Thèmes des novices lescuriens

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Thèmes des novices lescuriens

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 11:37



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Thème de Frère Elriol - 7 Mai 1459

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 11:42

Thème de Frère Elriol - 7 Mai 1459

Le Sens spirituel des Voyages et des Pèlerinages dans le livre des Vertus.

Le but de cet écrit sera de montrer les implications spirituelles du livre des Vertus quand à la pratique des pèlerinages, ainsi que de poser les premières bases d'un traité expliquant la manière dont Dieu se sert de notre vie quotidienne pour agir sur nos âmes.

Introduction: Les voyages et pèlerinages dans le livre des Vertus.


La création:
Alors Dieu créa les deux mouvements : les choses lourdes iraient vers le bas et les choses légères vers le haut


Ainsi, alors que Dieu semblait immobile, la vie se manifestait par un mouvement incessant. En effet, Dieu, étant éternel, n’était pas soumis à ce besoin perpétuel de mobilité qui faisait que la vie était sans cesse en activité. Il paraissait ainsi être immobile. Mais c’est cette action ininterrompue que Dieu aimait par dessus tout observer dans Sa création.

1 Un groupe de ces créatures composant la vie décida de parcourir le monde pour découvrir les autres espèces, tant animales que végétales. Tous prirent leurs affaires sur leur dos et parcoururent le monde, poussés par la soif de découverte qui leur avait fait prendre cette décision.

Alors, d’une seule pensée de Dieu, toutes les créatures du monde entier furent au courant de la convocation divine. Sans attendre, elles se mirent en route. Il existait une gigantesque plaine verdoyante sur un continent verdoyant.
Nous sommes certes enchaînés à la matière, certes soumis à ses lois, mais notre but est de tendre vers Toi, l’Esprit Éternel et Parfait.

La Pré-histoire

Oane, celui qui avait correctement répondu à Dieu, était maintenant passé du statut de simple d’esprit de la communauté à guide de celle-ci. Il ne rechignait pas à la tâche. Il les conduisit à travers le monde se trouver un lieu propice à leur épanouissement. Pendant des années, ils traversèrent des déserts, des montagnes et des plaines du monde entier. Oane s’affaiblissait tout au long de ce périple, mais il n’abandonna jamais.


3 Lorsque les bateaux furent prêts, ils partirent parcourir le monde, traversant les mers et accostant sur toutes les côtes qui leur semblaient propices. D’autres groupes d’évadés fuirent le cataclysme en s’enfonçant encore plus loin à l’intérieur des terres. Ils traversèrent diverses forêts, marécages, rivières, fleuves, vallées, collines, montagnes, ravins, glaciers et plaines. Chaque fois qu’ils trouvaient un lieu propice à leur installation, un groupe s’y arrêtait et y fondait une ville.
L'Eclipse

Je marchai donc sur un pont rayé de six couleurs, en destination de la lune, sous un ciel d’encre vide de toute étoile. Le trajet me sembla durer une éternité. Mais, alors que je commençais à désespérer de la distance qui me restait à parcourir, je perdis l’équilibre

J’avançai de plus en plus vite, mais la joie que cela m’apportait fut vite changée en horreur lorsque je me rendis compte que ce n’était que parce que j’étais aspiré dans un tourbillon. Ne pouvant m’y soustraire, je tombai alors au fond de cet orifice.


J’entrai dans le petit espace dans lequel il se trouvait, mes yeux n’arrivant pas à s’en détacher. J’entendis alors une voix calme me dire: “Vous montez?”. Je me retournai, abasourdi par une question si étrange et vis une personne souriante attendant une réponse. Nous nous trouvions ensemble dans une pièce minuscule où seule une demi-douzaine de personnes tout au plus aurait pu y tenir debout. Elle était assez bien éclairée, bien que la lumière blanche, qui descendait du plafond, me semblât un peu terne. Ne sachant que dire, je répondis “Oui.”. Alors, la personne posa son doigt sur un carré où était écrit le mot “Dernier étage”. La porte se referma, ses deux moitiés se joignant à nouveau, et je sentis la pièce monter.


4 Nous nous approchâmes si près de l’astre divin que des flammes de plusieurs lieues de long nous frôlèrent. Je me demandai si je n’allais pas partager avec les sept Archanges une bien funeste fin. Mais Michel, sur lequel j’étais toujours juché, me dit: “N’aie crainte et regarde.”. Je vis alors les flammes qui couvraient le soleil s’ouvrir, pour laisser place à un magnifique spectacle. Sous cette couche brûlante se trouvait ce dont j’avais entendu parler depuis ma plus tendre enfance, sans jamais savoir ce en quoi cela consistait : le Paradis
Le livre de la fin des temps


8 Voilà pourquoi je vous révèle cela. La vertu doit guider chacun de nos pas. Chacun doit la transmettre à son prochain. Telle est la Parole de Dieu. Ne vous échappez pas de la sage voie de sa main, ou viendra le jour où le monde disparaîtra et où nous seront tous jugés !

Alors, Dieu me dit que le temps était venu que je retourne chez moi, que mon rêve se finisse, et que je me réveille. Soulagé d’avoir tant appris de Dieu Lui-même, je retournai donc à mon lit douillet, où je me réveillai. Encore troublé par ces révélations, j'entrepris de coucher par écrit ce message de Dieu Lui-même.

La Vita d'Aristote

Le paysan : "Prends la route d’Athènes, si Proxène te le permet, et tu y trouveras un professeur qui saura t’écouter. On le nomme Platon."

Aristote : "Merci, brave homme."

Et Proxène d’envoyer Aristote, les dix-huit printemps révolus, à Athènes, trop heureux que ce piètre paysan le quitta.



Sargas : "Par ma foi, voilà une formidable cité que vous me décrivez."

Aristote : "Certes, c’est vrai. Et j’ai la conviction intime qu’elle doit exister, quelque part."

Sargas : "Croyez-vous, maître ? N’est-ce pas là un simple songe ?"

Aristote : "Non, je crois plutôt qu’il s’agit d’une prémonition. Et je veux m’en assurer par moi même. J’ai fait mon temps ici, et de ta condition de disciple, tu vas passer maître. Le lycée t’appartient."

Sargas : "Comment, maître ? Mais j’ai encore beaucoup à apprendre."

Aristote : "De moi, non, mon cher ami."

Et le maître, toujours aussi grave, laissa Sargas décontenancé, pour s’intéresser aux préparatifs de son voyage en orient…

Vita de Christos

Mais cette nuit là, Maria eut de nouveau un songe. Elle revit le cavalier qui lui avait annoncé la naissance de Jeshua. Il réapparut en effet à Maria et lui dit:

"Levez vous ! Prenez Jeshua avec vous, et allez sur les chemins. Dirigez-vous au Nord, vers l'Île de Chypre, et restez y jusqu'à ce que l’on vous prévienne. Car Mistral veut faire périr le petit enfant. "

Alors, les parents se levèrent, prirent dans leur bicoque les miches de pain et épis de maïs qui leur restaient et partirent sur les routes, en direction du Nord, en passant par Tarotshé. Ils sortirent des frontières du pays et restèrent en Chypre aussi longtemps que la menace grondait.


Ayant atteint l’âge d’homme, Christos décida de quitter ses parents pour parcourir le monde et aider son prochain. Il partait avec des idées mûres sur les préceptes d’Aristote et le message de Dieu.

I) Le voyage, une source de salut.

De nombreux passages du livre des vertus nous montrent que le voyage peut-être et doit être en effet une source de salut pour le fidèle aristotélicien. Dès le début de la création la vie est un mouvement incessant. Certes Dieu lui est immobile, mais ce mouvement plait à Dieu. Pourquoi donc un mouvement plairait à un Dieu immobile? Tout simplement parce que ce mouvement témoigne des aspirations de la création: rejoindre d'une manière ou d'une autre le créateur.

Et d'ailleurs c'est ce que nous montre dès le début le livre de la création: Dans le second passage que je cite en introduction un groupe de créature, et les théologiens s'accordent pour dire qu'il s'agit des humains, décide de parcourir le monde pour découvrir les autres espèces. Ces humains sont poussés par la soif de découverte. Mais pourtant ce voyage semble dans un premier temps ne déboucher que sur la tristesse. C'est que les créatures se sont trompés sur l'objet de leur quête.

En effet elles croyaient partir à la recherche de la connaissance, alors qu'en fait leur voyage n'est qu'une quête du créateur, une quête de Dieu. Aussi dans un premier temps c'est la détresse qui est le salaire de leur voyage: elles se comparent aux autres créatures et n'y trouvent que sujet de honte pour elles.

Au final c'est dans l'amour de Dieu que ces créatures trouvent la conclusion de leur périple et l'accomplissement de leurs efforts, à la fin de la grande réunion:

"Nous sommes certes enchaînés à la matière, certes soumis à ses lois, mais notre but est de tendre vers Toi, l’Esprit Éternel et Parfait."

Ainsi donc le voyage est, dans la création, une source de salut.

Mais cela se retrouve aussi dans de nombreux autres livres. Ainsi dans l'Eclipse pouvons nous lire:

"4 Nous nous approchâmes si près de l’astre divin que des flammes de plusieurs lieues de long nous frôlèrent. Je me demandai si je n’allais pas partager avec les sept Archanges une bien funeste fin. Mais Michel, sur lequel j’étais toujours juché, me dit: “N’aie crainte et regarde.”. Je vis alors les flammes qui couvraient le soleil s’ouvrir, pour laisser place à un magnifique spectacle. Sous cette couche brûlante se trouvait ce dont j’avais entendu parler depuis ma plus tendre enfance, sans jamais savoir ce en quoi cela consistait : le Paradis"

On remarque que là encore la première impression de celui qui voyage est le danger. Il pense que la fin est proche car les ardents rayons du soleil consumerons son existence. Mais pourtant la bénédiction de Dieu qui accompagne le voyage fait s'entrouvrir les flammes du soleil, et laissent place à un magnifique spectacle: le paradis. Cela nous montre aussi que la vertu ne peut s'atteindre que quand l'âme a été purifiée par les épreuves, quand elle à pu traverser le rideau de flamme qui consume ses vices et ses envies déréglées.

Enfin je prendrais un dernier exemple pour illustrer mon propos: un exemple tiré du livre de la fin des temps.

8 Voilà pourquoi je vous révèle cela. La vertu doit guider chacun de nos pas. Chacun doit la transmettre à son prochain. Telle est la Parole de Dieu. Ne vous échappez pas de la sage voie de sa main, ou viendra le jour où le monde disparaîtra et où nous seront tous jugés !

La vertu guide nos pas. Là encore cette notion de voyage. Mais un accent nouveau est mis dans cette citation. Ici le salut n'est pas seulement le notre mais bien plus celui de ceux que nous croiserons dans notre périple. Le but du voyage est autant de nous apporter notre salut personnel que de transmettre mystérieusement celui ci à ceux qui nous entourent. Telle est la Parole de Dieu.

II) Le voyage, une source de perdition.

Comme nous l'avons dit, le voyage, s'il apporte le salut, apporte aussi son lot de danger. Mais ce danger n'est pas seulement un danger corporel, mais aussi un danger spirituel. Nos âmes peuvent aussi bien trouver la mort dans un voyage que notre corps. Et cela encore est appuyé par le Livre des Vertus.

Je marchai donc sur un pont rayé de six couleurs, en destination de la lune, sous un ciel d’encre vide de toute étoile. Le trajet me sembla durer une éternité. Mais, alors que je commençais à désespérer de la distance qui me restait à parcourir, je perdis l’équilibre

Ce passage de l'Eclipse est parfaitement éclairant. Il existe il est vrai deux manière de l'interpréter. Dans un premier temps, nous pouvons penser que la perte d'équilibre de l'auteur désigne sa mort corporelle. Il chute de l'arc en ciel de la vie et se retrouve donc dans les éternités de la mort.
Mais le lieu où il se retrouve est l'enfer Lunaire. Il convient donc d'amener nos esprits à la seconde interprétation. L'arc en ciel désigne en réalité le chemin étroit qui mène à la vie éternelle, le chemin de vertu que nous devons parcourir guidés par Dieu. En conséquence la chute, le déséquilibre ici désigne le péché. Un acte mauvais, inspiré par les vices et qui nous projette en Enfer.

Nous retrouvons cette idée dans un passage un peu plus loin dans l'Eclipse:

J’avançai de plus en plus vite, mais la joie que cela m’apportait fut vite changée en horreur lorsque je me rendis compte que ce n’était que parce que j’étais aspiré dans un tourbillon. Ne pouvant m’y soustraire, je tombai alors au fond de cet orifice.

Là encore le voyage nous mène à notre perte. Et qu'on ne dise pas que ce voyage n'est que spirituel. Bien sur la dimension spirituelle est très présente, mais ce ne sont pas que des impressions spirituelles que semble ressentir l'auteur, mais aussi des impressions sensibles. Il s'agit clairement là d'un avertissement. Ainsi un peu plus tard l'auteur parlera de la fatigue de ses bras.

