle et la couronne au Paradis, là Dieu détruisit l'objet, symbole de convoitise et gratifia Galadrielle d'une grâce divine pour son combat contre la Créature Sans Nom.






Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine. Ce texte est la traduction d'un parchemin ancien retrouvé il y a une dizaine d'années (années 1450) dans une vieille bibliothèque sur une île grecque. Son auteur nous est inconnu et la traduction a nécessité de nombreuses heures de travail à cause du parchemin en mauvais état à sa découverte. Traduit du grec par Arilan de Louvois, théologien du Saint Office romain.

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Les Archanges - Georges

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 18:09

Les Archanges - Georges
Archange de l'Amitié, opposé à Belzébuth, Prince-démon de l'avarice




L'amitié

La foudre s'abattit tout près de là. Terrorisés, les enfants se blottirent encore plus dans les bras de leurs mères. Celles-ci pleuraient, implorant pitié au Très Haut. Les hommes s'invectivaient, s'attribuant l'un à l'autre la responsabilité des événements. Cela faisait six jours que les éléments se déchaînaient sur la ville d'Oanylone, avec la rage des premiers temps du monde. Un ciel noir d'encre, lourd de menaces, pesait de tout son poids sur la ville maudite. Parmi le petit groupe qui s'était réfugié dans la réserve de blé, depuis longtemps vidée, la peur côtoyait la colère, la fureur et le désespoir. On pouvait voir un homme qui avait cessé de rire de Dieu lorsque Celui-ci avait annoncé la destruction de la ville. Et cette femme ressassait sans cesse, avec honte, ses orgies luxurieuses avec tant d'hommes et de femmes qu'elle n'était pas arrivée à les compter. Ou encore ce jeune homme, qui avait prit le plaisir immonde de fracasser le crâne de son petit frère, et qui, maintenant, tentait de se racheter en rassurant les enfants rassemblés dans la minuscule pièce. Tous savaient pourquoi ils étaient punis, mais aucun n'osait l'avouer, certains cherchant même à en rejeter la faute sur les autres, dans l'espoir vain de faire oublier ses propres péchés.

Une bourrasque terrible vînt enfoncer la porte, emplissant le frêle bâtiment d'un vent glacial. Ses fondations tremblèrent lorsque le tonnerre répondit à l'éclair, d'une puissance assourdissante. Et le silence se fit. Certes, la tornade rugissait et le tonnerre grondait, mais cela faisait déjà six jours que les habitants d'Oanylone ne connaissait plus que ça. Non, le silence n'était pas celui de la nature, mais bel et bien celui des humains. Car les réfugiés s'étaient tus, paralysés par la terreur, en voyant l'ombre qui se découpait dans l'encablure de la porte. Un homme, si grand et si massif qu'il devait se courber et resserrer les épaules pour entrer, s'approcha d'eux. La pénombre laissait deviner son visage rugueux et sa barbe drue. Sa volumineuse chevelure argentée lui donnait un air de sagesse, contrastant avec la largeur de ses mains, qui semblaient être capable de réduire en poussière même la plus dure des pierres. Son regard bleu pâle, usé par le temps, semblait tout de même garder au fond de lui une joie enfantine. Le colosse était habillé d'une chemise rapiécée et usée par les affres du temps. Un grand morceau de toile, enroulé autour de ses jambes, témoignait de sa condition de défavorisé. Il laissa apparaître un léger sourire et tous les réfugiés soupirèrent de soulagement. Puis il laissa entendre sa voix caverneuse :

"Quand il n'y a plus d'espoir, il reste toujours l'amitié."

Alors, une vielle femme, au regard dur, à la volonté de fer, s'avança vers lui et lui demanda :

"Et toi, l'étranger, es-tu venu en ami? Car il est en cette cité des hommes et des femmes dont la parole est de miel, mais dont les actes sont comme le venin. Ils vivent sur des montagnes d'or, et ne désirent rien d'autres que de s'élever encore plus dans leur folle quête de butins. La vie de leurs semblables leur importe peu, tant leur soif de trésors les dévore."
"Je sais", répondit l'homme. "C'est pour cela que je viens à vous. La richesse du cœur ne peut être égalée par les richesses de ce bas-monde. Emporteront-ils leurs montagnes d'or dans l'autre vie?"
"Non, certes pas", lui répondit la vielle dame. "Mais les richesses du monde nous sont-elles à jamais interdites? Devons-nous nous réduire à vivre tels des animaux pour honorer la richesse de l'âme?"
"La vie vous a-t-elle appris à renier votre main gauche pour employer la droite?", demanda l'homme. "Il en est de même pour les trésors que Dieu a créé pour nous. Que les richesses matérielles soient vôtres, car Dieu, par Amour pour Ses Enfants, nous en a fait don. Mais n'oublions jamais qu'il n'est pas de plus beau trésor que l'amitié."

Alors, un jeune homme se dressa et lui demanda :
"Mais qui es-tu, toi dont les paroles sont emplies de sagesse?"
"Mon nom est Georges", répondit-il.

L'avarice

En ce temps-là, sur une des sept collines d'Oanylone, un homme tremblait plus que tout autre devant la colère divine. Il ne craignait pas pour sa vie, car celle-ci n'avait pas d'importance pour lui. Mais il était tant attaché à ses biens qu'il ne pouvait s'en séparer. Pendant que les gens massacraient et violaient, lui pillait les maisons inhabitées et accumulait les richesses jusqu'à en faire une véritable colline de métaux précieux, de tissus délicats, de mets succulents... Il décida de construire une tour si haute, si large si solide qu'il pourrait y entreposer ses biens à l'abri de la convoitise d'autrui. Il avait embauché des maçons et des soldats, leur promettant un salaire sans égal, les uns pour construire sa forteresse et les autres pour repousser les pauvres, les déshérités et les affamés qui en voulaient à ses richesses. Celles-ci recouvraient les pentes de la colline, illuminant les environs d'une lumière dorées et de senteurs appétissantes. Seuls les maçons pouvaient fouler du pied ces trésors pour aller construire la tour, mais lorsque l'un d'eux abandonnait son travail pour s'abandonner à la convoitise, les soldats dardaient son cœur de mille coups d'épée. Et le riche homme exultait à l'idée de pouvoir garder ses biens jusqu'à sa mort, admirant les pauvres et affamés qui entouraient sa colline et la couvraient d'un regard suppliant. Cet homme s'appelait Belzébuth.

Alors vint Georges, suivi de tous les malheureux qui avaient croisé son chemin. Lorsque ceux-ci virent le miel, le lait, la viande rôtie, les vêtements de soie et les coffres débordant de pierres et de métaux précieux, ils coururent prendre leur part, n'écoutant pas les exhortations à la mesure que criait Georges. Et les gardes dégainèrent leurs lames et donnèrent la mort à quiconque s'approchait des richesses. Lorsque le massacre se fut terminé et que les larmes remplacèrent les cris, Georges approcha des soldats, d'un pas calme et assuré. L'un d'eux, particulièrement zélé, lui présenta l'estoc de sa lame sous le menton, dans une attitude explicite de promesse de violence. Mais Georges lui dit :
"Pourquoi as-tu tué ces pauvres gens?". "Je suis payé pour cela", répondit le soudard. "Et combien as-tu été payé jusqu'ici?", renchérit Georges. "Rien. Le sire Belzébuth me paiera une fortune lorsque sa tour sera construite et que ses richesses y seront entreposées", dit le soldat d'un ton sûr de lui. "Alors, tu tues pour servir une personne qui ne veut que conserver ses richesses et tu croies qu'il tiendra parole et te paiera ensuite, comme il te l'a promis?", l'interrogea Georges. "Bien sûr! Car sinon, ce serait de l'esclavagisme!", s'exclama le militaire, inquiet d'entendre une telle question. Alors, Georges conclut ainsi : "En vérité, je te le dis, quiconque vit pour les biens matériels, au détriment de l'amitié que tout Enfant de Dieu se doit de porter à ses semblables, ne mérite aucune confiance. Au lieu de tuer pour défendre l'avarice d'un tel homme, prends ces richesses que tu foules du pieds et donne-les à ceux qui en ont véritablement besoin. Dieu a créé ces biens pour que toutes Ses créatures puissent y trouver de quoi vivre à l'abri du besoin, pas pour qu'un seul en jouisse plus qu'aucun autre."

Alors, les gardes posèrent leurs armes, les maçons cessèrent leur travail, les gens s'approchèrent, et ils se partagèrent les richesses à chacun selon ses besoins. Belzébuth hurla sa rage de voir ses biens lui échapper, passer de main en main. Mais cela se déroulait lors du septième jour de la punition divine sur Oanylone et la terre se mit à trembler. La tour en construction s'effondra et de larges failles s'ouvrirent à travers la colline, avalant goulûment les trésors. La plupart des gens s'enfuirent, encouragés en cela par Georges. Mais certains, continuaient à se remplir les poches de tout ce qu'ils pouvaient amasser. Belzébuth se battait contre tous ceux qu'il croisait, tant sa colère de perdre ce qui lui appartenait était grande. La colline s'affaissait peu à peu, mais Georges aperçut un enfant en pleurs, resté sur celle-ci, la jambe coincée sous un lourd coffre. Il courut jusqu'à lui alors que le sol tremblait, menaçant à chaque instant de s'effondrer. Lorsqu'il l'atteignit, il lui dégagea la jambe, le prit dans ses bras et tenta de rejoindre le bord. Alors, certaines personnes décidèrent de le rejoindre afin de l'aider dans cette tentative désespérée, mais toute la colline s'engloutit alors dans les entrailles de la terre, dans une gigantesque gerbe de flammes.

Les gens étaient anéantis par la tristesse de perdre de tels amis. Ils se demandèrent alors si Dieu ne prenait pas plaisir à faire souffrir Sa Création. Mais il n'en était rien et ils le comprirent lorsqu'ils virent une douce lumière apaisante briller depuis le gouffre à leurs pieds. Et des êtres irradiant de calme et de douceur en sortirent, portés par de majestueuses ailes blanches. Les gens reconnurent en eux ceux qui venaient de mourir en tentant de sauver l'enfant. Mais ils virent surtout Georges, élevé au rang d'Archange, tenir celui-ci dans ses bras et le rendre à sa mère, indemne. Puis, tous s'envolèrent jusqu'au Soleil, où Dieu les attendait.


Les langues

Il fut un temps où le Roi Hammurabi de Babylone guerroyait dans toute la Mésopotamie pour devenir le Roi des Rois. Un jour, ses troupes vinrent en la ville de Mari et y mirent le feu. La population était terrifiée et ne savait que faire pour se sauver. Alors, la Créature Sans Nom vint murmurer à l'oreille d'un général babylonien et lui souffla l'idée d'exiger de chacun un tribut en échange de la vie sauve. Plus chacun donnerait, moins il risquerait la mort. Les riches seigneurs de la ville, ceux-là même qui conseillaient peu auparavant les Shakkanaku, les Rois de la cité, approchèrent les premiers, apportant avec eux de lourds coffres emplis de richesses. Mais une vieille femme n'avait comme seul trésor que quelques grains de blé. Les soudards lui rirent au visage, affirmant que donner un tel présent était un affront au grand général babylonien. Ils dégainèrent leurs épées et s'approchèrent de la vielle femme, prêts à la passer par les armes. Mais un homme de haute stature et à la barbe argentée s'interposa. L'un des soldat leva son épée mais ne put l'abattre sur l'homme, comme empêché par une force invisible. Alors, ce dernier ouvrit la bouche et déclara :
"Pourquoi vouloir frapper cette femme? Alors que les riches seigneurs de Mari vous ont gardé par devers eux d'innombrables richesses, elle vous a offert tout ce qu'elle possédait. Tu te moques de son don, mais elle a donné de son essentiel alors qu'eux ne vous ont laissé que de leur superflu. Prenez ces quelques grains de blé et emportez-les avec vous : ils vous sembleront bien lourd au cœur de l'Enfer lunaire." Puis, il se dirigea vers les coffres et en distribua le contenu entre tous les habitants de Mari les plus pauvres et les plus affamés. Les gardes ne savaient que faire face à un homme désarmé, que l'on n'osait frapper et dont la force se trouvait dans la sagesse de ses paroles. Dépités, ils levèrent le camp et retournèrent à Babylone.

Le voyage était long jusqu'à cette puissante cité. La chaleur était intense et l'irrigation rendait l'air humide et lourd le long des rives de l'Euphrate. Mais lorsqu'ils arrivèrent, quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils virent l'homme à la barbe d'argent les attendre au pied des gigantesques murailles. Le général lui demanda :
"Mais qui es-tu, toi qui parles avec tant de sagesse?". "Je suis l'Archange Georges, modeste serviteur du Dieu unique, celui que vous avez oublié au profit de légions de fausses divinités et d'une vie de péché", répondit-il. Il ajouta : "Suis-moi jusqu'à la ziggurath et tu verras par toi-même le jugement de Dieu, comme je le vis moi-même il y a déjà longtemps". Alors, le général et ses gardes suivirent l'Archange jusqu'au bas d'une gigantesque tour à étages sur lesquels poussait une végétation florissante, preuve de la toute-puissance du Roi Hammurabi de Babylone.

Alors, Saint Georges leva les bras et déclama :
"De tous temps, les Enfants de Dieu parlent une seule et même langue, car frères et sœurs doivent se comprendre pour s'aimer. Mais ils se déchirent aujourd'hui, car ils ont oublié leur Père et Son Amour. Un jour viendra où les prophètes se succéderont pour leur rappeler d'où ils viennent et où ils iront. D'ici-là, vous êtes jugés non pas sur votre foi, mais sur votre Amour du monde qui vous entoure. Apprenez à le connaître et vous apprendrez à l'aimer. Pour ce faire, Dieu, dans Sa grande mansuétude, a décidé de diviser la parole de Ses Enfants en de multiples langues, afin que vous deviez faire l'effort de vous découvrir l'un l'autre."