Parfois aussi le voyage est une source de perdition pour ceux qui nous entourent, car notre départ les prive d'un éclairage qui leur aurait été utile. Ces choses sont clairement évoquées dans la vie d'Aristote:

Le paysan : "Prends la route d’Athènes, si Proxène te le permet, et tu y trouveras un professeur qui saura t’écouter. On le nomme Platon."

Aristote : "Merci, brave homme."

Et Proxène d’envoyer Aristote, les dix-huit printemps révolus, à Athènes, trop heureux que ce piètre paysan le quitta.

Le paysan refuse d'écouter le sage, et rejete les paroles vivifiantes. Il envoi donc Aristote loin de lui, avec l'espoir d'en être débarrassé. Proxène lui même d'ailleurs est heureux de ce départ, car il place les qualités matérielles avant les qualités spirituelles. Parfois notre voyage est signe de la malédiction qui pèse sur ceux qui refusent d'entendre la vérité et rejettent le missionnaire.

Quoi de plus évident encore à cet égard que le voyage de Maria et Giosep fuyant leur maison face à la menace du roi Mistral IV? Le salut est rejeté par ceux qui en ont le plus besoin.

III) Le voyage, une composante essentielle de notre vie publique.

Je terminerais mon exposé par une réflexion un peu plus axée sur les réalités matérielles de ce monde, bien que toujours inspirée par le Livre de Vertus, le Dogme et les doctrines aristotéliciennes.

Il y a une tension forte dans le livre des vertus, et particulièrement dans la vie d'Aristote, entre l'importance accordée à la cité idéale et le voyage.

Aristote montre en plusieurs endroits que la vie de la cité est assurément désirable. Il recherche ainsi une cité idéale, et part en Orient pour découvrir celle ci:

Sargas : "Par ma foi, voilà une formidable cité que vous me décrivez."

Aristote : "Certes, c’est vrai. Et j’ai la conviction intime qu’elle doit exister, quelque part."

Sargas : "Croyez-vous, maître ? N’est-ce pas là un simple songe ?"

Aristote : "Non, je crois plutôt qu’il s’agit d’une prémonition. Et je veux m’en assurer par moi même. J’ai fait mon temps ici, et de ta condition de disciple, tu vas passer maître. Le lycée t’appartient."

Sargas : "Comment, maître ? Mais j’ai encore beaucoup à apprendre."

Aristote : "De moi, non, mon cher ami."

Et le maître, toujours aussi grave, laissa Sargas décontenancé, pour s’intéresser aux préparatifs de son voyage en orient…

Pourtant n'y a t-il pas quelque chose d'étrange à voir le Sage abandonner la vie de la cité pour mieux la retrouver? Les infidèles pourraient nous exposer cet argument pour nous démontrer l'absence de réelle sagesse d'Aristote, car est-il sage celui qui nie ses propres pensées par ses actes? Il est donc nécessaire de prolonger nos réflexions sur ce sujet.

Tout d'abord notons que cette recherche d'Aristote fait suite à un dialogue dont la conclusion empreinte de mélancolie ne doit pas être négligée:

Sargas : "Comment, maître ? Mais j’ai encore beaucoup à apprendre."

Aristote : "De moi, non, mon cher ami."

Aristote signifie par ces mots que sa vie publique, que le temps de son enseignement est d'une certaine manière terminé, ou en tous cas mis entre parenthèse. (on se souvient que sa nature prophétique resurgira au moment de sa mort, quand il annoncera la venue de Christos.)
Ainsi déja il faut bien préciser que si il y a inconséquence d'Aristote sur ce point, elle n'entre pas dans le champ de ses enseignements. Par contre si mon raisonnement est juste ici alors la Pastorale devrait être légèrement amendée.

Et voilà ce qui n'est pas concevable!

L'Eglise enseigne les vérités divines, elle est le chemin du salut. En conséquence il doit y avoir une autre interprétation possible, plus profonde, de cette aporie que je présente.

La solution se trouve dans la doctrine de l'amitié aristotélicienne en réalité. Laissez moi vous rappeler rapidement quelques éléments de cette doctrine.


Nous avons dit que plus qu'un sentiment subjectif, l'amitié Aristotélicienne établie, par la voie du baptême, une communauté de vie objective entre tous les baptisés, entre les membres de la société céleste et ceux de la société terrestre. Cet élément a de grandes conséquences sur le tissu social, et sur la conception que nous devons avoir de la place de la Religion dans l'organisation temporelle du monde.

1) La communion des saints, fondement de toute société.

Par souci de clarification, nous appellerons cette communauté de vie la "communion des saints."

Le but premier de l'organisation temporelle des sociétés est de mettre en place les structures pour permettre aux hommes le développement de toutes leurs facultés matérielles et spirituelles. Dans cette optique, une société qui ne serait pas basée sur le concept de communion des saints manquerai gravement a son but, puisqu'il lui manquerait le stade le plus élémentaire et le plus fondamental de l'union entre les hommes et de toute vie sociale aristotélicienne.
Il en résulte logiquement que pour être pleinement intégrée dans une société conforme a l'idéal aristotélicien, il faut être soit même membre de la communion des saints, être membre de l'amitié aristotélicienne. Ceux qui ne le sont pas ne possèdent pas les bases fondamentales de la vie en société, ils sont des déchirures dans le tissu social, et comme toutes les déchirures ils risquent de s'étendre et de mettre en danger l'existence même de la société.

A l'époque d'Aristote l'amitié aristotélicienne, la communion des saints, n'existe en réalité pas, et ce devait être une torture sans nom pour celui qui avait consacré sa vie à la réflexion et à la pratique des vertus. Quoi de plus normal, quoi de plus humain, quoi de plus divin aussi que ce départ, cette recherche d'une cité qui pratiquerait authentiquement cette amitié? Aristote ressentait, à la fin de sa vie, la nostalgie d'un monde qui n'était pas le sien et la déchirure de celui qui à entraperçu les lumières éternelles un bref instant mais qui ne peut atteindre la lumière par ses propres forces car il n'est malgré tout qu'un homme venu pour préparer et non pour accomplir. Il était la compréhension et non le savoir.

En définitive ce départ d'Aristote n'est pas un manque de logique ni de stabilité. Il s'agit juste de la recherche réellement passionné de la lumière de la vérité et de l'amitié.

Gageons qu'il en est souvent de même dans nos voyages. Si nous quittons notre cité ce n'est pas par un mouvement de rejet de celle ci mais parce que c'est l'humanité toute entière qui doit être une cité aristotélicienne, unie par l'amitié baptismale et par l'espérance de la vie éternelle dans le Paradis.


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Thème de Sœur Kaelig - 29 Juillet 1459

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 11:49

Thème de Sœur Kaelig - 29 Juillet 1459 : Le temps et sa perception

Le temps... en regardant le ciel, Dame Lune et ses comparses étoilées en particulier, n'as-tu jamais l'impression d'avoir affaire à une machine à remonter les grains de sablier dans le temps? Cette étoile? Depuis quand brille-t-elle? Et moi, du haut de mes presque vingt-deux bourgeons, que suis-je dans cette immensité? Rien du tout ! Et cela rend le mystère prenant. Tout comme lorsqu'on regarde les nuages défiler lors d'une journée printanière. Est-ce le vent qui en accélère la traversée ou est-ce dans notre esprit? On désire tellement une chose par moment que l'on croit la percevoir. Et on y croit dur comme le fer du forgeron.

Que l'observation soit de jour ou de nuit, l'impression est à l'imaginaire. Le ciel bouge alors que la terre reste ferme. Comme si une bille roulait sur le sol, semi-opaque, semi-transparente. Comme si nous étions à l'intérieur, impuissant, à regarder l'avancée dans le temps, plaqué sur un terrain verdâtre par une force inexplicable.

L'Eternité... Seul Dieu la connaît. Mais parfois, nous êtres humains dotés d'émotions, avons l'impression de la ressentir. Lors de grandes peines, d'attente ou de fortes émotions en tout genre, nous la vivons cette éternité. Même si ce n'est qu'une perception. Le temps s'allonge ou ralenti selon les sentiments du moment. Plus on cherche à l'étirer et plus celui-ci se rétrécit. Et inversement. Le temps semble flexible comme il peut-être très restreint.

Je comparerais le temps à une bille. Chacun possède sa bille. C'est un perpétuel recommencement. Un cercle parfait puisque créé par Dieu. Des Hommes naissent pour mourir. Et même malgré les avertissements des anciens et des sages, les mêmes erreurs sont produites. Car un humain en a besoin. Il a besoin de commencer à zéro, de faire ses preuves, de tomber et de se relever. Certaines billes s'entrechoquent. D'autres s'évitent. Parfois la bille de deux personnes ne fait plus qu'un. Ils ont l'impression de tout partager. De l'âme jusqu'au temps. Ils évoluent en même temps, un regard dans la même direction.

Nous vivons dans un énorme sablier à chaque grain de sable est une bille. Chaque personne est destinée à glisser, un moment ou un autre. Mais à un temps décidé par Dieu. Si un grain s'amenuise plus vite qu'un autre, son passage temporel n'aura été vain. Car chaque être humain apporte son grain de folie, sa propre couleur de caractère. Rendant ainsi le sablier harmonieux...


Sur le temps et le Créateur.

Notre Créateur est l'Éternel, l'Infini. Nous, nous sommes des mortels, des failles humaines imparfaites limitées en émotions, en actes, en paroles, en temps. Le seul sentiment pour lequel nous ne soyons point limités est l'amour. Son pouvoir est au-delà de l'Homme, au-delà de la vie, au-delà du temps, indestructible. C'est l'amour infini que Dieu nous porte qui le rend ainsi.

Nous sommes donc limités dans le temps. Ce laps de temps nous est utile pour acquérir de la sagesse spirituelle, pour nous permettre de se rendre compte de l'amour nous étant destiné. La coquille terrestre dans laquelle notre âme vit est délaissée au moment de notre mort, au moment de notre Fin des Temps personnelle. Pourquoi dis-je cela? C'est le moment ultime du jugement de notre âme, de nos faits passés : le Paradis Solaire ou l'Enfer Lunaire. Ça passe ou ça casse comme diraient certains de mes proches. Hum, soit ! C'est donc notre corps qui est limité dans le temps. Non notre âme. Celle-ci est éternelle auprès de Dieu. Le temps n'existe plus.

Le Dogme Aristotélicien, notre Dogme, honore nos corps à notre mort. Il apporte également au défunt le secours spirituel nécessaire au Paradis Solaire. Ce texte Divin nous prouve, parmi cet exemple tout simple, qu'il passe à travers les âges, à travers le temps. Il ne s'use point. Il reste d'actualité tout en étant ancien. C'est un écrit Divin incontournable, primordial. L'Aristotélisme est plus qu'un guide, c'est une manière de vivre, de penser, d'agir dans l'amour. C'est suivre le sens que le Très-Haut a voulu pour nous. Nous, Ses Enfants.

Si l'amour, le contraire du péché est respecté, alors, une hypothétique Fin des Temps nous sera épargnée. Car ce ne sera pas uniquement la mort de la coquille humaine, mais également le parfum spirituel de l'âme. Possibilité temporelle, quand tu nous tiens...


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Thème de Frère Henriques - 11 Décembre 1459

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 11:53

Thème de Frère Henriques - 11 Décembre 1459 : Commentaire de la Vita d'Aristote - Dialogues XII - L'Ermite.

Vita d'Aristote - L'ermite

Aristote : "Dis-moi, es-tu heureux ?"

Ermite : "Si je suis heureux ? Et comment ! J'ai tout ce qu'il me faut : l'eau de la rivière, des oliviers, un petit jardin. Et comme je ne suis pas maladroit de mes mains, je fabrique ce dont j'ai besoin. Je n'ai besoin de rien, ni de personne. Je suis parfaitement heureux."

Aristote : "Un homme ne peut pas se contenter d'une telle vie. Ou alors il n'est pas pleinement."

Ermite : "Balivernes ! Je suis le meilleur des hommes."

Aristote : "Comment le saurais-tu, toi qui ne connais pas les autres ? Etre un humain, c'est vivre selon la vertu. Et la vertu est une pratique qu'on ne peut exprimer qu'avec les autres. Tu vis bien certes, mais tu ne pratiques aucune vertu puisqu'il n'y a personne avec qui tu puisses la pratiquer. Tu vis comme un ours, indépendant. Mais a-t-on vu un ours faire preuve de vertu ? Tu n'es pas un homme heureux puisque tu n'es même pas un humain. Un humain a des amis, où sont les tiens ?"

Ermite : "Mes amis sont la nature, mes oliviers, mes légumes."

Aristote : "Une véritable amitié se fait entre égaux. Tu es donc l'égal d'un olivier : planté et immobile. Tu survis en marge de la Cité au lieu d'y participer comme le fait tout véritable humain. Je vais donc te laisser prendre racine, adieu !"

Et Aristote reprit sa route, descendant vers Mégare.



J'ai choisi de parler de ce texte, car il s'agit de l'un des passages du Livre des Vertus qui m'a le plus marqué.
Nous entendons souvent parler de Vertu ou d'Amitié à tord et à travers. On peut parfois entendre des personnes dire: je suis vertueux, je ne dérange personne, on n'entends pas parler de moi.

Mais qu'est ce que cela signifie? Rien...ce sont des phrases n'ayant absolument aucun sens.