Et Saint Georges abattit les bras et la tour s'effondra en une immense gerbe de poussière. Depuis ce jour, la parole des Enfants de Dieu est multiple et nous devons apprendre l'un de l'autre pour vivre. Ce faisant, nous comprenons à quel point nos différences sont trompeuses et que nous sommes tous frères et sœurs.






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Les Archanges - Michel

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 19:25

Les Archanges - Michel
Archange de la Justice, opposé à Satan, Prince-démon de l'envie




Naissance de Michel

Michel était né dans la ville d'Oanylone, il était le cinquième de dix enfants de Diane et Robin, un couple de chasseurs vivant comme beaucoup à cette période pour servir un plus riche qu'eux.
Leur maître, car il fallait bien le nommer ainsi, n'avait pas d'autre but que d'acquérir plus de richesses et de terres qu'il ne pouvait en utiliser.

Cet homme était connu sous le nom de maître Satan Sybarite, il avait proclamé posséder les terres jusqu'à deux kilomètres autour de la ville, et tous ceux qui y chassaient ou qui cultivaient la terre devaient lui en reverser la moitié.
On disait de lui qu'il ne s'endormait pas si la journée ne lui avait pas rapportée de quoi remplir deux de ses coffres, l'un de maïs, et l'autre de viande.
Il envoyait ses suppôts collecter toujours plus chez les infortunés qui vivaient sur la bordure de la cité.


La vie de Michel

Michel grandit donc parmi les pauvres d'Oanylone en apprenant par son père l'art de la chasse et du maniement de la lance. De sa mère il apprit à suivre les indices laissés par les animaux qu'il chassait. Il appris également à lire les étoiles pour trouver sa route. Vivre avec ses neufs frères et sœurs lui inculqua le partage et l'Amour des autres.

À l'âge de treize ans Michel avait déjà la carrure et la force d'un adulte, aîné des garçons de la famille, c'était souvent lui qui défendait ses frères et sœurs en s'interposant face à ceux qui leurs voulaient des misères. Et bien qu'il n'ait jamais blessé personne, il était craint et respecté par ceux des faubourgs. Très vite on lui demanda d'arbitrer les conflits, car on disait de lui qu'il pouvait lire dans le cœur des gens.

Quand il n'y avait pas de preuve pour départager deux personnes, il déposait sa lance sur la tête d'un des deux et si la lance restait en équilibre, c'est que la personne disait la vérité, dans le cas contraire il mentait. Mais très vite, il ne devait même plus utiliser sa lance.
Le seul fait d'annoncer qu'on le ferait venir, le coupable renonçait, et les choses se réglaient d'elles-mêmes. Certains disaient qu'il avait un pouvoir surnaturel, mais les plus sages savaient de quoi il en retournait.
Pourtant malgré sa grande sagesse et sa dextérité à la lance, il ne pouvait rien contre les suppôts de maître Satan Sybarite qui devenaient de plus en plus gourmands.

Son père mourut le jour de ses 20 ans, faisant de lui le patriarche, car il était l'aîné des garçons. C'est à cette période qu'il reçut la visite de son ami Timothé qui venait lui demander la permission d'épouser Emmelia, sa sœur cadette.
À Oanylone, les "prêtres" avaient abandonné le peuple pour ne s'occuper qu'exclusivement des notables et des plus riches en leurs apportant les faveurs du Très-Haut.
Michel se chargea donc d'organiser les fiançailles, et tout le monde fut bienvenu.

Ce jour là Simplicius, un des lieutenants du maître Sybarite, était présent et tomba sous le charme de la sœur de Michel. Il revint le lendemain avec ses gardes et exigea qu'Emmelia les suivent pour entrer au service de Satan, mais Michel s'interposa et mit à mal la garde et finalement Simplicius fut à sa merci...
Mais au lieu de le tuer, il prit sa dague et la lui lança en disant :
"Si ton œil droit t'attire vers ce qui ne t'es pas destiné, arrache-le et brûle-le, car mieux vaut qu'une partie de toi périsse, plutôt que d'attirer vers toi la colère de Dieu."
Le lieutenant ne demanda pas son reste et retourna vers son maître. Mais il revint le lendemain avec une plus grande troupe, il arrêta Michel et Timothé qui furent conduit et enfermés dans la prison d'Oanylone.


La destruction d'Oanylone

Le premier jour de captivité fut aussi le premier des sept jours qui entraîneront la destruction de la première cité des Hommes.
La foudre s'abattit sur le mur de la prison permettant à Michel et son ami de fuir le chaos, et de rejoindre les leurs.
Michel regroupa autant de monde qu'il put, en leur disant que la punition du Créateur allait être terrible, mais que les justes pourraient vivre une nouvelle vie loin de la cité maudite.
Comme Timothé était pêcheur, il proposa de rejoindre le port pour fuir par le lac. Michel aida ceux qui méritaient de par leur foi en Dieu d'embarquer sur l'esquif. Comme il restait des places, il demanda à son ami de laisser monter des enfants qui s'étaient réfugiés près d'eux.
Des pleutres voulant fuir la ville, plus par peur que pour suivre la volonté de Dieu, tentèrent de prendre l'esquif d'assaut, mais Michel s'interposant, permit à son clan et aux enfants de quitter la ville sans encombres.
Une fois ses amis en sûreté il resta seul, et six jours durant, il sauva ceux qui pouvaient l'être.
Le septième jour, il restait des gens à sauver, mais plus la moindre barque. Comme par miracle deux autres esquifs apparurent, il invita donc ceux qui avaient le cœur pur à monter sur ces navires. Il semblait capable de lire dans les yeux des gens si leur foi était réelle, et il envoyait ceux qu'il jugeait digne sur la première barque et ceux qui fuyaient par peur ou pour sauver leurs richesses sur la seconde. Voyant les deux navires remplis, il refusa de monter, disant que Dieu avait une mission pour lui et qu'il sentait qu'il devait rester pour sauver d'autres amis.
Arrivé à la sortie de la ville le premier navire se dirigea sans encombre vers le large, alors que le deuxième plus lourd à cause de l'or emporté fut bloqué par les hauts-fonds. Il disparut avec la ville lorsque les grands vents destructeurs vinrent du centre de la Terre, fissurant la terre en de nombreux abysses.

Certains survivants, loin de la ville, racontèrent qu'à ce moment-là, alors que la pluie tombait malgré un ciel sans nuage, un arc-en-ciel venant directement du Soleil tomba sur la ville , Michel choisi par Dieu fut ainsi emporté par une nuée céleste, et devint l'un des sept Archanges.


Première apparition

La première apparition de l'Archange est d'ailleurs celle qui fit de lui un ange guerrier alors qu'il n'a jamais fait coulé le sang.

Quelques générations après le jour du jugement et la mort de Michel, deux clans descendant directe de ceux qu'il avait protégés se disputaient, car une partie avait construit un temple à Michel et l'avait même renommé le considérant comme l'égal de Dieu, car il avait su les sauver. Les autres considéraient le sacrifice de Michel comme un exemple et non comme l'acte qui fait d'un humain un dieu.

Inspiré par l'ombre, celui qui s'était déclaré grand prêtre d'Anubis vit son pouvoir grandir (nom qu'il donnèrent à Michel on ne sait trop la raison, il se pourrait que ça soit le nom de son clan, mais aucune trace de ce fait n'a été retrouvée en ce jour). Disant recevoir ses informations de son dieu lui-même, le prélat nomma un nouveau-né souverain du peuple, car fils d'Anubis et en son nom il gouverna plusieurs années et fit raser le temple dédié à Dieu et déclara que puisque ce dieu n'avait pas su protéger ses fidèles, ceux-ci deviendraient ses esclaves. Pour solidifier son pouvoir et faire oublier le vrai Dieu, il repris le nom des archanges pour en faire des dieux à leur tour.

Le patriarche des fidèles implorait Dieu chaque jour et malgré ses souffrances le remerciait de ce qu'ils avaient.
Le seigneur pris pitié et envoya l'Archange en personne.
Saint Michel apparut en armure avec une longue lance et un large bouclier et se fit reconnaître de tous, en apparaissant au sommet du temple qui lui était destiné.

Le grand prêtre l'interpella et lui dit :
"Anubis, te voilà enfin, es-tu venu remercier tes fidèles et nous récompenser d'avoir tant construit pour toi?"
Michel de répondre,
«Non, je suis venu apporter la parole d'espoir de Dieu envers ceux qui ne se sont pas détourné de lui, car nombreuses sont les communautés de fidèles qui parcourent le monde en attendant l'arrivée des prophètes qui les réuniront dans l'Amour et l'amitié."
Le grand prêtre ne le reconnut point et donna l'ordre à ses gardes de prouver l'imposture en massacrant les fidèles du Dieu unique. Michel s'interposa et deux jours durant repoussa les assaillants sans en tuer aucun tout en permettant aux fidèles de fuir vers d'autres terres.

Après les deux jours de combats, les fidèles du grand prêtre étaient soit trop fatigué, soit trop blessés pour poursuivre qui que ce soit et on vit des ailes pousser dans le dos de l'Archange lui permettant de rejoindre les cieux. Le prélat fit exécuter tous les gardes par ses prêtres et dit que ce n'était pas Anubis qui était venu mais un dieu vengeur pour les punir d'avoir laissé en vie les serviteurs du faux dieu unique.

Il y a des variante sur cette légende prétendant que l'Archange était à la tête d'une armée d'anges, d'autre qu'il aurait armé le bras des plus forts des fidèles, et d'autre même, qu'il n'a fait qu'inspirer le plus vaillant des serviteurs de Dieu pour mener la révolte et guider son clan à travers le désert. Tout cela n'a que peu d'importance, le principal est que c'est l'intervention de Michel et la volonté de Dieu qui permirent à Ses Enfants de fuir vers des terres plus clémentes.


La légende du Mont Saint Michel

La deuxième apparition de l'Archange que j'ai trouvé se situe à l'époque où certains barbares vénèrent des dieux alcooliques ayant pour seul temple des tavernes et pour seul liturgie la beuverie. À cette époque, il existait une communauté de fidèles pourchassée par un barbare du nom de Saathan qui vénérait un Dieu alcoolique exigeant le sacrifice des enfants.

La communauté fuyant vers le Nord se trouva bloquée dans une forêt en bordure de l'océan.
Le patriarche de la communauté demanda à tous les siens de se préparer à se sacrifier dans l'océan pour ne pas tomber aux mains des barbares. Ils se sont alors dirigés vers le point le plus haut de la côte et se sont mis à prier le Seigneur pour qu'Il demande à Saint Michel de préparer leur venue.

Dieu ne pouvant tolérer de Ses Enfants qu'ils,mettent fin à leur vie et fit savoir au patriarche par l'intermédiaire d'un messager céleste que ce n'était pas à l'enfant de choisir le jour où il rejoindrait son Créateur. Il ordonna donc que s'ils L'aiment et avaient foi en Lui ils abattraient de grands arbres et feraient une palissade autour du rocher. Une fois fait, ils ferraient un grand festin et allumeraient un feu au sommet du rocher pour que Saathan connaissent leur position.

Ainsi fut fait et sept jours plus tard la palissade finie, le feu fut allumé. Au matin, ils virent les troupes de Saathan entourer le rocher et commencer à s'attaquer à la fragile protection du rocher. À l'aide de pierres et de lances, les fidèles se préparaient à se battre puisque telte était la volonté de Dieu. Alors que, à l'endroit même où le feu avait été allumé, un ange vêtu d'une armure et portant une lance et un bouclier apparu... Il ne dit pas un mot, mais tous les fidèles surent qui il était.

L'Archange Michel lança son arme vers l'horizon qui sembla se lever vers les cieux et avancer vers le rocher comme un mur de chevaux au galop, ce mur emporta tout sur son passage, mais ne détruisit par la faible palissade. Les troupes de Saathan furent englouties et quand la mer se retira, elle avait fait du rocher une île entourée de sables mouvants où finissait de s'enfoncer l'armée vaincue par la foi des fidèles.






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À partir de la Bibliothèque romaine.

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Les Archanges - Miguaël

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 22:29

Les Archanges - Miguaël
Archange du Don de soi, opposé à Belial, Prince-démon de l'orgueil




Naissance de Miguaël et Belial

Dans la ville d'Oanylone vivait Adiguaëlle, femme de Théophile de qui elle attendait deux jumeaux. Ces enfants avaient été conçus dans l'Amour le plus grand et n'avaient été entachés d'aucune luxure. Adiguaëlle était une femme généreuse toujours à l'écoute de son entourage. Habituellement, elle s'occupait des plus pauvres, mais en ce moment la situation était difficile, les Hommes commençaient à se détourner de Dieu, à sombrer dans la paresse et dans l'avarice ce qui créait de plus en plus de rivalités entre les Oanyloniens et cette situation n'allait pas pour diminuer la pauvreté, au contraire, le nombre de nécessiteux ne cessait de grandir et ceux-ci étaient méprisés par les plus forts. Ne voulant léser personne, Adiguaëlle s'occupait de chacun d'eux mais déjà, la créature innomée inspirait à ceux-là la jalousie et la soif de vengeance. Épuisée par cette situation et par l'enfant qu'elle attendait, Adiguaëlle ne pouvait plus les maintenir dans le droit chemin. Elle mit au monde deux garçons, l'un nommé Miguaël qui selon une légende signifie "donne et aime"; l'autre Belial ce qui signifie "donnes et tu recevras". À ce moment-là, la Créature Sans Nom persuadait les plus pauvres d'aller tuer cette famille, l'Amour qui régnait entre eux et l'Amour qu'ils portaient au Très-Haut était, selon ses dires, la raison qui forçait les plus forts à mépriser les plus faibles.
Pressentant le danger, Théophile prit Miguaël et son frère des mains de sa mère et après les avoir embrassés, les cacha sous une caisse. À peine avait-il reposé la caisse que déjà ceux pour qui Adiguaëlle œuvrait chaque jour entrèrent et les tuèrent de la façon la plus horrible qui soit. Mais les enfants, sous leur caisse furent épargnés, car on ne les avait pas vus.


Accueillis

Ils furent recueillis par Ménopus, un homme âgé et pieux qui ne savait rien de l'origine de ces "amours" comme il aimait à les appeler, et qui ne souhaitait rien en savoir. Il donnait à ces petits du lait qu'il produisait grâce à sa vache Minerva, vache qui deviendra célèbre, bien plus tard, chez les païens pour avoir donné du lait, comme si ses congénères ne le pouvaient pas...
Mais revenons à notre histoire, la lumière de la chandelle baisse et il faut que je finisses d'écrire avant que l'on ne me retrouve.
Ces deux jeunes garçons grandirent donc sans jamais se séparer; il existait entre eux un lien si grand qu'il allait au-delà de l'amitié et de l'Amour fraternel, mais malheureusement l'un d'eux allait finir par se détourner.


La tentation de Belial

Ces deux petits, malgré les tentations de la Créature Sans Nom continuaient à grandir pieusement et n'hésitaient pas à privilégier les autres par rapport à eux-mêmes. Bien sûr après ce qui était arrivé à leurs parents, dont ils ne savaient rien, mais sur quoi ils furent avertis en songe, ils essayaient d'être discrets jusqu'au jour où la créature vint parler à Belial :
"Pourquoi privilégier les autres surtout quand ceux-ci n'ont rien à vous offrir, servez donc des riches, eux vous paieront, ainsi vous ne travaillerez pour rien."
Belial lui répondit :

"Je n'ai jamais travaillé pour rien, ces personnes ont besoin de moi, si nous ne le faisons pas qui le fera?"
"Personne, mais que te donnent-ils en échange, rien, ils pestent contre toi car plus tu leur donnes, plus ils veulent."
Cette réflexion ne le toucha pas de suite mais au fur et à mesure qu'il grandissait, celle-ci insistait et il fut un moment où il ne put plus faire face. Il commença par demander des sous en échange, mais les pauvres déjà sans argent ne purent plus donner. Il arrêta donc là son service et commença lui aussi à entrer dans la paresse et le péché, se satisfaisant toujours plus de ses actions et ne voyant pas qu'il n'était pas indispensable.


La tentation de Miguaël et sa prière

La Créature Sans Nom vint ensuite parler à l'oreille de Miguaël, mais celui-ci connaissant ses intentions ne voulut pas l'écouter, car plus il se laisserait tenter, plus il serait dur de résister.
Entonnant une prière, il se mit à genoux et récita la prière suivante qui sera longtemps utilisée par les clercs.

"Ô Dieu, Très-Haut,
Père de l'humanité
Et Toute-Puissance divine,
Ferme mes oreilles
Aux tentations
Et ouvre mes yeux
À l'Amour sans fin que Tu me donnes,
Que je puisses donner à ceux qui doivent recevoir,
Aimer ceux qui doivent l'être,
En sachant toujours,
Que si je n'étais pas là,
Quelqu'un d'autre serait là pour le faire
Car c'est Toi qui parle par ma bouche
Et qui œuvre par mes mains.
...
Pardonne à mon frère et à tous les autres
Ils ne savent pas ce qu'Ils font."

Ce jeune homme était béni de Dieu, c'était sûr, il avait été choisi afin qu'il donne sa vie pour ce monde. Devant une telle force et bénédiction la Créature Sans Nom ne pouvait plus rien et même si elle le tenta bien d'autre fois, ne put jamais convaincre Miguaël, ne serait-ce qu'un peu.


La punition, institution des Archanges

La situation des Hommes n'allait pas en s'arrangeant. Ceux-ci ne voyaient plus Dieu et n'agissaient plus qu'en fonction d'eux-mêmes au détriment de leurs frères et même de leur propre famille. Cela menait à des rivalités et même bien souvent la loi du plus fort menait à des crimes sans précédents.
C'est à ce moment-là que la punition divine tomba, non pas que le Très-Haut n'aimait plus ce monde mais s'Il n'intervenait pas, il courrait à sa perte.
Alors des éclairs se firent et tandis que beaucoup fuyaient, les plus déterminés luttaient tant bien que mal et se divisèrent en deux groupes :
  • Ceux qui incarnent à eux seuls tous les péchés du monde, les inaudiendis (NDLR : en latin, ceux qui n'entendent pas) étaient dirigés par sept hommes maléfiques : Asmodée dit le gourmand, Azazel le luxurieux, Lucifer l'acédique, Belzébuth l'avare, Léviathan le colérique, Satan le jaloux et bien sûr Belial l'orgueilleux.
    Ces sept, croyant l'innommée, assuraient que cette punition était la preuve incontestable que Dieu ne les aimait pas.
  • De l'autre côté, conscient de leurs fautes, un groupe prêchait la repentance. Mené par Gabriel, Georges, Michel, Galadrielle, Sylphaël, Raphaëlle et Miguaël, ils incarnaient respectivement et contrairement aux inaudiendis les sept vertus qu'ils tentaient de défendre : la Tempérance, l'Amitié, la Justice, la Conservation, le Plaisir, la Conviction et le Don de soi.
Ces deux groupes avaient chacun leurs adeptes, les pécheurs étant les plus nombreux, il fallait aux vertueux une foi sans faille pour tenir et ne pas se pervertir.

Au bout du septième jour, de grands vents destructeurs vinrent du centre de la Terre et fissurant la terre en de nombreux abysses, envoyèrent les inaudiendis au plus profond de celles-ci.
Mais parmi ce carnage, une nuée céleste vint et amena les sept bons au plus haut de la voûte céleste.
Là, une douce lumière rayonnait. Ne sachant pas encore où ils étaient, la peur aurait pu les prendre, mais cet endroit était si doux et apaisant qu'ils s'y sentaient bien et éprouvaient une immense sensation de chaleur, une sensation d'Amour.
C'est alors qu'une voie forte et tendre se fit entendre :

"Mes Enfants, vous voici devant Moi car vous avez compris que Je ne punissais ni par jalousie, ni par plaisir, mais parce que la race humaine avait atteint un point où seule la punition pouvait la remettre sur Mon droit chemin. Je vous nomme pour cela Archanges, vous incarnerez les sept vertus que vous défendiez en bas et vous serez dorénavant les inspirateurs de toutes vertus. Je vous donne trois paires d'ailes, signe de votre pouvoir et de votre rang.
Allez maintenant, le Paradis vous attend."

Damnation éternelle

Les inaudiendis, furent envoyés au plus profond des abysses, là où le feu gronde et où les pécheurs sont suppliciés.
Si l'on regarde, tous les êtres de la Création sont pécheurs, mais le Très-Haut, dans sa grande bonté a proposé le pardon, qui n'accepte de le recevoir garde son péché et le subira jusqu'à la fin des temps.

Belial et l'orgueil de détourner à nouveau les Hommes de Dieu, institution de l'exorcisme

Au commencement de l'Église, celle-ci était encore frêle et Belial se dit que pour mieux la détruire il fallait agir de l'intérieur. Toujours aussi orgueilleux, il décida de prendre possession du corps du plus haut dignitaire de l'Église : le Pape. En ce temps-là, le Pape Hygin était touché par une grave maladie, Belial, empli de lâcheté en pris possession et dès ce moment, les traits du Saint Père commencèrent à changer. Un servant, Mirall s'en rendit compte et supplia le Très-Haut d'envoyer quelqu'un. L'Archange Miguaël, Saint Patron de la contre-possession, nommée plus tard exorcisme fut envoyé.
Il fusa aussi vite qu'il lui était possible, ses six ailes battant à perdre le souffle, si l'Église tombait maintenant le résultat serait atroce. Il entra dans le corps d'Hygin, ses pensées vertueuses devaient ressortir, mais de son côté Belial luttait aussi.


"Tu oses intervenir contre ton propre frère Miguaël?
Tu ne voies pas que ton Dieu se sert de toi ?"

"Tu n'es plus mon frère Belial.
Je te renie, repars d'où tu viens, repars peupler les abysses, seul Dieu est souverain, seul Dieu est le Maître. Que seules les vertus de cet homme surgissent!"

Pendant que se déroulait cet affrontement, le ciel et la terre semblaient eux aussi s'affronter dans un combat décisif.

"Repars d'où tu viens, Prince des démons et laisse l'âme de cet homme en paix, tu entends?!
Vade retro Belial! Repars d'où tu viens!!!"

À ce moment-là, une flamme surgit de la bouche du possédé et partit s'écraser au loin sur l'astre dominant la nuit pendant que le ciel reprenait sa teinture normale.

Saint Miguaël monta aux cieux en gloire, assis sur une nuée et accompagné de mille voies célestes chantant la gloire de Dieu, car seul Dieu est Souverain.

Ceci arriva en l'an de grâce 140.






Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine, par Garmon de Vaisuny. Traduit du latin par frère de Sauvigny.

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Les Archanges - Raphaëlle

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 23:20

Les Archanges - Raphaëlle
Archange de la Conviction, opposée à Asmodée, Prince-démon de la luxure




Doutes

Une vieille femme marchait depuis que le Soleil était couché. Elle avait beaucoup de mal à se mouvoir. Depuis trois mois elle sentait ses forces s'amenuiser, ses jambes petit à petit la quittaient et pourtant elle marchait, marchait toujours et ne s'arrêtait que pour dormir et reprendre des forces. Elle savait qui elle devait trouver. Un homme, habitant dans une petite maison, un homme recherché et borgne qui se prénommait lui-même l'avorton. La nuit était maintenant tombée, et cette chose ambulante avait peur, elle ne savait où dormir et ce chemin qu'elle ne connaissait pas ne lui disait rien qui vaille.
Elle continuait à marcher, plus vite, elle se pressait maintenant, il fallait qu'elle arrive, elle n'en pouvait plus, mais sa vie en dépendait. Si elle mourait c'en était fini. Oh, ses parents lui auraient dit qu'après la mort elle vivrait. Que Dieu était là pour la sauver. Mais c'était impossible, si Dieu il y avait eu, elle n'aurait pas eu toutes ces misères et la vie n'existerait pas. Pourquoi se séparer pour revenir à Lui après la mort. Cette histoire ne tenait vraiment pas debout. Ce qui allait être son cas si elle n'arrivait pas bientôt. L'histoire d'un Dieu commença à la titiller. Elle commençait maintenant à paniquer. Elle courrait presque, en tout cas les efforts qu'elle fournissait étaient tout comme. Ça n'était plus possible, d'un trait, elle se retourna et face à ce qu'elle croyait vide elle hurla.


"Si Tu existes, montre-Toi. Ne te cache pas, si Tu es incapable d'aimer ceux que Tu as créés, si Tu es incapable de tenir tes engagements ou si Tu fais souffrir ce monde à tes propres plaisirs. Montre-toi!"

Le tonnerre rageait déjà dans la tête de cette pauvre femme et déjà elle attendait ce Dieu dont elle avait tant entendu parler, mais jamais rien vu.
C'était cela le plus étonnant, elle qui ne croyait en rien était persuadée qu'elle allait avoir une réponse, une réponse, certes, elle allait en avoir une, mais très loin de celle qu'elle attendait. Quoi que peut-être au fond de son cœur, une partie retirée lui criait la vérité.


Révélation

Au lieu des courants meurtriers qu'elle s'était promis, ce fut une douce lumière qui jaillit et il était impossible de savoir d'où elle venait. C'était à croire que même les ténèbres brillaient.

Une voix se fit entendre, elle aussi venant de partout et de nulle part à la fois, elle était rassurante et semblait venir du fond des âges.


"Raphaëlle, Raphaëlle,
Pourquoi cries-tu?
Tes cris sèment l'écho dans les montagnes et troublent le cours des fleuves. Ils pétrifient de peur les petits de ce monde et font se battre les plus sages."

La vieille femme ne sut quoi répondre. Elle fut extrêmement touchée par ce qu'elle venait d'entendre. Entendre la voie de Dieu était déjà chose extraordinaire, mais que Celui-Ci l'appelle par son nom était bien davantage. Depuis combien de temps ne l'avait-on pas appelée par son nom? On ne l'avait jamais appelée par son nom, jamais depuis que son père était parti. Les sobriquets avaient fini par le remplacer. Raphaëlle dont le cœur commençait à s'ouvrir à nouveau doutait encore, mais la flamme de haine dans ses yeux n'était pas encore éteinte.

Ce qu'elle avait pris comme un acte d'Amour au départ se transforma sous la colère en affront. Son âme n'étant pas prête à recevoir un Amour simple, il lui était impossible de recevoir l'Amour le plus fort qui puisse exister; mais la toute-puissance de Dieu et la connaissance qu'Il avait de sa fille commençait son œuvre.


"Comment oses-tu m'appeler par mon nom, Toi, Dieu à la pensée bienheureuse et à la main malfaisante?"
"Un père n'appelle-t-il pas ses enfants par leur prénom?"
"Si, mais un père se préoccupe de ses enfants, il les chérit et les aime."
"N'est-ce pas ce que je fais?"

En disant ces mots Dieu montra la Terre.


"Raphaëlle,
Voici le tracé de ta vie.
Ces traces ce sont tes pas."

"Si ces traces sont mes pas, à qui appartiennent les traces qui marchent à côté?"
"Ce sont les miennes, Raphaëlle, je marche à tes côtés depuis que tu es venue au monde."
"Et dans les moments les plus difficiles, il n'y a que deux pas, pourquoi n'étais-Tu pas là lorsque j'avais besoin de Toi?"
"J'étais là, et si Tu ne vois que deux traces c'est parce que Je t'ai portée, Mon Enfant."

Le cœur de pierre, si difficile à convaincre devint à ce moment-là cœur de chair. Raphaëlle comprit devant qui elle était, devant son père et, tombant à genoux, elle lui demanda pardon.


"Garde tes larmes Raphaëlle, le temps est à la joie, tu croyais mal, mais au moins tu restais fidèle à tes pensées. Maintenant que tu as vu, ta conviction te sauvera et montrera à bien d'autres la route que j'ai tracée pour eux."

"Père, pourquoi ne t'es-Tu jamais montré, pourquoi Tu ne m'as jamais dis que Tu étais là?"