Ce texte est la raison de ma volonté de devenir Ami lescurien. Aristote dit qu'il faut vivre dans la société (Cité) pour être vertueux, car vivre avec les autres revient à participer à la vie de la communauté. Participer à la vie lescurienne, c'est donc à mes yeux aplliquer ce que nous demande Arsitote, et même aller plus loin et défaire les clivages qu'il souligne.

Pour notre premier prophète, une véritable amitié se fait entre égaux. Il va plus loin dans sa rencontre avec Polyphilos, repris dans un autre extrait de sa Vita, quand il dit: « Un roi ne peut pas être ami avec un mendiant, car il ne peut rien espérer de lui ».
Je pense, et ce n'est que mon avis d'étudiant et de prêtre, que Christos a commencé à détruire cette condition d'existence de l'amitié en créeant notre Eglise.
En effet, ne sommes-nous pas tous égaux au sein de l'Eglise Aristotélicienne? Lorsque, en tant que curé, je partage le pain et le vin de l'amitié et que j'invite les fidèles à la table, fais-je une quelconque distinction entre le tout-venant ou le maire? Entre un Vicomte ou un simple éleveurs de vaches? Je lui accorde le même temps, la même écoute et lui donne la même proportion de pain et de vin.
Au sein de notre Eglise, le rang social n'est pas la clef de voûte de notre organisation. Nous, lescuriens , ne pouvons-nous pas apporter une lumière théologique à un Roi qui en aurait besoin? Nous, lescuriens, ne pouvons-nous pas transmettre notre savoir à un noble qui souhaiterait devenir théologien ?
Grâce à Christos, l'Eglise a donné un cadre nouveau à l'amitié à travers la messe et l'ensemble des valeurs qui en découlent.

En espérant et désirant devenir lescurien, je ne souhaite qu'aller en avant dans l'optique du partage de l'amitié aristotélicienne et participer de mon mieux à la vie de notre Cité élargie qu'est aujourd'hui l'ensemble des Royaumes.


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Thème de Frère Louis II - 12 Décembre 1459

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 11:56

Thème de Frère Louis II - 12 Décembre 1459

Mémoires de frère Adremir



Préface

Au couvent Lescurien de Rouen
Août 1455

Par la rédaction de ces mémoires, mon intention n’est pas de déroger à la valeur lescurienne d’humilité, car l’Histoire n’a pas à retenir le nom de celui qui les écrit, mais bien plus les enseignements de la vie de cet auteur, qu’il tâchera d’évoquer pour permettre aux générations présentes et futures un quelconque progrès dans leur condition d’Enfant de Dieu. J’espère que ces mots et ces phrases, dont l’encre luit encore à l’éclat de la chandelle, pourront intéresser certains lecteurs et éclairer leur spiritualité. Ces mémoires se veulent, non pas un traité autobiographique teinté d’orgueil, en vue d’ériger un modèle, mais le témoignage d’un homme qui s’efforça de se comporter en Enfant de Dieu, en Lescurien et en homme de Dieu. Enfin, je ne veux pas me donner l’importance que je n’ai pas, et ne crois pas mériter – car y-a-t-il un Homme qui ait plus d’importance qu’un autre devant leur Créateur commun? –, cependant je tâcherai de narrer clairement ce qui fut mon existence terrestre, afin de l’ériger en apprentissage pour mon lecteur, et non en modèle.
Mes frères, héritiers de Saint Lescure, j’aimerais que cet ouvrage demeure dans un étage de la bibliothèque de ce couvent, accessible à tout Lescurien, tout Rouennais, tout Aristotélicien, tout hétérodoxe (si tant est que cela puisse attiser au moins leur curiosité) ou tout autre enfant de Dieu qui souhaiterait ouvrir ces pages. Je vous laisse seuls juges de son utilité, mais j’espère au moins que notre archiviste ne laissera pas quelque rongeur s’attaquer à cela! De ce livre, je vous demande aussi de faire parvenir aux Rouennais les épîtres qui leur sont dédiées.
Dans un premier tome, j’ai relaté l’ensemble de ce qui constitue l’expérience de ma vie. En second lieu, sont recueillies les épîtres que j’adresse tantôt à vous, mes frères et sœurs, tantôt à mes amis Rouennais.

Tome I : De vitae meae

Chapitre premier : Ab initio aetatis

Je suis Adremir, orphelin depuis que j'ai 4 ans. Je suis né aux alentours de 1430. J'ignore d'où je suis originaire, j'ignore le nom de mes parents, j'ignore si j'ai des frères, des sœurs de sang. Ceux qui m'ont élevé m'ont raconté qu'ils m'avaient trouvé emmitouflé dans des linges sales, sur le bord d'une route, entre Fécamp et Rouen, en Normandie. Ils pensaient que l'on m'avait abandonné. C'est possible. Toujours est-il qu'ils m'emmenèrent chez eux. Ils étaient membres d'un Ordre religieux monastique et vivaient dans un couvent, à l'écart du monde. C'est là que je passai toute la première partie de ma vie. Les frères m'y éduquèrent, m'enseignèrent des notions élémentaires, m'apprirent à m'offrir aux autres plutôt que de penser à moi sans cesse. Mais ils ne m'imposèrent pas de croire en Dieu, ou même en l'existence d'un Être Supérieur.
Est-ce là que se révéla à moi la vocation qui devait être la mienne? Je ne le sais pas. Peut-être, mais peut-être pas… Car je n’avais en effet rien à l’époque du jeune homme pieux et miséricordieux que les moines espéraient en moi. Le péché peut prendre diverses formes, y compris plus discrètes, mais je pense pouvoir affirmer que j’étais alors plus pécheur qu’aujourd’hui où j’écris ces lignes. La religion était pour moi une souffrance, non une libération, le culte une torture et ceux qui officiaient des tortionnaires. Pourquoi donc, alors que j’avais toujours vécu parmi la religion? Sans doute la meilleure éducation du monde n’est-elle réellement comprise que lorsque Dieu en révèle à nos yeux le réel intérêt.
Mon adolescence n’était faite que de rêves improbables de bataille, de gloire, de sang, il est vrai, je l’avoue enfin. Comme si les faits d’armes ne fascinaient les enfants que par leur violence. Je passais par tous les péchés, hormis un, la luxure, plus par impossibilité que par vraie résistance de mon âme perverse. Il me faut aujourd’hui confesser tout ceci et demander pardon à Dieu pour mes fautes. Sans doute je juge aussi trop durement mon enfance. J’étais certes multiple pécheur, mais je l’étais plus par défaut, comme si ma volonté ne pouvait résister à aucune tentation de la Créature Sans Nom.
La morale, les vertus… que des idées sans intérêt pour l’Adremir de 24 ans… De sorte que celui-ci, las des sermons et de la sempiternelle morale des frères, se sentait mal à l'aise au sein de leur communauté. Il me manquait tout un pan de ma vie, me semblait-il, notamment une affection féminine, car je n'avais jamais connu de mère, ou même d'autre femme. Alors, un jour, je décidais d'informer les moines de mon départ. C'est ainsi que je quittai mes tuteurs et me dirigeais vers Rouen, capitale de la Normandie.

Chapitre deuxième : Vitam ediscere

J'espérais y trouver un équilibre, une vraie vie dans la communauté, des amis, peut-être même une épouse. Simple vagabond, je dus travailler durement pour subsister au début, en m'abstenant de manger un jour sur deux. Mais rapidement et comme pour prouver que l’enseignement des frères n’avait pas été entièrement vain, je tâchais de me mettre au service des Rouennais, et fus nommé par le maire Davlegrand représentant des vagabonds, afin de porter la voix de ceux-ci au conseil municipal.
Tâche difficile que celle-ci, d’autant que je ne me donnais pas les moyens de la remplir comme je l’aurais dû. Et cette expérience se transforma bien vite en échec, je crois à présent que le don de soi n’était de mes qualités que théoriquement. Dans la réalité, j’aurais eu plus de mal à suivre le sillon de Saint Miguaël.
Bientôt, j'accédais au statut de paysan, et pus me lancer dans la culture du maïs. Mon niveau de vie s'élevait. Dans le même temps, j'avais le désir de voir se créer une équipe de soule à Rouen. Elle ne se fit que des semaines plus tard et, si j’y figurais en tant que joueur, je n’en fus pas le capitaine. Tant mieux, l’orgueil n’est pas une chose qui convenait à mon âme, même si je n’en étais pas dénué.
Et jusque-là, ma vie était celle d'un pécheur. Par curiosité, j'allais à l'église de Rouen. Elle était vide. Aucun curé n'y officiait. Je n’étais pas habitué à cela. Pour moi, toutes les églises avaient toujours été fréquentées par des clercs, plus ou moins inintéressants… À priori, voir ce lieu désert aurait pu rasséréner l’impie que j’étais.
Mais il n’en était rien. Le vent qui soufflait à travers les multiples failles de l’édifice avait quelque chose d’inquiétant. Une désolation telle ne pouvait rendre heureux un homme. Tout au moins pouvait-elle l’émouvoir. Et elle m’émut, moi qui avait fui les contraintes de la vie monastique.
Un jour, Son Éminence Pouyss, Cardinal-Archevêque de Rouen, par un heureux hasard me vit dans l'église. Il me convainquit d'entrer dans l'Église Aristotélicienne, malgré ma réticence, suite à mon départ de chez les moines. Mais Pouyss me montra un autre visage de Dieu, et rapidement, je me rendis à l'évidence que la vie sans Dieu était une aberration. Le 14 novembre 1454, je fus baptisé en la Cathédrale de Rouen, par Pouyss lui-même, ce qui pour moi n’avait alors pas encore l’importance et l’honneur que je conçois maintenant. Cet événement changea ma vie.

Chapitre troisième : Famulus Ecclesiae

Étrange revirement que celui qui bouleversa ma vie. Je n’aurais jamais cru me mettre au service de Dieu comme son serviteur, et à celui de mes paroissiens comme berger. Pouyss m’avait donné une raison d’avoir foi en le Très-Haut et son attitude de père envers tous ses clercs me pousserait à lui vouer une admiration non-feinte et à rédiger son hagiographie tout récemment.
L’exercice de la diffusion de la foi est un bien difficile exercice, plus difficile sans doute que tout ce que j’avais pu faire, car c’est un travail d’endurance, de présence, de conviction et, surtout d’amour… Je n’avais jamais fait preuve d’une grande dose d’amour auparavant, surtout pas pour les moines, et guère pour mes nouveaux concitoyens, bien que certains amis, comme Tekilabanda, avaient déjà une place particulière dans mon cœur.
L’amour devait-il donc s’apprendre? Non, l’amour est inné à l’espèce humaine. Mais il peut devoir être révélé.
À l’invitation de Pouyss, je rejoignis l’Ordre Lescurien, dont il était le fondateur, et qui joua ce rôle de révélateur. Pour la première fois de ma vie, j’avais une famille. Quelle étrange sensation que se sentir entouré d’attentions affectueuses et de pouvoir à son tour aimer. Je ne pleure pas souvent, c’est un fait, non pas pour une raison de courage particulier, peut-être par froideur, mais je ne me souviens que de deux occurrences à mes larmes : mon entrée chez les Lescuriens, accueilli en particulier par frère Aluthor, un laïc; et la mort de celui-ci. Ces deux larmes devaient sans doute marquer le début et la fin d’un cycle : dans mon enfance Lescurienne, Aluthor avait ainsi été un père pour moi, Pouyss un grand frère et Saint Lescure un modèle.
FrèreNico était lui un Franciscain. Je ne le connaissais pas, et pourtant sa mort à la fin de l’année 1454 m’affecta profondément, car je savais tout ce qu’il avait fait pour l’Église de Dieu. J’ai même voulu participer à la rédaction de son hagiographie, mais je renonçais à cette idée, en laissant le soin aux Franciscains. J’espère qu’il sera canonisé.
Mon église était anonyme. J’aurais aimé lui donner le nom de Saint FrèreNico. Cela ne se sera pas fait lors de mon diaconat.
Dans ma paroisse justement, je tâchais d’intéresser mes ouailles à la foi, avec plus ou moins de succès dans un premier temps. Je me souviens avoir lancé des travaux de rénovation de l’église, en ruines, ainsi qu’un atelier de pastorale… Ces deux initiatives ne connurent guère de succès. Mais qu’importe, mon travail porterait ses fruits, un jour!
Et cette activité ecclésiastique n’allait pas à l’encontre de mon investissement dans la vie laïque. Le scandale qui marqua la troisième élection de Davlegrand m’affecta beaucoup, quoique je garde encore de l’estime pour le deuxième maire de Rouen, qui sortit de la vie publique à cette occasion.