"Je te l'ai dit, Mon Enfant, mais tes oreilles ne voulaient pas entendre, Je me suis montré à toi, mais tes yeux ne voulaient pas voir, Je t'ai pris la main, mais tu ne me l'as pas tenue, alors Je me suis révélé à ton cœur et tu as cru.
Je t'ai laissé choisir, car tu étais libre, tu ne voulais pas me recevoir, je ne me suis pas imposé.
Tu m'as cherché et Je me suis révélé.
Beaucoup de questions se bousculent encore en toi, mais sois patiente, J'y répondrai au creux de ton cœur le moment venu.
Va, car maintenant tu sais que Je suis avec toi jusqu'à la fin des temps,
Si tu tombes, Je te relèverai."

Questions

À partir de ce moment-là, la lumière se fondit dans le paysage et même si celle-ci n'était plus aussi intense, Raphaëlle la voyait, et cette lumière la guidait dans la nuit. Elle aurait pu lui montrer le chemin, mais Raphaëlle le connaissait, elle aurait pu éclairer les ténèbres, mais Raphaëlle n'en avait pas besoin, au lieu de cela cette lumière lui montrait le chemin intérieur et en chassait toutes ténèbres.
Elle avait quitté Oanylone quelques jours auparavant et la personne qu'elle cherchait habitait loin, il était l'un des seuls à avoir quitté la cité lorsque celle-ci vivait encore loin des tourments.
Tout en marchant, elle ne cessait de repenser à sa rencontre avec Dieu, Il avait agi comme un père à son égard, Il avait agi comme son véritable père qui avait quitté la cité d'Oane, on ne sut jamais pourquoi, et lui qui lui avait tant donné, qui l'avait tant aimée, avait disparu complètement. C'était là une des parties les plus touchantes. Dieu aimait chacun d'entre nous, c'était si beau mais difficile à croire. Pourquoi la misère? Pourquoi le malheur? Et pourquoi mourir avant de Le retrouver? Si elle le savait, la réponse à sa dernière question lui vint comme une vérité indiscutable : Dieu a laissé les Hommes sur la Terre, afin qu'ils aient la liberté totale. Ils avaient le choix entre suivre sa route ou de partir là où il n'y en avait pas, là ou même la plus grande route ne se voyait plus. Là où Dieu était absent ou plutôt là où on refusait de le voir, car Dieu était partout. Dieu bien qu'omnipotent laissait aux Hommes le libre-arbitre.
Mais alors si Dieu laisse à chacun le libre-arbitre de sa propre vie pourquoi se joue-t-il parfois au détriment de la liberté ou du bonheur d'autrui? Pourquoi la liberté de l'un empiète-t-elle sur la liberté des autres?

Elle continuait à marcher, il lui fallait arriver à la cabane. Elle était fatiguée, de plus en plus, mais une telle soif de Dieu l'habitait que s'arrêter lui semblait une perte de temps.
Elle finit par trouver le taudis qui servait de maison à celui qu'elle cherchait. Elle entra par ce qui semblait être une porte et ne vit personne, il n'y avait rien, simplement un parchemin.


"Lorsque tu nais, tu ne choisis pas ton frère.
Quel qu'il soit tu dois apprendre à vivre avec, à vivre pour lui.
Si ton frère resplendit de l'Amour de Dieu, alors cet Amour ne pourra que te rejoindre.
Si en revanche ton frère se détourne de l'Amour divin, c'est à toi de le lui faire voir au prix de ta vie.
Mais, à quoi bon donner sa vie pour quelqu'un qui ne veut pas voir?
Si tu réussis, tu lui donnes une chance de rejoindre Dieu et les anges après sa mort et pour cela tu les rejoindras toi aussi.
Si tu échoues, c'est toi qui les rejoindras.

Cependant, il est dit aussi, ne t'attarde pas sur ton frère si ses yeux ne peuvent voir, pense et œuvre pour le plus grand nombre, car ceux pour qui tu auras œuvré, eux aussi pourront œuvrer pour d'autres.

Alors, mieux vaut-il donner sa vie pour tenter d'en sauver un qui ne veut pas être sauvé ou donner sa vie pour sauver une multitude dont l'envie de voir est ardente?"

Raphaëlle lut et comprit autre chose. Chaque Homme avait été placé dans une situation particulière qui pouvait évoluer, non pas seulement en raison des désirs de Dieu ou du mal inspiré par la Créature Sans Nom, mais en fonction de la manière dont chaque frère et chaque sœur utilisait son libre-arbitre et sa liberté. Les agissements de chacun, s'ils ne payaient pas sur cette Terre paieraient lorsque Dieu viendrait les chercher.
L'évidente vérité vint transfigurer Raphaëlle par l'Amour divin. Elle se mit à genoux, en larmes, et pria.
Que le Seigneur, Dieu de l'univers Lui donne la force de servir humblement et par Amour en tous temps et tous lieux.

Elle pria durant toute une nuit puis se leva au matin emplie d'une assurance nouvelle.
Elle était confiante, Dieu était là en elle, et elle demeurait en Lui.
Une aura bienfaitrice et aimante brillait maintenant autour d'elle. Si les yeux étaient et demeurent incapables de la voir, l'âme, elle, était capable de la sentir, car l'âme était après l'Amour, le don le plus puissant que Dieu avait fait à l'Homme.


Le début de ses actes en tant que Sainte

Raphaëlle approchait d'Oanylone et déjà le voile de discorde qui pesait sur la ville se faisait sentir. En effet, la créature innommée avait semé le doute dans les cœurs afin que l'on se détourne de la vérité et cela avant qu'elle ne parte faiblement pressentant la réaction de Dieu.
De plus en plus, la population se scindait en deux groupes, ceux qui restaient fidèles à Dieu et ceux qui croyant ou non se laissaient pénétrer par le doute.

Que les Hommes étaient faibles, il leur suffisait d'entendre que Dieu n'existait pas pour s'en détourner. Il était encore plus facile de dire que Dieu ne les aimait pas et qu'il n'y avait plus d'espoir, comme cela aucun péché ne se voyait empêché par une raison valable.
Raphaëlle voyait cette faiblesse, pour cela, elle se réunit avec une poignée de frères et sœurs et gardait espoir ainsi que la ferme conviction que Dieu les aimait. Elle priait pour que chaque Homme voit en lui le chemin de Dieu, pour que chacun voit qu'il ne marche pas seul.
La conviction et l'assurance dont elle faisait preuve lui permettaient de prêcher et elle put convaincre seulement par la parole de nombreuses personnes.


La punition

C'est alors que la punition divine tomba. Elle commença par de la foudre se déchaînant au plus haut du ciel puis vint à pleuvoir des fleuves entiers, les Hommes un à un furent quittés par la vie. Ensuite vinrent des langues de feu s'écrasant sur chaque Homme.
Projetant les plus mauvais dans les flammes éternelles de l'astre de la nuit et leur promettant une nouvelle existence de souffrance et de hantise.
Elles donnaient cependant une vie nouvelle à ceux qui avaient cru, les élevant au plus près de la gloire divine dans l'astre dominant le jour.
Raphaëlle fut élevée avec six autres au rang d'Archange, afin d'inspirer pour les siècles et les siècles les sept vertus.


Son envoi

Un jour sur la terre,
Un homme peinait.
Il aimait Dieu de tout son cœur mais jamais il n'avait osé proclamer autour de lui, l'Amour qu'il Lui portait.
Son entourage pestait contre Dieu et ne cessait de blasphémer.
L'homme n'osait pas répondre. Il était conscient de son péché mais ne pouvait agir, opprimé par la peur.
Il rentra chez lui, un soir, et tomba sur sa paillasse, en pleurs.
Il confia à Dieu les difficultés qu'il avait pour assumer sa foi devant ses amis, il dit, pleurant de plus belle, qu'il ne rêvait que de l'annoncer mais qu'il avait peur... Comment pouvait-il faire pour oser proclamer sa foi?
Il ne pouvait plus rester comme cela, à garder Dieu pour lui, il fallait qu'il le dise et qu'il le crie à la Terre entière!
Alors Dieu, entendant Son Enfant, envoya Raphaëlle par ces mots :

"Va Raphaëlle, qu'il triomphe!"
Telle une présence que l'on sent mais que l'on ne voit pas, Raphaëlle descendit auprès de l'homme et l'accompagna.
Le lendemain, lorsqu'il vint voir ses amis, ceux-ci commencèrent à parler de Dieu en de mauvais termes, il faillit ne rien dire puis sentant cette force invisible près de lui, il dit d'un ton ferme qu'il ne voulait que l'on use du nom de son Dieu à mauvais escient. C'en était fini de ne rien dire.
Dieu était son Dieu, il en était ainsi, on ne dirait plus d'honteux blasphèmes lorsqu'il était en mesure de les entendre!
À ce moment-là, lorsque ses amis levèrent vers lui un regard mauvais, lorsqu'il faillit tomber sous le poids de la peur, Raphaëlle lui insuffla son souffle et le poussa.
Il se mit alors à poursuivre calmement, mais ses paroles avaient la force d'un cri.
"Dieu nous aime, vous n'avez pas le droit de dire cela de Lui!" Alors, les hommes qui l'entouraient, ne comprenant pas ceci et ne lui laissant même pas la liberté de le penser, sautèrent sur lui et lui arrachèrent les membres. Il rendit l'âme en ce jour, sous d'atroces souffrances, mais fier d'avoir pu enfin honorer ses convictions.
Raphaëlle prit alors l'âme de ce bon homme, et la présenta elle-même au Très-Haut.


La prière

Raphaëlle inspirait aux cœurs purs qui la priaient, la force de garder leurs convictions et d'agir en conséquence, afin que les Hommes soient capables de vouloir le bien, mais aussi de le faire.
Mais même si elle inspirait la conviction, c'était Dieu qui parlait en sa bouche.
Après que l'âme de l'homme inspiré par Raphaëlle eut rejoint le Soleil, les assassins se regardèrent l'un l'autre. Ils venaient de tuer leur propre ami. Alors, le cadavre se nimba d'une gigantesque flamme, qui disparut bien vite. Le corps était resté intact, si ce n'est que sur son torse était inscrit en lettres d'or l'inscription suivante :

"Prière d'Oscermine à Dieu.
Invocation de Sainte Raphaëlle

Ô Dieu!
Toi en qui je crois,
Toi qui guides mes pas,
Donne-moi la force de professer la grandeur de Ton nom
Ainsi que l'Amour et l'adoration que j'y porte.
Envoie-moi Ton Archange, Raphaëlle, pour qu'elle chemine à mes côtés,
Que je ne sois plus seul face à l'ennemi de ma foi et de ma conviction.
Que mes actes obéissent à mon cœur et que même ma main gauche suive les commandements de ma droite.
Que mon cœur Te craigne.
Et que j'annonce Ton Saint Nom.
Dieu, daigne lever Ta main, que Raphaëlle descende et me vienne en aide.
Ainsi soit-il!"





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À partir de la Bibliothèque romaine.

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Les Archanges - Sylphaël

Message par Kaioh le Ven 13 Mai - 23:39

Les Archanges - Sylphaël
Archange du Plaisir, opposé à Lucifer, Prince-démon de l'acédie




Moi, Nemrod Aggadoth qui fût témoin de la chute d'Oanylone par le châtiment divin et ne dois vie sauve qu'au devoir que m'impose le Très-Haut de transmettre ce témoignage aux générations futures, délivre, au seuil de ma vie et à la postérité humaine, le récit détaillé de tout ce que j'y ai vu.

L'incroyable destin de Sylphaël d'Hédon

En ces temps troublés pour la cité vivait un jeune homme nommé Sylphaël d'Hédon. Il savait briller en société, était doué de talents en tous les arts, mais ce qui faisait l'admiration de son entourage était son extraordinaire capacité à savourer chaque instant de la vie.
Nous le croisions fréquemment en compagnie de deux complices de taverne, Colomba la Radieuse et Lucifer le Cyclothyme, mais tandis que ce dernier s'enivrait à l'excès jusqu'à devenir violent peu avant le coma éthylique (donnant lieu au célèbre quolibet :
"quand Lucifer boit, Colomba raque"). Sylphaël, Roi des nuits d'Oanylone, goûtait tous les vins puis partait légèrement titubant donner son concert de lyre au profit de l'association "sagesse amassée d'Oane". On voyait alors toutes les torches de ses adulateurs chavirés, l'envoyer droit au firmament.
Souvent, le lendemain à l'aurore et après qu'il eût trouvé de nouvelles sources de délices en étudiant avec Colomba, il n'était pas rare de voir Sylphaël préparer une tisane au chevet d'un Lucifer aux traits ruinés, nauséeux, blafard.

"Tu confonds jouissance et bonheur, mon pauvre Luc!" le sermonnait Sylphaël tandis que son ami s'apprêtait pour une journée de mortifications et d'autopunitions en tous genres, car telle une girouette folle, Lucifer le versatile ne cessait de passer d'un état de soif de plaisir extrême à un abattement coupable et dépressif «Et ainsi éprouves-tu très durement ton corps par d'incessantes privations, d'éternels excès."
Quelque temps plus tard, Colomba, succombant au charme dévastateur de Sylphaël le voluptueux, l'épousa. Cependant malgré leur bonheur insolent les deux jeunes gens s'inquiétaient pour leur ami, qui comme bien d'autres habitants d'Oanylone, sombrait chaque jour plus gravement dans un abîme sans fond, mêlant la pratique d'inquiétantes coutumes sexuelles la nuit et formulant d'étranges prières le jour, prostré et nu, au sommet d'une colonne sous l'œil bienveillant de la Créature Sans Nom.
Celle-ci œuvrait désormais partout dans la ville, sortant de la pénombre, flairant ses proies parmi les décombres de plus en plus nombreux sous les coups de boutoir de la colère de Dieu, car l'heure du châtiment avait commencé.


La rébellion des corrompus

La Créature Sans Nom avait trouvé facilement ses auxiliaires parmi les êtres les plus débauchés de la cité au nombre de sept, dont Lucifer le Cyclothyme et ces factotum diffusaient leurs mauvaises pensées avec déconcertante facilité, instillant dans les esprits égarés par la peur d'obscures idées telles que :
"Dieu a créé les riches pour donner aux pauvres le Paradis en spectacle.", "L'humain retrouvera ses biens s'il ne doute point de la faiblesse de Dieu." ou "L'éternité c'est long, surtout vers la fin.» tant et si bien que la colère ainsi attisée déclencha un massacre.
Un matin nous retrouvions éventré dans les gravats et parmi bien d'autres, le corps de Colomba et pour la première fois je vis Sylphaël s'effondrer dans le même temps que s'écroulait la ville.


La tentation

Deux jours plus tard tandis que la cité en ruine se vidait de ses habitants, j'aperçus Sylphaël courir en tous sens dans une ruelle. Son teint était blême. Il me fit ce récit :
"Cette nuit je me réveillais brusquement sentant la présence sous mon drap d'une forme : celle-ci semblait peser à mes côtés, puis s'enrouler autour de mes jambes jusqu'à ce qu'elle m'étreigne complètement. Je fus pris d'une angoisse oppressante, cependant je croyais reconnaître dans cette forme le corps de Colomba, mon épouse défunte et en même temps que la terreur peu à peu m'envahissait j'étais empli d'un flot de tendresse immense à son égard, mais je savais qu'elle n'était plus et ce sentiment cédait la place à une impression de manque et une douleur irrépressible. Soudain, je compris que j'étais en proie à un extraordinaire maléfice, je devais lutter de toutes mes forces pour ne pas céder à cette chose abominable. Sans doute paralysé par une peur intense j'avais les pires difficultés à me mouvoir et la chose m'emprisonnait comme un étau. Après d'interminables secondes, je parvins à atteindre la lampe à huile (j'avais l'unique pensée de faire la lumière pour affronter le sortilège), mais la flamme ne s'alluma pas. Alors, cédant à la panique, je me débattais avec l'énergie du désespoir, car cette fois-ci j'allais mourir, je ne cessais de crier "Vas-t'en!" en litanie ininterrompue et de plus en plus fort à la force maléfique dont j'étais la victime. Mon pouls s'emballait, mon cœur palpitait si vite qu'il allait exploser, la chose desserra son étreinte, puis je ne sentis plus rien, j'allumais la lampe et cette fois-ci, étrangement, la lumière se fît.
Le reste de la nuit j'ai médité sur cette tentative de possession de l'innommable créature et l'état d'acédie qui faillit me tuer lorsque j'étais pétrifié par l'angoisse.
Il nous faut accepter le courroux de Dieu, et cette ville, c'est bien nous qui l'avons condamnée à la destruction, je m'en vais rejoindre le groupe des vertueux.
"Pardonne-moi mon ami, lui dis-je, mais comment espères-tu incarner une vertu toi dont l'existence fût toute entière consacrée aux plaisirs?" Il répondit "Mais parce que cette vertu est le plaisir même! Dieu nous donna les sens pour le goûter et parce que l'Amour de la vie reste l'Amour."
Sans s'attarder, il partit prier pour sauver le monde en compagnie des vertueux rassemblés à la septième porte.

La cité d'Oanylone, bâtie en forme de cadran comportait huit portes correspondants aux subdivisions cardinales et la porte Ouest en était la septième, j'observais Sylphaël s'éloigner vers le couchant, ce fût la toute dernière fois que je le vis.
Infiniment plus couard, je quittais la ville précipitamment sans arme ni bagage, avant l'ultime chaos. Ainsi il restait désormais sept vertueux face à sept corrompus.
Parmi les compagnons de fuite que je rencontrais par la suite, quelques-uns avaient observé de loin le cataclysme final, l'engloutissement de la cité et leurs témoignages concordaient aussi sur ce point, sept silhouettes avaient été vues, aspirées vers le Soleil par des faisceaux ardents.
Je fus heureux de penser à la destination finale de Sylphaël qui toute sa vie avait été rayonnant.

Au dernier souffle de ma vie je commence des croquis à la hâte tentant de transmettre des souvenirs visuels de la grande cité d'Oanylone au monde des survivants. Puisse l'humanité toujours se souvenir de l'exemple des vertueux et du châtiment des orgueilleux.






Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine. Le rouleau de ce manuscrit fût trouvé au-delà de la grand plaine dans l'une des grottes antiques de Mogao à Dunhuang et ramené par le frère Guillaume de Rubrouck voici deux cent ans.

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Les Princes-démons - Asmodée

Message par Kaioh le Sam 14 Mai - 17:57

Les Princes-démons - Asmodée
Prince-démon de la luxure, opposé à Raphaëlle, Archange de la Conviction




Un enfant précoce

Il y a de cela bien longtemps naquit à Samarra, petit village de cultivateurs non loin d'Oanylone, un enfant que ses géniteurs nommèrent Asmodée. Il était vigoureux et plein de vie. Ses yeux étaient d'un noir profond et ensorcelant. Son visage était magnifique à tel point qu'on eut pu le prendre pour un ange. Mais grande fut la surprise de ses parents lorsqu'ils constatèrent sur son corps une étrange malformation. Comme ils n'avaient pas inventé l'eau chaude et que la chose semblait hors du commun, ils décidèrent d'aller voir le vieux Gédéon, rebouteux de son État et vivant retiré à l'écart des Hommes.

Ce dernier était un vieux bougre ratatiné par les ans et qui avait gardé sa foi en Dieu intacte. Il prit le petit des bras de sa mère, le posa sur une table et défit lentement les langes afin de l'examiner. Grande fut alors sa stupeur. Le nourrisson n'avait pas un sexe, mais deux! Il était à la fois féminin et masculin. Il se tourna alors vers les parents.


"Vous avez mis au monde un être hors du commun. Cela dépasse mes compétences. Je ne sais si c'est un message qui vous est envoyé par le Très-Haut ou si..."

Il n'avait pu finir sa phrase. Il rhabilla prestement le nouveau-né et le rendit au couple qui attendait une réponse à leur angoisse.


"Vous ne devez plus revenir ici avec cet enfant. Je vous conseille de vous tourner vers Dieu et de prier encore et encore. Quand à... lui, aimez-le du mieux que vous pourrez et détournez-le du mal."

C'est dans la crainte et l'inquiétude que la petite famille rentra chez elle. C'est dans cette atmosphère que l'enfant grandit.

Dès qu'il put marcher, les ennuis commencèrent pour le père et la mère.
Asmodée aimait tout particulièrement observer les animaux de la basse-cour. Il était émerveillé chaque jour davantage de les voir se déplacer, manger, émettre les sons les plus curieux. Mais il était par-dessus tout fasciné de les voir s'accoupler. Cela le mettait chaque fois dans le plus grand des émois. Il poussait des petits cris qui semblaient accompagner les bêtes dans leur reproduction. Il battait des mains à chaque manifestation virile du bouc ou du taureau. Son père avait beau le gronder, le menacer, le frapper, rien n'y faisait.

À cinq ans, il tenta certaines "expériences" sur les animaux. Il connaissait désormais fort bien les mœurs des espèces qui vivaient autour de lui. Il décida alors de modifier l'ordre naturel des choses, plaçant le chien sur la truie ou le chat sur le canard. Il s'ensuivit de cruelles blessures qui n'entamèrent pas pour autant ses ardeurs.


La révélation

À l'âge de dix ans, alors qu'il participait aux moissons du mois de Juillet, se produisit un événement qui bouleversa sa vie. C'était la fin de la journée; les paysans étaient presque tous rentrés chez eux. Il était seul dans un champ au milieu des tas de chaumes savamment dressés de loin en loin. Il observait un couple de scarabées en train de monter l'un sur l'autre. Soudain, son attention fut détournée par des bruits rauques qui semblaient venir d'une meule. Attiré par ces sons inhabituels, il décida de s'approcher le plus discrètement possible. Et là, il découvrit ce qu'il n'avait jamais vu avant : un homme et une femme, entièrement nus, les corps enlacés débordant de sensualité et adoptant les postures animales qui lui étaient si familières. Il ne se montra pas, mais observa le plus longtemps qu'il put, sentant dans les bas-fonds de son corps des émotions insolites.

De retour chez lui, il ne ferma pas l'œil de la nuit, son esprit étant totalement rongé par ce qu'il venait de voir.

Le lendemain matin fut pour lui comme une seconde naissance. Il regardait désormais les filles et les garçons de son âge d'une toute autre façon. Sa constitution génitale faisait qu'il se sentait attiré autant par un sexe que par l'autre. Il aborda tous les garçons et toutes les filles de son village, les beaux et les laids, les petits et les grands, les maigres et les gros.

Sa méthode était pour le moins peu orthodoxe. L'approche était souvent brutale, s'apparentant à un violent plaquage de soule, qui se terminait en roulé-boulé dans un fossé ou un ruisseau. Le ou la partenaire se débattait, hurlait, griffait, mordait, cognait puis finissait par s'arracher à l'étreinte non sans avoir perdu une partie de ses braies ou de sa robe.
Le scénario se reproduisit toute une semaine durant. À la fin, de nombreux habitants du village, excédés par cette conduite intolérable, prirent d'assaut la ferme familiale et manquèrent de peu le petit Asmodée terrorisé qui s'enfuit sans demander son reste.


Arrivée à Oanylone

Oanylone était à cette époque la plus grande ville que portait la Terre. Elle abritait en son sein sans doute plus d'un million de personnes. Mais l'acédie avait gagné les cœurs et corrompu les âmes. La majorité des habitants s'était détournée de Dieu. C'est dans ce contexte qu'arriva le petit Asmodée, encore tout retourné de ce qu'il venait de vivre.

Il erra des jours et des jours dans les rues, vivant de rapines et de mendicité. Il dormait la nuit à même le sol, au milieu de ce que la ville abritait de plus vil et abject. Sale comme un pou, crotté comme une bique, ses pas le menèrent par hasard dans un quartier de la ville bien différent des autres. Des femmes de petites vertus vendaient leur charme à des hommes de passage. Certaines étaient encore jeunes et fraîches, d'autres usées et flétries par le "labeur". Il remarqua l'une d'entre elles, rousse, plus forte que la moyenne et à la poitrine généreuse. Il s'approcha et tendit la main comme pour attraper un fruit défendu. Celui-ci l'était bien puisqu'une magistrale tape de la main vint lui rappeler son âge et sa situation.

La femme se mit à déblatérer des mots sur un ton sec et rapide.


"Dis donc l'morpion, tu t'crois tout permis? Et d'où qui vient c'morveux? Couvert de crasse comm'ça j'te donne une semaine avant d'crever le nez dans l'ruisseau."

Elle partit dans un rire gras et sonore, les deux mains posées sur ses hanches, prenant à témoin les femmes autour d'elle ainsi que les passants. Elle se baissa un peu pour le regarder de plus près, prenant son menton entre les mains.


"Et mais, c'est qu'sous ta noirceur t'es plutôt sacrément mignon. Si t'étais un poil plus vieux on t'donnerait le bon D..."

Elle ne put achever sa phrase. Tel un serpent sur sa proie, Asmodée venait de poser ses lèvres sur les siennes, faisant reculer de surprise la femme qui repartit d'un rire encore plus grossier que le premier.


"Décidément tu m'plais! Viens donc avec moi à l'intérieur, j'ai envie de t'montrer deux ou trois choses, histoire de t'apprendre la vie."

La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était sombre, car sans fenêtres. Des torches éclairaient faiblement l'intérieur qui était composé de quatre couches disposées aux quatre angles. Ce qui servait de lit était fait d'un matelas sommaire rempli de paille et les ébats pouvaient être cachés des yeux des visiteurs par un tissu qui était tendu tout autour. Sur les murs, Asmodée n'en croyait pas ses yeux. Des scènes érotiques montraient des hommes et des femmes nus, dans des positions parfois acrobatiques, souvent surréalistes. Ainsi donc se disait-il, il avait bien des choses à apprendre.

La forte femme le happa littéralement sur sa couche. Elle se déshabilla lentement devant lui, faisant apparaître des formes abondantes et des bourrelets disgracieux. Puis elle entreprit d'en faire autant de l'enfant. Un cri retentit alors. Elle n'avait pu retenir sa surprise devant l'anomalie sexuelle dont était pourvu Asmodée.


"Met avis que t'as un bel avenir tout tracé, toi!"

Et ce jour-là, il fut déniaisé.


La ville sombre dans la turpitude

Il vécut de nombreuses années aux côtés de la femme, devenant son amant, partageant son lit et ses clients. Il se montrait particulièrement redoutable et actif, multipliant les actes comme si sa vie en dépendait.
Avec l'âge, son corps se développa et se forma. Une ferme poitrine vint agrémenter son buste. Il prit l'habitude de laisser pousser ses beaux cheveux noirs mais aussi de garder des vêtements d'homme. Il était devenu le centre d'intérêt de tout ce que la ville pouvait compter de débauchés.

Sa renommée était telle qu'il fut un jour introduit à la cour du Roi d'Oanylone. Cet homme était tout ce qu'il y avait de mauvais. Un vrai concentré de rapacité, d'avarice et de malhonnêteté. Il vivait entouré d'une foultitude de femmes et de courtisans. Les orgies succédaient aux orgies, les fêtes aux beuveries. Dieu avait abandonné ces lieux. Il avait entendu parler de ce jeune homme mystérieux, capable de procurer des plaisirs inédits. Il l'avait fait mander.

Asmodée se présenta à la cour un jour que la fête battait son plein. Les tables comme les chaises étaient renversées, les corps étaient étendus à même le sol. La plupart étaient nus, enlacés, enserrés et comme enchaînés par le plaisir. Des esclaves, nus eux aussi, tentaient d'enjamber tant bien que mal les hommes et les femmes qui s'étreignaient dans des positions obscènes. Ils apportaient sur des plateaux d'ivoire tout ce qui était nécessaire aux plaisirs orgiaques.
Lorsque le Roi le vit pénétrer dans la salle, il repoussa tant bien que mal la demi-douzaine d'êtres avinés qui étaient entassée à ses côtés, il se releva et le fixa droit dans les yeux. Tout autour de lui, les hommes et les femmes participant à cette bacchanale, les uns après les autres, arrêtèrent leur besogne et portèrent leur regard sur le nouvel arrivant. Le silence fut alors complet.