Chapitre quatrième : Perturbationes ecclesiasticae

Janvier 1455 fut pour ma vie d’ecclésiastique le lieu de grands bouleversements : la contradiction entre la Curie et le Pape à Rome poussa Pouyss à démissionner de sa charge de Cardinal. Mais ce ne fut pas sa seule démission : il quitta aussi son poste d’Archevêque de Rouen ainsi que le Rectorat de l’Ordre Lescurien.
Pour moi, ce fut un grand désarroi de voir mon mentor cesser de diriger les clercs normands et l’Ordre qu’il avait fondé.
À Rouen, ce fut Monseigneur Poltau qui succéda à Pouyss. Il me fallait m’adapter à une nouvelle organisation qui, si elle était différente de celle de Pouyss, me plut rapidement.
Chez les Lescuriens, frère Morgan de Sauvigny accéda à la charge de Recteur, laissant celle du missionnaire vacante. Et, le 3 Février 1455, le Chapître lescurien me nomma missionnaire. C’était le début d’un nouvelle manière de servir l’Ordre. Tout d’abord, je fus assez dynamique, entreprenant de réorganiser la voie du clergé séculier en créant diverses salles, en particulier pour débattre de théologie ou harmoniser un Prêche Lescurien. J’ai le regret de ne pas avoir assez fait pour que ces idées se concrétisent réellement. J’archivais aussi un certain nombre de documents du clergé séculier. Mais, finalement, je ne crois pas avoir été un bon missionnaire pour l’Ordre. J’ai tenté, mais la tentative doit être poursuivie dans la durée pour être reconnue et appréciée. Ce que je ne fis, hélas, pas, ou à de rares occasions.
Pourtant, à une époque où l’Ordre était moribond, son activité somnolente, ses membres tout aussi somnolents, je tâchais de le redynamiser, mais le mérite de la renaissance des Lescuriens en revient plus au recteur DeSauvigny, ainsi qu’au controversé Frère Arilan, que j’estimais et estime toujours.
Dans ma paroisse, je pus officier mes premiers baptêmes en Mai 1455 et cueillir les tardifs fruits d’un prêche pas forcément toujours endiablé, quoique j’ai tâché de le rendre le plus intéressant possible.
Enfin, je m’investissais toujours dans la vie de la ville de Rouen. Après avoir vu la naissance de l’équipe de soule des Dragons de Rouen, une élection municipale requit ma participation active : après cinq mandats, mon grand ami Tekilabanda laissait la place de maire. On me demanda d’organiser le débat électoral entre les multiples candidats. Je m’appliquais donc à le faire le plus complet possible. Pourtant, les oppositions étaient tendues. J’étais alors une «autorité» de la ville, et ma parole y était respectée. C’est pourquoi je tâchais de m’interposer, rappelant à chaque partie le respect mutuel que le débat imposait, dans le but de conserver une bonne entente à Rouen. Mes tâches politiques ont parfois été ingrates, mais je les crois utiles et symboliques de mon vrai rôle parmi les fidèles, peut-être plus que mes prêches.

Chapitre cinquième : De postremorum officiorum hominis

J’étais diacre depuis un certain temps, plusieurs mois, sans doute était-ce encore peu, mais le temps terrestre n’a guère de signification. Je sentais peu à peu que la mission que Dieu m’avait confié allait vers sa fin, non que je fusses, tel un vieillard, déclinant physiquement, loin de là j’étais en pleine forme, tenant mon poste de numéro un des Dragons de Rouen, et ma motivation dans ma tâche était intacte, mais mon âme savait qu’il était temps de laisser la place…
Et pourtant je n’avais pas encore accompli mes derniers devoirs. Il m’en restait deux : former ma succession et rédiger l’hagiographie de mon mentor frère Pouyss.
La première tâche fut délicate.
Je tâchais d’abord de former le jeune Lebergerblanc, qui était un modèle de piété et de dévotion. Voyant cela, Monseigneur Poltau en fit le diacre de Mortagne assez promptement. Il est vrai que cette paroisse était vacante.
Puis dans le courant de l’été, je repérais messire Dabranth, peu avant mon premier départ temporaire en retraite spirituelle. Au terme de celle-ci, je découvrais, déçu, qu’il avait quitté sa charge sans avertir sa hiérarchie.
Dieu semblait encore me donner des épreuves, que je tâchais de surmonter. Je dis ma dernière messe, alors que j’avais déjà trouvé mon successeur : Raphaël de Montauban, dont la piété me rappelait Lebergerblanc.
Je tâchai de ne pas connaître le même échec qu’avec Dabranth. Si je pus le former plus convenablement, c’est en revanche l’avenir qui dira si Raphaël saura être présent auprès des Rouennais. Mais j’ai confiance en lui.
Quant à mon deuxième devoir, sans doute le plus important, je m’y attelais promptement, œuvrant longuement à produire un texte à la hauteur du personnage qui devait être canonisé.
À ce jour, mon travail est achevé, mais hélas, le Saint Office ayant tardé à l’examiner, je ne puis plus assumer mon devoir d’apporter les dernières modifications. J’espère que les Lescuriens, dont Pouyss est le père, sauront parachever cette œuvre. J’en fais le souhait profond.
À l’heure où je termine ces lignes, je m’apprête à démissionner dans quelque temps de ma charge de diacre. Je ne suis déjà plus missionnaire.
Ma vie publique touche à sa fin, mon âme n’est pas encore morte. Encore chaque action, parole ou pensée qu’elle émettra sera sujette au jugement de Dieu. S’il est un enseignement que le lecteur puisse retenir de ce texte, c’est que Dieu juge les âmes, non pour ce qu’elles montrent, mais pour ceux qu’elles sont. Aussi ne craignez pas de montrer ce que vous êtes, car chacun peut se révéler être une âme particulièrement belle…

Le devoir aura dirigé ma vie cléricale. Place maintenant à la prière.

Tome II : Epistulae

Aux Lescuriens

Mes sœurs, mes frères,
Nul ne fut plus heureux que moi de trouver en vous une famille, une famille d’amitié Aristotélicienne.
Peut-être beaucoup d’entre vous ne me connaissent guère, en particulier pour les plus récents. Moi-même, je ne connais plus que peu d’entre vous. Les générations Lescuriennes se sont succédées, mais l’Ordre est resté. Je prie Dieu qu’il demeure encore longtemps, car sa tâche n’est pas terminée.
Le décès tragique de frère Aluthor nous a rappelé quelle était cette tâche : enseigner au monde les valeurs Aristotéliciennes. Les valeurs d’humilité, d’enseignement et de progrès, qui fondent le modèle Lescurien, ne sont pas des mots vains. Pour chacun de nous, ils ont une signification, de sorte qu’ils dictent notre conduite, non pas comme des maîtres, mais comme des inspirations.
Mes frères, je vous prie de pérenniser l’activité de l’Ordre, de toujours vous souvenir de ses fondateurs, en particulier frère Pouyss, dont vous terminerez, je vous en prie, l’hagiographie.
Nulle discorde ne doit vous détourner des fins premières de l’Ordre. Souvenez-vous de tous ceux qui ont donné toute ou partie de leur vie pour l’Ordre Lescurien et pour la foi Aristotélicienne en général.
Faîtes de l’Ordre un Soleil, qui rayonne dans le monde, pour lui apporter l’enseignement de Dieu.
Et enfin, ne tombez surtout pas dans l’acédie, le pire ennemi du Lescurien! (Le calva est un bon remède, même si je n’ai jamais beaucoup pratiqué.)
Au moment où vous aurez lu ces mots, je serai déjà jugé par Dieu, soit au Soleil, soit dans la Lune, mais de là-haut, mes pensées vous accompagnent déjà.
Votre dévoué frère
Adremir

Aux Rouennais

Mes bien chers frères et sœurs, ceci n’a rien à voir avec une messe, juste des recommandations à Dieu, car vous restez dans mon âme comme mes meilleurs amis, tous autant que vous êtes, et vous sermonner m’aura manqué en retraite au couvent.
Je voudrai prier Dieu de vous protéger, Rouennais présents ou passés, en particulier les deux premiers maires de notre ville, Psycho7 et Davlegrand, qui m’apportèrent une généreuse aide lorsque j’arrivais dans cette ville, ensuite aux Ducs de Normandie, Aegidius et Ruhtra, que je n’ai hélas pas bien connus, mais dont l’aura et l’influence sont bénéfiques à notre ville, puis à mes multiples amis, Rodanski et Ondinedulac, Dieu bénisse votre union future que je n’aurais pas pu célébrer finalement, ainsi que Moz, Nkhan, Tom, Neiv, Prupiphoe, Kamala, Malcolm, bien qu’hérétique, ainsi que tous ceux que je ne nomme pas mais que je côtoie depuis longtemps.
Et bien sûr je n’oublierai pas mon grand ami Tekilabanda que j’ai toujours connu. Mon ami, je te souhaite la réussite que tu mérites dans la politique. Que Dieu te garde! Et ne L’oublie jamais…
Pour finir, je salue le père Isamu, ex-curé de Rouen, mon ex-larbin Lebergerblanc, devenu curé de Mortagne, puis évêque de Lisieux, et dont l’ascension ne fait que commencer. Je vois en lui un homme très pieux et je regrette de n’avoir que peu communiqué avec lui après son départ pour Mortagne. Et puis frère Raphaël, si vous lisez ces lignes, sachez que je vois en vous le présent et l’avenir du clergé rouennais. N’oubliez pas mes enseignements, mais surtout, soyez naturel dans votre approche de la religion et des paroissiens (vous savez, ces gens qui peuplent de manière inexpliquée les bancs de l’église le dimanche). Dieu vous bénisse mon frère, ne serait-ce que pour m’avoir permis de prendre une retraite sereine.
Entre la fin de cette rédaction et le début de votre lecture, j’aurai longuement prié pour vous, jusqu’à ma mort. Restez donc de dignes enfants de Dieu.
Votre ami
Adremir





Ce document a été réalisé par Kaioh.
Ces mémoires furent rédigés par Adremir..

Si vous le permettez ma soeur je souhaiterais évoquer le parcours de frère Adrémir. En parcourant la bibliothèque lescurienne, j'ai remarqué cet ouvrage. J'ai pensé qu'évoquer un lescurien qui n'est ni canonisé, qui n'a pas été recteur de l'Ordre avait toute son importance. Car effectivement la vie d'Adrémir apparaît comme fort intéressante et instructive. En lisant cet ouvrage, j'ai pu remarquer un être perdu, égaré du droit chemin au début de sa vie. Elle aurait pu se poursuivre de la sorte comme beaucoup d'autres. Mais cet homme a choisi la voie du Très Haut, il a choisi l'Amitié aristotélicienne. Cela ne lui est pas apparu par enchantement mais par la rencontre d'hommes et de femmes formidables, le premier d'entre eux: frère Pouyss. Je ne sais pas si le fondateur de l'Ordre était le seul à pouvoir faire voir la vérité à Adrémir, mais cette rencontre avec l'ancien recteur ne pouvait qu'être bénéfique, à Adrémir, et je suppose à bien d'autres encore. Car avouons le, réorienter un homme dans le droit chemin lorsque ce dernier n'accorde aucune importance à la divinité, à un homme qui ne pense qu'aux combats armés, n'était pas une tâche aisée. Pouyss, sans surprise, réalisa cet exploit. L'entrée d'Adrémir dans l'Ordre était un nouveau cap, et lui donnait un sens différent à sa vie. L'accueil chaleureux que lui firent les lescuriens, qu'ils considère très rapidement comme sa seule famille montre bien les qualités et l'humilité lescurienne. L'humilité? Parlons-en car cet homme est passé du solitaire anti-système à une humilité remarquable. Son travail au sein de l'Ordre fut tout à fait remarquable et je pense que lescuriens qui l'ont cotoyé ne l'ont pas oublié. Je ne développerai pas davantage, parce que je ne veux pas erroner la vérité, ne la connaissant qu'à travers un livre. Je prèfère laisser ce plaisir aux plus aisés. Je souhaitais seulement évoquer ce grand homme, oui un grand homme pour moi, qui malgré un manque de notoriété remarquable en dehors du Couvent lescurien, est l'exemple parfait des personnes égarées qui rejoignent le chemin de la vérité. Il est l'exemple par excellence que nul homme n'est jamais définitivement perdu et il est enfin la preuve que les valeurs lescuriennes, "Humilité, Enseignement, Progrès", sont une chance, une réussite pour notre prochain, qu'elles ont porté leur fruit. Je dis "chapeau" à Pouyss, je le dis à tous les lescuriens, vivants ou décédés.


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Thème de Frère Valmeu - 13 Novembre 1459

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 11:59

Thème de Frère Valmeu - 13 Novembre 1459

Le reflet du Divin

Quand est-il vraiment de la réalité de Dieu ?
Où plutôt devrais-je dire : Quelle est l’expression de la pensée du Divin ?
De quelle façon apparait elle à nos pauvres sens si limités et si peu enclin à la reconnaitre ?
Devrions nous comme le font certains abonder dans le sens de la logique pure ?
N’y aurait-il rien d’autre que l’aride cartésianisme scientifique allié à la sécheresse de ses chiffres ?
Ainsi, dans cette optique, le naturel qui nous entoure ne serait que le fruit du hasard et de ses combinaisons régaliennes ?
Ne devrions-nous pas considérer plutôt certains détails avec plus d’attention ?
L’aile du papillon en est un bon exemple. Quel est le sens caché des fins détails qu’elle nous dévoile ?
La poésie induite par la sarabande de ses motifs multicolores n’incite t’elle pas à la réflexion ?
Une telle beauté et les émois qu’elle transcende ne seraient là que « pour et par les chiffres » ?
Ne devrions-nous pas plutôt y voir une preuve de la présence divine ?
L’esprit de l’homme tend à observer, comprendre, et expliquer systématiquement.
Cela est fort bien car c’est une des pierres angulaires de notre évolution.
Cela étant elle ne peut se suffire à elle-même !
Obnubilés qu’ils sont à vouloir tout expliquer par la science et la raison certains scientifiques perdent de vue le fondement même de l’existence humaine.
Les mathématiques sont devenues leur Dieu alors qu’il n’est qu’un outil que le créateur a mis entre leur main.
Leurs yeux au pouvoir de perception déjà si faible se sont complètement fermés.
Pour eux tout peut s’expliquer par le biais de règles physiques ou par l’application du phénomène d’adaptation Darwinien.
Le plumage aux couleurs magnifiques qu’arbore tel volatile n’est pour eux que camouflage adaptatif nécessaire à son adaptation au milieu environnant.
La fluidité et l’élégance de la gazelle ne servent qu’à lui donner une chance d’échapper à ses prédateurs.
L’être suprême est désespérément absent de la vision scientifique. La science est faite Dieu.
Quelle piètre approche des choses…
Cependant d’autres voix se font entendre. Des voix que les inconditionnels de science taxeraient immédiatement d’irrationnelles. Mais le sont-elles vraiment ?
Prenons le temps d’écouter et surtout d’observer attentivement les beautés naturelles qui nous entourent. Le bleu du ciel, le scintillement des étoiles, la poésie du ressac des flots sur la grève, le vol incroyable du colibri, la diversité des insectes, la splendeur des compositions florales sans cesse renouvelées…et aussi, l’aile du papillon, semblable à un tableau de maitre.
Le coup de pinceau est bien trop génial, bien trop précis pour n’être du qu’au simple hasard.
Au sein de cette aile minuscule se côtoient de concert, géométrie et poésie, sens artistique et mathématique des formes.
Autant de choses subtiles qui attestent de la main de Dieu [HRP]Je ne parle pas de Maradona là ! ;o) [HRP]
Si l’on prend le temps d’ouvrir les yeux, la trame du Divin nous apparait dans toute sa splendeur.
Cependant les deux thèses que l’on vient d’évoquer, sont elles vraiment si éloignées ?
La rigueur froide des chiffres se retrouve à y bien regarder dans la géométrie mathématique de l’aile du papillon.
L’harmonie des équations et des compositions euclidiennes, jamais prises en défaut, aide peu à peu à percer les secrets de Mère Nature, sans jamais nous livrer la dernière pièce du divin puzzle.
Les mathématiques sont le lien véritable car ils sont une des clefs.
Ils nous permettent par leur rigueur et leur beauté d’allier le point de vue du scientifique et celui du poète.
Ils font parti, n’en doutons point, du langage du Très Haut.


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Thème de Soeur Carmen Esmée - 17 Février 1460

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 12:02

Thème de Soeur Carmen Esmée - 17 Février 1460 : L'enseignement.

L'enseignement est l'action de transmettre des connaissances à un autre être vivant, cela demande des méthodes appropriées à l'intelligence et à la capacité de ceux que l'on veut instruire.
C'est aussi l'art de communiquer une manière d'agir ou de penser.
L'enseignement installe t-il une certaine égalité ou creuse t-il une différence entre nous ?

L'enseignement améliore t-il notre condition ?

Les lettrés ont plus de chance d'accéder aux études et donc d'avoir accès à certains postes hauts placés comme fonctionnaires par exemples.
Tandis que ceux qui souffrent d'illettrisme vivent le plus souvent dans la misère la plus profonde et ne pouvant améliorer leur condition, dans un état de totale soumission aux riches et savants, ils sombrent parfois dans l'alcoolisme, la délinquance et la violence, donnant ainsi bonne conscience aux nantis qui les considèrent comme la classe dangereuse.

Mais un homme illettré est il pour autant idiot ? Faut il savoir lire pour apprendre quelque chose ?

Bien sur que non, enfant nous apprenons à marcher, à parler et à devenir de plus en plus autonome... Chacun peut donc apprendre, il y'aura un émetteur et un destinataire à l'enseignement. L'émetteur est le professeur et le destinataire est donc l'élève.

Nous pouvons donc tous suivre le même enseignement, pouvons nous être égaux ?

Malheureusement non, tout d'abord parce que nous ne sommes pas tous égaux, nous n'avons pas les mêmes capacités ni la même volonté face à l'enseignement.
Et parfois l'enseignement a un coût... l'accès au savoir est donc réservé au plus riche... C'est un cercle vicieux, les riches peuvent devenir érudits si ils le veulent... Tandis que les pauvres veulent le devenir mais ne le peuvent.
L'ignorance est pour moi un grand fléau, chacun devrait si il le veut apprendre ce qu'il souhaite, devenir qui il veut être, trouver sa place dans notre société. Un être humain ne peut vivre décemment que si il se sent utile.

Il faudrait multiplier les maisons d’études où l’on médite, où l’on s’instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur en un mot.
Je sais que c'est utopique, mais pourquoi sommes nous sur Terre si ce n'est pour rendre notre monde parfait... Le seul obstacle est que la perfection est subjective...
L'enseignement fait donc parti de nous, seul sa mise en place peut créer une inégalité entre nous.


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Thème de Frère Woland Von Selenios - 19 Mars 1460

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 12:06

Thème de Frère Woland Von Selenios - 19 Mars 1460 : De Nobilitate.

De Nobilitate

Être noble, c'est être maître d'une terre sous l'autorité d'un Baron, d'un Duc, d'un Prince, lui-même sous l'autorité d'un Empereur ou d'un Roi. Mais être noble, avant tout cela, c'est régner sur une terre du Royaume des Hommes, créé par le Très Haut. La noblesse n'est noblesse que par Son vouloir, non par celui d'un autre. L'homme a suivi l'homme, l'homme a dominé l'homme, mais jamais l'homme ne doit oublier que c'est le Très Haut qui l'a mis à cette place.
Bien sûr, inspiré par la Sans Nom, un Baron peut faire un vassal d'un être plus noir qu'aucun bandit, mais le Très Haut rétablira toujours l'ordre, car c'est Lui qui est Tout-Puissant dans le Royaume qu'Il a laissé aux hommes.

La Noblesse a des devoirs. Tout Noble, quel qui soit, petit ou grand, jure conseil, protection et loyauté à son suzerain, mais il est obligé aussi envers son peuple. Il lui doit protection, aide, éducation, audience, justice. Tout Seigneur qui se refuserait à ces strictes devoirs serait un bien mauvais Seigneur. Il ne mériterait pas plus son titre que le sang qui coule dans ses veines, car ce sang qu'il se targuerait de qualifier de noble et de haut lignage serait en fait plus vil que le plus impie des venins d'aspic. Un seigneur tel que celui que je viens de décrire devrait avoir la décence de faire écraser sur une enclume sa couronne de fer et de laisser à d'autres, plus soucieux de leurs devoirs d'homme, le soin de gouverner un peuple. Ainsi je juge que tout seigneur, qu'il soit simple Baron ou même Empereur, doit veiller sur son peuple comme un père veille sur son enfant. Il doit lui apporter toute sa protection et être attentif à lui. L'enfant que l'on ne garde pas des dangers est bien souvent séduit par les inspirations du Mal et c'est pour cela que tant de princes et de rois furent destituer des mains mêmes de leurs enfants. César, cet homme qui fut au-dessus de tous les autres tant par la force que par la ruse, cet Empereur qui fit de ses mains la gloire de l'Empire Romain, cet homme, parce qu'il ne prenait pas garde de ce qui se passait dans sa propre maison, fut la pierre sur laquelle son fils aiguisa son poignard assassin.

Si le Très Haut soudain décidait d'aller bâtir un Royaume ailleurs et de nous laisser, êtres imparfaits et mortels que nous sommes, seuls, sans ressource, sans même la possibilité de nous recueillir et de mander son aide à l'église, pensez-vous qu'alors nous nous recueillerons encore ? Pensez-vous que si le Créateur, que nous aimons aujourd'hui, nous abandonnait demain, notre vie ne changerait point ? Nous errerions sans but, dans des terres stériles. Si le Très Haut quittait la voûte céleste, il emporterait avec lui la lune et le soleil et ainsi nous serions plongé dans les plus noirs ténèbres. Nous nous avilirions et ressemblerions bientôt aux plus malsaines et sauvages des bêtes. Nous repaissant de notre propre chair, de nos propres parents, nous deviendrions assassins, parricides, infanticides, tous. Car aucune lueur ne peut régner là d'où le Très Haut se retire. Aucune lueur ne brillerait dans le monde, ni même dans nos cœurs qui de même que le ciel deviendraient plus obscurs que la plus obscure des nuits d'hiver. Je vois, sans peine, ce monde de misère et de décadence, plus impropre que fut Oanylone. Si Notre Père à tous quittait sans mot dire la maison des hommes, nous serions réduits à l'état d'enfant errant, car sans le père la maison s'écroule et la famille part vite en lambeau.

Il est de ces nobles qui partent batifoler on ne sait où, en retraite peut-être, ou dans quelques lieux de perdition, ils laissent alors leurs gens seuls et sans protection. Ces nobles faisant ainsi font bien mal. Un peuple sans seigneur est, ainsi que je viens de le décrire, comme seul au milieu d'une route qu'il ne connait point. Il n'a ni repère, ni aucun instinct auquel se fier, du moins point de bons instincts. De plus, un peuple abandonné par son seigneur a toutes les raisons de prendre les armes et aucune de continuer à lui être fidèle. Le Très Haut a voulu ainsi qu'il y ai d'humbles hommes tout autant que de seigneurs, mais il a voulu que les seconds protégeassent les premiers. La noblesse est un don, une acte de confiance, elle est donnée aux familles les plus admirables, au sang venant des veines les plus vertueuses. Le Très Haut dans sa générosité a permis à la noblesse de faire bâtir des châteaux qui élève un peu ces hommes au-dessus des autres et qui doivent aussi les rapprocher de Lui, ainsi chacun de leurs actes doivent être comme inspiré par de haut dessein. Mais quand la noblesse au sang vertueux devient soudain faible et licencieuse, il n'est plus besoin de garder cette noblesse sereine sur son trône. Le Très Haut a bien des plans pour nous Ses enfants et lorsque le sang, d'une veine prolixe et vigoureuse, devient noir et infect il ne faut pas oublier qu'Il a tout pouvoir de le faire tirer. Ainsi la mauvaise noblesse est ôté du corps du royaume des hommes et celui-ci peut espérer perdurer pendant encore des siècles et des siècles.

Aucun seigneur ne doit donc négliger son peuple, il ne peut partir en voyage quel qu'en soit le motif sans laisser sur le trône quelqu'un pour gouverner en son absence, il ne peut non plus refuser de recevoir en audience ses gens, car il ne doit pas oublier que les banquets qu'il organise ne pourraient être sans les éleveurs et les cultivateurs de la Basse-Cour de son château. Celui qui danse bien, sait faire de beaux vers, parle de manière courtoise aux damoiselles et sait séduire leur cœur, ne doit pas oublier que son devoir est envers son peuple et qu'il n'y a rien dans les folles distractions de Cour qui le nourrisse. Tout bon courtisan sait fort aisément plier l'échine, le dos et même poser le genoux à terre, mais pour quelle raison le fait-il ? Pour obtenir quelque licence commercial pour alimenter ses marchés ? Ou plutôt pour quémander quelque autre charge à la Cour ? Pour des sacs de farine ? Ou pour un collier d'or ?

N'oublie pas noblesse que tu n'es qu'humaine et que l'humaine nature peut te détruire. Sache que ta place ne te sera jamais acquise et que tu devras toujours la mériter. Tes délassements à la Cour d'un souverain ou dans le lit d'une putain, ne vaudront jamais le travail de tes gens dans leurs champs. Délaisse ton peuple, soit sourd à leurs suppliques, ils lèveront leurs faux, leurs fourches et leurs haches, ils disloqueront les murailles de ton château, arderont tes vaniteuses tapisseries et fouleront des pieds ton blanc manteau d'hermine. On te coupera les mains en tant que parjure et traiter comme brigand et non plus comme un seigneur, tu seras griffé, écorché, démantelé, ton corps épars sera à tous les vents jetés et jamais tu ne reposeras en terre consacrée. Prend garde Noblesse à ne pas te perdre, aucun ennemi n'est plus fort que la mollesse qui avec le luxe entretient la Paresse.

J'ai eu entre les mains ces histoires un peu folles de Renart le Goupil, on y voit toutes sortes d'animaux se jouer des tours cocasses et cruels et ces bêtes valent bien les hommes. Il est une loi dans le monde animal qui dit que le faible est mangé par le fort, on le voit fort bien dans ces contes où la ruse et la force sont les armes des bêtes tout autant que crocs, griffes et serres. Les hommes vont de même et se battent les uns les autres, qui pour une terre, qui pour de l'argent, qui pour une maquerelle, mais je conclurai en ajoutant ceci c'est que même dans ce royaume sauvage des bêtes, la louve protège et garde ses petits près d'elle.