Asmodée s'avança. Il portait une robe de bure blanche qui contrastait avec son regard d'un noir profond et la couleur sombre de ses cheveux. Lentement il dénuda ses épaules puis fit tomber le vêtement au sol sans aucune pudeur, faisant découvrir à tous sa déconcertante anatomie. Il traversa la pièce. Les gens s'écartaient à son passage. Il alla à la rencontre du Roi qui ne disait mot et il se jeta sur lui bestialement. Les gens poussèrent un cri sauvage et la partie reprit de plus belle, comme si tous se sentaient libérés à présent.

Asmodée devint l'amant ou la maîtresse du Roi, selon le point de vue que l'on choisit. Il catalysa les énergies sexuelles de la cour qui désormais ne connaissaient plus de limites. Plus grave encore, cet exemple venu d'en-haut se répandit dans les couches supérieures de la société dans un premier temps puis toucha le reste des habitants de la ville.
Dans les maisons, dans les rues, ou les caniveaux, dans les champs ou les granges, tout n'était que stupre et luxure. La turpitude et le vice avaient remplacé la vertu et la foi. Car les Hommes désormais avaient oublié Dieu, réservant leur âme aux seuls plaisirs.


La chute

Il était un être qui jouissait sans doute plus encore que les autres à constater la déchéance de la cité. Dieu ne lui avait pas donné de nom et il se délectait de voir à quel point l'œuvre du Divin était avilie.

C'est alors que le ciel se remplit de nuages noirs et menaçants et qu'un vent violent se mit à souffler. Le Très-Haut s'adressa aux habitants de la ville.


"Alors que Je vous ai donné mon Amour, vous vous en êtes détournés, préférant écouter les paroles de la créature à laquelle je n'ai pas donné de nom. Vous avez préféré vous abandonner aux plaisirs matériels plutôt que de me rendre grâce."
Il ajouta :
"J'ai créé pour vous un lieu appelé Enfer, que j'ai disposé dans la Lune, où les pires d'entre vous connaîtront une éternité de tourments pour les punir de leurs péchés. Dans sept jours, votre cité sera engloutie dans les flammes. Et ceux qui y seront restés passeront l'éternité en Enfer. Cependant, Je suis magnanime, et ceux d'entre vous qui sauront faire pénitence passeront l'éternité dans le Soleil, où se trouve le Paradis."

À ces mots terribles, tous les hommes et toutes les femmes se regardèrent et n'osèrent bouger. Tous étaient désormais dans la crainte de leur destin. Un grand nombre décida de fuir la ville désormais maudite.
Mais la Créature Sans Nom, personnification du mal et aussi rusée que sournoise, décida d'agir. Elle choisit parmi ceux qui restaient sept hommes qui étaient chacun dans son genre un concentré de noirceur de l'humanité. Asmodée fut de ceux-là. Il se laissa convaincre par celui qu'on ne nomme pas que Dieu n'oserait jamais passer à l'acte et que sa décision n'était marquée que du sceau de la jalousie. Par l'emprise qu'il avait sur le Roi, il parvint à son tour à persuader ce dernier, mais aussi la cour et une grande partie des habitants de reprendre la voie du plaisir et de la licence.

Quelques justes nonobstant se rassemblèrent autour d'une femme du nom de Raphaëlle qui était habitée de l'esprit de Dieu. Elle faisait partie d'un groupe de sept qui avait ouvert les yeux devant le discours du Divin et qui était désormais habités de l'Amour de Dieu.

Elle parcourait la ville en tous sens, prêchant le repentir et s'opposant directement à Asmodée. Elle était ardemment convaincue de détenir la vérité et beaucoup la suivirent et sauvèrent ainsi leur âme. Mais la majorité des Hommes préféra retourner à ses vices.

Sept jours plus tard, un tremblement de terre d'une puissance inouïe frappa la ville. Le sol se fractura. De larges ouvertures apparurent d'où jaillirent des flammes. En quelques instants, Oanylone disparut dans les profondeurs du sol. Dieu venait de frapper de sa colère la cité impie.
Tous les morts se présentèrent alors devant le Très-Haut afin que ce dernier les juge. Raphaëlle et les six autres humains devinrent Archanges auprès du Très-Haut, tandis que celles et ceux qui les avaient suivis se transformèrent en anges.

Asmodée et les six autres hommes qui avaient choisi le Sans Nom furent envoyés à grands coups de balai sur la Lune. Ils les plaça là dans un lieu froid, sans vie et dans les brumes permanentes. Les corps de chacun se transformèrent pour prendre un aspect à la fois hideux et terrifiant. Asmodée reçut une tête abominable de serpent à la langue démesurée, il fut pourvu de quatre paires de seins et d'un phallus d'une longueur éléphantesque. Il devait le porter en permanence sur son épaule afin de ne pas y marcher dessus. Ses instincts lubriques avaient été décuplés et il tourmentait nuit et jour les malheureux qui s'étaient perdus en Enfer, tout comme il agaçait continuellement ses frères démons en les poursuivant de ses ardeurs.

Ainsi fut-il condamné à vivre perpétuellement dans les plaines de l'Enfer.

Pour mémoire, certains ont retenu quelques paroles d'Asmodée, prononcées de son vivant :

"De toutes les aberrations sexuelles, la pire est la chasteté."
"Une femme épanouie sexuellement est beaucoup plus ouverte."
"Il faut apprendre aux gens à se servir de leur sexe comme de la cuillère et de la fourchette."
"En matière d'Amour sexuel, l'appétit vient en changeant."





Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine. Traduit du syriaque par Tibère d'Arcis.

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Les Princes-démons - Azazel

Message par Kaioh le Sam 14 Mai - 18:37

Les Princes-démons - Azazel
Prince-démon de la gourmandise, opposé à Galadrielle, Archange de la Conservation




Sa venue au monde, déjà une rupture...

Azazel vint au monde à Oanylone qui était devenue, depuis fort longtemps, une cité prospère. Ses habitants commençaient à vivre richement et, sans pour autant se détourner complètement encore du Très-Haut, les prémices de sa chute apparaissaient inéluctablement. Ses parents, âgés d'une quarantaine d'années, décidèrent d'avoir un enfant comme on décide de s'acheter un objet. Sans enfants pendant presque 22 ans, sur un coup de tête, les deux époux, Céline et René allèrent à l'encontre d'une femme enceinte et lui proposèrent d'adopter son jeune enfant lui faisant miroiter qu'il serait bien mieux dans leur environnement. La jeune femme dont le père avait fui avec une belle séductrice finit par céder et accepter à la demande du couple. Ainsi, Azazel, né pauvre, alla vivre dans le luxe et l'opulence entouré de parents exigeants, mais non-aimants d'un véritable Amour parental.

Azazel fut vite livré à lui-même. Aucun interdit... si ce n'est de ne pas déranger ses parents. En échange? L'accès à tout, le oui à tout. L'enfant-Roi ne bénéficiait d'aucunes limites. D'une nature chétive à sa naissance, Azazel était devenu méconnaissable. Il était désormais reconnu par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de glouton. Sa taille imposait la crainte auprès de ses compagnons. Ses rondeurs de partout, son gras et ses doigts bouffis surprenait tous ceux qui le côtoyaient. Sa peau ruisselait de graisse à chaque rayon de Soleil ou effort provoquant la nausée à ceux qui voulaient lui serrer la main. Son sourire et son regard mettait mal à l'aise quiconque l'approchait tant ils dégageaient inimitié et dédain.

Difficile dans cette situation d'être entouré d'amis. Bien au contraire, Azazel cultivait sa solitude et son impolitesse. Le regard d'autrui le laissait indifférent. Il en rajoutait même. Et quand il en décidait autrement, alors il ne fallait pas être sur son passage. Plus Azazel grandissait, plus sa force décuplait au fur et à mesure des années. Adolescent, il possédait déjà une force herculéenne. Par contre le peu de temps passé à s'instruire le rendit stupide et lourd.

L'acédie régnait en maître au sein de la maisonnée. Les conséquences furent désastreuses pour Azazel. Il n'entendit parler du Très-Haut et d'Oane que fort tardivement. Si bien qu'il ne comprenait pas pourquoi le Très-Haut avait créé le monde et installé l'Homme comme son espèce favorite. Il s'évertuait à affirmer à qui voulait l'entendre, que le Très-Haut avait été injuste vis-à-vis de ses brebis. Il ne pouvait, à ses yeux, que représenter perversion, moquerie et sadisme tant les tentations pouvaient être nombreuses.


L'outrage et le renoncement à la foi et aux principes de vertu

Un jour où Azazel vaquait à ses occupations principales, manger et boire attablée sur la terrasse d'une échoppe, il fit la rencontre d'un serviteur d'Oane. Ce dernier fut stupéfait de voir un tel énergumène agir de la sorte.

Le serviteur d'Oane :
"Mon jeune ami, puis-je me joindre à ta table?"
Azazel :
"Faites cher ami et servez-vous."
Le serviteur d'Oane :
"Merci. Mais je viens de déjeuner et cela me suffit."
Azazel :
"Et votre plaisir? Prenez et savourez. Ce sont de délicieux mets."
Le serviteur d'Oane :
"N'avez-vous pas envie de vous repentir, mon enfant, de la faiblesse dont vous faites preuve? Sachez que la gourmandise brisera les liens qui unissent les hommes et les femmes."
Azazel :
"Me repentir? Quelle affaire pour si peu de choses. Regardez autour de vous, tout le monde vaque à ses occupations sans se soucier d'autrui, et vous, vous vous permettez de porter un jugement sur mon appétit. Quelle perte de temps!"
Le serviteur d'Oane :
"Il n'y a pas de perte de temps ici. De votre modération dépend votre avenir au Royaume du Très-Haut."
Azazel :
"Vous avez l'air d'oublier quelque chose mon serviteur. Le Royaume du Très-Haut fait de tempérance, de modération et bien, je n'en veux pas. Dès que je me lève, je veux pouvoir manger comme je l'entends. À longueur de journée, je désire me vautrer dans la nourriture en quantité et ce, à tel point qu'une fois rassasié il me reste encore de la place pour le plaisir de manger. Le désir, la joie que cela me procure me suffit amplement."
Le serviteur d'Oane :
"Mais..."
Azazel :
"Il suffit. Vous m'ennuyez et je ne souhaite plus gâcher mon plaisir pour écouter vos fadaises."
Le serviteur d'Oane :
"La miséricorde et la patience du Très-Haut a ses limites que vous venez de franchir. Je devine en vous un avenir des plus sombre et torturé."
Azazel :
"Et bien qu'il en soit ainsi. Ce monde et ces principes auxquels j'aspire me comble. Et croyez-moi il en comblera plus d'un. Votre Très-Haut ne saurait être des plus circonspect face à une telle chose. Mais au fait, quand vous le rencontrerez dites lui bien que ma table lui est réservée..."

Et le fidèle, outré, s'en alla rejoindre ses frères. Parmi ces frères se trouvaient un certain Georges et une jeune fille Galadrielle...
"Je vous le dis mes amis... Oanylone vit ses derniers moments. Le Très-Haut ne pourra laisser ces êtres agirent de la sorte plus longtemps. Il ne peut en être ainsi. C'est inconcevable. Le glouton que je viens de voir m'a à jamais convaincu de cette idée, si j'eus encore quelques doutes."

Le serviteur de la bête sans nom

À la mort de ses parents, Azazel hérita d'une fortune considérable. Il n'en fallut guère plus à ce jeune homme pour mener une vie de débauche et de corruption. Les fêtes qu'il organisait étaient somptueuses et tous les jeunes bourgeois de la cité étaient présents. Il y en avait pour tous les vices et toutes les débauches. On assistait là à de vraies orgies et plus le temps passait, plus elles se prolongeaient dans la nuit et les jours qui suivaient.
La nourriture et le vin se présentaient en abondance, les hommes et les femmes assouvissaient leurs plus viles envies. Toute personne essayant d'agir avec pudeur, abstinence et pondération tombait dans la vindicte populaire. Elle subissait le courroux de ces êtres à chaque instant de leur vie. Ce harcèlement faisait rompre les plus faibles. Seuls quelques fidèles résistaient.
Cette jeunesse adulant Azazel répugnait à se cultiver et s'instruire si bien que les universités se vidaient de plus en plus.
Le travail synonyme d'asservissement était honni et n'inspirait que honte à celui qui continuait à vivre dans la vertu. À la moindre envie, Azazel et ses disciples se servaient ou devrait-on dire volait tout sur leur passage.
Au fur et à mesure les instigateurs du mal faisaient un travail de sape et c'est tout logiquement qu'ils s'unirent pour installer un climat de péchés.


Le combat et la déchéance

Le Très Haut lança sa colère contre la cité et les serviteurs du Mal. La bataille dura sept jours. Le combat fut rude et au début inégal. Mais surestimant leur force, les maléfiques perdirent tout d'abord quelques batailles, puis enfin la bataille.
Azazel, lui, dans ce combat fit honneur à sa force titanesque. Chaque coup asséné portait à mal les serviteurs de l'Omnipotent. Sa fureur et sa colère n'avaient d'égal sa valeur au combat et sa haine vis-à-vis de ces pieux "chevaliers" du bien.
La lutte aurait été favorable à Azazel si ces hommes, emplis de peur et de couardise, ne l'avait trahi en apercevant les sept futurs Archanges se diriger vers lui. Abandonnés de tous, Azazel continua la lutte et ce n'est que le sixième jour qu'il plia. Utilisant les chaînes forgées par le Très-Haut lui-même, le Prince de la gourmandise fut présenté devant le Créateur...

Azazel :
"Grand échanson et sommelier de l'Enfer."

Azazel, défait fut présenté devant le Très-Haut. Le glouton ne fit preuve en aucune manière d'humilité et c'est avec insolence qu'il regarda le Miséricordieux droit dans les yeux.