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Thème de Soeur Othilie - 2 Mai 1460

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 12:14

Thème de Soeur Othilie - 2 Mai 1460 : Le Pardon.

J'ai choisi le thème du Pardon.

Je distinguerai tout d'abord 2 sortes de pardon.

En premier le pardon qui est politesse.
Lors d’une bousculade ou pour passer aisément, on dit : Pardon!
Celui-ci est aisé il n’implique qu’une relation, de courtoisie. Ce Pardon n’engage pas de réflexion particulière.

Dans un deuxième temps le Pardon, celui que nous invoquons lors de la prière.

Il est loin d’être un acte facile. Et demander pardon est parfois encore plus difficile.
Demander ou recevoir le Pardon c’est tout d’abord reconnaître qu’il y a eu faute et d’admettre la culpabilité.
Ce Pardon ne demande pas de justification car justifier c’est vouloir dire en quelque sorte qu’il n’y avait pas de faute.
Le justifier reviendrait à excuser mais excuser une faute, est ce pardonner ?
Présenter ou recevoir des excuses, n’implique pas que vengeance ou ressentiment ne seront pas présents.
Il faut être sincère et humble pour remettre toutes choses en place et dissiper la tension qui existe.
Ce cheminement peut être long et difficile.
Tout d’abord réfléchir et prendre conscience de la nature de l’offense
Ensuite pouvoir être capable ne plus céder à la colère, à l’amertume, au ressentiment et désirer au fond de soi une réconciliation.
Ce Pardon est un acte d’amour.
Condamné injustement, supplicié puis crucifié pour le salut de nos âmes, il périra pour l’amour de Dieu.
Ainsi Christos nous montre le chemin et après lui les clercs nous guideront sur ce chemin des vertus.

Il me vient à l’esprit une anecdote illustrant toute la difficulté du Pardon :

Je suis tourangelle et il y a peu je déposais une publication de bans au presbytère de Chinon.
En passant par la salle des pas perdus j’ai pu ouïr une conversation entre un Clerc et une villageoise.
Cette dernière faisant appel au Curé pour entrer dans notre communauté, avait certainement mûrement réfléchi pour prendre cette décision.
C’est alors qu’un prêtre breton à l’image d’un coq qui gonfle le jabot, déversa un flot de méchantes paroles à l’encontre de la jeune femme.
Lui reprochant des faits qui se sont déroulés durant la dernière guerre, il ne s’est pas vraiment comporté en guide spirituel empreint d’amour et de tempérance.
Une de ses remarques me sonne encore à l’oreille :

Vous vous êtes amusée, sur les clercs, maintenant que vous avez besoin de nos services, vous ne faites aucun effort.
( elle écrivait un journal égratignant avec humour clercs , noblesse ou villageois)

L'Eglise peut se passer de pisseusse de votre genre, sauf si vous faite une repentance réelle.
Par la suite il cita un extrait de la Vita de Christos :

" Alors, mes apôtres, mes clercs, à vous de suivre le chemin que j’ai tracé pour vous, à vous de baptiser ceux qui veulent entrer au sein de la communauté des fidèles de Dieu, à vous d’ordonner prêtres ceux qui souhaitent se consacrer tout entier à l’amour de Dieu, à vous d’entendre en confession ceux qui souhaitent être lavés de leurs péchés, à vous de punir ceux qui ne sauront pas se montrer dignes de l’amour de Dieu.

Ne retenant que la dernière phrase, il termina son discours ainsi :

Vous aurez tout un travail à faire sur vous, avant que l'Eglise vous accorde son pardon, oui un gros travail. J'y veillerai particulièrement..
S’en suivit une discussion houleuse entre Clercs, que tout à chacun a pu entendre car la porte de l’antichambre de l’Archevêque n’était point close et il était alors question de pardon.
Le Clerc dit alors :
Le pardon, je connais, mais pour pardonner il faut que la personne en face le mérite...

Une question se pose alors, comment cette jeune femme peut-elle s’engager sur un chemin d’amour tandis que ce Clerc use de paroles menaçantes et qu’il est encore fort colère ?
Elle a pourtant fait la démarche de se rendre à l’Eglise, alors qu’autrefois elle la raillait faisant ainsi le premier pas vers la réconciliation.
Ce Clerc se sent-il si puissant pour juger qui mérite ou non le pardon ?

Dieu est Bon et miséricordieux, il saura écouter la voix de cette jeune femme et lui pardonnera ses fautes comme un bon père de famille le ferait après avoir écouté la version des faits ses 2 enfants.
Après tout, n’aime-t-il pas ses créatures autant l’une que l’autre. ?
Est-ce en insultant, menaçant ou rejetant qu’un pardon est possible ?

Pour conclure , il m’est avis que le Pardon est un acte d’amour, car il n’est pas facile de pardonner des actes ou des paroles qui blessent autrui .
Une grande humilité et charité sont nécessaires pour qu’une personne puisse accorder son pardon, non pas par lui-même mais en intercédant auprès du Créateur .
L’homme , créature imparfaite ne peut parvenir seul à effectuer ce genre de démarche et il est bien souvent conduit à demander aide et conseil aux hommes ou femmes de Foi qui sauront les guider sur le chemin de la rédemption pour que chacun puisse vivre et avancer en paix.


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Thème de Soeur Pelipa - 3 Mai 1460

Message par Peccatore le Jeu 13 Déc - 12:17

Thème de Soeur Pelipa - 3 Mai 1460 : La Nature.

La nature

Pourquoi Dieu a crée la nature avant l’homme ?

Je pense que l’homme sans terre fertile, sans graine, sans eau ne peut pas survivre. Dieu a d’abord dû crée un espace en mouvement, beau coloré et vivant.

Qu’est ce que la nature ?

C’est tout ce qui nous entoure . Tout ce que Dieu a crée, cela intègre toutes les créatures qu’il a crée.

N’avez vous jamais observé le soir des petites lumières dans les champs, prés des ruisseaux ou cachés sous des arbres… N’avez vous pas pris le temps de vous approcher ? N’avez vous jamais tenté de les attraper? N’avez vous jamais vu un envole lumineux de ces insectes ?

Vous êtes souvent demandés ce qu’était telle ou telle créature ?

Je me pose la question à chaque fois.

Non point de magie dans ce cas là, ce sont bien des créatures de Dieu comme nous tous. Ces petites lumières attirent l’œil et apaisent l’esprit. Elles sont nommés lucioles ou vers luisants.

Vous vous êtes posé des questions sur les créatures de Dieu et leur rôle ?

Je me demande le rôle qu’elles peuvent avoir par rapport à l’homme ou pour l’homme. J’essais de la suivre et de voir son but.

Je pense que Dieu a donné, à chaque créature, un rôle sur terre.

Il a donné la possibilité aux lucioles d’émettre de la lumière afin de s’unifier et de perpétuer la vie. Leur rôle pour l’homme est de guider l’homme la nuit dans la foret ? d’offrir un moment d’émotion et de joie ?

Dieu a crée un monde si beau, les animaux et les insectes y sont divers. Ils sont tous liés entre eux pour leur survit et l’homme en fait partit. Nous dépendons tous les uns des autres.
La nature aide les créatures a combler leurs besoins, manger, se vêtir, se loger…
La vache mange l’herbe, l’homme se nourri du lait et de la viande. C’est pareil pour le maïs, les légumes, les fruits… Nous sommes au centre d’une chaîne dans laquelle nous intervenons principalement.

Qu’est ce que l’équilibre ?

Je pense qu’il est primordiale de protéger chaque créature de Dieu, car grâce à elle, l’homme vit. Il est important de ne pas manger plus que de raison ou gaspiller.


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Thème de Frère Pie II - 25 Décembre 1460

Message par Peccatore le Sam 19 Jan - 15:08

Thème de Frère Pie II - 25 Décembre 1460 : Le bien et le mal.

"Bien" et "mal" sont deux mots qui sont couramment utilisés, aussi bien par les clercs que par les laïcs, tant pour régler leur conduite interne et externe que pour juger des actes et des actions de la vie courante et, lorsque nous avons besoin d'émettre un jugement ou un avis sur une chose, ne disons-nous pas facilement: "ceci est bien", "cela est mal", comme si ces notions étaient universelles et instinctivement comprises par tous. Et il en va de même quand il s'agit de régler notre conduite interne et externe où, trop souvent, nous nous fions, suivant les tempéraments ou nos humeurs, à notre seul instinct, à notre intérêt du moment ou à notre seule raison .

Pourtant, comme le montre l'extrait d'Oane que nous allons citer, juger de son propre chef de ce qui est bien ou mal en se fondant sur son propre jugement, qu'il soit dominé par son seul instinct, ses passions, son intérêt immédiat ou par un excès de la raison raisonnante, comme lors du débat entre l'apôtre Nikolos et Escartus, n'aboutit à rien de probant, sinon à constater que le bien et le mal sont deux notions relatives quand chacun se met à s'en faire sa propre idée.



L'incertain du bien et du mal
Mais, en vérité, en dehors de la Créature et de ses serviteurs attitrés, rares sont les personnes qui savent si leurs actions sont bonnes ou mauvaises.
J'ai connu un homme persuadé que le bien était ce qui faisait son bonheur et que seul l'argent pouvait l'accroitre.
Aussi passa-t-il le plus clair de son temps à s'enrichir, à vendre sa femme comme esclave sexuelle à d'autres hommes pour en tirer encore plus d'argent et plus il était riche et plus il semblait heureux.
Et puis, je le vis gagné par l'oisiveté et s'enivrer d'ennui car le vin était devenu sa seule source de distraction.
Je le vis devenir un homme plein de fureur et de colère, et, dans ses soirées d'ivrognerie, chercher finalement à sacrifier son fils unique à Dieu.
Alors, au dernier moment, alors que le couteau du père sacrificateur allait s'abattre sur la victime et qu'un infanticide allait se commettre, je ne sais quoi, mais quelque chose retint son geste, comme si soudain, l'éclat du bien et du mal venait de l'aveugler comme un métal brillant et réveiller sa conscience.
Le bien, le mal, où est la frontière ?
Cet homme avait voulu faire le bien et ses actes engendrèrent le mal.
Il avait voulu faire le mal et le bien en était sorti.
Souvent, je pense qu'en voulant faire le bien, on arrive parfois, involontairement à faire le mal.

D'ailleurs, dans une certaine mesure, on doit bien constater parfois que le bien ou le mal ne résident pas dans les actes, les actions ou les jugements eux-mêmes, mais dans la finalité poursuivie, rendant encore plus incertaines, en apparence, les frontières entre ce qui est bien et ce qui est mal. Prenons un exemple: dans l’absolu, la violence est un mal et personne ne songerait à la classer dans la catégorie des bonnes actions, donc du bien. Pourtant, si vous en usez pour vous défendre contre un agresseur, vous aurez usé de la violence comme d’un moyen de défense légitime et cela sera considéré comme un bon usage de celle-ci, donc un bien. Par contre, usez de ce même moyen pour vous débarrasser d’un concurrent pour un poste sera considéré comme un mauvais usage de la violence, donc comme un mal. Le bien et le mal semblent donc n'avoir rien d’absolu et il peut sembler vain d'y faire référence sans cesse car il est évident que plus chacun passera son temps à définir de lui-même, suivant sa propre vision des choses, ce qui est bien de ce qui est mal, plus il semblera vain d'y mettre une valeur universelle derrière.

C'est pourquoi, nous clercs, avons un devoir impérieux qui est de remettre chacun d'entre nous, mais aussi et surtout le peuple des laïcs, sur le bon chemin. Et ce chemin, ce sont nos prophètes, c'est le Livre des Vertus qui le tracent. "Que nul ne se fie à son propre jugement pour définir ce qui est bien de ce qui est mal, mais qu'il écoute la voix de Dieu, celle d'Aristote et celle de Christos, car hors d'elle, point de salut !", tel doit être notre message, afin que nous ne vissions plus des hommes comme celui que cite Oane qui errent aveugles au milieu des aveugles et ou les borgnes sont rois.


Dieu est souverain en toutes choses.
De cette souveraineté dérive la Loi et pour la plupart des Hommes de tous les pays la morale.
L’Eglise a été voulue par Christos pour représenter cette souveraineté divine.
C'est pourquoi l'Eglise agit et légifère en son nom.
C’est l’Eglise que Dieu a délégué aux hommes pour fixer la Loi et la morale en suivant ses paroles contenues dans le Livre des Vertus.

nous dit l'apôtre Nikolos. C'est pourquoi chacun doit comprendre que le bien et le mal ne peuvent être définis qu'en fonction des décrets de la divine providence que traduisent la Loi et la morale institués par Dieu même et au nom duquel l'Eglise légifère. Dieu confia particulièrement cette mission à deux hommes.
A Oane, tout d'abord, qui, après avoir constaté l'incertain du bien et du mal lorsque les humains les définissent à leur propre aune, institua les premières règles de la morale


J'inventai la morale.
Tous les sentiments sont jouissifs en eux-mêmes : l'amour, la perversion, la haine. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils se transforment généralement en actes. Seulement certains comme le mal, à la fois séduisent mais également détruisent celui qui les ressent.
Je listai tout ce qui me semblait pouvoir détruire ceux qui ressentent le mal et j'édictai des lois qui formèrent la base de la morale: ne pas voler, ne pas tuer, respecter son père et sa mère, ne pas témoigner faussement contre son voisin, ne pas convoiter son bien, agir avec tempérance, respecter la liberté d'autrui.
Ainsi, j'incitais chacun à avoir les mêmes règles que son voisin et à avoir les moyens de distinguer plus clairement où était la frontière entre le bien et le mal.
De la morale et des sept commandements qui en résultèrent, découlèrent les premières lois qui régirent la communauté.

A Aristote, ensuite lorsqu'il fixa les principes du Juste milieu

Nous ne devons donc pas espérer atteindre la perfection dans une ou plusieurs vertus, car cela est impossible et donc péché d’orgueil. Nous devons plutôt rechercher le Juste Milieu entre chaque vertu et chaque péché

car il précisa les idées de bien et au mal en les assimilant à celles de "vertu" et celle de "péché". Et afin que nul n’ignore de quoi il s’agissait, il en donna une liste précise ce qui, au final, est bien plus parlant qu'un jugement prononcé à l’aune de chacun et de ses propres intuitions. Ainsi, le bien, qui devint la vertu, correspond désormais aux valeurs d’amitié, de conservation, de don de soi, de tempérance, de justice, de plaisir et de conviction, tandis que le mal devint le péché qui correspond aux valeurs d’avarice, de gourmandise, d’orgueil, de colère, d’envie, d’acédie et de luxure.

Aussi est-ce par un bien involontaire abus de langage que nous continuons à parler vaguement du bien et du mal, sans préciser outre mesure les fondements théologiques de notre jugement ou de notre conduite, quand nous savons parfaitement depuis longtemps que derrière le bien se cache la vertu et derrière le mal, le péché. Il en résulte parfois quelques dommages ou incompréhensions avec certains laïcs, insuffisamment instruits des vertus divines et qui croient de bonne foi que l'intuition personnelle suffit à distinguer le bien du mal, mais aussi entre laïcs et clercs, quand, au nom de l'idée personnelle qu'ils se font du bien et du mal, ceux-ci viennent contester l'autorité divine comme l'aveugle au milieu des aveugles que citait Oane.
L'un des premiers devoirs du clerc est donc d'enseigner que derrière le bien et le mal se cachent des vérités concrètes, intangibles, la vertu et le péché, définis par Dieu via Oane et Aristote et que nul n'a le droit d'interpréter ce qui est bien et mal par son propre jugement sans le secours de l'Eglise.
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Thème de Sœur Onael - 5 Août 1461

Message par Kaioh le Lun 12 Aoû - 5:58

Thème de Sœur Onael - 5 Août 1461 : Des Trois Classes


La Vita d'Aristote - Quatrième partie : Le siège d'Aornos - Chapitre VI

Au soir de cette victoire par le verbe, Alexandre, accompagné d'Aristote et moi-même, pûmes constater l'effervescence qui régnait dans la cité d'Aornos. Les paroles du prophète avaient été si fortes que tous les habitants étaient venus voir cet homme que, déjà, tous considéraient comme nouveau guide. Avec le recul, je me souviens encore parfaitement de ce sentiment de liberté et de joie qui étreignit alors Aornos, les puissants corrompus encore présents avaient été chassés par la plèbe et les autres s'étaient tous rassemblés au pied du temple du Grand Manitou, où Aristote, ainsi qu'Alexandre et ses généraux avaient établi leur quartier général. Un représentant fut envoyé pour rencontrer le Grec et palabrer du sort de la cité.

L'homme qui se présenta devant nous était jeune, il se prénommait Jeremiah, il était vêtu de simple habits et avait été choisit parce qu'il avait toujours compris qu'Aornos tombait en désuétude. Jeremiah était philosophe et respirait la vertu. Il s'approcha humblement d'Aristote et le salua avec déférence avant de lui tenir ces mots :
"Aristote, votre victoire nous a ouvert les yeux, la cité est désormais lavée de toute souillure avec la disparition du Grand Manitou. Nous nous en remettons à votre sagesse pour nous guider dans notre futur". Aristote resta silencieux un long moment, Alexandre n'intervint pas, laissant au philosophe le gain de cette victoire au combien importante pour ce dernier. Le Grec usa de toute sa splendeur pour répondre à celui qui lui faisait face : "Aornos a été le siège de tous les vices et de tous les péchés, la cité fut guidée par la corruption et l'acédie, désormais, tout cela est terminé. Jadis, j'ai fait un rêve, celui d'une Cité idéale que je croyais avoir trouvé en arrivant à Aornos, quelle ne fut pas ma terreur d'y voir ce que j'y ai vu. Il nous faut maintenant construire cette nouvelle vie ensemble, c'est pourquoi je vais écrire les préceptes qui feront d'Aornos, la Cité de mes songes".

Au cours des jours qui suivirent, Aristote demanda à ce qu'on ne le dérangea sous aucun prétexte et s'enferma dans une pièce avec quelques vivres et un peu d'eau. Je profitais de ce répit pour arpenter les ruelles étroite d'Aornos et écoutais ce qui s'y disait. Le peuple s'était retrouvé dans l'amitié, les classes avaient été abolies et tous partageaient un unique dessein : vivre ensemble en parfaite harmonie. J'étais certain que cela ne durerait pas et que cet état était surtout dû aux derniers évènements. Jeremiah avait expliqué au peuple ce qu'Aristote lui avait dit, et tous n'attendaient qu'une chose, mettre en pratique ces préceptes dont parlait le prophète. Alexandre, quand à lui, jouissait des bénéfices d'une victoire inespérée et profitait d'un peu de repos, mettant ses généraux aux commandes pour maintenir l'ordre en cas de besoin. En quelques mots, je peux vous dire aujourd'hui, à quel point ces moments trottaient dans mon esprit comme un tournant de l'histoire d'Aornos.

Exactement sept jours après la victoire d'Aristote, ce dernier, qui n'avait pas donné signe de vie durant tout ce laps de temps, sortit enfin de sa retraite. Il demanda à Alexandre de faire venir Jeremiah et exposa les fruits de son travail avec un air apaisé et une certitude dans le regard :
"Aornos sera une Cité idéale et parfaite, où tous vivront en harmonie. L'équilibre y sera si solide que nul ne pourra le rompre, et chacun y sera accueilli comme un frère. Cette Cité sera organisée selon le principe de trois cercles concentriques, ou trois classes de citoyens"[i]. Et Aristote exposa ainsi chaque étape de l'organisation de la nouvelle Aornos. Il expliqua que la Cité devait garder le même nom, pour prouver à tous que le cœur de l'Homme peut changer et de l'ombre, revenir à la lumière. Jeremiah et Alexandre burent ces paroles emplies de sagesse et nous comprîmes tous qu'il n'y avait d'autre alternative que d'appliquer ces si justes préceptes.

Nous restâmes six mois à Aornos, aidant Jeremiah à mettre en œuvre ce qu'Aristote avait écrit, travaillant sans relâche à recréer cette Cité dont le prophète avait rêvé et argumentant auprès de tous le pourquoi de chaque décision. Il m'est aisé aujourd'hui de comprendre en quoi ce labeur fut immense, car au moment où j'écris ces lignes, Aornos brille encore de la flamme qu'Aristote a fait naître en elle. Alexandre avait donné son aval à chaque chose, chaque point avait été accepté, il lui semblait d'ailleurs qu'il le devait à son ami. Au détour d'une conversation, voyant quel intérêt je portais aux sages paroles du prophète, Alexandre m'expliqua qu'il n'aurait pu contrarier son ami dans son projet de Cité idéale. En effet, il m'avait indiqué que jamais il ne l'avait vu tant déterminé à détruire le vice avant son retour de la Cité.

Durant ces six mois, Aristote enseigna à Jeremiah et quelques autres habitants de la Cité les subtilités de la foi, il leur fit entrevoir la beauté de l'Amour du Très-Haut et ancra solidement dans leur cœur la ferveur et l'amitié. Ils constituèrent la classe d'or, celle des philosophes-Rois, le troisième cercle d'Aornos, tous pratiquèrent la vertu avec une grande humilité. Chacun devint prêtre et ensemble, ils orientèrent Aornos vers la lumière. Ce sont eux, avec l'aide d'Aristote, qui constituèrent les deux autres cercles : la classe d'argent, composée de citoyens soldats, et la classe d'airain, composée des producteurs. Ainsi, Aornos connu une ère de splendeur, mêlée de foi et d'amitié où chacun trouvait naturellement sa place. Une fois cette œuvre faramineuse achevée et prospérant, nous nous décidâmes à reprendre le long périple que nous avions entamé. Aristote, qui avait rêvé de cette idéale Cité, expliqua qu'il devait encore continuer son œuvre à travers les Royaumes et Alexandre se remit en route avec ses armées. Nous laissâmes ainsi Aornos aux mains de Jeremiah et des philosophes-Rois pour ne jamais plus y retourner. Notre chemin nous conduisit jusqu'aux portes d'Athènes que nous avions quitté il y a si longtemps, l'âme remplie de souvenirs riches et impérissables.





Ce document a été réalisé par Kaioh.
À partir de la Bibliothèque romaine, traduit par Angelo de Montemayor et Bender.B.Rodriguez.
Un soir après mes études, et comme tous les soirs, depuis que je suis ici, j'ai parcouru quelques chapitres du Livre des Vertus. Je souhaite vous soumettre le dernier chapitre du Siège d'Aornos, où Aristote mis en place avec Epistène et Jeremiah, ce qui composerait la Cité idéale. Ainsi, il fut instauré trois classes :
La Classe d'Airain, composée des producteurs, la Classe d'Argent, composée des soldats, et la Classe d'Or, composée des philosophes, qui deviendront prêtres et guideront les citoyens d'Aornos dans la Lumière.

Ces trois classes sont unies, égales et indissociables. L'une fournit la nourriture par l'élevage et la culture, la deuxième protège de son bras armé la ville contre les envieux, et la troisième nourrit l'esprit de sa sagesse. Ainsi, au travers de ces classes, nous retrouvons ce que nous appelons aujourd'hui plus communément les Paysans, les Militaires et Nobles, et les Clercs qui composent ces trois classes, autour desquelles notre monde actuel fonctionne.

Malheureusement, bien souvent, les uns se pensent plus haut que les autres, ou de nécessité plus absolue. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre un Noble se vanter que sans lui, et son Ban, les Royaumes sombreraient dans la guerre et l'invasion. Il n'est pas plus rare d'entendre parfois un Paysan se gausser, persuadé que sans lui, l'économie s'effondrerait, et les marchés seraient bien vides, tout autant que les ventres. Enfin, et hélas, il m'est déjà arrivé de percevoir parfois dans certains messages de Clercs, que sans eux, les Fidèles seraient perdus, et ne pourraient trouver la Voie de la Vertu.
Il est affligeant de constater comme l'orgueil peut parfois aveugler un esprit, et de rappeler à ceux-là, ce pourquoi Aristote, à organiser cette Cité, et surtout pourquoi ce monde ne tournerait pas sans l'une de ces trois classes.

Que l'on me dise alors, si sans la Noblesse et les soldats, nous pourrions vivre dans la Vertu, sans craindre pour nos vies que quelques envieux ne viennent nous piller et nous voler. Que l'on me dise alors, si sans les producteurs, nous pourrions faire pousser le blé, moudre le grain, et cuire le pain que nous mangeons chaque jour. Que l'on me dise, si sans les Clercs, nous pourrions communier, nous confesser, nous faire baptiser ou nous marier, et plus encore, nous faire mettre en terre le jour venu, avec notre Vertu préservée.
Certains me le diront, et à ceux-là, je répondrai "Oui, nous y arriverions sans doute. Mais pour combien de temps ?". Car il est bon de se demander, combien de temps un Soldat peut tenir le jour à travailler la terre, la nuit à veiller sur sa cité ? Combien de temps un paysan pourra faire l'inverse ? Ou encore combien de temps un clerc pourra cultiver la terre, tout en priant pour les siens et officiant ?
Il est certain que c'est chose possible, mais nous pourrions alors craindre que l'imperfection humaine, en ce cas, ne nous mène un jour à manger du pain mauvais, à se faire battre pendant une bataille, car les soldats seront épuisés, ou encore, à voir le Curé s'endormir en chair, ou perdre le fil de son sermon, éreinté par les autres tâches qui lui incomberait.

Chacun, nous possédons un dessein, selon la classe que nous intégrons, et il nous revient de s'y concentrer, et d'œuvrer pour celle-ci, tout en unissant notre labeur à celui des autres. Aucune n'est meilleure ou moins nécessaire que l'autre. Toutes se complètent et doivent rester unies. De nos jours, bien des dissidences gangrènent notre société, et nous devrions prendre le temps de relire "Le siège d'Aornos" et de se demander, si parfois, nous ne glissons pas doucement vers la Cité du Moustachu ,plutôt que vers celle de Jeremiah.
À nous d'avoir l'humilité nécessaire pour savoir répondre à une telle question, et de travailler et œuvrer, tous ensemble, pour équilibrer cette société qu'est la nôtre, afin d'atteindre un jour prochain, ce qui fut par le passé, et de faire de notre monde, une grande Cité, à l'image de celle d'Aornos après le Siège. Libre à nous de faire ce choix ou non, et de se remettre en question. À l'heure, où certaines contrées se déchirent intérieurement, je prie pour que la question soit posée dans l'esprit de tout à chacun, et que l'Orgueil qui guide les esprits se croyant supérieurs soit étouffé une bonne foi pour toute.