"Moi me repentir? Alors écoutes-moi bien oh très Glorieux, très Grand. Je viens à Toi défait et battu. La victoire d'aujourd'hui t'appartient. Mais quand bien même je devrais retourner en arrière, je lutterai pour la bête sans nom. Le vaincu te souhaite de savourer ta victoire, car je te le dis, jamais je n'abdiquerai. Ma lutte aux côtés de ce que Tu appelles le mal est ma destinée et mon bon plaisir. Et si Tu n'étais pas encore convaincu, alors entends ceci :
Je te renie Toi qui te prétends notre Dieu, notre Supérieur.
Je crois en Toi comme Créateur du ciel et de la Terre
Je dénonce et souhaite revendiquer ta chute
Car il ne peut y avoir aucun Juge

Je promets fidélité en ma haine et ma lutte contre ta volonté.
J'aspirais en un monde de liberté où chacun agit comme bon lui semble.
Je renie tes valeurs qui nous contraignent et nous aliènent
J'appelle à la rébellion contre ta volonté

Que tes serviteurs te tournent le dos
Que leurs yeux s'ouvrent à ton message, ton mensonge
Que tous voient ta duperie et ta manipulation
Oh je te promets, ici, devant Toi, de combattre pour te détruire."

À ces mots, le Très-Haut se leva et de toute sa grandeur et magnificence envoya Azazel sur la Lune.

Sur la Lune, depuis sa chute, Azazel voyait son corps changer prenant une forme bien particulière. Il n'était plus qu'une énorme masse de mal. Grand sommelier et échanson il s'assure de pourvoir à la soif des âmes déchues.






Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine. Traduit du grec par Monseigneur Dariush.

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Les Princes-démons - Belzébuth

Message par Kaioh le Sam 14 Mai - 20:00

Les Princes-démons - Belzébuth
Prince-démon de l'avarice, opposé à Georges, Archange de l'Amitié




La naissance et l'enfance de Belzébuth

Alors qu'Oanylone entamait sa longue descente vers les abysses du péché et s'asseyait déjà sur les ruines de la vertu, naquit Belzébuth, fils de Grodass et d'Irénée. Pesant six kilos pour soixante centimètres, il avait mis de nombreuses heures à quitter le ventre de sa mère et avait laissé cette dernière quasiment morte de fatigue. Épuisée et meurtrie dans son corps, une grave infection l'emporta quelques jours plus tard, laissant le bon Grodass aux prises avec un petit monstre aussi gros qu'il était insatiable. Cet homme, cultivateur renommé pour la qualité de sa production, reconnu pour sa gentillesse et sa bonhommie, ne savait pas comment faire pour élever ce gaillard, en effet, jusqu'ici, seule sa femme s'était chargée de cette besogneuse affaire, si bien qu'il décida de prendre jeune fille au pair. Ses deux frères, Guignol et Pimpon, se moquaient éperdument de la venue de ce petit être qui, finalement, ne représentait qu'une bouche de plus à nourrir. Belzébuth fut ainsi nourri au sein jusqu'à l'âge avancé de cinq ans, son père ne lui témoignait que peu d'affection, bien trop pris par son travail aux champs, mais cela ne l'empêcha pas de grandir élevé par une femme dure et dodue répondant au doux nom de Rita. La femme n'aimait pas cet enfant qu'elle trouvait laid et disgracieux, à cela, elle ajoutait qu'un nourrisson qui avait tué sa mère pour venir au monde partait déjà sur de sombres chemins, aussi, elle lui rendit la vie aussi dure que possible, ne lui passant rien et ne lui apprenant que le minimum.

Aux alentours de ses huit ans, lorsqu'il fut en âge de se passer de sa marâtre, Belzébuth fut emmené par Grodass, décidé à ce que son fils l'accompagne aux champs, histoire de lui montrer comment faire pousser les céréales et lui inculquer quelques principes et valeurs de base. C'est ainsi que, chaque jour, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, le petit homme se levait aux aurores et accompagnait son père cultiver ses terres. Ce dernier n'était jamais avare de conseils, dont la plupart avaient pour but, de faire du gamin un paysan accompli :

"Vois-tu mon fils, un sou est un sou, garde précieusement le moindre denier, car il a son importance!"
"Sers-toi de ta tête bon sang! Tu dois apprendre à vendre et à commercer sinon, que feras-tu de ton grain?"
"N'oublie pas que si tu veux être le meilleur, faut que tu sois convaincu d'être l'meilleur!"
"Pense pas aux autres, pense à toi parce que c'est toi qui va gérer tout c'bordel!"
"La vie, c'est comme un cassoulet, moins y'a de fayots, plus t'es riche!"

Il est certain qu'aujourd'hui, de tels concepts n'ont guère de signification, mais il n'empêche que ces préceptes furent ceux qui marquèrent à vie ce jeune enfant. Ainsi, Belzébuth commença très jeune à comprendre ce qui faisait d'une terre une bonne terre, il comprit très vite aussi comment commercer et sur quoi jouer pour tirer les meilleurs profits. Il ne se souciait pas de sa fratrie, préférant côtoyer son père qui voyait en lui un successeur prometteur. Ce dernier le mettait d'ailleurs souvent en avant lorsqu'il vendait le fruit de son labeur au marché, disant à qui voulait l'entendre qu'il prendrait sa place lorsqu'il serait mort. Cela fit grandir chez ses deux frères aînés, une jalousie et une animosité qui se transformèrent peu à peu en haine viscérale, si bien qu'ils lui faisaient subir moults mauvais traitements et lui donnaient coups et quolibets à chaque fois qu'ils se croisaient. Le jeune Belzébuth cultiva alors une image de lui, scellée dans l'orgueil et la fierté, pensant que si ses propres frères le maudissaient, c'était parce qu'il était meilleur qu'eux. Plus il avançait en âge, plus il devenait proche de Grodass et plus il s'éloignait de Pimpon et Guignol. Il était devenu Prince aux yeux de son père et ennemi mortel pour ses aînés. Ainsi, Belzébuth ne pensait plus qu'à lui et à son avenir, il était devenu indifférent à ses proches, seul son père avait encore sa plus haute estime.


L'ascension et l'accession à la fortune

Alors qu'il avait à peine quinze ans, son père, Grodass, désormais usé et vieilli par des décennies d'un travail acharné et sans faille, vint à lui. Il lui demanda de s'asseoir et d'écouter ce qu'il avait à lui dire :
"Mon fils... j'suis vieux et fatigué... regarde-moi, j'suis courbé comme une vieille mégère et j'ai pas profité d'mes belles années. T'es le seul d'la famille capable d'reprendre c'que j'ai construit au fil des ans. Ces terres, mes terres, sont désormais les tiennes, et tes frères qui cultivent pour moi, s'devront de t'aider. J'te fais confiance, tu sais vendre, tu sais comment faire pousser le meilleur blé et l'meilleur maïs!"

Belzébuth était fier que son père lui lègue tout ce qu'il avait, et ce, même s'il était dix ans plus jeune que son frère le moins âgé. Il ne put s'empêcher de demander :

"Mais, père, que vas-tu faire de ton temps maintenant? Vas-tu m'abandonner comme l'a fait ma mère?"

Grodass avait toujours pensé qu'avant la fin de sa vie, il aurait fait de grands voyages, il savait qu'il était temps pour lui de partir et expliqua cela à son fils avant de quitter la demeure familiale pour toujours. Il l'avait chargé d'annoncer cela à ses frères et de leur remettre à chacun une lettre qu'il avait écrit pour eux. Personne n'eut de nouvelles de lui et on n'entendit jamais parler de Grodass à Oanylone. Le jeune Belzébuth attendit que son père ait quitté la demeure familiale pour déchirer les lettres qu'il devait remettre et, sachant bien que ses frères ne seraient pas de l'avis de leur père, décida sur l'heure d'embaucher un homme de main pour protéger ce qui lui avait été transmis. Il fit jouer quelques relations et trouva l'homme qui lui fallait, un esclave affranchi venu du Nord, grand comme un arbre et fort comme un roc, balafré et scarifié, se nommant Astaroth. Lorsque Pimpon et Guignol rentrèrent des champs, ils trouvèrent porte close et Belzébuth apparut derrière eux, avec son garde du corps à ses côtés. C'est avec férocité et assurance qu'il leur déclara ces quelques mots :

"Le Pater s'est barré! Il m'a légué terres et demeure, désormais tout ce qui était à lui est à moi! Vous m'avez gâché mon enfance et m'avez pourri la vie, alors, pour vous punir, je ne vous donnerai rien! Hors de question que deux fumistes tels que vous, qui ont profité honteusement des écus de leur père à glander pendant des années profitent aujourd'hui du fruit de son labeur. Je garde vos biens et le reste, partez! Si, par malheur, il vous prenait l'envie de remettre les pieds sur mes terres, je vous enverrais Astaroth qui se chargerait alors de vous faire passer de vie à trépas, alors barrez-vous et ne revenez pas!"

Belzébuth fit un signe à Astaroth qui s'approcha des deux hommes, puis les gifla l'un et l'autre et les jeta à terre; les deux frères, mis plus bas que tout, n'eurent d'autre choix que de déguerpir sans demander leur reste. C'est ainsi que débuta l'ascension de Belzébuth. Il mit à profit ce qu'il avait appris, remplaça ses frères par des employés qu'il avait débauchés sur le marché et qu'il payait mal, sachant bien qu'il aurait toujours de la main-d'œuvre pour accepter le labeur. Ses champs donnèrent de superbes récoltes, car il était fin connaisseur des cultures, si bien qu'il commença à gagner pas mal d'argent. Mais, cela ne lui suffisait pas, il se savait le meilleur, mais en voulait encore, il avait mit de côté tout ce qu'il avait gagné et ne dépensait que lorsqu'il y était contraint. Au fil des années, il décida d'acquérir d'autres terres si bien qu'il devient un grand propriétaire reconnu pour son sens du commerce et surtout, pour son intransigeance dans les affaires. Ses produits, il en tirait toujours les meilleurs bénéfices et ce qu'il gagnait, il le gardait chez lui, dans un coffre, allant jusqu'à éviter de dépenser le moindre denier si cela n'était pas strictement nécessaire. Pendant presque dix ans, les yeux de Belzébuth ne trouvèrent grâce qu'en lui-même, il développa un égo surdimensionné, se pavanant dans Oanylone, disant à qui voulait l'entendre qu'il était le meilleur et le seul apte à produire du bon grain.

À l'aube de la trentaine, Belzébuth avait acquis, par son intelligence et sa force de persuasion, la moitié des cultures céréalières d'Oanylone, sa demeure était devenue domaine et son pécule s'était transformé en fortune. Là où d'autres faisaient profiter de leurs richesses, lui, interdisait à quiconque d'approcher ses propriétés, son fidèle Astaroth à ses côtés, il était craint et respecté, mais aussi envié et mal vu. Chaque mois, les envoyés des dirigeants venaient le voir et lui demandaient s'il ne voulait pas donner un peu de ses biens pour aider la communauté, à chaque fois, Belzébuth leur disait :

"De quoi? Dilapider ma fortune? J'ai travaillé dur pour amasser tout ça et personne d'autre que moi n'en profitera! Je suis doué et mes récoltes sont les meilleures! Sortez de chez moi et dites-leur que, de mon vivant, ils n'auront rien de moi!"

Ainsi, à chaque fois, les envoyés repartaient la mine déconfite et rendaient compte à leurs gouvernants, témoignant de l'égoïsme de Belzébuth et de son incapacité à comprendre la notion d'intérêt collectif. À ceux qui grondaient devant les grilles de son domaine, le propriétaire envoyait son garde pour les terroriser. À ceux qui disaient qu'il avait plus d'ennemis que d'amis, Belzébuth répondait qu'il n'avait cure d'avoir des amis, car ceux-ci étaient avant tout des pique-assiettes.


Le songe et la révélation

Belzébuth avait trente-cinq ans, et, une nuit où la chaleur de l'été s'était faite insupportable, alors qu'il avait eu un mal de chien à s'endormir, il fit un rêve étrange. Il s'était vu marcher, sur une longue route désertique, seul, aucune lumière hormis la clarté de la Lune, aucune masure, rien à part cette route sinueuse. Alors qu'il marchait sans but, une créature faite d'ombre apparut. Belzébuth s'arrêta et tenta d'apercevoir son visage, mais il ne vit qu'une ombre, lorsqu'il demanda qui lui faisait face, il n'eut que le silence pour réponse. C'est lorsqu'il reprit son chemin que la créature lui déclara :
L'ombre :
"Belzébuth, Belzébuth, Belzébuth... où vas-tu donc ainsi?"
Belzébuth :
"Je ne sais pas, j'avance dans le noir, je vais droit devant."
L'ombre :
"Tu avances, mais tu ne sais pas où tu vas? Cela ne t'intéresse donc pas de savoir?"
Belzébuth :
"Savoir? Savoir quoi? Où cette route se termine?"
L'ombre :
"Qu'importe où elle se termine, l'important n'est pas où, mais comment!"
Belzébuth :
"Que veux-tu dire, créature?"
L'ombre :
"Ce que je veux dire c'est que tu te contentes de suivre la route qu'on a tracé pour toi, alors que tu pourrais tracer ta propre route! Quitte les sentiers battus et emprunte un autre chemin."
Belzébuth :
"Mais... je ne vois aucun autre chemin, créature, il n'y a que cette route!"
L'ombre :
"Belzébuth, tu es plus malin que les autres, tu es plus riche que les autres, tu pourrais avoir les Hommes à ta botte, tu peux construire n'importe quelle route à partir d'ici, il te suffit de le vouloir! Sers-toi de ce que tu as appris, mets à profit ton savoir et use de la ruse pour devenir le plus fort dans ton domaine, tu verras qu'il ne suffit que de le vouloir pour qu'une nouvelle route s'offre à toi!"

L'ombre disparut en un instant et face à Belzébuth, un croisement avait vu le jour. D'un côté, la route sinueuse qu'il empruntait depuis longtemps, de l'autre, une étroite route, droite et ascendante, se dressait. Il décida de suivre ce chemin, ayant l'impression qu'il savait ce qu'il y avait au bout. En s'éveillant le matin, Belzébuth prit soin de noter le songe qui l'avait envahi pendant la nuit. Il convoqua Astaroth et lui demanda de suivre ses ordres à la lettre. Il l'envoya au marché et lui ordonna d'acquérir toutes les céréales disponibles puis de les revendre le double du prix qu'il les avait acheté. Ensuite, pris d'une frénésie incroyable, il lui ordonna de pénétrer chez chaque propriétaire de culture et de champs d'Oanylone, de les molester et de les forcer à lui vendre, au meilleur prix, toutes leurs cultures et leurs champs. En quelques jours, Belzébuth parvint à devenir l'unique producteur de céréales d'Oanylone, mais cela ne lui suffisait pas. Pour gérer ses terres, il employait a un tarif si bas, qu'il ne permettait pas aux travailleurs de manger à leur faim, n'ayant pas d'autre alternative, ces derniers étaient obligés d'accepter ces pratiques malhonnêtes. À cela, il pratiquait des prix tout autant élevés qui rendaient le blé et le maïs si chers, que toute la chaine des marchandises connaissait une inflation record. Le blé et le maïs entraient dans la composition du pain, de la farine, le maïs servait aussi à nourrir les animaux, ainsi, Belzébuth avait fait main basse sur presque tout le marché et dirigeait en sous-main l'économie locale. Bientôt, la plèbe vint à gronder et les autorités vinrent trouver Belzébuth pour lui signifier leur mécontentement. Ce dernier, trop content de voir qu'il suscitait un tel intérêt ne prit même pas la peine de les recevoir. L'homme ne quittait désormais plus son domaine, laissant à son fidèle second la gestion des basses besognes, prétextant qu'il était trop important pour ça et qu'il ne pouvait se mélanger à cet Oanylone d'en-bas. Sa réputation disait que son égoïsme n'avait d'égal que sa fortune et que, bientôt, il tomberait de haut. Les habitants et les gouvernants décidèrent de réagir et créèrent une coopérative afin de concurrencer Belzébuth, les éleveurs donnèrent chacun une partie de leurs champs pour replanter du grain et faire baisser les prix, si Belzébuth ne vendait plus, alors peut-être daignerait-ils les recevoir pensaient-ils. Ce fut bien pire.


L'avènement d'une destinée

Face à tant d'audace, Belzébuth fut pris d'une colère si terrible que les murs de sa demeure en tremblèrent. Il ordonna à son fidèle Astaroth d'aller dans les bas quartiers recruter les pires malandrins et de former ainsi une milice pour défendre ses biens. Il lui demanda de prendre les meilleurs, et avec eux, d'aller saccager les champs, tuer les bêtes et brûler les demeures de ceux qui avaient adhéré à cette coopérative. Le lendemain d'une nuit de terreur, Oanylone était transie de peur à l'idée d'affronter celui qui avait le pouvoir d'affamer toute une population. Les paysans n'étaient pas soldats et les miliciens de Belzébuth faisaient même peur aux gardes de la cité, si bien que tous ne purent nier l'évidence de sa suprématie. En quelques semaines, tous vinrent à sa demeure lui signifier qu'ils acceptaient ses conditions, et ainsi, Belzébuth n'eut qu'à imposer ce qui lui plaisait. Il obligea les éleveurs à lui fournir un pourcentage de leurs revenus en échange de prix acceptables sur les céréales, et ceux qui refusèrent ne parvinrent pas à nourrir leurs animaux correctement, leurs vaches et leurs moutons étaient si faméliques qu'ils ne fabriquaient guère de viande et de lait. Il ne fallut que quelques mois pour que la fortune de Belzébuth augmente de façon exponentielle, au prix de nombreux sacrifices pour la population d'Oanylone. Les paysans étaient désormais pauvres et sans terre, les éleveurs gagnaient tout juste de quoi se nourrir, et les seuls hommes bien portants étaient ceux qui avaient plié face à Belzébuth. Les gouvernants s'étaient laissés acheter contre des sommes d'argent importantes, pendant que les plus pauvres crevaient de faim.
Un jour d'hiver, Guignol et Pimpon se rendirent chez leur frère, accompagnés par de nombreux villageois, tous deux étaient forts amaigris, le visage effilé, et ils lui demandèrent audience. Belzébuth accepta de les entendre.

Guignol :
"Belzébuth... nous sommes ruinés par ta faute, nous ne pouvons même plus acheter notre pain quotidien... nous te supplions de nous aider!"
Pimpon :
"Je t'en supplie, tu es notre frère, tu ne peux pas nous abandonner..."
Belzébuth :
"Vous êtes deux minables, vous n'avez aucune qualité et vous osez venir quémander l'aumône chez moi? Je ne vous donnerai rien, si vous n'avez pas de quoi vous nourrir c'est parce que vous êtes des faibles. Je suis riche mais ma fortune est à moi, seulement à moi, et à personne d'autre."
Guignol :
"Pense à notre père qui est parti depuis si longtemps, et ce qu'il t'a enseigné."
Belzébuth :
"Je me suis fait tout seul mes petits gars! Je n'ai attendu personne pour devenir celui que je suis. Je ne vous donnerai pas le moindre denier parce que vous ne le méritez pas! Ceux qui aujourd'hui meurent de faim sont ceux qui ne comprennent rien."
Pimpon :
"Ne vas-tu pas cesser cette folie? Vas-tu laisser mourir tant de gens par ton égoïsme?"
Belzébuth :
"Mon égoïsme? Je ne suis pas égoïste, j'ai réussi et attisé les jalousies, ce sont eux qui s'enferment dans leurs certitudes et refusent de se rendre à l'évidence. Par leur manque de clairvoyance, ils causent leur propre perte. Partez et ne revenez jamais, si vous mourrez c'est que vous le méritez!"

Pimpon et Guignol quittèrent les lieux dépités et racontèrent ce qu'avait dit le maitre des lieux aux autres habitants. Tous furent dépités d'un tel égoïsme et comprirent que rien ne changerait cet homme. Belzébuth était devenu si puissant qu'à lui seul, il amassa plus d'écus qu'un Roi, il aurait pu en distribuer par ses fenêtres sans pourtant subir aucun manque, et pourtant, il gardait tout et ne donnait rien. La souffrance de son prochain ne le touchait pas, il n'avait aucun ami et plus d'ennemis qu'aucun Homme n'en avait connu jusqu'ici à Oanylone. C'est à cette époque que le Très-Haut manifesta sa colère envers Oanylone et décida de punir ceux qui avaient tant péchés qu'ils en avaient oublié le sens de la vie :

"Alors que Je vous ai donné mon Amour, vous vous en êtes détournés, préférant écouter les paroles de la créature à laquelle Je n'ai pas donné de nom. Vous avez préféré vous abandonner aux plaisirs matériels plutôt que de me rendre grâce. J'ai créé pour vous un lieu appelé Enfer, que j'ai disposé dans la Lune, où les pires d'entre vous connaîtront une éternité de tourments pour les punir de leurs péchés. Dans sept jours, votre cité sera engloutie dans les flammes. Et ceux qui y seront restés passeront l'éternité en Enfer. Cependant, Je suis magnanime, et ceux d'entre vous qui sauront faire pénitence passeront l'éternité dans le Soleil, où se trouve le Paradis."

Ainsi, un grand nombre des habitants se résignèrent avec grand regret à quitter cette cité désormais maudite.


La rébellion

C'est a ce moment que la Créature Sans Nom s'intéressa à nouveau à Belzébuth, la première fois, elle lui était apparue en rêve, mais cette fois-ci, elle vint susurrer à ses oreilles les mots qui sont ici retranscrits :
"Belzzzzébuth... Belzzzébuthhh... écoute-moi! Tu as montré aux Hommes que tu étais le plus fort, tu leur as montré que le faible n'avait aucun avenir parmi les Hommes. Bientôt, des Hommes viendront et te tiendront tête, prétextant que l'Amour est ce qui lie les Hommes, ils parleront d'amitié et de la colère du Très-Haut. Ne les écoute pas, car ils ne sont que mensonge et malice."

Belzébuth, qui n'était pas ce qu'on pouvait nommer un croyant n'avait que peu d'affinités avec ceux qui vénéraient le Très-Haut. Les rites légués par Oane lui étaient méconnus et, à vrai dire, il trouvait cela plutôt stupide. Six autres hommes avaient été approchés par la Créature Sans Nom, chacun, comme Belzébuth incarnait un vice, et tous, prêchaient contre Dieu. Face à eux, sept vertueux s'étaient donnés pour mission de défendre la parole divine, de prêcher l'Amitié, la Tempérance, la Justice, le Don de soi, la Conservation, le Plaisir et la Conviction. Pour lui, mettre son destin entre les mains d'une entité divine n'avait aucun sens, on ne pouvait que compter sur soi-même, et sur personne d'autre. C'est ainsi qu'il quitta enfin sa demeure avec Astaroth à ses côtés et qu'il arpenta les rues et les places de la ville pour prêcher sa vérité :

"N'écoutez pas ceux qui vous disent que la fin est proche! N'écoutez pas ceux qui vous font croire que Dieu est Tout Puissant! Dieu est faible et jaloux de notre réussite. Jamais Dieu ne mettra ses menaces à exécution, car Il ne tuera pas Ses propres Enfants! Ne partez pas d'Oanylone, continuez à vivre comme vous vivez et envoyez paitre ceux qui prêchent pour Lui!"

Nombreux sont ceux qui l'écoutèrent, lui et les autres prêcheurs, tandis qu'Oanylone était tombée dans le vice le plus profond et le péché le plus abject, Belzébuth gardait sa richesse et se gaussait de ceux qui n'avaient de quoi vivre. Il s'était entouré d'hommes fidèles et d'Astaroth, craint par la majorité de ceux qu'il croisait. L'avarice dont il faisait montre n'avait aucun égal, et ceux qui tentèrent de venir lui voler ce qu'il possédait étaient tués sans ménagement. La violence était le moyen qu'il avait trouvé pour se protéger, alors qu'il aurait pu s'entourer d'une armée d'Hommes fidèles et sincères par amitié, il s'était enfermé dans un égoïsme si grand qu'il laissa même ses propres frères mourir de faim alors que quelques miches de pain auraient sauvé leurs vies. Son assurance et sa prestance augmentèrent l'écho de ses plaidoiries oratoires contre Dieu et ceux qui prêchaient pour Lui. Partout où il se présentait, son auditoire était conquis, quand à ceux qui refusaient de l'entendre ou tentaient de réfuter ses dires, il les faisait battre sans ménagement ne voyant que son propre intérêt. La cité sombra totalement dans le vice le plus absolu, cette ville désormais maudite vivait ainsi des jours sombres emplis de haine, de violence et de péchés. Belzébuth maniait les foules aussi bien qu'il commerçait, il manipulait les uns avec autant de réussite qu'il maniait les écus. Malgré tout, il ne faisait rien de tout cela pour les autres, non, il le faisait pour lui car il estimait que tout ce qu'il avait mis si longtemps à construire, était la preuve qu'il était le plus malin, s'il était le plus riche, c'est parce qu'il avait su devenir le plus fort, et Belzébuth ne pouvait pas imaginer un instant que sa destinée fut le fruit d'une volonté divine, ou tout au moins, qu'un Dieu quel qu'il soit ait un quelconque impact sur lui. Selon lui, Dieu avait laissé aux Hommes le choix de ne pas l'aimer et ainsi, avait laissé l'avenir du monde entre les mains de l'humanité, il ne comprenait pas pourquoi Il venait alors réclamer qu'on le vénère. Avec les six autres prêcheurs, Satan, Belial, Azazel, Asmodée, Lucifer et Léviathan, Belzébuth répandit les venimeuses paroles de la Créature Sans Nom avec tant de ferveur et de pugnacité qu'il était convaincu que rien ne se passerait.

Les six premiers jours semblèrent durer une éternité, le tonnerre grondait et les éclairs frappaient, beaucoup décidèrent alors de quitter la ville, mais Belzébuth le savait, seuls les faibles se pliaient à la volonté d'autrui. Les vertueux avaient, quand à eux, accepté la punition du Très-Haut et donnaient encore plus de raisons à Belzébuth de crier victoire car, il faisait savoir à tous que si les vertueux restaient, c'était parce qu'ils ne croyaient pas non plus aux menaces du Tout-Puissant. Le septième jour arriva et un gigantesque cataclysme se produisit, engloutissant la cité sous la terre après l'avoir purifiée des flammes de la colère de Dieu. Les quelques humains restés sur place furent tous emportés, ceux qui avaient écouté les vertueux furent acceptés sur le Paradis tandis que les autres vinrent gonfler les rangs de l'Enfer lunaire. Astaroth, qui était resté auprès de son maître, fut envoyé avec lui et fut témoin de la punition qui avait été réservée à Belzébuth.


Une éternité d'avarice

Belzébuth fut présenté comme chaque être humain resté à Oanylone devant Dieu, fidèle à lui-même, il refusa de reconnaitre Sa Toute Puissance et fut envoyé comme ses six acolytes, sur l'Enfer lunaire. Son apparence prit la forme de son vice et son corps se déforma tant qu'il ne ressembla plus aucunement à un humain. Il devint l'avarice qu'il incarnait à Oanylone et prit la forme d'une gigantesque araignée recouverte d'or, aux milliers d'yeux de diamant.

Les pécheurs faisant preuve d'avarice aujourd'hui encore mettent à profit ces préceptes et volent aux pauvres pour s'enrichir, écrasent les autres pour réussir, amassent des fortunes que mille vies ne sauraient dépenser. Depuis lors, le Prince-démon Belzébuth règne sans partage sur les galeries et les gouffres de l'Enfer, et les âmes damnées qui ont péché par avarice le rejoignent pour subir une éternité de tourments sous son joug tyrannique.






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À partir de la Bibliothèque romaine. Traduit du grec par Monseigneur Bender.B.Rodriguez.

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