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Thème de Frère Duncan_Mac_Campbell - 28 Juillet 1461

Message par Kaioh le Lun 12 Aoû - 6:10

Thème de Frère Duncan_Mac_Campbell - 28 Juillet 1461 : Le Pardon



Certains disent que le pardon est facile à accorder tant que l'on est faible : ils pensent à tort que les personnes qui savent pardonner ne le font que dans le but de se voir auréolé de gloire. Pensent-ils que l’on peut dire de ces gens « Il n'a pas eu le courage de se venger, alors il prend la solution de facilité, il pardonne ? »
Beaucoup de nos contemporains, eux, ne sont adeptes que de « vengeance » qui est synonyme pour eux de fierté, ou de courage. De nos jours, la vengeance est pratiquement devenue un symbole de réussite.
Et pourtant, personnellement, je trouve que le pardon est tout le contraire de ce que l'on peut qualifier de pitoyable ou de faible : un homme ou une femme capable d'accorder son pardon face à la traîtrise est alors digne de l'Amour et de la confiance du Très-Haut. Il s'en remet à Lui en donnant alors une seconde chance à celui qui l'a trahi, en oubliant les offenses du passé, en tendant l'autre joue. Et cela, n'est-ce pas une preuve indéniable d'un immense courage ? Ne prend-t-il pas le risque de se faire trahir une nouvelle fois et de souffrir encore ? Oui, mais le vrai Aristotélicien, même si comme tout à chacun a parfois peur, place un tel Amour en le Très-Haut qu'il ne craint plus aucune autre sanction de son cœur sinon divine. L'Aristotélicien préfère agir avec sagesse en accordant son pardon plutôt que de décevoir son Dieu.
Le pardon n'est ni simple, ni rapide : pas facile car il faut trouver en soi la force et le courage nécessaire à effacer en son cœur le sentiment de tristesse et le mal qui s'empare de vous lorsque vous vous apercevez que l'on vous a dupé, que l'on s'est joué de vos sentiments, de vos émotions pour se servir de vous, pour obtenir ce que l'on désirait de vous.
Pas rapide car le pardon met un certain temps à cicatriser les plaies du passé, l'humain n'oublie pas si facilement qu'il a souffert à cause d'un fait ou d'une personne bien précis. Il puise en lui les ressources et la foi nécessaire pour se souvenir que le Très-Haut pardonnait la traîtrise, à chacun, qu'il savait donner de secondes chances sans pour autant se montrer arrogant, sans pour autant rappeler aux autres combien son acte était « superbe » en avilissant la personne qui l'avait trahie. Il le traitait comme son égal.
Selon moi, c'est ce chemin pieux, dans la paix que nous devons tous traverser un jour. Pardonner à quelqu'un et encore plus lorsqu'il s'agit d'un être cher, c'est démontrer que notre cœur est assez fort de l'Amour du Très-Haut et des nôtres pour entamer une nouvelle étape dans le pardon. Pardonner, c'est choisir le chemin de pureté et de bonté qu'a tracé Dieu pour nous, renoncer à l'autre chemin, celui du Sans-Nom qui nous conseillerait de nous venger.
Mon expérience personnelle m'a appris que la vengeance appelait à la vengeance, que le sang appelait au sang, que les bassesses appelaient les bassesses. S'il n'est pas facile d'apprendre le pardon, moi je l'ai appris ainsi : très jeune, je faisais partie de « ces certains » que je citais avant, je trouvais qu'il était beaucoup plus viril de se venger que de pardonner. Mais les années passant, je me suis retrouvé confronté à des gens à qui j'avais fait du mal, sans le vouloir mais c'était malheureusement trop tard. Faisant amende honorable, je leur ai demandé pardon, cette famille m'a pardonnée et c'est grâce à eux et au Tout-Puissant que je suis revenu sur mon opinion première. Je me mettais à leur place, me pardonner la mort, certes accidentelle de leur fille qui, qui sait, si elle ne m'avait pas connu serait peut-être encore vivante. C'était un acte prodigieusement courageux. Noble. Ils m'ont assuré que le Très-Haut avait décidé de la ramener à Lui et que cela n'était nullement ma faute. Ils auraient eu le droit d'être en colère, mais ils ne le furent jamais et prièrent, tout comme moi, pour le repos de son âme. De cette expérience, j'ai appris de moi que le cœur de pierre que je voulais bien faire croire n'était qu'un leurre, qu'en vérité, c'était une carapace protectrice, un rempart contre des émotions trop violentes que je me refusais de vivre.
De cette expérience, j'ai appris qu'un des dons dont nous avait pourvu Dieu et peut-être l'un des plus merveilleux, était le pardon.





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Thème de Sœur Isabelle Mac Campbell - 28 Juillet 1461

Message par Kaioh le Lun 12 Aoû - 6:32

Thème de Sœur Isabelle Mac Campbell - 28 Juillet 1461 : L'Amitié



L'Amitié est un sentiment les plus purs qu'il existe au monde, malgré le fait que beaucoup de personnes se jouent des autres, en se servant de leur amitié à des fins peu vertueuses, intéressées… Si l'on ne considère pas le mauvais côté des choses, certaines amitiés naissent un beau jour et demeurent inébranlables jusqu'à la fin de la vie sur Terre de ceux qui les ont connues. L'Amitié au sens pur du terme a été maintes et maintes fois discutée, commentée par notre Prophète, nos Saints et nos Archanges. Ainsi que par le Très-Haut Lui-même qui n'eut pas besoin de la discuter, en ayant une vision claire et vraie de celle-ci.

Qu'est-ce que l'Amitié selon Aristote ?

Aristote, notre prophète, distinguait trois sortes d'amitié, celle qui portait sur l'intérêt, celle qui portait sur le plaisir et celle qui rassemblait des hommes et femmes vertueux. Les deux premières n'ont aucune valeur car elles partent sur des sentiments malveillants et dénués de pureté.
Selon Aristote, la véritable amitié est difficile à trouver et tous les hommes ne la rencontrent pas forcément un jour, mais si elle voit le jour, peu importe la condition sociale, les richesses ou le pouvoir des individus qui la rencontrent, tant que la vertu est égale et qu'elle se distingue du sentiment amoureux qui crée une dépendance entre deux personnes, l'Amitié peut perdurer.
L'Amitié, toujours selon lui, permet à un individu qui se voit en miroir de ce qu'il est au travers les yeux de son ami, de persévérer, progresser dans le chemin de la foi et de la vertu, indispensable à tout Aristotélicien s'il désire accéder au chemin de la vie éternelle, régit par l'Amour divin. C'est également par ce chemin que l'ami vertueux se verra accéder au bonheur ; amitié véritable qui est un prérequis indispensable pour y parvenir.

Quelle force nous donne-t-elle ?

Pour moi, les paroles d'Aristote décrivent parfaitement bien ce que doit être une véritable Amitié : celle-ci nous encourage à nous dépasser, à nous rendre meilleur, heureux. Un homme sans ami, sans sentiments pourrait-il vivre ou ne serait-il finalement qu'une statue, dotée d'un cœur de pierre. Vos amis sont dans tous les cas, peu nombreux mais extrêmement précieux, c'est ainsi que malgré les tourments, les mauvais moments, les grands malheurs, il ne faut ni les négliger, ni les laisser de côté, en vous souvenant qu'ils ont été à vos côtés dans les meilleurs moments de votre existence. Que cela ne soit pas curieux de dire cela car quelqu'un qui connaît la véritable amitié comprendra : votre ami souffrira plus de vos silences lorsque vous n'allez pas bien que si vous consentez à lui confier la nature de vos maux.
Donner de l'importance à vos amis vous aide non seulement à traverser de difficiles épreuves, mais également à renforcer ce sentiment unique qui vous unit. Nos amis nous offrent des ressources inestimables, de la chaleur, c'est en eux, à travers eux que nous puisons la force nécessaire avec notre foi au Très-Haut pour avancer, évoluer dans le bon sens et accéder au secret du bonheur et de l'apaisement.

L'Amitié selon l'Archange Georges en opposition au Prince-démon Belzébuth…

Lorsque les éléments se déchaînèrent sur Oanylone, tous les habitants surent pourquoi ils étaient à présent punis, en vivant dans le péché, la luxure, l'avarice, ils en avaient oublié jusqu'à la cause première de leur existence. Je cite ici un extrait de l'hagiographie de l'Archange Saint Georges sur la question de l'Amitié :

“Quand il n'y a plus d'espoir, il reste toujours l'amitié.”
Alors, une vielle femme, au regard dur, à la volonté de fer, s’avança vers lui et lui demanda:
“Et toi, l'étranger, es-tu venu en ami ? Car il est en cette cité des hommes et des femmes dont la parole est de miel, mais dont les actes sont comme le venin. Ils vivent sur des montagnes d'or, et ne désirent rien d'autres que de s'élever encore plus dans leur fol quête de butins. La vie de leurs semblables leur importe peu, tant leur soif de trésors les dévore.”
“Je sais”, répondit l’homme. “C'est pour cela que je viens à vous. La richesse du cœur ne peut être égalée par les richesses de ce bas-monde. Emporteront-ils leurs montagnes d'or dans l’autre vie ?”
“Non, certes pas”, lui répondit la vielle dame. “Mais les richesses du monde nous sont-elles à jamais interdites ? Devons-nous nous réduire à vivre tels des animaux pour honorer la richesse de l'âme?”
“La vie vous a-t-elle appris à renier votre main gauche pour employer la droite ?”, demanda l’homme. “Il en est de même pour les trésors que Dieu a créé pour nous. Que les richesses matérielles soient vôtres, car Dieu, par Amour pour Ses Enfants, nous en a fait don. Mais n'oublions jamais qu'il n'est pas de plus beau trésor que l'amitié.”

Alors, un jeune homme se dressa et lui demanda : “Mais qui es-tu, toi dont les paroles sont emplies de sagesse ?”
“Mon nom est Georges”, répondit-il.
Georges, tel se présenta-t-il. Ses paroles, emplies de sagesse firent réagir le jeune homme qui lui manda son nom. À travers ce dialogue, Saint Georges montre aux gens que l'Amitié vraie, sans concession, sans intérêt est un trésor.
Son opposant est bien sûr le Prince-démon Belzébuth dont la démonographie nous dit ceci en résumé : ce dernier est né lors de la longue descente aux enfers d'Oanylone telle la funeste promesse de la fin de la Cité. Rien ne prédestinait cet enfant à devenir ce qu'il fut par la suite sauf bien entendu, une enfance dépourvue d'Amour, de bien-être, entouré de gens cupides, avares et mauvais. Petit, il fut éduqué dans l'idée qu'il fallait toujours garder ses écus, ses récoltes, tirer de bons prix, aussi grandit-il dans cet esprit qui le rendait petit à petit mauvais. Grodass l'éleva tant et si mal que Belzébuth devint son héritier reconnu aux yeux de tous, il tirait le meilleur profit de ses produits au marché, il méprisait ses frères, devint arrogant… Plus il paraissait détestable plus son père en était fier puisqu'il marchait dans ses pas de pécheur. Ayant au fil du temps amassé plus de fortune, d'égoïsme que quiconque, le Très-Haut, dépité de ce qu'était devenu Oanylone, les châtia, ceux qui trouveraient le bon chemin seraient sauvés, les autres resteraient pour l'éternité dans les flammes des enfers…
Je cite une de ses paroles sur la fin proche d’Oanylone, paroles qui conduisirent nombre de la population à perdurer dans le péché aux côtés des démons.

"N'écoutez pas ceux qui vous disent que la fin est proche ! N'écoutez pas ceux qui vous font croire que Dieu est Tout-Puissant ! Dieu est faible et jaloux de notre réussite. Jamais Dieu ne mettra ses menaces à exécution, car Il ne tuera pas Ses propres Enfants ! Ne partez pas d'Oanylone, continuez à vivre comme vous vivez et envoyez paître ceux qui prêchent pour Lui !"
Conclusion

Certains hommes ne connaîtront jamais la véritable Amitié, car ils se sont détournés des saintes paroles du Prophète, des Saints, des Archanges et du Très-Haut, mais ces hommes ne connaîtront donc jamais véritablement le bonheur et l'Amour du Très-Haut qui conduisent à la vie éternelle. De même que la vraie amitié leur échappe, la famille que forme la foi Aristotélicienne leur manquera aussi.
Pour moi, il n'est d'Amitié que celle dénuée de mensonges, de cachoteries, de félonie, d'intérêt et de méchanceté gratuite. Bien sûr, nous sommes tous pécheurs et par conséquent, nous faisons parfois du mal sans le désirer. Les Aristotéliciens, à la différence de tous ces hommes détournés de la foi qui se perdront dans l'errance des feux de l'Enfer, se repentiront et l'Amitié perdurera.





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